LES GRECS ET LES SÉMITES NA
fractionnés et sans chef, éprouvèrent une haine implacable contre les chrétiens et firent la guerre aux Francs alliés aux Egyptiens. Mais l'Egypte, sous le commandement du calife Saladin, rouvrit les hostilités, d’abord contre les Turcs et ensuite contre les Frances. Par son courage et son habileté, Saladin réussit à vaincre ses ennemis et se fit reconnaître comme chef suprême de la guerre sainte. Il envahit la Syrie et s'empara de Damas, d'Hems et d'Alep (1174-1182). Après sa conquête, il combattit les Francs en Palestine; après les avoir vaincus dans la bataille de Tibériade, il se présenta devant Jérusalem qui capitula aussitôt. Malgré la bravoure du roi d'Angleterre qui se trouvait à la tête de la troisième croisade, Jérusalem resta entre les mains du sultan d'Egypte. Après la mort de Saladin, ses trois fils se partagèrent les Etats : l’un gouverna l'Egypte, l’autre Damas, Jérusalem et la Basse-Syrie et le troisième Alep et la Haute-Syrie, ce qui détermina la cinquième croisade dirigée par le roi de Hongrie et le ‘duc de Bavière et d'Autriche, laquelle fut désastreuse pour les chrétiens. C’est ainsi qu’au commencement du xui° siècle, la famille de Saladin domina l'Egypte, la Syrie et une partie de la Palestine, tandis que l'Arménie et la Georgie sont redevenues chrétiennes.
De l'aperçu historique que nous venons de donner de l’évolu- : tion de la culture des Arabes, il résulte :
19 Que les Arabes ont parcouru trois phases d'évolution avant d'arriver à leur apogée : la première, la période embryonnaire,
présentant plusieurs groupes cellulaires indépendants et dissé-
minés dans la Péninsule, bien que parlant la même langue, suivant les mêmes mœurs et observant le même culte idolâtre ; | la seconde phase est celle de la concentration des divers groupes pour former un organisme social vivifié par un idéal religieux monothéiste ; la froisième est celle du développement progressif - de l'organisme, de son expansion et de l'assimilation des éléments étrangers dans la sphère de son activité;
20 Que, bien que l’idée du monothéisme eût pénétré en Arabie dans les 1v° et v° siècles après Jésus-Christ par les nombreuses tribus juives établies dans le nord et le sud de la Péninsule, en même temps que par les Grecs et lés Abyssins convertis au christianisme, les Arabes restèrent toujours attachés à l’idolâtrie jusqu’au vue siècle, lorsque Mahomet leur imposa son Coran,
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