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Après avoir parcouru à vol d'oiseau l’histoire de l’évolution de la Grèce, on ne peut pas s'empêcher de se demander comment ce peuple qui a produit des hommes de génie en si grand nombre, tant dans les arts que dans les sciences, n’a pu se maintenir dans son apogée qu'à peine un siècle et demi. Il y a plusieurs causes
qui ont contribué à précipiter la décadence de la Grèce et la
48 LES GRECS ET LES SÉMITES , perte de son indépendance. En première ligne, figurent les causes matérielles, c’est-à-dire l'épuisement des ressources du pays à la suite de guerres continuelles, d’abord contre la Perse, ensuite les guerres intestines entre les cités maritimes etterrestres, Athènes, Sparte et Thèbes. Les faibles liens d'une mentalité religieuse commune qui rattachaient l’une à l'autre les différentes cités grecques n’ont pas pu résister à leur intérêt particulier, à leur rivalité dans le pouvoir et à leurs querelles domestiques continuelles. En seconde ligne, viennent les causes sociales et morales. D'abord, le régime démocratique, qui avait prévalu à Athènes et avait créé les bases d’une civilisation supérieure, le développement des intelligences et la diffusion des lumières parmi les classes inférieures, s’est écroulé à la suite de la guerre du Péloponnèse qui donna la supériorité à Sparte el imposa à Athènes un gouvernement d'oligarchie, ce qui contribua à réveiller l’égoisme particulier des classes riches et à nourrir des sentiments de haine envers les cités voisines ; ensuite, loin d'être animés d’un esprit de panhellénisme, les citoyens d'Athènes regardaient comme des étrangers les habitants de Sparte. Les Spartiates, de leur côté, rendaient difficile le séjour, chez eux, aux Athéniens, de peur qu’ils n’y introduisissent des idées démocratiques. Quant à Athènes, bien que jouissant d’un régime démocratique, sa société était formée de trois classes : citoyens, étrangers et esclaves. Fe
La première constituait un cercle fermé; une véritable aristocratie de 15 à 20.000 hommes qui gouvernait toute la nation; et qui se réunissait trois fois par mois pour délibérer et pour voter. Quant aux étrangers, ils ne pouvaient pas acquérir les droits des citoyens, même s'ils avaient habité l’'Attique pendant plusieurs générations; ils ne pouvaient épouser une citoyenne ni acquérir un domaine; ils avaient même besoin d’un patron pour les représenter en justice. Quant aux esclaves, ils formaient la grande majorité des habitants, car chaque citoyen, même le pauvre, avait un esclave, et le riche en possédait jusqu’à 500, selon sa fortune. Tous les travaux, tant domestiques que champêtres et industriels, étaeint exécutés par les mains des esclaves qui ne recevaient comme rémunération que la nourriture; ils ne pouvaient pas disposer de leurs personnes; de plusils étaient maltraités en maintes occasions, sans avoir le droit de se plaindre, avec la circonstance aggravante que les philosophes, mème Platon et Aristote, prétendaient que certains hommes sont nés pour l’esclavitude. Sur 21.000 familles de citoyens, on comptait en Attique,
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