‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 18 sur 106 · CURE" ES LES GRECS ET LES SÉMITES · texte numérisé non relu

CURE" ES LES GRECS ET LES SÉMITES

dans le domaine de la pensée. Ce furent d’abord ceux qu’on a nommés les Sept Sages qui exposaient dans des réunions publiques les rapports de l’homme avec ses semblables, avec Dieu et avec la nature. Leur principe philosophique consistait dans la recherche de la sagesse et dans l’étude de la morale, et se proposait la connaissance des lois de la nature et des causes premières. Thalès de Milet, un des Sages, instruit par delongs voyages, s’est appliquée premier à la recherche de l’origine du monde qu'il crut avoir trouvée dans l’eau et dans l'esprit moteur, en supposant que la terre était liquide dans son origine. Sa gloire réelle consiste à avoir substitué l'examen au dogme et la raison à l'opinion spéculative, n’admettant aucune vérité avant de l'avoir discutée et expérimentée. Pendant que Thalès avait vu le principe universel des choses dans l’eau, Héraclite le trouvaitdans le feu ; Anaximène, dans l'air : Empédocle, dans lé mélange et dans la lutte des quatre éléments, réduits à l'unité; Anaximandre, dans l'infini qui embrasse tout en soi et dans lequel se produisent les changements continus des choses, tandis qu'il reste immuable. Les sages qui représentent la première étape de la philosophie grecque ont été les fondateurs de l’école ionique dont le but était de rompre complètement avec les spéculations théologiques et métaphysiques de leur temps. À la même époque, apparut Pythagore, né à Samos; il visita l'Asie et l'Egypte ou il vécut assez longtemps. À son retour, il fonda à Crotone, en Italie, l’école italique qui, loin de se borner à perfectionner les sentiments religieux et moraux, avait encore un but politique. Il renonce à la mythologie sacerdotale, mais reste aristocrate: il est aussi éloigné de la foi aveugle du vulgaire que de l’indépendance démocratique des philosophes ioniens; il établit les éléments des sciences mathémathiques; il démontrele problème du carré de l’hypoténuse: il explique la conversion de l’eau en air et réciproquement, la sphéricité du soleil, l’'opacité de la lune, l'harmonie des mouvements des corps célestes. c’est-à-dire le rapport entre la masse et la distance. Il aimait à envelopper son langage de symboles; il se proposait de divulguer les sublimes pensées qu'il avait conçues de la divinité et de ses rapports avec l’homme, mais sans oser immédiatement aller contre les croyances et les habitudes du vulgaire.

Le principe fondamental de la morale pythagoricienne était l'équité qui représente l'harmonie entre les actions de l’homme et l'univers ; il subordonnaiït les passions à l'intelligence; dire la vérité et faire le bien, sont d’après lui, les moyens pour arriver

En

Pr

à pratiquer la justice et la charité. Pythagore a été le premier qui a enseigné l immortalité de l'âme, la considérant comme une

émanation de l'âme du monde. Toutefois, il a eu le tort de donner à son école un esprit de mysticisme en n’admettant ses disciples à l’enseignement de ses doctrines philosophiques qu'après de longues épreuves et de grandes austérités destinées à dompter les sens et de donner de l'exercice à l’âme par l'habitude de supporter les privations et de se livrer à la méditation. Ses prosélytes mettaient leurs biens en commun, s’habillaient de blanc et habitaient ensemble, avec la liberté de se retirer s’ils se lassaient de ce genre de vie. On voit que Pythagore substituait aux col-

lèges des prêtres une sorte de congrégation laïque avec des habi-

tudes ascétiques, un rite spécial, un costume et un régime particuliers. La philosophie italique se distingue de l’ionienne aussi en ce qu’elle prend pour base un principe unique pour constituer par voie de déduction l'unité de la science et subordonner les sens à l'esprit, tandis que les Ioniens ne s’en rapportent qu'à

l'expérience. L’une procède par analyse, tandis que l’autre pro-

cède par synthèse. L'école ionienne admettait un principe matériel et négligeait le but moral, tandis que l’écolepythagoricienne maintenait le principe spirituel et recherchaïit les lois et l’harmonie des principes du monde d’après une détermination morale du mal et du bien. L'école italique parlait beaucoup de Dieu, tandis que l'ionienne s’occupait surtout de la nature. Les pythagoriciens finirent par gagner beaucoup de terrain, en Grèce. On peut dire qu’Aristote et Platon dérivent réellement de Pythagore. A côté des écoles ionienne et pythagoricienne, se forma l’école éléatique, fondée par Xénophane de Colophon et Zénon d'Élée, dans l’ancienne ville d’Élée, et qui combattait l’anthropomorphisme, la mythologieet lemysticisme de Pythagore, voulant tout prouver à l’aide de la simple raison par le principe de la causalité et arriver à établir un système panthéiste. Elle admettait que, pour étudier les phénomènes de la nature, il faut la considérer

dans son unité, en l'identifiant avec la divinité, et que Dieu est

tout et un dans lanature, mais pas au dessus de la nature. Elle enseignait en même temps que la raison humaine ne suffit pas pour nous faire connaitre la vérité dans toute son étendue : elle nous apprend ce qu’on doit admettre comme vrai. Xénophane est le premier qui a eu une idée réelle de la nature des empreintes fossiles, tant d'animaux que de végétaux : il a eu aussiîle courage de prononcer publiquement que les hommes ont créé les dieux à leur image ; il protestait contre l’idée qui attribuait aux

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