‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 45 sur 106 · TE · texte numérisé non relu

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€ vrais croyants, ils traverseront l’abime aussi vite que l'éclair et «€ vont habiter les jardins du septième ciel ou le paradis. Le € Musulman s'y trouve servi par quatre-vingts esclaves, il y dis-

€ pose des richesses et des possessions immenses. Couvert de

« soie et les- jambes croisées sur un beau tapis, au milieu des « fleurs, le serviteur de Dieu commande; on lui apporte un repas « splendide dans des plats d’or massif; trois cents jeunes pages € qui, en défilant, semblent un collier de perles fines, portent

. € des vases de cristal de roche et lui versent les breuvages du

€ paradis, liqueurs délicieuses qui réjouissent l’Âme sans égarer

€ la raison; soixante-douze nymphes immortelles, houris aux

« yeux noirs, semblables à des perles dans leur conque, obéi- « ront à la voix du croyant, et, par leurs chants, augmentent ses

« délices ». | | ë

Le Coran présente, de plus, une série de contradictions. D'un côté, Mahomet a imaginé un paradis céleste avec des joies mondaines pour stimuler les croyants dans l'exercice du bien et dans la pratique de la vertu et de la morale, et, en même temps, il permet de rendre le mal pour le mal, en disant : « Quiconque agira

violemment à votre égard, agissez de même contre lui ». D’un

autre côté, il établit la récompense de la vie future pour les bonnes œuvres et la punition pour les mauvaises, et, en même temps il admet la doctrine des décrets éterñels, car le Coran dit : « Dieu

a décrété de toute éternité chaque action, chaque événement de

l’homme ; tout est écrit dans le livre de l'Évidence, « Les infidèles sont prédestinés au feu; l'homme porte son

destin süspendu à son cou, et, au jour de la résurrection, Dieu ‘lui montrera son livre ouvert. L'heure finale est prédestinée par Dieu, et ceux qui périrent dans le combat de Ohod (1), fussent-

ils restés chez eux, n’auraient pas évité leur destin, parce que

dans aucun lieu, l'homme ne peut se soustraire au décret absolu

de Dieu. »

Il n’y a pas de Aoute que cette croyance infusée dans la men-

| talité des Musulmans les poussa au début à la victoire, mais elle

fut aussi ensuite la source de l apathie qui les rendait indifférents

‘pour l'amélioration de leur existence, et qui les empêchait de

secouer le j joug de la tyrannie et de la convoitise de leurs califes

: Sanguinaires. Du reste, le fatum mahométanum a eu des consé- quences fatales pour les croyants des pays musulmans qui

furent souvent ravagés par les épidémies de peste et de choléra,

(1) Nom de la montagne voisine de Médine où Mahomet fut vaincu par les Méquois.

128 LES GRECS ET LES SÉMITES de même que par la famine, sans qu’ils aient pensé à prendre des. mesures défensives. |

En plus de la doctrine religieuse, le Coran renferme également des préceptes moraux, hygiéniques et diététiques, devant servir de guide à tout Musulman croyant. En cela, il ne fait autre chose que copier la Bible en y introduisant quelques modifications, soit en ajoutant, soit en élargissant le tableau des règles de conduite. C’est ainsi qu'il a institué le vendredi comme jour de repos hebdomadaire pour différer des juifs et des chrétiens qui ont adopté le samedi et le dimanche respectivement. |

Il est incontestable que si on juge Mahomet et son œuvre au point de vue de l'évolution de l’idée religieuse en général et par les détails contenus dans son code religieux, civil et politique, | on ne lui reconnaîtra pas un mérite extraordinaire comme homme de génie et encore moins un droit à la reconnaissance de la postérité; mais si on le juge au point de vue de l'influence qu’il à exercée sur l’évolution historique du peuple arabe et du rôle que ce peuple a joué plus tard dans l'histoire de l'humanité, on est forcé de lui rendre justice et de lui accorder une place d'honneur dans le Panthéon des grands hommes qui ont contribué puissamment au progrès de la civilisation. Pour juger avec impartialité son œuvre, il faut tenir compte en premier lieu des luttes formidables qu’il fut obligé de soutenir d’abord contre son entourage et ensuite contre les Coréichites, tribu imbue de fanatisme, d'ignorance et de superstition, et engloutie dans le gouffre de l’idolâtrie; en second lieu, il faut considérer l’état d'âme du peuple arabe, jaloux de son indépendance individuelle, ses penchants et ses goûts instinctifs matériels et sa haine de toute supériorité. Ce n’est que grâce à sa parole persuasive et à la conviction intime de sa mission sacrée qu’il a eu le courage de braver les périls qui le menaçaient à chaque moment et de soutenir une guerre ouverte contre plusieurs tribus et surtout contre les Coréichites, pendant seize ans (614-630). Ce n’est que grâce à son esprit politique très habile qu’il se réconcilia avec ses ennemis d'hier attachés à la routine et à la superstition, en maintenant plusieurs des vieilles institutions et des anciens usages répandus depuis des siècles en Arabie, et en leur offrant, comme récompense de leurs bonnes actions et de l'observance des loiset cérémonies religieuses dictées par le Coran, un paradis peint avec des couleurs fantastiques et inspirées par une imagination orientale conformément à l'aspiration d’un peuple passionné et demibarbare. Certes, le Coran n’est pas un livre original, comme le

Nouveau et l'Ancien Testament auxquels il a emprunté sa

morale et sa législation, mais c'était une œuvre utile à son

époque, ayant répondu à la fois aux besoins moraux, religieux et sociaux d’une nation au moment de sa renaissance: il a

surtout rempli le but de son auteur qui avait en vue d’abord de ». rattacher toutes les tribus de l'Arabie à un centre commun dont . le symbole fut La Mecque et sa Kaaba; ensuite de créer entre elles une solidarité d'intérêts religieux et matériels. Toutefois, malgré le grand mérite du Coran et son influence incontestable sur l'unité nationale arabe, on ne saurait nier que celle-ci ne se serait jamais réalisée sans l'intervention de la force brutale qui imposa la nouvelle religion après une victoire éclatante par les armes aux tribus les plus puissantes de l’Arabie, car, à ses débuts, c’est-à-dire à l’âge de 40 ans, en l’année 610, Mahomet n'avait encore joué aucun rôle dans son pays, et n’osa faire communication de son projet à aucune autre personne en dehors - de sa famille ; ce n’est qu’à sa femme Kadicha, à son cousin Ali et à son ami Abou-Bekre, qu'il lisait quelques morceaux du Coran, et'ce n’est qu'après avoir gagné quelques amis à sa cause, cest-à-dire quatre ans après, en 614, qu'il se. décida à lever hautement l’étendard du prophète contre les pratiques superstitieuses de ses compatriotes et à demander ouvertement la destruction des idoles. Bien qu’un grand nombre de personnes se soient émues par l’éloquence de cet innovateur, la plupart l’accablèrent d’outrages et le signalèrent comme un ennemi de la religion de leurs ancêtres ; ce furent surtout les Coréichites, les gardiens du temple sacré, qui furent ses ennemis les plus acharnés.

Cependant, grâce à la ténacité de Mahomet qui lutta pendant sept ans (615-622) avec un zèle infatigable, pour la propagande de ses idées, et grâce surtout à la conversion à ses doctrines, d'Omar, jusqu'alors son plus grand ennemi, que son preslige grandit de jour en jour et le nombre de ses prosélytes augmenta progressivement. Ce n’est pas autant par la bonté de sa doctrine que par l’ascendant de sa parole ardente qu’il agissait sur les esprits et c’est particulièrement à Médine qu'il réussit à faire le plus grand nombre de prosélytes; c’est précisément à Médine où l’idée du monothéisme avait été déjà propagée depuis longtemps par les juifs. L'idée sublime d’un seul dieu, souverain de l'univers, qui récompense les bonnes actions et punit les mauvaises était bien propre à impressionner un peuple d’une imagination aussi exubérante que celle des Arabes. A mesure que les doctrines de

Mahomet se répandirent à Médine, les Coréichites redoublèrent de violence contre lui et le menacèrent de mort, au point qu'il se vit obligé de chercher son salut dans la fuite en compagnie de

son ami Abou-Bèkre, et, luttant contre beaucoup de difficultés, ils purent gagner le territoire de Yathreb (622). C'est cette date,

mémorable, appelée l'hégire ou la fuite de Mahomet, qui constitue

l'ère des Musulmans. Depuis lors, le prestige du poète commença :

à s'étendre dans toute l’Arabie, et avec lui, augmenta le nombre de ses adeptes, ce qui n’empêcha pas que l'hostilité des Coréichites contre Mahomet, de même que la rivalité commerciale entre La Mecque et Médine, s’accentuassent tous les jours davantage; car dans cette question de suprématie, il s'agissait pour les deux d’une lutte pour l'existence même. Des combats sanglants se suivaient avec beaucoup de fréquence, avec des succès alternatifs

et des pertes considérables des deux côtés. Maïs finalement, les

partisans de Mahomet remportèrent une victoire définitive sur

les Coréichites, après une guerre qui ne dura pas moins de huit

ans (622-630). Aussitôt après, le vainqueur se dirigea, à la tête de

10.000 hommes vers la Mecque, qui se rendit au prophète sans résistance. Une fois maître de La Mecque, il marcha vers le.

temple et détruisit toutes les idoles, ce qui eut pour résultat la conversion des Coréichites et la fin du culte idolâtre des Arabes.

On peut dire que depuis lors l’unité nationale arabe était un fait |

accompli. Malheuréusement deux années après, en 632, Mahomet

mourut et on aurait pu craindre qu'avec la disparition de l’auteur de çe mouvement national, son œuvre ne disparaisse égale-

ment. Mais les hommes éminents qui avaient soutenu Mahomet dans sa longue et difficile mission, Abou-Bèkre, Omar, Othman

et Ali, coopérèrent à la conservation de son œuvre et sedéclarèrent défenseurs et continuateurs du régime institué par lui. D'un

commun accord, ils reconnurent Abou-Bèkre comme calife fou

chef de la nation. Celui-ci mourut deux ans plus tard et désigna

Omar pour son successeur. Ge dernier gouverna dix ans, jus-.

qu’en l’année 644 et, après sa mort, ce fut d’abord Othman et ensuite Ali qui le remplacèrent jusqu’en l’année 660. Quelque temps après que Mahomet avait réalisé l’unité natio-

nale, une sorte d’exaltation religieuse s'était emparée de toutes : les âmes et l'esprit de prosélytisme inspiré par l’auteur de la nou-

velle doctrine se répandit dans toute l'Arabie. Dans chaque province, il se forma des corps d’armées dont les chefs prêchaient la guerre sainte contre les infidèles. Etrangers à toute idée de tactique savante, les chefs arabes atmaient mieux combattre

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pendant la nuit pour mieux pouvoir couvrir leur retraite en cas

d'échec; ils évitaient d'engager une bataille avant les prières de

midi pour pouvoir la continuer jusqu’au soir et renouveler l'attaque avec des troupes fraîches tenues en réserve. C’est ainsi que l’année suivante de la mort de Mahomet, c’est-à-dire en 633, Abou-Bèkre envahit la Syrie, et bien que les Grecs tenaient pour

‘eux la mer et disposaient d’armées organisées, pendant que les Arabes étaient ignorants, pauvres et dénués de tout, armés

chacun à sa fantaisie d’un arc, d’une pique ou d’une massue, les Grecs plièrent et les Arabes restèrent maîtres du champ de bataille d’Aiznadin, grâce à leur enthousiasme excité par l’héroisme d’une troupe d’amazones qui avaient reçu l’ordre d’atteindre de leurs flèches tout musulman qu'elles verraient fuir. Les Grecs, après avoir réorganisé leurs troupes sous Constantine, fils d'Héraclius, fortes de cent quarante mille hommes, aidés de plus par les Ghassanides, attaquèrent de nouveau l’armée arabe sur les bords du Yermouk. La lutte dura plusieurs jours.

Les Arabes furent trois fois mis en fuite, mais ramenés toujours

au combat par les femmes qui s'étaient placées à l’arrière-garde, ils finirent par vaincre, et, après avoir soumis les Ghassanides

qui se convertirent à l’islamisme, Omar prit le chemin d’An-

tioche et d'Alep, mit le siège devant Jérusalem défendu par le patriarche Sophronius, qui capitula. Après une entrevue avec le calife Omar, celui-ci promit d'accorder la liberté de conscience

aux chrétiens et de respecter leurs églises ; seulement, le calife, pour signaler la victoire de l’islamisme sur la croix, bâtit sur l'emplacement du temple de Salomon une mosquée superbe

qui recut le nom de mosquée d'Omar et qui existe encore aujourd’hui. Maîtres de la Syrie et d'Alep, il ne leur manquait qu'Antioche pour dominer la plaine de la Mésopotamie. Bien que

les Grecs disposassent dans cette ville d’une armée or ganisée, le . découragement qui s'était emparé d’eux après les défaites d’Aiz- nadin et: d’Yermouk, les fit capituler après quelques jours

de résistance. Maître d’Antioche, le général Abou-Obéidah se proposa de s’ emparer, sans aucun retard, des villes des bords de l'Euphrate où les Grecs tenaient garnison, de même que des villes de la Phénicie, En effet, en très peu de temps, le général Khaled occupa Héliopolis, Tyr et Tripoli, et les villes de Césarée et de Tibériade ne tardèrent pas non plus à ouvrir leurs portes au général Moawiah. C’est ainsi que les Arabes, avec une rapidité extraordinaire, devinrent maîtres de la Syrie et de la Mésopo-

tamie. Il en résulta que la population arabe de ces contrées

embrassait l’islamisme et, qu’à la fin de l’année 640, toutes les tribus arabes, sans distinction, se trouvaient réunies sous la domination d’un même chef. Omar, après la prise de Jérusalem, chargea le général Amrou, chef de l’armée de Syrie, de se diriger vers l'Egypte, et, suivant ces ordres, Amrou s’avança et engagea un combat avec les Grecs à l'entrée de l’isthme de Suez. Après

les avoir repoussés, il traversa l'isthme et se présenta devant la, ville de Famiah, l’ancienne Péluse, qui commande l'entrée du

Delta, et qui se rendit après un mois de siège. Amrou marcha

d'abord sur Memphis, et, après s'être emparé de cette ville, il s’avança sur Alexandrie qui fut prise après quatorze mois de siège (641). Une fois maître de cette ville, il fit démolir les.

hautes murailles et fit entreprendre de grands travaux d'utilité publique. On voulait bien attribuer à Amrou l'incendie de la fameuse bibliothèque du Sérapion, mais il n’est pas probable

qu’un général qui, après un siège de quatorze mois, n'a pas

permis à ses soldats de saccager la ville, se soit rendu coupable d’un tel acte de barbarie, tandis qu’il est un fait historique que la bibliothèque avait été détruite en 390 par Théodose. À peine

l'Egypte est-elle subjuguée, qu’une nouvelle armée musulmane,

renforcée par des troupes d'esclaves noirs, descend en Nubie, en 643, et pénètre dans la Cyrénaïque. Après avoir réorganisé le pays, elle marcha, sous l’ordre du général Zobéir, sur Tripoli,

qu'elle assiégea, mais, ayant appris l’arrivée d’une armée

grecque forte de cent vingt mille hommes, sous l’ordre du patrice Grégoire, elle leva le siège et se mit en route à l'encontre de son ennemi. Obligé de lui livrer bataille avec ses vingt mille hommes,

Zobéir déploya une tactique admirable. La bataille dura plusieurs Jours et se termina par la victoire des Arabes et la mort

du patrice Grégoire. Après la bataille, toutes les villes de la Tripolitaine ouvrirent leurs portes aux vainqueurs. D’un autre côté, Moawiah, gouverneur de la Syrie, fit construire avec le bois fourni par les forêts du Liban une flotte de mille sept cents voiles, au moyen de laquelle il établit sa domination dans la Méditerranée après avoir saccagé Carthage, Chypreetles Cyclades. Enhardi par ces succès, il attaqua la flotte grecque com-

mandée par Constant IT, qu’il anéantit. Constantinople s’atten-

dait, d’un instant à l’autre, à voir paraître dans ses eaux la flotte ennemie, mais Moawiah, ayant appris la mort d'Othman et

aspirant au califat, arrêta son expédition contre Byzance et

retourna à Médine où il fut élu calife. En attendant, le général

en chef, Abd-Allah ben Saad, après avoir envoyé Zobéir à Mé- …

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LES GRECS ET LES SÉMITES 133 dine pour annoncer le succès de l'expédition, s’avança jusqu'à Soufétala et envoya des éclaireurs sur la route de Carthage. Les Grecs, effrayés, entrèrent en négociations et Abd-Allah s’engagea à ne pas s’avancer plus loin si on lui payait deux millions cinq cent mille dinars (5 francs) qui lui furent accordés. Une grande partie de cette somme fut distribuée à l’armée ; chaque cavalier reçut trois mille pièces d’or et chaque fantassin mille. Là-dessus,

il rebroussa chemin avec toute son armée, sans même occuper

le pays qu'il avait conquis. Les Arabes profitèrent de cette trève pour se fortifier en Egypte et pour arborer dans les villes grecques et en Mauritanie l’étendard du Prophète. Toutefois, le fait d'avoir abandonné les avantages de cette expédition et de s'être contenté d’un riche butin, prouve que les généraux arabes étaient poussés à la guerre ‘plutôt par l'ambition des honneurs et des richesses que par la foi, tâchant d'exploiter le fanatisme populaire à leur avantage. D'ailleurs, les guerres des Arabes étaient accompagnées de toutes les horreurs inséparables des guerres de religion, car, outre les innombrables victimes qu’elles leur coûtaient, les Arabes ont eu encore à subir les conséquences terrorifiques de la peste qui moissonnait la meilleure partie de l’armée.

En même temps que les armées arabes s’avancçaient victorieusement en Asie Mineure et étendaient leur domination en

Egypte, une autre armée envahissait la Perse. C’est précisément

en 634, après la mort d’Abuo-Bèkre, que la Perse setrouvait dans une anarchie complète. Epuisée par les guerres prolongées contre les Grecs, sous le règne de Chosroës, elle devint la proie de la misère et de la guerre civile. Les Arabes en profitèrent pour rétablir l’ordre, et à la première rencontre qu'ils eurent avec l’armée perse, ils la déroutèrent complètement. Mais les Perses

en face de l'étranger, oublièrent leurs divisions et reconnurent

pour roi lezdedjerd, petit-fils de Chosroës Parviz, et des mesures rigoureuses furent prises pour chasser les Arabes de l'Irak. Rous-

. tem prit le commandement de l'armée, forte de 120.000 hommes. Saïd, nommé par le calife, chef des troupes de l'Irak, réorganisa

son armée et prit position près de Cadesiah où trois batailles se livrèrent à plusieurs jours d'intervalle. La première resta indécise: la seconde termina à l'avantage des Arabes et à la troisième Roustem fut tué et les Perses mis en pleine déroute. Le butin fut immense : Saïd donna à chaque cavalier la valeur de

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184007 LES GRECS ET LES SEMITES D ET 6.000 dirhems et 2.000 à chaque fantassin. Poursuivant ses succès, Saïd s’empara d'Hira, construisit plus tard la ville de Koufa qui devint le siège du gouvernement. Il avanca ensuite sur le golfe Persique où il jeta les fondements de la ville de Bassora qui servit plus tard d’entrepôt au commerce de l’Inde et de l’Asie Orientale. Maître de Babel, de Sabât et de Nahr-Chir, il alla mettre le siège devant Crésiphon, sur le Tigre, qui ouvrit bientôt ses portes au vainqueur et livra aux Musulmans toutes les richesses qui s’y trouvaient accumulées. La ville fut détruite de fond en comble. Peu à peules Arabes s’étendirent sur tout le royaume de Perse et dominèrent dans toute la vallée du Tigre Bt: de l'Euphrate. Le jeune roi voulait encore résister èt une bataille sanglante et décisive est livrée à Néhavend, capitale de Kourdistan, qui fut également fatale pour les Perses et fut suivie de la conquête d'Ispahan, Hamadan, Caswin et Tauris. Avant de se diriger vers le nord, les Arabes tâchèrent de réduire à l’obéissance les habitants de Caramanie, le long de la mer des Indes, et rejetèrent au-delà du Sind les Indiens venus au secours des provinces menacées. Mais le passage de l’Oxus leur fut vivement disputé; en échange, ils furent plus heureux sur les bords de la mer Caspienne où ils s'émparèrent de la capitale de Kharizine et de Djordjam (674). :

Sous le califat de Moawiah, prit fin la longue série de guerres intestines, en Arabie, qui avaient éclaté sous le règne de son prédécesseur Ali, grâce à l'influence pernicieuse des Coréichites. 51 Homme énergique et général très habile Moawiah avait su imposer à toutes les tribus son autorité souveraine de même que ses fonctions d'iman ou chef suprême de la religion. Il récompensa : Amrou de l'appui qu’il lui avait prêté en lui rendant le gouvernement de l'Egypte et en confirmant à Saïd les pouvoirs en Perse ; ensuite, voyant se multiplier les controverses sur les points obscurs du Coran qui n'avait pas moins de deux cents commentaires, 1l réunit à Damas un grand nombre de cadis et d’imans (savants) pour concilier tous les passages contradictoires. II chargea six des plus capables de mettre par écrit ce qui leur paraîtrait plus conforme à la saine raison, et leur travail produisit l'Amalek, qu’il reconnut comme seule autorité ; les autres gloses furent détruites, avec prohibition d’en faire de nouvelles, comme si pareille défense pouvait être observée. De plus, il transporta la capitale de l'empire de Médine à Damas, et fit reconnaître son fils Yézid comme héritier du trône. Ces mesures tout à fait arbitraires ont trouvé une grande opposition du côté

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(LES ( GRECS ET LES SÉMITES | 135 des Arabes, tant par ceux de Hedjas que parmi ceux de l'Irak, nn se voyant impuissants d'agir pendant la vie de Moawiah, profitèrent du moment de sa mort pour mettre sur le trône un second fils d’Ali, nommé Hossein. Vézid, avisé de cette conspi-

ration, donna l’ordre d'arrêter Hossein au moment d’entrer dans

le territoire perse et de lui donner la mort, ordre qui fut exécuté par son lieutenant Schamer, près de Kerbelah. L’assassinat de Hossein avait tellement impressionné les Chiites qu'ils le reconnaissent encore aujourd'hui comme le plus vénéré des martyrs de

l’islamisme. L’attentat de Kerbelah avait également produit à

Hedjas et à La Mecque une impression très pénible, et, obéissant à l'appel d’Abd-Allah, fils du général Zobéir, les Coréichites se soulevèrent. Médine, La Mecque et les villes voisines suivirent leur exemple. Depuis lors, l'Arabie, de même que la Perse, furent

- le théâtre de guerres civiles sanglantes qui se prolongèrent

jusqu’en l’année 701, et c’est grâce à Fhabileté et à la fermeté du général Hégiage qui mit fin à la guerre civile, que l’autorité des Ommiades fut définitivement rétabli, et avec elle Damas, capi-

tale de Syrie, devint la capitale définitive des Etats musulmans . et l’Arabie rentra dans l'obscurité. Ce n’est que La Mecque qui à conserva son prestige comme ville sainte où concourent annuellement en pélerinage encore aujourd’hui les croyants de l’Islam.

Les successeurs de Mahomet, bien qu'ils conservassent toujours leur despotisme civil et religieux, commencèrent à prendre les mœurs et les goûts des souverains orientaux, à s’entourer du

luxe et du faste des empereurs byzantins et des rois de Perse, et

à être moins scrupuleux dans l’observance des lois du Coran. Le calife Yézid boit du vin malgré la défense du prophète ; Abd-el-Malek frappe des monnaies où il est représenté ceint

d’une épée. Les courtisans suivent l'exemple de leur maître et

trouvent également des imitateurs parmi les classes aisées de la population. L’exaltation religieuse d'autrefois devint le partage exclusif de quelques sectes et. qui prétendaient être les véritables défenseurs del'islamisme etpoussaient mêmele fanatismeau point

de ne pas reculer devant l'assassinat lorsqu'il s'agissait de faire

triompher leurs idées. Pour empêcher la propagande active de leur mentalité, le gouvernement se livrait envers eux à de ter-

ribles excès. Toutefois le prestige de la victoire d'Hégiage a beaucoup facilité la transmission de l'autorité souveraine dans la

famille d’Abd-el-Malek et la continuation au pouvoir des Om-

miades, d'autant plus que les califes ne cherchaient dans la guerre étrangère que les trésors nécessaires pour entretenir une

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136 MIT ET ILES GRECS ET'LES SÉMITES ANSE grande armée et pour récompenser le zèle de leurs amis; de plus ils trouvèrent dans les expéditions lointaines un moyen de satisfaire les esprits ambitieux et de les tenir éloignés des questions de politique intérieure. C’est ainsi qu'Abd-el-Malek se décida à envoyer au gouverneur de l'Egypte l'ordre de renouveler l’expé-" dition dans l'Afrique septentrionale. Hassan chargé de cette be-

sogne, concentra son armée et s’avança vers Carthage qu'il as-

siégea, laquelle, malgré ses puissantes fortifications et malgré sa résistance tenace, fut prise d’assaut, et ses richesses passèrent entre les mains des vainqueurs (704). Hassan, craignant pour les dépouilles dont il s'était emparé, revint en Egypte pour les déposer en un lieu de sûreté. Il revint après pour soumettre les Maures de l'Atlas et pour se rendre maître de tout le littoral de la Méditerranée. Les riches dépouilles rapportées par Hassan provoquèrent un mouvement d'émigration considérable; tandis

que 300.000 Berbères étaient transportés en AS$ie, un grand nombre K

d'Arabes quittaient leur pays pour aller chercher fortune en. Afrique. Le successeur de Hassan, Mousa-ben-Noséir, politicien

très habile, réussit à gagner la confiance des chefs Berbères en affectant à leur égard une grande bienveillance et en leur

faisant faire partie de l’armée, après les avoir convertis à l’isla®

misme. La première chose qu'il fit, ce fut d'en former un corps d'armée dont il se servit pour avancer vers le détroit de Gibraltar (711) dans le but d’envahir l'Espagne. Les Wisigoths qui. étaient maîtres de la Péninsule ibérique depuis le commencement du v° siècle, avaient défendu contre Mousa la Mauritanie,

Tingitane et Ceuta que ce dernier avait assiégée inutilement pen-

dant plusieurs mois. Ce n’est qu’à la suite d'un concours de circonstances favorables que les Arabes s’emparèrent de Ceuta. Le comte Julien, gouverneur de cette ville fortifiée et chef d’un parti puissant, mécontent de l'administration des Wisigoths en Anda- Jousie et victime de leur intolérance, se décida de livrer Ceuta

aux Arabes et à les aider à conquérir l'Espagne. Mousa, quelque

peu méfiant préféra confier à Tarik, chef berbère, cette expédition, laquelle, forte de 12.000 indigènes, et, guidé par le comte Julien dont les immenses domaines étaient situés dans cette parüe de l'Espagne, opéra heureusement le débarquement près d’Algésiras, à l'abri d’une petite montagne appelée Djebel-Tarik, aujourd'hui Gibraltar. Le général berbère, pour exciter le courage des siens, avait brûlé ses vaisseaux; ensuite il fit avancer son armée et mit en déroute les Wisigoths à la première rencontre. Le roi Rodrigo a eu beau réunir 100.000 hommes à la

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