‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 51 sur 106 · PE LES GRECS ET LES SÉMITES · texte numérisé non relu

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allumer le fanatisme parmi les classes incultes et les esprits faibles, mais aussi, elles ont faussé le sens moral et les sentiments religieux parmi les classes élevées, tels que les hauts dignitaires de l'administration et de la magistrature. Il en résulta une anarchie complète dans toutes les sphères sociales, car il n'y avait ni loi ni droit qui assuraient la vie des gens honnêtes et travailleurs. Dans aucun Etat de l'Europe, il n’y avait d'hommes libres ; tous étaient soumis à la volonté toute puissante et aux caprices des rois, des prélats, des princes et des libres seigneurs qui au fond n'étaient que les vassaux d’un prince. De plus, il y avait des chevaliers libres et des chevaliers domestiques qui avaient le droit de porter les armes; ces derniers servaient leur maître à table et à l'écurie ; ils logeaient dans sa maison et étaient nourris, vêtus et armés à ses frais ; ils ne pouvaient le quitter ni se marier sans sa permission. Les paysans n'étaient guère, en Allemagne, que des vilains ou des serfs sans défense, soumis à leur maître. Ce n'est que vers le xrv° siècle qu’un grand nombre de paysans devinrent cultivateurs ou propriétaires en payant une redevance à quelques seigneurs.

Si l’on considère que dans les x° et x1° siècles, aucun des pays de l’Europe chrétienne n’avait encore constitué son unité nationale ; que ces pays, loin de prospérer, ont été dévastés par les guerres intestines, grâce aux luttes incessantes entre la monarchie et la féodalité d’un côté, et entre la papauté et l'Allemagne impériale, de l’autre ; qu’ils étaient, de plus, submergés dans les ténèbres de la barbarie, tandis qu’à la même époque, l'empire de l’Islamisme s’étendait de l'Euphrate jusqu'aux rives du Tage et possédait de nombreux centres intellectuels d’où irradiaient des foyers de lumière dans toutes les branches du savoir humain, tant dans la iittérature et la philosophie que dans les arts et les sciences, en même temps que l’industrie et le commerce prospéraient à Bagdad, à Bassora, à Damas, au Caire, à Kairouan, à Fez, à Grenade et à Cordoue, on ne peut pas s'empêcher de se demander comment un peuple doué d’un essor si vigoureux et si rapide, ainsi que d'une force expansive si intense, après avoir été chassé de l'Espagne, soit tombé en décadence à tel point qu’il ait perdu complétement son influence dans le mouvement intellectuel de l'humanité.

Quelle est donc l'explication de ce fait historique si singulier ? On ne peut la chercher que dans les lois d'évolution des nations et dans celles dela biologie sociale, car les collectivités humaines représentant une agglomération d'organismes individuels sont

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