‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 102 sur 106 · À AE · texte numérisé non relu

À AE

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bois de cèdre du Liban pour construire leurs bateaux, et de visiter les villes riveraines de la Méditerranée pour y établir le commerce entre les peuples de l'Orient et ceux de l’Europe, en faisant l'échange des produits naturels contre les produits industriels des différents pays et en mettant en rapport les civilisations les plus arriérées avec les plus avancées. Ils avaient également découvert une teinture pourpre provenant d’un coquillage pêché par eux, servant à teindre les étoffes, qu’ils introduisirent en Grèce de même que des idoles, des bijoux et des vases peints acquis en Egypte. Ils ont aussi le mérite d’avoir fait connaître aux , Grecs l’alphabet et l'écriture empruntés aux Egyptiens et modifiés par eux, et de fabriquer des objets en bronze, en ivoire et en verre qu'ils exportaient dans toutes leurs colonies et dans toutes les villes importantes fondées par eux sur les côtes de la Méditerranée et de Atlantiques): 06

La troisième étape de l'évolution humaine iniliée par les GRAN 1e. APE US EU te A UE Ce de NA ed

L'époque néolithique a laissé des vestiges abondants en Grèce. — Le pays est riche en constructions cyclopéennes dont plusieurs remontent à l’âge de pierre. — La Grèce a également passé par l’âge de bronze. — Le DeLDIe grec tire son origine d’un mélange de tribus: Pélages, Doriens, Ioniens et Eoliens, ÉRUIEUELE plus tard sous le nom d’Helfées ane RARE MEURT, ie ARS sente Le STAR : 29

Les Ch nont jamais formé un corps de nation; ils étaient toujours divisés en petits états appelés cités parmi lesquelles se distinguèrent Athènes, Sparte et Thébes, qui envoyaient chacune des colonies dans les îles. voisines ét sur les côtes de la Méditerranée, surtout en Italie. — La langue grecque devint la langue la plus répandue. — La culture grecque s’est distinguée, dès son origine, en ce que l’idée religieuse était intimement liée

: à leur amour de la nature. — Les Grecs se sont habitués de bonne heure à diviniser toutes les forces de nature et à associer tous les actes de leur vie à une idée religieuse. Les jeux olympiens, les vendanges, les danses populaires furent

donnés en l'honneur des dieux. — Leurs tragédies et leurs comédies furent jouées devant l'autel des dieux. — L’architecture grecque se distinguait également par Son Caractère religieux. — Cependant, la Grèce n'avait ni dogme, ni caste sacerdotale ni corps de doctrine fixe. — Ils se sont inspirés de bonne heure des beautés de la nature. — Leur esprit d'observation des phénomènes de la nature fut tellement grand qu'ils ont conçu de bonne heure l'idéal du Beau, du

D RE ie EL A NE nn A CE dit 22 AUTRE à pv LA NE : DTA jrs F #5 y CR Aer UN CA Je

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Bien et du Vrai, au point qu’Athènes est devenue, sous Périclès, la ville des artistes, des peintres, dés architectes, des grands orateurs, des grands écrivains, des grands penseurs. 91 La Grèce a su unir un assemblage harmonieux des dons supérieurs de la pensée à des facultés prodigieuses dans l'expression variée des sentiments humains. — Elle a eu de grands poètes, tels que Homère, Hésiode, Eschyle, Sophocle, : Euripide, Aristophane et Pindare ; de grands historiens, tels que Hérodote, Thucydide et Xénophone ; de grands architectes etsculpteurs, tels que Phidias, Ictinus, Mnésiclès, Poly- : clète, Scopas, Lysippe; de grands peintres, tels que Polygnote, Parrhasius, Zeuxis, Apelles, etc. — La Grèce brilla surtout par les sciences et la philosophie. — Ses philosophes furent ‘les maîtres de la pensée en Europe jusqu’au xvrre siècle... 35 La première étape de la philosophie grecque fut initiée par les Sept Sages, qui exposaient dans les réunions publiques leurs vues sur les rapports de l’homme avec ses semblables, avec Dieu et-avec la nature. — Ils furent les fondateurs de l’école ionique. — À côté de cette école, s’est formée l’école italique dont le chef fut Pythagore. — L’école italique parlait beaucoup de Dieu, tandis que lécole ionique s’occupait de la nature. — L’une était spiritualiste et l'autre nationaliste. — A côté de ces deux écoles s’est formée l’école éléatique dont le chef fut Zénon de Elée qui combattait l’anthropomorphisme, la mythologie et le mysticisme de Pythagore. Elle admettait que Dieu est {out et un dans la nature, mais pas au-dessus de la nature. — Socrate, Platon et Aristote dérivèrent de l’école de Pythagore. — Malgré la divergence des écoles, relative aux conceptions ontologiques, une idée fondamentale dominait la philosophie grecque : c’est l'harmonie entre les quatre éléments, l’eau, l’air, la terre et le feu. — L'équilibre parfait etun juste rapport dans les mélanges constituent les principes de l’existence humaine. — Les philosophes grecs cultivaient également les sciences et surtout la science médicale. — C’est le grand génie d’Hippocrate qui s'empare des matériaux accumulés par l'école de Cnide et par les philosophes, les synthétise, les coordonne et jette la base du futur édifice de la médecine. Pour lui, l'art médical repose sur les connaissances exactes de l’organisme humain en “rapport avec le milieu, le climat, les forces de la nature même. Un des plus grands mérites d'Hippocrate fut de rompre définitivement avec les idées dominantes en Grèce qui - attribuaient une intervention mystérieuse des divinités dans la production et dans la guérison des maladies............ : 40 Il est incontestable que la culture grecque constitue l'ori-

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gine et la source de la civilisation européenne actuelle, — L'hellénisme a laissé une trace profonde et lumineuse dans

l'histoire de l'humanité et c’est Athènes qui RS le

cerveau de la Grèce............,.. Er ET A D ER RR PR SA A RNS

La quatrième phase de l'évolution humaine initiée par les

Ti fs nee IN UE MAR Ur A ee A

La Grèce, malgré son degré avancé de culture de la raison

. et du sentiment, n’a rien fait pour le relèvement de la cons-

cience de la personnalité humaine. — Les Athéniens ont conservé un régime anti-humanitaire pour les Grecs étrangers domiciliés chez eux. —Leurs grands philosophes, Platon et Aristote, ont justifié l'esclavage et les droits du maître sur l'esclave. — Ils leur manquaient un idéal supérieur de Dieu et de ses rapports avec l'homme. — Cette mission était réservée au peuple juif qui ainauguré le monothéisme parmi les nations d’où sont sortis le christianisme et l’islamisme. — Chez lui est née la Bible, livre considéré encore comme sacré par des millions de croyants, et qui a fait l'admiration de tous les grands penseurs de l'humanité. — Moïse, qui fut l'intermédiaire entre Dieu et le peuple juif, est considéré avec raison comme un desplus grands hommes de l’histoire :

Grand comme libérateur et éducateur d’un peuple abruti -

par l'esclavage, grand comme législateur savant et clairvoyant, et grand comme fondateur du monothéisme devenu la religion de l'humanité. — Moïse, élevé, d’après la Bible, à la cour d'Egypte, et instruit dans les sciences et les arts par les prêtres d’Amon, seuls dépositaires de la culture égyptienne, y avait probablement puisé la conception mono-

théiste que, par son intelligence et intuition du vrai, il a

su perfectionner et élever à l'idéal d’un Etre suprême, à l'exclusion de toute autre divinité étrangère et de toute représentation mentale de Jéhovah sous une forme sensible quelconque. — Il a également compris la nécessité d’établir un lien intime entre Dieu et son peuple, consistant dans une alliance d’après. laquelle Dieu promit d'élever son peuple très haut parmi les nations de la terre, à condition que celuici ne cesserait d'observer la loi révélée à Moïse, et de le châtier sévèrement dans le cas contraire. — Les tables de la loi révélée à Moïse contenaient le Décalogue, qui devait servir de code moral et social et de lien sacré entre Dieu et l’homme. — Moïse a su aussi imposer à son peuple un code de police sanitaire sous la forme de préceptes religieux avec l’intimidation divine contre leur violation. — Il prit les mesures les plus sévères pour empêcher son peuple de retomber dans l’idolâtrie. — Néanmoins, l'ignorance et les

Seconde étape de l'évolution du monothéisme chez les Juifs

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habitudes séculaires l’ont-empêché de comprendre le vrai sens et la portée de l'idéal monothéiste. — Même, dans la période de son adoration de Jéhovah, il le considérait à l’égal des autres divinités adorées par les tribus voisines, comme un dieu patron prédilecte.................. RATE A

La première étape de la conception vague du monothéisme se prolongea pendant des siècles. — Même les rois

les plus éclairés, tels que David et Salomon, n'ont pu se

mettre à la hauteur de la conception pure du monothéisme et la morale divine du Décalogue. — Cette évolution ne commença à se faire qu’à l'époque des prophètes Amos et Osée qui confondaient l'idéal de l'amour d'un Dieu unique avec celui de l’amour de justice sociale. — Le manque d’idéal réligieux conduisit d'abord à une séparation complète des tribus et à la formation de deux royaumes distincts, celui d'Ephraïm et de Juda, dont l'un avait Samarie et l’autre Jérusalem pour capitales. — C’est le manque d’unité nationale et religieuse qui eut pour résultat l’invasion de la Palestine par l’armée assyrienne et la destruction du royaume d'Ephraïm en 721. — Le royaume de Juda subit le même sort en 588, ayant succombé à la suite d’une inva-

sion par les armées de Nabuchodonosor, roi de Chaldée.

qui brûla Jérusalem et amena à Babylone comme captifs le roi, l’armée et les hommes les plus notables de Jérusalem.

de “Pabylone esse SU SUR RE UR FA Rd) EE

Après la victoire des armées de la Perse sur celles de la Chaldée et de l’Assyrie, le roi Cyrus établit une liberté com-

plète pour tous les peuples sous sa domination, accordant

à chacun une autonomie administrative et leur garantissant la protection de son gouvernement ; il permit également aux descendants des familles de Juda déportées par Nabuchodonosor de retourner dans leurs pays et de reconstruire leurs villes et leur temple. — Un grand nombre de familles qui

se sont adaptées au nouveau milieu et devenues prospères,.

restèrent à Babylone, tandis que celles se trouvant dans des conditions moins heureuses, espéraient rencontrer des con-

ditions d’existence plus favorables dans leurs pays d’origine

et accoururent à l’appel des chefs du mouvement national pour retourner en Palestine. Elles partirent en deux caravanes à plusieurs années d'intervalle : la première sous la direction de Zorobabel en 558 avant J.-C., la seconde ne

partit qu’en 536 sous la conduite d° ESAras Ales ae LE

Grâce à l'énergie de Néhémiah et à son influence à la cour

de Perse, les fortifications de Jérusalem furent rebâties, de

TABLE DES MATIÈRES même qu'on reconstitua un nouveau temple en l'honneur de

Jéhovah. — L'évolution de l'esprit national ne commença à se faire qu’à l’arrivée d'Esdras qui fit comprendre à ses

coreligionnaires les causes de leur dispersion, de la destruction du temple et de la perte de leur indépendance nationale, l’attribuant à l’abandon de leur foi en Dieu et à leur penchant à l’idolâtrie. — Esdras s’efforça de rétablir l’ancienne loi de Moïse contenue dans le Décalogue. — Il anathémisa même le culte de Jéhovah sous une représentation matérielle en supprimant les taureaux d’or, les serpents d’airain, la matsébah dans les temples. — Il interdit également le mariage avec des femmes étrangères au culte de Jéhovah, qui fut la cause de l’apostasie de Salomon. — Il prit encore d’autres mesures sévères dans le but de relever l’idée de la patrie et de la conscience nationale... Ces mesures inspirées par un patriotisme un peu farouche contribuèrent à la fondation d’un gouvernement théocratique. — C'étaient les grands prêtres qui gouvernaient l'Etat, ils se succédaient de père en fils, et concentraient dans leurs mains le pouvoir judiciaire et exécutif. — Leurs écrivains avaient repris l’histoire légendaire des origines du peuple juif, rétabli la cosmogonie mosaïque sous la forme « d’une révélation et représenté le nouveau régime comme la continuation du pacte conclu au pied du mont Sinaï, créant de plus un Code ritualiste et ajoutant des récits généalogiques avec la précision d’un fait récent, dans le but de

légitimer les lois présentes par des origines divines........

Sous le régime d’Esdras, le monothéisme s’était purifié des déchets de l’idolâtrie et est entré dans sa seconde phase d'évolution, dans laquelle Dieu est considéré comme bon et miséricordieux, comme principe d’amour et de justice. — Cet idéal fut plus tard raffermi par les prophètes et partagé

parie part démocratiques AE eee, C'est grâce au contact avec la culture du peuple perse, plus avancé en sciences et en arts, et en même temps adepte du monothéisme de Zoroastre, qui a beaucoup d’analogie avec celui de la Bible, qu'Esdras a réussi à se pénétrer mieux de la pureté du monothéisme mosaïque et à transmettre Sa conception à ses coreligionnaires avides de savoir. — Tous ses efforts furent dirigés vers le but de maintenir les doctrines religieuses et morales de la Bible et de réveiller la conscience nationale de ses coreligionnaires endormie depuis leur captivité à Babylone................

La lutte entre le monothéisme juif et le polythéisme grec... Alexandre le Grand après sa victoire sur Darius en 332

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avant J.-C., étendit son pouvoir sur la Palestine et la domination grecque commença à exercer une influence directe sur les classes dirigeantes du royaume de Judée. — De même la haute culture et la science grecques commençaient à pénétrer dans les classes éclairées de la société. — Aussi, de fortes colonies juives s’établirent sur le littoral méditerranéen et surtout en Egypte. — À Jérusalem même, se sont formés deux partis dont l’un, le parti démocratique, représentait le nationalisme juif, et l’autre, le parti aristocratique et sacerdotal, représentait l’hellénisme, — Au milieu du parti démocratique, il y eut des hommes de valeur inspirés de l'esprit monothéiste qui s'étaient alarmés de la contasion du polythéisme hellénique, menaçaient les classes supérieures de Jérusalem de catastrophes et de châtiments de Dieu si elles persévéraient dans la violation des lois MOSAÎqUES . ....s... MDP Sue MO Re RE A a ARR ES RAS

Les chefs du parti démocratique, assumant le rôle de prophètes, confondaient dans un même anathème ceux qui

favorisaient le polythéisme hellénique et les riches qui

menaient une vie luxueuse et refusaient la justice aux faibles et aux opprimés, de crainte que l'esprit et les mœurs helléniques ne tendissent à dénationaliser la Judée. — Le pontificat de Siméon le Juste réussit à apaiser la colère du parti démocratique et à rétablir une longue période de paix et de tranquillité. — A la suite de la guerre entre l'Egypte et la Syrie et l'avènement d’Antioche l'Epiphane au trône de Syrie, la lutte entre le parti hellénisant et le parti nationaliste devint de plus en plus âpre, au point que le parti au pouvoir finit par faire appel à l'intervention directe

d’Antioche qui établit une garnison macédonienne en Pales-

tine, installa partout des autels aux dieux paiens et fit ériger dans le iStmple de Jérusalem même la statue de Jupiter Olympien. — Le parti démocratique s’insurgea et prit

les armes soustle commandement des frères Macchabées qui finirent par mettre en fuite les troupes ('ÉRARCRE et

déclarèrent l’indépendance............... RC AR A a et

Les Macchabées, au lieu de gouverner avec justice et équité, se conduisaient comme des tyrans orientaux. — Les crimes de palais se multiplièrent sous leurs successeurs,

donnant lieu à une guerre civile qui amepa l'intervention

de l’armée romaine. — Les partis les plus éclairés de la population, tant le parti entier des Saducéens que la majorité des Pharisiens, étaient en faveur de la soumission, tandis que les classes inférieures appelée les Zélotes, guidées par des chefs fanatiques, qui rèvaient l'avènement du Messie au milieu de nuées, devant détruire l'empire des

Te

TABLE DES MATIÈRES 467 païens, décidèrent pour la résistance. — Celle-ci s’accentua de plus en plus, jusqu’à ce que l’armée puissante de Rome finit par écraser la révolte, et Jérusalem succomba après une défense de combats héroïques, qui ne dura pas moins de 3 ans ayant fini par la destruction de la ville par Titus Vespasien et par la perte de l’unité nationale du peuple juif, eht/70 aprés désus Ohio tie. ue HU He 2 Ve CARE 91

Au milieu d’une atmosphère chargée d'éléments hostiles ‘à l’ordre établi et d’une lutte acharnée entre l'esprit envahissant d’une civilisation avancée et puissante et les principes théocratiques incarnés dans un petit peuple rêvant la conquête du monde, apparut la haute personnalité de Jésus- Christ qui, inspiré de l'idéal du Messie annoncé par les prophètes et appelé à rétablir le règne de justice sur la terre et l'égalité des droits parmi les hommes, se mit à prêcher la morale au nom de Dieu, père de l'humanité, l'égalité des droits de tous ses enfants et l'amour de justice et de charité pour tous les hommes. — Ses enseignements de liberté morale èêt de propagande des idées de justice, ayant été contraires au régime de force brutale institué par les armes romaines qui supprimaient la liberté des petits États et favorisaient l'exploitation des pauvres par les riches, furent cause que le procureur romain faisait bon accueil à l’accu-

sation des Pharisiens à Jésus comme coupable de crime d'État et le condamnait au supplice de la croix.— Cependant, l’enseignement élevé de Jésus sur les devoirs de l’homme envers Dieu et ses semblables lui survécut et trouva écho, soixante-sept ans après, dans la conscience et l'intelligence supérieure de saint Paul, qui s’en fît l’apôtre.— Grâce à son génie d'organisation et à son don d’apostolat, ainsi qu’à l'apparition simultanée de l’évangile de saint Mare, le chris-. tianisme fit des adeptes d’abord parmi les Esséniens imbus d’un esprit mystique et, ensuite, parmi les pauvres et les opprimés. — Ce n’est que plus tard, grâce à l’éclectisme de Philon et à l'École d'Alexandrie, que le christianisme arriva à faire des prosélytes parmi les classes éclairées des Gentils et. à formuler ses dogmes ...,..,/.,,.,.:.,. ions 96

Réconciliation des cultures grècqueet juive en Égypte. FLO

Après la prise de Jérusalem et la perte de l'indépendance nationale du peuple d'Israël, commença le Diaspora, c'est-àdire sa dispersion en Égypte, en Syrie, en Asie Mineure, et dans tout le littoral de’ la Méditerranée, où se formèrent plusieurs foyers de culture gréco-juive; car, à la suite de ses rapports intimes et de son commerce avec les Grecs, le peuple

juif finit par négliger sa propre langue et la remplacer par la

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langue grecque, au point que la Bible fut traduite en grec par Ptolémée VI, appelé Philomètre. — Cette traduction contribua à répandre l’enseignement de la Bible dans le monde grécoromain et à mettre en contact les cultures grecque et juive qui ont fini par exercer une influence réciproque l’une sur l’autre. — Les arts et les sciences grecs favorisèrent à un haut degré le développement intellectuel de la jeunesse juive, et, d’un autre côté, les Grecs ont appris à apprécier la valeur de la religion et de la morale juive. — Ce n’est que plus tard qu’une divergence commença à s’accentuer entre

les savants grecs et juifs, donnant lieu à des polémiques.

très vives; les uns attribuant la connaissance de Dieu et de sés attributs exclusivement à la révélation divine, se refusaient à reconnaître à la raison seule le pouvoir de pénétrer les mystères de la divinité et de la création, et les autres prétendaient, au contraire, que c’est le développement de l'intelligence et des connaissances scientifiques qui ont fourni à Socrate et à Platon toutes les données pour comprendre l’unité dans l'univers et l'harmonie dans les forces de la nature, et pour conduire à la connaissance de Dieu...

Après de longues discussions, les deux partis ont fini par s'entendre et par mettre en harmonie la Bible avec la philosophie grecque, en attribuant un sens allégorique à beaucoup de termes de la Bible et à donner une interprétation allégorique à certains préceptes religieux. — Ce résultat est dû aux efforts de Philon, philosophe juif, né à Alexandrie, qui a trouvé un trait-d'union entre les deux cultures hétérogènes, en admettant comme une vérité absolue le monothéisme, tel qu'il était exposé par les prophètes, mais il admettait en même temps un esprit intermédiaire entre Dieu et l'homme, le Logos, une force incréée et invisible, émanée de Dieu, au moyen duquel Dieu se révélait aux hommes, leur communiquant ses mandements. — Cette conception fut adoptée plus tard par le christianisme sous un Autre terme, le Verbe, qui représente l’union de la nature humaine avec la divine, ou soit la seconde personne de la ARR EM DO AE US A NS ONE CARRE RC PAR NO RET A TE e Le À

L'École de Philon fut le point de départ FE l'École d'Alexandrie qui se distinguait par l’éclectisme néo-platonicien. — Grâce à l'esprit tolérant des Romains qui ne s’occupaient guère des croyances religieuses, les Juifs d'Alexandrie de même que leurs colonies de l’Asie Mineure et des îles de l’Archipel, de Sicile et d'Italie, jouirent d’une autonomie administrative complète. — Même le monothéisme juif exerçait une attraction sur la population grécoromaine.--Il y avait des communautés juives où se mêlaient

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les Juifs hellénisants aux Hellènes judaïsants.— Pendant les quatre premiers siècles, le judaïsme a été le devancier ou le pionnier du christianisme.— Il lui a ouvert les portes de la gentilité, affiliant à la loi de Moïse les pos de toutes Jesnations 28m A NAS CR QE D LE AT ARS LAC HE QURE 105

La latte entre le christianisme et le judaïsme... 106

Après l’arrivée au pouvoir du catholicisme sous Constantin, l'Église s'était organisée solidement. — Elle convoqua le premier Concile œcuménique à Nicée, en 324, où elle définit ses dogmes. Depuis lors, un esprit d’intolérance s'empara d'elle contre toute autre croyance qui était contraire aux dogmes de l'Église. — Un esprit hostile s’accentua également dans la législation impériale, surtout contre les Juifs, en les privant des droits qui leur avaient été accor-

dés sous la domination de Rome païenne. — On les déclara

incapables de posséder des biens et d'occuper des fonctions

publiques, civiles ou militaires, — On leur supprima même

Ja liberté du. cultes: ;..0) ee RS PORN ESS SEE 107 Évolution du judaïsme à Babylone... AL ON P RE AU 106

Outre la colonie juive d'Alexandrie, il y avait encore deux autres noyaux de culture intellectuelle : l’un en Palestine, l’autre à Babylone. — Ce dernier fut le plus important ; il y avait deux écoles de grand renom, celle de Soura et celle de Pombédita. — Les maîtres de ces écoles furent les auteurs du Talmud, œuvre monumentale dont le but fut le perfectionnement de la loi mosaïque et l’organisation civile et juridique de la collectivité juive et qui résume également toute la culture hébraïque d’une grande époque; qui renferme, outre les discussions un peu trop subtiles en matière religieuse, des connaissances variées en mathématiques, astronomie, médecine et hygiène et qui représente une gymnastique intellectuelle de premier ordre, au même titre que la scolastique au moyen âge, ayant servi à réveiller et à stimuler les facultés intellectuelles à de nombreuses générations juives. — C’est sous le gouvernement perse que les Juifs ont joui de toute espèce de liberté jusqu’au

vie siècle, lorsque sous le règne d’Yezdigerd IL, un clergé fanatique vint détruire les bons. rapports entre le gouvernement perse et les communautés juives. — C’est précisément le fanatisme religieux engendrant la haine de races et le mécontentement des classes laborieuses, qui contribua à accélérer la décadence du royaume perse et de l’empire byzantin. — En même temps, les guerres prolongées entre Grecs et Perses contribuèrent à épuiser les sources de ri-

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chesses des deux pays et à favoriser l'ambition d’un troi-

sième conquérant, les Arabes........,:........-s......

Echec de la mission civilisatrice de l'Eglise d'Orient ......

Les mesures de violence et de persécution brutale employées contre les différentes sectes chrétiennes, contre les païens et contre les juifs, par Constantin et ses successeurs,

éloignèrent l'Eglise d'Orient de sa missiôn civilisatrice de

l'humanité et de la pratique de la morale chrétienne qui enseignait l'amour du prochain, la tolérance et l'indulgence envers tous les Hommes. — L'Eglise d'Orient avait à lutter d’abord contre la philosophie grecque qui prédominait dans les classes élevées en même temps que contre l'esprit d’intolérance, lasuperstition etl’ignorance des peuples slaves. __ D'un autre côté, le souverain éxerçait un pouvoir absolu sur ses sujets, faisait tuer ceux qui lui déplaisaient et confisquait leurs biens à sa convenance. — Le palais devint le théâtre des intrigues des eunuques et des courtisans. — La morale chrétienne fut remplacée par le despotisme des théologiens couronnés qui, au lieu de propager les doctrines de l'Evangile, alimentaient l'amour du luxe et des plaisirs ainsi que tous les vices de l'Orient. — Trois siècles de guerres incessantes contre les Barbares et contre la Perse ont épuisé les ressources de l'empire et accéléré la décomposition de l'organisme social. — La corruption de la société fut telle que les bons chrétiens se retiraient des villes pour méner une vie solitaire dans le désert, dans les grottes et dans les montagnes, afin d'y consacrer leur âme à Dieu, se refusant toutes les jouissances terrestres, souvent même la nourriUré do h L'AAO D'EUROS RS PR CRE AU Er

D'un autre côté, le manque d’accord entre les patriarches et les conciles sur l'établissement définitif des dogmes a beaucoup contribué à affaiblir l'influence morale du christianisme dans l'empire byzantin pendant les ve et vie siècles au point que l'Eglise d'Orient se déclara indépendante du pape de Rome et qu’elle-même finit par se diviser en plu-

sieurs sectes : les Nestoriens, les Monophysites, les Jacobi-

tes, les Monothélites et les Ariens, et finalement les Iconoclastes NAN sin Rennes ER IUT LE a

L’anarchie régnait également en Occident jusqu’à l’arrivée de Charlemagne. — Les rois barbares ne pensaient qu’à la chasse, à manier les armes et à ravager les pays de leurs voisins pour acquérir un riche butin. — Les bandes armées ne faisaient que dévaster les champs et détruire les monuments. — Les évêques mêmes passaient leurs temps à chasser, à boire, à jouer et à batailler. — L'Eglise s’est efforcée

de convertir bon gré mal gré les peuples barbares au catholicisme ; elle tâchait d’abord dé gagner leurs chefs, soit par persuasion, soit par intérêt, entraînant à la suite la conversion de leurs sujets et subordonnés. -- Il en résulta forcément un régime théocratique absolu accompagné d’un despotisme gouvernemental avec toutes ses conséquences. — La civilisation de même-que lé progrès dans les arts ét les sciences subirent un arrêt de développement complet et l'humanité faillit retombet dans la barbarie à la suite de l’oubli de la morale chrétienne qui enseignait l'amour de Dieu, l'amour du prochain et l’amour de la justice, ce qui équivaut à un échec complet de Eglise dans sa mission éducatrice de l'humanité. — Ce furent les Arabes qui se chargèrent de remplir cette mission en recueillant les germes de la philophie et de la science grecques disséminés en Perse et en Asie Mineure et en les pour en Espagne et de là en Europe . .......... RE MR ON Un 4 due à D 6 20 à droles

La cinquième phase de l'évolution humaine initiée par les

A TADES Et QU A AN ROC D DE ON LEE ct d'HSMUTS

Esquissse historique et géographique de la Péninsule ara-

bique avant l’arrivée au pouvoir de l’islamisme ............

La Péninsule arabique avait subi pendant plusieurs siè-

cles les invasions des armées perses et grecques. — Maho-

met comprit la nécessité inéludable pour l'indépendance de son pays d’un idéal religieux nouveau et après de longs tâtonnements il arriva à fonder un système religieux monothéiste basé tant sur les principes de la Bible que sur ceux de l'Evangile, mais associé à un culte susceptible de s’adapter au tempérament de son peuple, à ses habitudes de race et de climat.— Dans ce but, il rédigea le Coran où il proclame les révélations du mosaïsme et.du christianisme comme authentiques et l'Islamisme comme la continuation et le corollaire des deux autres. — Extrait succinct des principes religieux et moraux exposés dans le Goran, suivi de ne observations relatives à sa valeur morale et politique .#..,..2.44%3%

La ténacité de Mahomet dans la propagande dé : ses idées

par la voie pacifique d’abord et ensuite par la force des ‘armes. — Il fut obligé de livrer des combats sanglants

contre les tribus de mentalité idolâtre enracinée depuis plusieurs siècles de même que contre les intérêts créés à l'ombre d’une croyance séculaire. — Ce n’est qu'après une guerre sanglante de huit ans (622-630) que ses efforts furent couronnés de succès et que le monothéisme fut institué

comme religion nationale. — Depuis lors, l’unité nationale

arabe fut un fait accompli. :......,........,,..,......:..44

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Après la mort de Mahomet, ses successeurs continuèrent à travailler à la conservation de son œuvre. — Pour la consolider, les califes alimentèrent l’exaltation des sentiments religieux et un esprit de prosélytisme s’empara de toutes les tribus arabes en même temps qu’une disposition guerrière contre les infidèles. — Ils commencèrent d’abord à envahirla Syrie. Leur enthousiasme religieux excité par l’héroïsme d’une troupe d’amazones suppléait à leur ignorance de l’art de la guerre. — Leur courage et leur confiance dans leurs chefs les fit triompher dans les batailles d’Aiznadin et

d'Yermouk contre les Grecs, mieux organisés pour la guerre à P gue

qu’eux—Omar, àla tête de sonarmée,s’empara aussitôt d’Antioche, d’Alep et de Jérusalem où il édifia uue mosquée sur l'emplacement du temple de Salomon, et avec une rapidité extraordinaire, il se rendit maître de la Syrie et de la Mésopotamie dont la population arabe embrassait l’islamisme. — Profitant de ses succès, il marcha sur l'Egypte et s'empara d’abord de Memphis et d'Alexandrie et ensuite il s’avança vers la Cyrénaïque et la Tripolitaine où il engagea des batailles très sanglantes contre les Grecs sous les ordres du patrice Grégoire. — D’un autre côté, le Général Moawiah fit construire avec le bois des forêts du Liban une flotte au

s moyen de laquelle il se rendit maître de toutes les villes du

littoral de la Méditerranée et réussit à anéantir la flotte grecque commandée par Constant II. — Les Grecs terrorisés des victoires éblouissantes des Arabes signèrent la paix au moyen d’une rançon de 12 millions de francs...........

En même temps que les armes arabes triomphaient en Asie Mineure et en Egypte, une autre armée envahit la Perse qui se trouvait en pleine anarchie au milieu d’une guerre civile. — Les Perses en face de l'invasion étrangère s’unirent sous le commandement du général Roustem pour

combattre les Arabes, mais ils furent de nouveau déroutés.

— Les Arabes obligés de livrer encore quelques autres batailles marchaient de victoire en victoire et devinrent maîtres de tout le royaume perse, en domihant les vallées du Tigre et de l'Euphrate de même que toutes les villes du littoral de: laÿmer Gaspienne 7 2 sb rte à

En attendant, Moawiah, élevé au califat, rétablit l’ordre matériel et moral dans la Péninsule arabique et ensuite il transporta la capitale de Médine à Damas où il réunit un grand nombre de Cadis et d'Imans (savants) pour mettre de la clarté à de nombreux passages obscurs et contradictoires

du Coran et détruire toutes les gloses contraires à la saine

raison. — Après la mort de Moawiah, son fils Yésid, fut obligé de combattre un fils d’Ali, prétendant au califat, qu'il

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