‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 16 sur 106 · À AE ME · texte numérisé non relu

À AE ME

Ceux-ci connaissaient déjà la culture de quelques céréales et de l'olivier; ils se sont occupés également de l'élevage du bétail ; ils s'étaient étendus en Épire, en Thessalie, en Attique. Il est pro-

bable que la plupart des tribus connues sous le nom de Pélasges étaient d’origine aryenne.

Suivant toute probabilité, les Égyptiens et surtout les Phéni-

ciens se sont établis en Grèce au xvr° siècle avant J.-C. sous le

règne de Thoutmosis I‘, sixième roi de la dix-huitième dynastie . égyptienne, qui a soumis à sa domination les rivages grecs au

moyen, parait-il, de la marine phénicienne : à l’époque de l'invasion de la Syrie par les troupes de Thoutmosis, les Phéniciens reconnurent la domination égyptienne. Voici un fait qui lé con-

firme : dans les fouilles faites à Thèbes, en Égypte, en 1859, on

a découvert un hymne célébre écrit sous ce roi, dans lequel le

dieu Amon l'exhorte en lui disant : «Je viens et je t’autorise à écraser les peuples qui habitent les îles de la mer Égée et les contrées qui s'étendent le long de ce rivage. » Par ce document, la domination égyptienne en Grèce ést mise hors de doute. Ce n’est qu'après la retraite des Égyptiens que les Phéniiciens ont pris pied sur plusieurs îles de la mer Égée et de la mer lonienne, où leur domination a duré deux siècles environ. Toutefois, les Phéniciens n’ont jamais pénétré dans l'intérieur des pays grecs, se limitant plutôt à l'occupation du littoral et laissant aux habitants de l’intérieur toute indépendance, conservant, en outre, de bons rapports commerciaux avec eux.

Après que les Phéniciens eurent été les maîtres des Grecs

dans l’art de l'écriture et dans celui de la navigation, et eurent.

ainsi contribué à leur développement, les Grecs, par la force des circonstances, sont entrés en collision avec les usurpateurs de leur territoire.

A cette époque, la Grèce ayant subi une migration dorienne, üune autre branche de la famille aryenne, venue de l’Asie centrale, se fixa dans la partie septentrionale de la péninsule où elle fonda plusieurs villes, doñt Sparte, comme capitale. Après avoir soutenu dés luttes avec les peuples de même race pendant

plusieurs années, les Doriéns repoussèrent les Béotiens vers le

sud et les Thessaliens vers l’est, tandis que les Ioniens, une des plus anciennes tribus grecques provenant des côtes de l’Asie- Mineure, se retirèrent en Attique, dont la capitale fut Athènes. Ainsi les montagnards venus du nord chassèrent les habitants vers la plaine et les côtes. Au commencement, ces deux races se firent la guerre l’une à l’autre, mais elles finirent par s'unir. Le

peuple grec tire donc son origine d'un mélange de tribus, Pélasges, Doriens, Ioniens et Éoliens, qui ont fini par former leur unité nationale sous le nom d’'Hellènes.

La Grèce étant un pays montagneux par excellence, formé par des péninsules, des îles et des vallées séparées l’une de l’autre, tantôt par la mer, tantôt par les montagnes, ses habitants étaient par nature faits pour être guerriers et marins. De plus, les Grecs se sont distingués, depuis les temps les plus reculés, des autres peuples voisins, par leur intelligence, par leur originalité et par leur culture : les poèmes d'Homère qui datent du 1x° siècle avant J.-C. en donnent un témoignage bien éloquent;ils nous font connaître que la race grecque avait déjà occupé les îles au. sud de la mer Égée et prouvent également que la langue grecque avait déjà acquis un degré de culture supérieur à celui des pays voisins que les Grecs se plaisaient à qualifier de barbares.

Négociants, marins, voyageurs, aventuriers, comme les Phéniciens, lès Grecs ont encore été un peuple guerrier doué en même temps d’une intelligence supérieure et d'un amour inépuisable pour les arts et les sciences. |

Mais, malgré leurs hautes qualités, les Grecs n'ont jamais formé un corps de nation; ils restèrent divisés en petits peuples,

comme au temps d'Homère, chacun d’eûx habitait un petit canton isolé de son voisin par un bras de mer ou une muraille

dé rochers; chaque canton formait un État à part qu’on appelait cité ; il y en avait une centaine parmi lesquelles se distinguèrent Athènes, Sparte et Thèbes. Cependant, tous parlaient la même langue, adoraient les mêmes dieux et participaient aux mêmes jeux olympiques. Toutefois, au point de vue de l’histoire de son évolution nationale, on ne doit pas considérer la Grèce comme un pays enfermé dans des limites étroites, assignées par la nature : les cités grecques ont envoyé de bonne heure des colonies dans les pays voisins et dans les contrées lointaines; ils y ont fondé, comme chez eux, de petits États grecs, disséminant en même temps partout les germes de leur culture.

On parlait la langue grecque sur toutes les côtes de l’Asie-Mineure, sur Celle de la mer Noire jusqu’au Caucase et en Crimée,

de même que dans les îles de l'archipel; en Crète et à Chypre,

et le long de la Turquie d'Europe: ils ont fondé Naucratis et Cyrène, en Afrique, Syracuse et Sélinonte, en Sicile, Tarente et Naples, en Italie. La Grèce se trouvait partout où il y avait des hommes qui parlaient la langue grecque, où l'art grec

avait créé des chefs-d'œuvre nationaux. Seul, le foyer de radia-

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