‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 32 sur 106 · M LES GRECS ET LES SÉMITES · texte numérisé non relu

M LES GRECS ET LES SÉMITES

RATS STATE UP cn MO VE «qu'il en reçut ont contribué à mûrir ces idées sur le « royaume

«du ciel » qui, pour lui, était l'avènement du règne de bien et de

«justice, Toutefois, l'exemple de Juda le Gaulonite lui avait

«montré l'inutilité des séditions populaires ; de même, l’arresta-

«tion de Jean ne l’a pas moins impressionné, de manière qu'il ne . Csongea pas à se révolter contre les Romains et les Tétrarques, « La révolution qu'il voulut faire fut simplement une révolution

«morale, mais il lui manquait de prestige pour imposer ses idées

Çaux classes éclairées de même qu'aux masses populaires et «n'avait pas non plus connaissance de la culture grecque. Il ne «connaissait pas même les beaux essais de la philosophie «religieuse tentés par l’école juive d'Alexandrie; il neconnaïissait « pas davantage la scolastique bizarre qui s’enseignait à Jérusa-

« lem, Toutefois, il s'était familiarisé avec les doctrines de l’école .

« de Hillel dont les aphorismes avaient beaucoup d’analogie avec «ceux prononcés par lui plus tard; en même temps, la lecture «assidue des livres de l'Ancien Testament l'avait beaucoup «impressionné, surtout la poésie religieuse des psaumes qui « harmonisait bien avec son âme lyrique. Son imagination fut « surtout frappée par les livres des prophètes Isaïe dont l’impé- «tueuse éloquence et les brillants rêves d'avenir l'avaient

« beaucoup charmé, L'idée d’un cataclysme du ciel et de la terre,

«le bouleversement des empires puissants avaient tellement «alimenté son imagination qu'il regardait avec mépris toutes les

« jouissances terrestres et les biens terrenaux, Bien qu'il préférât

« la vie de la campagne et qu’il aimât à admirer les beautés de la «nature, il avait un penchant pour le surnaturel, croyant «qu'avec les prières il pourrait arrêter la maladie et la mort, et «influencer la volonté de Dieu. Sa manière de penser et de sentir

« était tellement différente du milieu dans lequel il vivait qu'il se «montra selon l'Evangile souvent en révolte contre l'autorité . « paternelle ; mais 1l paraît aussi que sa famille même n'avait

« pas un grand amour pour lui. Les liens du sang comptaient peu «pour lui. La légende raconte qu’un jour une femme passant «près de lui s’écria : « Heureux le ventre qui ta porté! » — « Heureux plutôt, répondit-il, celui qui écoute la parole de Dieu et « le suit ! »

Tout son amour, il le concentra sur son père céleste avait

promis par la bouche de ses prophètes de rétablir le règne de la

justice sur la terre et l'égalité des droits de tous ses enfants, Imbu des idées exprimées dans les livres d’Isaïe et de Daniel sur l’avènement du Messie et son apparition au milieu des

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nuées, de. même que sur le renouvellement complet de la société, il n'avait qu'une pensée et qu’un désir ardent : voir se réaliser cet

idéal supérieur de l'humanité, d'autant plus qu'il représentait l'aspiration du milieu dans lequel il vivait, car la Galilée, son pays natal, était alors une vaste fournaise où s ’agitaient les problemes sociaux et religieux. Les idées. de l'indépendance nationale et de l'attente du Messie travaillaient toutes les têtes et Jésus vivait et grandissait dans ce milieu enivrant. D’un autre côté, dès son enfance, il avait l'habitude de faire presque annuellement avec ses compatriotes le pélerinage à Jérusalem pour y célébrer

en commun. la Pâque. Pendant ces voyages, il se mettait en . contact avec là àme de son peuple, et pendant son séjour à Jéru-

salem, il ressentait déjà une vive antipathie pour les doctrines étroites et les pratiques égoistes des représentants officiels du

’ judaïsme. Absorbé toujours par la réalisation de son idéal, il ne

se maria pas. Tous ses sentiments d’amour se portaient sur son père, dans le ciel, avec lequel il se sentait identifié, C’est l’idée de Dieu, père, qui le dominait tout entier. Il entendit parler en lui la voix de Dieu et finit par se croire fils de Dieu. Par la conception de Dieu comme père de l'humanité et de l'âme humaine comme.

une émanation directe de la divinité, il considéra Dieu comme le

principe suprême de justice, d'amour et de charité.

IL faut bien constater que ce n’est pas par un raisonnement philosophique, comme Socrate, que Jé ésus est arrivé à cette conception élevée de Dieu, mais bien par le sentiment exquis de sa nature, inspiré qu’il était par une disposition d'âme tout à fait originale et nourri dans le milieu social dans lequel il vivait. Spinoza dit avec raison que Jésus ne fit aucun raisonnement à ses disciples ; il ne leur demanda aucun effort d’attention ; il ne leur exigea que d'aimer Dieu et d’obéir à ses commandements, car l’obéissance

n'exige pas-une connaissance intellectuelle ou approfondie de

Dieu qui n’est pas commune à tout le monde ;'elle consiste sim-

plement dans la connaissance de la justice divine et de la cha-

rité, et dans l'amour du prochain, car là où l’on trouve l’obéis-

‘sance aux principes moraux, là se rencontre nécessairement la

foi en Dieu. Cette vérité morale et religieuse est enseignée à diffé-

rentes reprises dans l’évangile de Jean. Jésus, comme tous les . chefs d'école de son temps, peu porté vers le raisonnement, ren-

ferme sa doctrine plutôt dans des aphorismes concis et parfois énigmatiques. Un grand nombre de ses maximes et pensées, il les a empruntées à l'Ancien Testament ou aux écrivains plus modernes, tels que Hillel et Jésus Ben-Sirah, mais il les revêtait

Fe Fe ao PE LES UE 96 ‘LES GRECS ET LES SÉMITES … , :

souvent d’une forme expressive à lui ; il enchérissait surtout sur

les vertus d'humilité, de pardon, de charité et d'abnégation; ilne

se contentait pas d'enseigner la maxime mosaïque qui disait :

«Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu ‘on te fit à toimême » ; il ajoutait: «Si quelqu'un te frappe sur la j joue droite, présente-lui l'autre ; si quelqu'un te fais un pr ocès ROSE ta tunique, abandonne-lui ton manteau ». PRE

« Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux ii vous haïssent ; priez pour ceux qui vous persécutent. »

«Ne jugez pas, et vous ne serez point jugé. Pardonnez, et on vous pardonnera. Soyez miséricordieux, comme votre Père céleste est miséricordieux. Donner vaut mieux que recévoir. »

« Celui qui s’humiliesera élevé; celui qui s'élève sera humilié. »

Elevé dans les traditions de l’Ancien Testament et inspiré par les enseignements des prophètes Isaïe, il ne parlaït pas contre la

loi mosaïque, mais il laissait entendre à plusieurs reprises qu'il fallait élargir la base du monothéisme, le rendre plus universel

au lieu de regarder le peuple juif Comme son unique dépositaire ;

il prêchait la fraternité entre tous les hommes et la charité même . pour les païens ; il voulait un culte pur et une religion sans prètres ni pratiques extérieures ; il insistait sur la nécessité du rap-

port immédiat de la conscience de l'homme avec le Père céleste.

« Quand tu fais l’aumône, disait-il, que ta main gauche ne sache

pas ce que fais ta droite, afin que ton aumône reste dans le secret ». En cela, il ne faisait qu'imiter Isaïe, qui disait : « Que n'importe

la multitude de vos victimes ? J’en suis rasSasié ; la graisse de vos béliers me soulève le cœur ; votre encens m ‘importune ;. car vos.

mains sont pleines de sang. Purifiez vos pensées ; cessez de mal faire, apprenez le bien, cherchez la justice, et venez alors ».

Bien que Jésus, dans ses sermons et dans ses enseignements, n’eût d'autre but que de fonder la liberté des âmes, la liberté morale et le relèvement de la personnalité humaine, cette doctrine tombait mal, au moment où l’empire romain avait supprimé la liberté républicaine et la liberté des petits Etats. C'est peut- -être une des raisons pour lesquelles le procurateur romain, Ponce Pilate, fit bon accueil aux accusations des Pharisiens contre Jésus-Christ, comme coupable de crime d'Etat.

Les enseignements élevés de Jésus sur les devoirs de l'homme envers Dieu et ses semblables, exposés dans les entretiens

familiers avec ses disciples se transmirent de bouche en bouche,

souvent corrigés et augmentés, à travers plusieurs générations et surtout grâce au don d’apostolat et au génie d’organi-

sation de Saint-Paul, qui, sans avoir jamais connu Jésus, captivé par la beauté de ses maximes et la hauteur de ses conceptions, devint un de ses adeptes les plus exaltés et s’en fit l’apôtre. Il se dirigea en Asie Mineure, en Egypte et en Grèce et finalement à Rome, s’arrêtant partout où il trouvait des communautés ,israé- | lites pour donner des conférences sur la venue du Messie et sa prochaine apparition sur les nuées du ciel. Son courage et sa ténacité lui firent surmonter tousles obstacles et endurer toute espèce de privations; ni les railleries des Grecs, ni les injures de ses coreligionnaires le firent reculer dans son entreprise ardente . d’apôtre. Grâce à ses hautes qualités morales, il réussit à devevenir le fondateur de l’église chrétienne primitive. Toutefois, malgré sa conversion aux doctrines de Jésus-Christ, par son caractère nerveux, par son éducation talmudique et ses profondes connaissances des lois mosaïques, il conserva toujours l'esprit Juif. Son Dieu n’est pas le Dieu d'amour, de charité et d’indulà gence de Jésus; d’après lui, Dieu a destiné de toute éternité les bons pour le salut et les méchants pour la damnation. C’est ainsi quele peuple juif a été tout d’abord prédestiné pour donner la vérité au monde et lui apporter le Messie, mais après la venue de Jésus, Dieu, dans sa haute sagesse, a voulu appeler d’autres * peuples à la vérité et au salut et élargir la prédestination au-delà du cercle étroit de la nation juive. Il a tâché, par ses prédications incessantes, de faire entrer lesgentils dans lès communautés juives sans accorder à celles-ci aucune prééminence. Malheureusement, par cette conception théologique, que les docteurs de l'Eglise appellent la Grâce, Saint-Paul a remplacé l’idée de la justice divine par celle de l'arbitraire divin tout à fait en opposition avec la conception plus élevée et plus pure de Dieu pére, de Jésus, principe moral fondamental de la fraternité et de l'égalité parmi les hommes, et de la charité et de la justice même envers les païens. C’est ainsi que dans le chapitre III de la première épître aux Corynthiens, il dit : (Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien. aimés ! Laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : A moi la vengeance et à moi la rétribution ! »

Pour se réconcilier avec les autorités romaines et obtenir en . cas de besoin leur appui, il dit dans le chapitre XIII de l’épitre aux Romains : « Que toute personne soit soumise aux autorités : supérieures, car il n’y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu.»

De l'aperçu historique que nous venons de tracer du peuple.

d'Israël depuis sa captivité, en Babylone, jusqu'à la destruction du second temple par les armées romaines, il résulte : | 1° que la vraie histoire de ce peuple date seulement du vi: siècle avant Jésus Christ où, à la suite de son contact à Babylone avec la culture et les mœurs d’un peuple plus avancé, mieux policé … et mieux organisé pour la défense de ses institutions, ses facultés intellectuelles se sont mieux développées, étant devenues aptes à comprendre mieux la valeur et la portée des lois mosaïques et. leur supériorité sur celle des peuples idolâtres. Ses chefs en ont également profité, pour cultiver la langue hébraïque, pour recueillir les récits et chants populaires ainsi que les traditions historiques et les légendes poétiques de ses anciens rois, qui probablement avaient été conservés par les prêtres, sous forme de rapsodies, dans les chroniques et peut-être même emportés par Nabuchodonosor avec les trésors du temple à Babylone. Autre-

ment, on ne comprendrait pas comment les écrits littéraires de. ;

David et de Salomon qui révèlent des sentiments sublimes et des pensées très philosophiques, auraient pu être transmis dans leur intégrité aux écrivains des v° et 1v° siècles avant Jésus-Christ, et, d'un autré côté, comment les dix tribus d'Israël formant le royaume d'Ephraïm, au nord de Palestine, seraient restés en“

glouties dans le déluge des invasions assyriennes à la fin du vin.

siècle, fait historique qui ne peut être expliqué que par cette circonstance que les dix tribus, ayant été attachées depuis long-

temps à l’idolâtrie, avaient perdu leur tradition nationale, leurs

mœurs et leur langue et s'étaient laissé absorber sans laisser de traces, par les vainqueurs et les peuples BAG lesquels ils vi- - valent. \ 2° que, sous l'influence de l’école d’ Esdras et du régime théocratique dominant, établi par les prêtres, le culte de dieux étrangers s’est effacé devant celui du Dieu national. De même, les”

cérémonies grossières, empruntéés aux peuples idolâtres envi-

ronnants pour le culte de Jéhovah à l’époque du premier temple, disparurent pour faire place à un monothéisme plus pur, consistant dans la représentation mentale d’un dieu unique comme principe créateur et conservateur de l'univers, bien que cela n'ait pas empêché de considérer ce dieu unique comme Dieu national

lié par un pacte au peuple d'Israël et celui-ci comme son peuple “#4

favori, Dieu promettant sa protection en Cas 7 OPERANEES à ses.

ET

LES GRECS ET LES SÉMITES 99 lois et le menaçant de ses foudres en cas d’infidélité à l’alliance. |

3° qu’à la suite de l'invasion progressive de la culture grecque en Palestine, il se produisit une collision ouverte entre le polythéisme grec et le parti démocratique traditionaliste, défenseur exalté du monothéisme. Bien que, grâce au gouvernement éclairé

et prudent de Siméon le Juste, la paix morale se fût établie sur

une base plus ou moins solide, donnant lieu à une prospérité nationale de trente ans, la lutte devint plus acharnée que jamais après la mort de ce grand prêtre et sous ses successeurs ambitieux. L'apparition des livres prophétiques qui confondaient dans un même anathème ceux qui semblaient favoriser l'idolâtrie hellénique et renier le culte du Dieu national avec ceux qui

s’enrichissaient aux dépens des classes ouvrières, qui oppri-

maient le peuple et qui refusaient la justice aux faibles, contribua beaucoup à raviver la haine et le mépris de la population contre le joug de l'étranger. En effet, poussé à l’exaspération par l’ini-

quité de ses oppresseurs, le parti traditionaliste se souleva en

masse, chassa de Jérusalem, sous la conduite des Macchabées, les dominateurs grecs et mit en déroute le parti-des hellénisants, grâce à l'appui de Rome, A la suite de cette victoire, les Macchäbées ne se contentèrent pas de l’écrasement des hellénisants, ils firent massacrer leurs adversaires et livrérent . au pillage et à l'incendie les villages juifs infidèles à Jéhovah. à 4 que l’écrasement des hellénisants, loin de mettre fin à la lutte des partis, contribua plutôt à la rendre plus acharnée, car

Je parti traditionaliste, à la tête du gouvernement, se transforma

en vrai tyran et l’antagonisme antique de l'aristocratie et de la démocratie surgit sous une nouvelle forme, n'ayant changé que de nom ; les nouveaux partis s’appelant Saducéens et Pharisiens, continuèrent à se trouver toujours en lutte au point de finir par des guerres civiles qui, en se prolongeant, obligèrent chacun des

adversaires à appeler à son aide un des peuples voisins ; finale-

ment, ce fut l’intervention des aigles romaines qui mit fin à la révolte sous Pompée, en plaçant la Palestine sous le protectorat

| de Rome,

95° que la puissance des Romains, loin d’étouffer l’'ardeur de

l’âmejuive ne fit qu’exaspérer le parli des rigoristes, les soi-disant gardiens de l’antique tradition, lesquels, fanatisés par les livres

des prophètes qui circulaient de tous côtés, se considéraient

* comme le peuple élu de Dieu pour des destinées extraordinaires,

espérant pouvoir vaincre les plus puissants ennemis . par

l'intervention toute puissante de Jéhovah. C'est surtout le second Isaïe qui prophétise la soumission du monde aux Juifs à condition qu'ils restent soumis à la loi de Dieu, ce qui ne pourrait être que la conversion du monde au monothéisme. Déjà pour le premier Isaïe, Jéhovah n'est plus le Dieu supérieur au milieu des autres dieux, il est le Dieu suprême, le seul et unique Dieu ; hors de lui, il n'existe pas d’autre Dieu. Pour Isaïe, l’âme juive est appelée à conquérir le monde par la foi dans un dieu unique. C’est sous l’influence de ces légendes sacrées que s’est formée la croyance populaire, à la prochaine arrivée du Messie qui devait détruire l'empire des païens et établir le royaume de justice. On commençait à attendre sa venue au milieu des nuées dans les cieux entr’ouverts, parmi là foudre.

di 0h qu’au milieu de cette atmosphère chargée d'éléments hostiles ‘à l’ordre établi et d’une lutte acharnée entre l'esprit envahisseur d’une civilisation avancée et puissante, et le principe théocra- : tique incarné dans un petit peuple rêvant la conquête du monde, apparut la haute personnalité de Jésus-Christ qui prèchait la morale au nom de Dieu, père de l'humanité, la fraternité entre tous les hommes-et la charité, même pour les païens, considérant ainsi Dieu comme principe d'amour, de justice et de charité et l'âme humaine comme une émanation directe de la divinité. Depuis lors, la conception du monothéisme revêtit un caractère tout à fait éthique et universel. Jéhovah n’est plus le Dieu exclusif d'Israël : il est devenu le Dieu de toutes les nations et de tous les hommes, même des païens. ;

7° que c’est le génie individuelde Jésus-Christ, illuminé par l'esprit prophétiqué national et fécondé par le milieu social propice au développement du sentiment exubérant d'amour de Dieu, de justice et de bonté, qui a créé et proclamé cet idéal ! nouveau de l'humanité : la liberté morale et la fraternité parmi les hommes, l'amour de Dieu et l'amour de la justice pour les opprimés et pour lesfaibles, idéal qui représente la phase terminale de l’évolution progressive du monothéisme commencé par Moïse. — C’est une loi de l’histoire d’après laquelle, chez certains peuples, dans les moments les plus critiques, surgissent des hommes de génie ou de haute valeur morale, qui répandent parmi les masses populaires les germes du progrès, tantôt moraux, tantôt intellectuels et matériels, de l'humanité, bien ‘jue ces germes aient souvent besoin de longues années et même des siècles avant de trouver un milieu propice à leur développement. Généralement, ces hommes de génie incarnent une idée

parvenue à la conscience sociale après être restée longtemps à

l'état inconscient dans l'esprit dés nations. C’est ainsi que Jésus-

Christ représente l’incarnation de la conscience humaine dans la phase d'évolution de l'humanité que nous appelons âge adolescent, dans lequel le sentiment se développe au pair de la raison, et le besoin d'amour, d'épanchement et d’attachement prend une forme altruiste, cherchant à réaliser le rêve de son bonheur propre en même temps que celui de. la société, tandis que l’époque où Moïse proclama le monothéisme.au peuple

d'Israël représente bien l'enfance de l'humanité, car la collecti- P

. vité à laquelle cette doctrine fut pour la première fois enseignée

sous la forme d’une révélation divine, se trouvait encore dans un état d'infériorité intellectuelle et morale, ayant besoin d’un grand nombre de siècles d'expérience, d'enseignement et de contact prolongé avec d’autres peuples d’une culture supérieure, pour que son intelligence se mette à la portée de comprendre la haute signification du monothéisme et que le sentiment d’altruisme pénètre complètement la conscience nationale.

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