‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 17 sur 106 · SD LR LES GRECS ET LES SÉMITES · texte numérisé non relu

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tion se trouvait dans la partie sud de la péninsule balkanique. De plus les colonies grecques se distinguaieñt de celles des autres pays en ce qu’elles ne s’établissaient pas au hasard avec un développement lent ; tous les colons partaient à la fois sous un chef, et la ville nouvelle se fondait en quelques jours. Leur activité coloniale était tellement grande que partout ils propageaient leur langue, leur mentalité, leurs arts et leur système politique. Ce qui caractérise surtout la culture des Grecs, c’est que, pendant toutes les phases de leur évolution et dans toutes les formes de leur activité intellectuelle, ils ont fait preuve d'esprit pratique et d'amour de la nature, dont ils tâchaient de diviniser les forces pour les mettre en harmonie avec les réalités de la vie. Ils ne regardaient pas comme un sacrilège de prêter à leurs dieux les passions humaines. Hermès était connu pour voleur; Aphrodite était célèbre par sa coquetterie ; tous étaient vaniteux et jaloux et ne pouvaient supporter de voir un homme entièrement heureux. D'après les Grecs, la prospérité de l’homme était pour lui grosse de dangers ; car elle attirait la colère des dieux. Xénophon disait : &« Les Grecs primitifs avaient fait leurs dieux à leur image; plus tard, avec le progrès dans les sciences et les arts, leurs descendants ont été choqués de tous ces vices, mais ils n'osaient pas toucher aux habitudes et à la routine de leurs ancêtres. » L'idée religieuse était chez eux tellemenñt associée à tous les actes de la vie qu'ils donnaient en l’honneur des dieux des jeux solennels dont les principaux étaient ceux d’Olympie en l’honneur de Jupiter. Il y en avait aussi à Corynthe, dans le temple de Poseidon et, à Delphes, dans celui d’Apollon.

Dans les campagnes, on célébrait chaque année des danses religieuses en l'honneur du dieu des vendanges, Dyonisos. Bien que ces danses populaires, où l’on représentait la vie des dieux et des héros, aient donné naissance, avec le temps, à la tragédie et à la comédie, celles-ci gardèrent toujours quelque chose de leur origine; devenues des pièces de théâtre, elles continuërent à se jouer devant l’autel du dieu. L'architecture grecque se distinguait également par son caractère religieux ; car les plus beaux édifices étaient construits en l'honneur des dieux. Toutefois, comme la Grèce n’avait pas de corps de doctrine fixe, ni de dogme, ni de caste sacerdotale, l'esprit scientifique se développait en toute liberté, en rapport direct avec la raison, surtout à Athènes, qui est devenue sous Périclès, non seulement la ville des artistes, des peintres et des architectes, mais aussi celle des grands orateurs, des grands écrivains, des grands penseurs,

Ainsi se sont formés des groupes de savants, occupés d'enseigner la physique, l'astronomie et l’histoire naturelle, établissant des écoles qui furent fréquentées par un grand nombre d'élèves.

Ce qui surtout distingue la culture du peuple grec, c'est son harmonieux assemblage des dons supérieurs de la pensée, ses

facultés prodigieuses dans l'expression variée des sentiments

humains. On peut dire que l’histoire de son évolution représenteen miniature celle de l'humanité entière. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil rapide sur l’évolution intellectuelle de ce peuple, petit par le nombre, mais le plus grand par la beauté de la pensée et par la faculté créatrice.

Bien que l'histoire reste muette sur les premières phases de son développement et qu’on se soit même habitué à considérer les premiers exploits de sa jeunesse, la guerre de Troie, comme appartenant à l’âge mythique, au point de mettre en doute l'existence d'Homère et de regarder les œuvres littéraires, telles que l’Iliade et l'Odyssée comme une fiction poétique d'auteur anonyme, les mémorables découvertes de Schliemann, en 1870, des ruines de l’ancienne Troie, telles qu'elles sont décrites par Homère, constituent une preuve indiscutable en faveur d’un fait

historique; car, à la suite des fouilles faites par Schliemann et

plus tard par d’autres archéologues français et anglais, on a trouvé, non seulement les ruines des anciennes villes dans la région où eut lieu la guerre de Troie, mais aussi des œuvres d’art primitives, des vases en argile ornés de figures ainsi que gobelets en or. En plus de Troie, on a découvert d’autres villes, telles que Mycènes, résidence du roi Agamemnon et Tyrinte, an-

cienne ville de l’Argolide, patrie d'Hercule, où l’on a trouvé des

restes de murailles cyclopénnes, ce qui prouve bien que la Grèce, déjà dans sa première jeunesse, c’est-à-dire à l’âge héroïque, avait cultivé l’art ou du moins avait connu les œuvres artistiques de l'Egypte et de la Syrie, introduites par les Phéniciens. De même, on est forcé d’admirer que la langue grecque soit déjà arrivée aux Ix° et x°siècles avant J.-C. à un si haut degré de

perfection, telle que nous la trouvons dans l’Iliade et l'Odyssée, -où l’on est surpris, tant de la construction grammaticale que de

la forme poétique parfaite. L'histoire de ces combats héroïques devant Troie, est une description complète de la vie et des mœurs grecques avant la migration dorienne.

Un autre poëte de la même époque, non moins remarquable qu'Homère, est Hésiode, auteur de poésies religieuses et morales, de caractère didactique, telles que les Travaux et les Jours et

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la Théogonie. I1 a également écrit sur l’agriculture et sur les devoirs de la vie domestique. |

Ces œuvres qui datent du 1x° siècle avant J.-C., c’est-à-dire de l'époque de la migration dorienne, sont une preuve incontestable que les habitants de la Grèce d’alors avaient déjà traversé les premières étapes d’une culture élémentaire et se trouvaient en mesure de s’acheminer vers une culture supérieure. Toutefois, après la migration dorienne, deux siècles se sont passés, à peu près, avant que les différentes tribus dorienne, ionienne et étolienne, qui occupaient le sol grec, se soient mises d'accord pour fonder leur unité nationale qui eut pour corollaire l’établissement des jeux olympiques, qui étaient célébrés tous les quatre ans à Olympie dans le but de réveiller le sentiment de la collectivité hellénique. C’est avec les jeux olympiques que commence la chronologie de la Grèce. La première fête date de l’année 776 avant J.-C. |

La Grèce a eu également besoin de plusieurs siècles pour affirmer sa puissance coloniale sur les îles de la mer Egée et sur le littoral de la Méditerranée et de la mer Noire; elle eut à soutenir d'apres luttes contre les Phéniciens qui les avaient précédés depuis longtemps dans leurs établissements coloniaux. Poussés par les besoins du commerce et par leur esprit d'expansion, les Grecs furent obligés de créer une marine marchande et une marine de guerre, ce qui contribua à donner un grand essor au mouvement intellectuel et au progrès, dans les arts. A mesure que leur culture générale gagnait en vigueur et en extension, ils changeaient aussi leurs formes de gouvernement. Les villes habitées par les Iloniens, comme Athènes, avaient adopté le gouvernement démocratique, tandis que celles habitées parles Doriens, comme Sparte, où prédominait l’oligarchie, avaient préféré le système monarchique. Les progrès de la Grèce, et l'accroissement de sa puissance coloniale excitèrent la jalousie de la Perse qui, par terre et par mer, l’envahit en 490 et en 480 avant J.-C. Va

Mais la défense héroïque des Athéniens, aidés par Sparte et d’autres villes grecques, décidèrent la victoire en faveur de la : Grèce, obligeant les Perses à la retraite définitive et assurant à Athènes l’hégémonie sur les autres cités de la Grèce. Grâce au prestige acquis par cette victoire, le gouvernement démocratique d'Athènes s’assit sur une base plus solide et, le régime libéral, s’affirmant dès lors de plus en plus, donna lieu au développement rapide des arts et des sciences qui se prolongea pendant les

veetuv° siècles, malgré la guerre du Péloponnèse qui dura vingtsept ans. Grâce à l'intelligence, à la sagesse et au prestige de Périclès, qui dirigea la politique d’ Athènes pendant quarante ans,

Pet grâce à son gouvernement libéral, celle-ci fut la cité la plus

puissante et la plus florissante de la Grèce et, en même temps, la ville des poètes, des orateurs, des architectes, des peintres, des

| philosophes et des historiens, Athéniens de naissance ou Hellènes venus du dehors, même des colonies, pour se chauffer au clair soleil d'Athènes. A cette époque, la Grèce compta une phalange d'hommes d'élite qui se distinguèrent dans toutes les branches du savoir humain. Nous ne citerons que ceux qui ont contribué le plus à la haute culture de ce pays. Parmi les historiens, figure d’abord Hérodote, qui a décrit les guerres médiques; ses écrits forment un des monuments les plus précieux et les mieux conçus de l'antiquité ; ensuite, Thucydide, Athénien de naissance, auteur de l'Histoire de la guerre du Péloponnèése ; écrivain original et véridique, décrivant les faits en même temps que le caractère des hommes qui ont joué un rôle dans la guerre ; il cherche partout à établir des faits précis et à les enchaïner entre eux; il nie catégoriquement l'influence du hasard et de la fatalité dans les destinées de la nation; il ne reconnaît pas non plus l’action divine dans les phénomènes naturels, ni dans les événements politiques. Pour lui, Némésis est morte.

Un autre historien non moins illustre, c’est Xénophon, qui a décrit la guerre du Péloponnèse; 1l était en même temps philosophe, ayant été un des élèves préférés de Socrate; ce qui ne l’a pas empêché de figurer parmi les généraux : il:a raconté dans l’Ana-

base comment il dirigea la retraite des Dix-Mille, mercenaires grecs au service de Cyrus. Il est l’auteur de la Cyropédie, de dix

Entretiens mémorables de Socrate et d’un Traité sur l'économie,

A la même époque, Athènes avait produit les poètes les plus remarquables de la Grèce : Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane et Pindare.

Eschyle est considéré comme le père de la tragédie grecque. Ses Œuvres purement lyriques se distinguent par la profondeur des sentiments religieux et philosophiques.

. Sophocle fit faire également de grands progrès à la tragédie grecque. Dans ses œuvres, il diminue le rôle des chœurs et cherche plutôt à relever le principe de l’action dans la volonté humaine. Ses pièces connues sous les noms d’Antigone, Electre,

| Œdipe-roi, Ajax, Philoctète, les Trachyniennes et Œdipe à Colone, sont considérées comme des chefs-d’œuvre. Il a eu le bonheur

d'être apprécié par ses concitoyens qui l’ont comblé de gloire.

Euripide, au contraire, a eu une existence très difficile et malheureuse dès sa première enfance ; il a fini par être dévoré par des chiens de bergers. Sur 90 pièces qu’il a présentées sur la scène, 9 seulement furent couronnées de succès. Sophoclé a dit de lui : « Il a le tort de décrire les hommes tels qu’ils sont, tandis que moi je les décris tels qu'ils devraient être ». Les tragédies de Sophocle et d'Eschyle représentent l'homme en lutte constante contre le destin et les oracles comme les porte-voix des dieux, tandis qu'Euripide fait livrer des combats aux héros contreleurs passions, sans faire intervenir les décrets divins. Le drame, d’après lui, ne présente plus une lutte entre le ciel et la terre, sinon dans le cœur humain même. Loin de relever la vertu humaine et ses actes héroïques, il se plait à montrer au public les faiblesses humaines, et tout le passé religieux des Grecs est venu mourir dans ses drames.

Son adversaire, Aristophane, l’a qualifié, bien à tort, de corrupteur de villes et d'ennemi des dieux. Aristophane était d’origine aristocratique. Il se plaisait à mettre en relief les vices de ses contemporains, mais ses qualités morales ont été loin d’être à la hauteur de son talent. Attaché à la routine et aux idées polythéistes, 1l eut le mauvais goût d'attaquer Socrate dans les Nuées avec beaucoup de malveillance et de mauvaise foi; il se servait de son talent poétique comme arme de combat contre la philosophie et la science, contre les savants les plus distingués de son temps et les orateurs les plus éloquents, ainsi que contre les généraux les plus intrépides, dans le seul but d’amuser le public.

Pindare fut considéré comme le chef des poètes lyriques grecs. Ses odes devinrent célèbres par la hardiesse de la pensée.et de la métaphore, par l'énergie de l'expression et par l'abondance et la richesse des images, par la clarté et la vivacité de l'expression.

De même que dans les lettres, les Grecs ont également excellé dans les arts, surtout dans la sculpture, qui est arrivée chez eux à un degré de perfection jamais atteint avant ni après par aucune autre nation. Il est clair qu'ils ne sont arrivés à ce haut degré qu’à force de temps et de travail. Les arts ont besoin, de même que les lettres et les sciences, non seulement de l'inspiration, mais aussi de l'effort, de la persévérance, d’un perfectionnement du goût et des sens ainsi que d’un grand esprit d'imitation de la nature dans toutes ses manifestations. Toutefois, habitués à diviniser les forces de la nature, les architectes et les sculpteurs grecs ont dirigé leurs efforts vers la construction de beaux temples en l’honneur

des dieux, dé même que les Égyptiens. Le Parthénon, construit par Ictinus'et décoré par Phidias, tout entier en marbre du Pentélique, est considéré comme le chef-d'œuvre de l’art hellénique. Un autre chef-d'œuvre d'architecture, les Propylées, portique de l’Acropole d'Athènes, fut édifié par Mnésiclès. De même que la capitale, toute l’Attique a eu des monuments splendides inspirés par l'amour de la patrie et par une reconnaissance pieuse envers les dieux. Dans la ville sainte d’Eleusis, en face de Salamine, fut érigé un temple construit par Ictinus, assez spacieux pour pouvoir contenir tous les initiés aux mystères de Cérès. Sur le sommet du cap Sunium, deux temples furent consacrés aux dieux tutélaires de l’Attique, qui indiquaient de loin aux navigateurs arrivant de l’Asie la proximité de la terre où les Perses ont trouvé leur tombeau et les Grecs, leur liberté.

Sous le gouvernement de Périclès, pendant le v° siècle avant l’ère chrétienne, la Grèce s’est élevée, dans toutes les branches de l’art, au-dessus de toutes les nations de l'antiquité, et les sculpteurs grecs figurent encore aujourd’hui comme les grands maïtres de l’art et servent de modèles aux artistes modernes. Plusieurs facteurs ont contribué à leur donner cette supériorité; d’abord, leur amour des exercices gymnastiques, leur habitude de vivre à l’air libre, grâce à la douceur du climat, et de porter des vêtements légers qui permettaient de voir le développement harmonieux du corps, un ensemble de circonstances qui leur facilitait l'étude de l’art plastique sur l’homme même; ensuite, leur esprit esthétique et leur culte de la beauté ; et, finalement, la conception religieuse qui a formé les dieux à l’image de l’homme, les considérant comme une humanité supérieure. Les sculpteurs grecs se sont inspirés toujours de cet idéal : élever la beauté humaine à la perfection. La Grèce a toujours rendu un culte à la beauté. Socrate a dit : « On ne fait de grands éloges de la vertu que parce qu’elle constitue la beauté morale. »

… Parmi les grands sculpteurs grecs, figurent en première ligne, Phidias et Polyclète. Le premier a sculpté l’Afhéna du Parthénon et le Zeus d’Olympie. Les Athéniens ont témoigné une piété tellement grande pour leurs dieux qu’ils n’ont épargné aucun sacrifice d'argent pour donner un aspect majestueux à la Pallas du Parthénon, dont la partie nue était en ivoire et la partie cou- verte, en or. Son poids était de quarante talents, équivalents à 2.400.000 francs, ce qui prouve qu'en Grèce, au temps de Périclès, le sentiment religieux était intimement lié au sentiment esthétique. Cependant, Phidias a le grand mérite d’avoir réalisé

l'idéal de la beauté dans l'expression harmonieuse de la vie, il a subi l'influence de la philosophie de son temps, en dépouillant les dieux de leurs passions pour leur donner l’expression de la sérénité dans le pouvoir et l'intelligence dans le gouvernement du monde, de manière que, loin de former les dieux de l'Olympe à l’image de l’homme, il leur a donné l'expression dé l'idéal divin, de la pensée la plus élevée.

Polyclète est connu, d’abord, par la fondation de l'Ecole d'Agriculture, à Argos, et, ensuite, par la statue colossale de Héra, épouse de Zeus, qui rivalise en beauté avec la statue de Pallas Athéna, de Phidias. La Grèce eut encore d’autres sculpteurs célèbres, tels que Praxitèle, Scopas, Lysippe. Le chefd'œuvre de Scopas fut la statue de Niobé. | |

L'école d'Athènes, si elle a réussi à élever au plus haut degré de perfection l’art de ciseler les métaux et l’ivoire, de modeler les pierres, tant par la gravure que par le relief, n'a jamais atteint, dans la peinture, le même degré de perfection; elle n’a

jamais su donner l'expression harmonieuse des couleurs. Phidias a bien étudié la peinture, mais il n’a jamais voulu peindre que le portrait de Périclès. Du reste, nous n'avons pas d’autres modèles de peinture que les vases peints.

Parmi les peintres, le plus célèbre est Polygnote, né dans l'île.

de Tassos, vers la moitié du v° siècle avant J.-C. Il fut appelé Lee

Athènes par Cimon pour peindre sur les murs du Pœæcile les : fastes de la Patrie, parmi lesquelles se trouvait la bataille de Marathon, avec le portrait de Miltiade, après la première guerre médique. Malheureusement, la guerre du Péloponnèse avait ruiné le trésor d'Athènes, et la peinture resta en souffrance. Ce fut alors la fameuse école de Cicyone qui perfectionna cet art. Trois

peintres s’y disputèrent le premier rang : Parrhasios, Zeuxiset

Timanthe. Parrhasius excellait dans la perfection des contours et dans la distribution de la lumière et de l'ombre. Zeuxis était sans égal pour représenter la beauté féminine, pour bien choisir ses modèles et pour donner de la précision au dessin et de la noblesse aux formes. La peinture arriva à son apogée avec Apelles, dans la quatrième période de l’art, au temps d'Alexandre. Personne ne pouvait lui être comparé pour la grâce, la délicatesse des couleurs, l'harmonie des formes et l'expression des sentiments. Ses tableaux les plus célèbres furent Aphrodite et le portrait d'Alexandre le Grand. Son rival fut Protogène de Rhodes ; Philoxène d’Erétrie, peignit la bataille d'Issus. Mais l'artiste qui illustra le plus cette époque fut le sculpteur. Lys-

sippe, qui consacra son talent à des études anatomiques : malheureusement, sur six cents statues en bronze, dont il est l’ auteur, il n'en reste aucune. $

Il est tout naturel qu'un peuple qui a su exprimer si vivement

les sentiments de la religion et de la patrie, dans les différentes

formes de l’art, drame et poésie, sculpture et peinture, ait été amené à cultiver également la musique pour communiquer l enthousiasme : à l'auditoire des spectacles et des fêtes nationales. En effet, les Grecs ont introduit dans la musique plusieurs perfectionnements. D'abord, ils inventèrent trois modes principaux : le dorien majestueux, l’ionien gai et l’éolien pathétique. C'est au son des flûtes qu’ils chantaient les hymnes aux dieux, entonnaient le chœur des tragédies ou accompagnaient les danses : les chœurs chantaient les odes et les scènes lyriques des tragédies.

Pythagore découvrit la théorie de la propagation des sons, ensuite les rapports musicaux et la manière de déterminer la gravité des sons d’après la rapidité des vibrations des cordes.

Mais, considérant qu’un octave reste pauvre et stérile à côté de la voix humaine qui possède environ un octave et demi d'étendue

| Aristoxène, disciple d’Aristote, chercha à modifier les divisions

mathématiques de la corde en restreignant les quintes d’une manière imperceptible, afin que la musique püût recourir à un certain nombre d’octaves, sans altérer sensiblement le rapport de justesse entre les divers intervalles. De cette manière, il réussit à concilier les exigences du calcul avec l’aspiration du sentiment.

Toutefois, la musique grecque ne s'est composée que de deux

éléments : la succession de durée relative et la succession des intervalles mélodiés. La musique n’était qu’un mode d’accentuation de la poésie. Ce n’est que plus tard que cette accentuation

devient plus expressive et plus passionnée. Il est tout à fait

digne de remarque que les législateurs grecs, tant Solon que Lycurgue, ont considéré la musique comme une partie essentielle de l’éducation; ils la regardaient comme un des soutiens de l'esprit public et de la force nationale.

Dans toutes les phases d'évolution de la Grèce, c'est toujours

à Athènes que s’est produit le mouvement intérieur du dévelop-

pement intellectuel et esthétique, d’où il irradia vers le reste de

Ja Grèce. Il en fut de même du développement de la philoso-

phie: c'est également à Athènes que s’est constitué le premier

foyer. Ce sont les Athéniens qui, après avoir atteint le premier rang dans le domaine de l'esthétique, ont commencé à briller

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