‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 27 sur 106 · Son premier soin fut de consolider les conquêtes de son · texte numérisé non relu

Son premier soin fut de consolider les conquêtes de son

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père, d'augmenter l’armée et de fortifier Jérusalem ; ensuite, il fit construire une voie qui conduisit jusqu’à l’Euphrate, forma des

alliances avec peuples voisins, fit un traité de commerce avec les Phéniciens en leur donnant une grande liberté pour l’importa-

tion de leurs produits et entra en rapports amicaux avec Hiram, roi de Tyr, qui lui avait fourni des maçons et des ouvriers

habiles pour la construction du temple.

__ Les Tyriens ont construit également des bateaux de commerce

pour la navigation. Sous son règne, prospérèrent non seulement

le commerce, mais aussi l’agriculture, de même que les arts et la poésie, dont il fut le principal collaborateur. Ce sont ses livres, les Proverbes et l'Eclésiaste qui ont acquis une réputation univer- * selle. Malheureusement, le luxe qu’il avait introduit à la cour et les mœurs orientales qu'il avait laissé pénétrer dans son pays, eurent des conséquences fâcheuses. Ainsi, le grand nombre de femmes étrangères qu'il fit venir dans son harem amenèrent des idoles de leur pays, en honneur desquelles il avait bâti des sanctuaires, ce qui contribua à affaiblir la foi d’un grand nombre de ses sujets et à fomenter des discordes entre les différentes Haies bus. En effet, après la mort de Salomon, il y eut une séparation complète entre les tribus; il se forma deux roxaumes distincts ; celui d'Ephraïm et celui de Juda. Le premier, situé au nord, À eu pour capitale, d’abord Sichem et plus tard Samarie ; le second conserva la dynastie de David et la capitale de Jérusalem. Ces. deux royaumes, poussés par l’esprit de domination et par a jalousie, restèrent en guerre pendant plusieurs siècle et finirent par s’épuiser mutuellement. Cette décadence physique entraïna forcément la décadence morale et intellectuelle. Tous les progrès | réalisés sous l’hégémonie de David et de Salomon s’évanouirent. Peu à peu, la culture perdit graduellement son éclat, l’organisation cèda la place à un gouvernement despotique et le culte religieux prit le caractère idolâtre à l’égal de celui des autres petits. royaumes voisins. Au même titre que Moab adorait Camos, les Ammonites Moloch et les Philistins Dagon, Juda et Ephraïm adoraient Jéhovah. Chacun de ces dieux était le dieu propre de son peuple, le dieu patron de son pays, un dieu national auquel sont dus toutes les victoires contre les ennemis et tous les avantages acquis dans la vie publique et privée. Jéhovah était ainsi adoré sous des images multiples, d’abord sous la forme d’aérolithe, pierre précieuse, ou sous la forme d'animal. À Jérusalem, c'était le serpent d’airain et à Ephraïm un jeune taureau d'or. L’éphod était une petite statue informe, plaquée d’or, représentant Dieu sous la forme humaine avec une poche dans laquelle se trouvait deux boules de couleur différente, dont l’une représentant oui et l’autre non. Lorsque l’oracle (Urim et Thummin) était consulté, les prêtres tiraient une boule et proclamaient la réponse divine. Le tabernacle, sorte de petite chapelle en peau de bête, ou en tapis, ou en pierre, abritait ce précieux simulacre., La consultation de l’éphod a eu son prix. L’arche était un coffret en bois,dans lequel était déposé l’aérolithe divin. On promenait souvent l’arche de Jéhovah au milieu de l’armée pendant la

bataille, dans la croyance que la présence de Dieu déciderait de la victoire; mais il arrivait quelquefois que l’armée était battue tout de même et que les ennemis s’'emparaient de l’arche du dieu

Vaincu.

D’après ce qui précède, il ét clair que l'idéal religieux du

peuple hébreu, sous la domination des rois éphraïmites, c'est-à-

dire deux siècles et demi après Salomon, est loin de ressembler à la conception du monothéisme institué par Moïse comme

dogme religieux et culte national.

Toutefois, au milieu de cette anarchie sociale, politique et morale, pendant le xi° siècle avant Jésus-Christ, il se trouva quelques hommes de cœur et de courage qui se sont pénétrés de la gravité de la situation de leur pays, à la suite des déchirements intérieurs et de la menace constante de l'invasion étrangère, et qui ont compris qu’un peuple, sans idéal qui fixät son avenir, a perdu sa force morale et sa raison d'être, et, par conséquent, est destiné à périr. Ces hommes, ce furent les prophètes, sortes de tribuns populaires en même temps que religieux qui

défendaient les intérêts matériels des classes opprimées contre

les riches et les puissants, en même temps que les vérités religieuses révélées par Dieu à Moïse; mais ils protestaient surtout contre les injustices des gouvernements et leurs complices, les classes riches, qui exploitaient les classes laborieuses et abusaient

des pauvres.

Il y en avait parmi eux, quelques- uns qui jouissaient d’une grande intelligence et d'une haute culture, tels que Isaïe et Jérémie, mais la plupart étaient dépourvus de culture intellectuelle ; en échange, ils étaient doués de sentiments altruistes au plus haut degré, d'une imagination exubérante en même temps que d’une intuition iutellectuelle qui les mirent en état de pronostiquer l’avenir de leur nation et de se dire des envoyés de Dieu pour sauver leur peuple de l’abime des malheurs qui s'ouvraient devant lui. En effet, ils réussirent, grâce à leurs hautes qualités

morales, à exercer une influence considérable, non seulement sur

les masses populaires, mais aussi sur les classes éclairées de leur nation. C’est ainsi que, lorsque le prophète Amos avertissait la

prochaine chute d'Israël, malgré la victoire obtenue par le roi Jéroboam II sur Moab, Damas, Edom et Tyr, les prêtres le

dénonçaient au roi en demandant son expulsion. Amos répon-

dait: « Je ne suis ni prophète, ni fils de prophète; je ne suis

qu'un berger qui se nourrit de figues sauvages, mais Jéhovah

m'a pris d’auprès de mes brebis et m'a dit: « Va prophétiser à

mon peuple en Israël! » Car quand le Seigneur l’ordonne, il faut que le prophète parle, en dépit de qui lui ferme la bouche : Quand le lion rugit, qui ne tremblerait ? Quand l'Eternel parle, qui ne prophétiserait?...» | Il s'adresse, après, aux prêtres en leur disant : « Toutes vos

fêtes, Jéhovah les haït, les méprise. Que lui font vos holocaustes et vos tributs de veaux gras? Loin de moi le bruit de vos cantiques ; que je n’entende plus le son de vos lyres. Mais que le bon droit jaillisse comme l'eau et la justice comme une intarissable rivière. » Osée, prophète postérieur de quelques années à Amos, ‘ également préoccupé du manque de justice sociale des classes dirigeantes, cherche plutôt l’origine de ce mal dans le manque de l'amour de Dieu et dans l’oubli du pacte conclu entre lui et son peuple, et ne fait qu’exhorter Israël à retourner vers Jéhovah, leur seul sauveur. « Qu'ils cherchent le Seigneur: il en est temps encore, il viendra leur apprendre la justice. Ils ont semé le mal

et récolté l’iniquité; qu'ils fassent à présent des semailles de justice et ils récolteront la grâce ; car ce qui n’est point fondé sur

la justice doit périr et comme Jéhovah a révélé la justice à Israël, Israël doit réaliser la justice. »

. Ce fut le programme du prophétisme d’Amos et d'Osée. Malheureusement, leur illusion fut de courte durée. Ils finirent par se convaincre qu'Israël était incapable de réaliser cet idéal, parce qu'il avait perdu la conscience de sa mission. Par conséquent, ils annoncèrent qu'Israël serait emporté par la tempête et après que l’élément impur serait englouti, les débris épurés reviendraient en Palestine pour fonder l'Etat idéal. En effet, 1 Israël, à l'agonie, ne retrouva plus d'énergie que contre Juda (1). «Chacun dévore la chair de son propre bras : Manassé contre Ephraïm, Ephraïm contre Manassé et tous deux ensemble contre Juda. » Un roi d'Israël, Pékah, qui dure plus longtemps queles autres (758-738) se ligue contre Juda avec le roi de Damas, et Jérusalem est mise aux abois par cette coalition fratricidé.

Finalement, le roi d’Assyrie, Tiglat Piléser, entra à Damas,

tua le roi de Syrie, déporta son peuple, Ephraïm fut démembré et soumis au tribut. Mais son nouveau roi, Osée, noua desintelligences avec l'Egypte pour secouer le joug d’Assyrie, ce qui futle motif d’uné nouvelle invasion de la Palestine par Sargon, roi de … Ninive, qui s'empara de Samarie, en 721 avant J.-C., après l'avoir assiégée pendant trois ans, fit prisonnier le roi Osée et toute la

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