‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 22 sur 106 · PAT LES, GRECS ET LES SÉMITES · texte numérisé non relu

PAT LES, GRECS ET LES SÉMITES

400.000 esclaves. La plupart des esclaves provenaient des peuples vaincus faits prisonniers de guerre, mais aussi, souvent, ce fut la piraterie qui servit à l'acquisition d'esclaves. Platon et Diogène ont été vendus comme esclaves. Platon fut racheté par ses amis pour 3.000 drachmes. Diogène resta esclave toute sa vie. À Sparte, le sort de l’esclave était encore pire; il était considéré comme une bête de somme à face humaine. Cet état social prouve d'une manière certaine que, malgré l'esprit cultivé des classes élevées d'Athènes, leurs sentiments moraux et philanthropiques et surtout leur concept relatif à la dignité de la personnalité humaine n'étaient pas bien développés. Il en résulta une diminution graduelle du sentiment d’altruisme et de l’amour de la patrie, non seulement entre les différents membres de la même famille grecque, mais aussi dans la même ville d'Athènes où il y eut une divergence complète d'intérêts parmi les mêmes citoyens, car l’industrie, le commerce, les navires et les domaines se trouvaient entre les mains d’un nombre limité de citoyens qui se servaient d'esclaves pour l'exploitation de la propriété, tandis que le reste des citoyens dépourvus de moyens d’existence et de travail étaient réduits à l'extrême misère. Cet état de choses a obligé la majorité des citoyens à entrer ouvertement en lutte avecles classes riches, lutte qui a fini par l’arrivée au pouvoir des classes moins aisées de la population. Il en résulta une guerre de classes, de manière que, quand les pauvres dominaient, ils exilaient les riches et confisquaient leurs biens, et abolissaient les dettes. Les riches ne pouvaient se résigner à abandonner leur fortune ni les pauvres à mourir de faim. Cette rivalité de classes conduisit souvent aux guerres civiles et à la perte de la prospérité des cités. Toutefois, cet état de choses se prolongea pendant environ trois siècles (400 à 150 avant J.-C.). La plupart des gens sans ressources embrassaient le métier de soldat et entraient comme mercenaires, tantôt dans l’armée de Sparte, tantôt dans celle d'Athènes, tantôt dans celle de la Perse et de la Macédoine. Il y eut 50.000 Grecs au service de Darius contre Alexandre. Heureusement, celui-ci, par son génie militaire, a réussi à vaincre les Perses et à réunir toutes les cités grecques sous le drapeau national. De même, il introduisit dans ses nouveaux royaumes la langue, les habitudes et même les dieux grecs, et il tâchait de s’entourer de poètes, de savants et d'artistes grecs, au point que l'Orient cessa d’être asiatique pour devenir hellénique. Tout le monde parlait grec ; même les évan-

giles et les actes des apôtres furent écrits en grec car, après le À

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