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s LES GRECS ET LES SÉMITES 173
acquise pour en faire un double levier qui les a aidés à fonder un puissant empire africain, asiatique et européen, de même qu’à
propager les connaissances nouvelles des arts et des sciences
dans tous les pays soumis à leur domination ;
7° Que les Arabes ont constitué un milieu de culture favorable pour la fécondation de même que pour la propagation des germes des arts et des sciences semés par les Grecs; mais leur œuvre n'a pas élé de nature à prospérer dans leur pays d’origine
- dont la population enchaïnée à la loi révélée du Coran formait
une barrière infranchissable aux idées de progrès et de civilisa-
tion d'origine européenne. C’ést pourquoi les califes ont cru
néces$aire, pour la solidité de leur œuvre, de fixer leur résidence tantôt à Damas, tantôt à Bagdad, tantôt à Constantinople, mais
jamais à Médine ou à La Mecque ;
8° Que c’est surtout sur le sol de l'Espagne que la semence de la culture gréco-arabe à été la plus féconde. C’est cette semence qui a préparé la renaissance de l'Europe moderne, au xvi siècle : 9° Que les Arabes, loin de se contenter de copier les Grecs, les ont devancés sous beaucoup de rapports, surtout en chimie et en
botanique, de même que dans la géométrie et la trigonométrie
sphérique, ayant été aussi les premiers qui ont appliqué les calculs algébriques à la géométrie ; ils ont également inventé l’art d'exprimer graphiquement les formules ; ils brillaient surtout en
. géographie mathématique et Cultivaient avec succès la philoso-
phie religieuse et la médecine ; 10° Que, grace à leur force expansive, les Arabes ont non seulement porté leurs armes dans les pays lointains, mais ils propa-
gèrent également leur langue qui s'était énormément enrichie par une prodigieuse légion d'écrivains célèbres qui ont su donner l'expression vigoureuse à leurs pensées scientifiques, philoso-
phiques, religieuses et littéraires. En Egypte, le copte a disparu
. dévant la langue arabe ; le syriaque qui était la langue commune de la Syrie à l’époque de l'établissement du christianisme, fut
remplacé par la langue arabe. Les œuvres de philosophie, de mathématiques, d'astronomie, de médecine grecques furent traduites d’abord en syriaque par les Hébreux et ensuite en arabe. Il y eut un temps où l’on parlait arabe, non seulement en Egypte, en Algérie, en Tripoli et en Tunisie, mais aussi en Espagne. Dans la première période du moyen-âge, les savants occidentaux
ayant presque oublié le grec, lhisaient les principaux livrés scien- tifiques grecs traduits en arabe;
11° Qu’'après l'établissement définitif de la domination arabe
en Asie et en Europe, il y avait toujours deux partis qui se dis-
putaient le pouvoir : le parti orthodoxe qui considérait le Coran comme une inspiration divine de Mahomet, par conséquent fut ennemi du progrès et opposé à toute transaction avec la culture
grecque, et le parti libéral qui considérait le Coran comme œuvre humaine et susceptible de se modifier et d’harmoniser avec les
exigences de la raison et les enseignements de la science ;
120 Que Ja période glorieuse et prospère de l’empire arabe a toujours coïncidé avec la floraison des sciences et des arts sous des califes ou des rois appartenant au parti du progrès et protecteurs actifs de la culture scientifique ainsi que du commerce et de l’industrie, tandis que la période de décadence coïncida avec le règne de califes sanguinaires et intolérants, défenseurs à outrance de l’orthodoxie musulmane.
L'INFLUENCE DE LA CULTURE GRÉCO-ARABE SUR L'ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE RELIGIEUSE