‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 7 sur 106 · DANS · texte numérisé non relu

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D’après des documents plus ou moins authentiques, on est d'accord pour considérer l'Iran, le haut plateau de l’Asie, comme le berceau de l'humanité. C'est là que, grâce à des conditions climatériques favorables, se formèrent les premières agglomérations humaines. Suivant leurs intérêts réciproques et leur dépendance mutuelle, elles ont fini par se grouper en tribus sous la direction d’un chef; ces tribus, d’abord sauvages,

menèrent ensuite la vie de chasseurs, puis la vie nomade des

bergers, et enfin l’existence d'agriculteurs qui les obligea à s’attacher au sol, qui les nourrissait. À mesure qu'elles se multipliaient et que leurs besoins grandissaient, elles commencèrent à se disputer le sol, incapable de nourrir tous les habitants d’une même région. Cependant, un grand nombre d’entre ces tribus, poussées d’un côté par-l’instinct de conservation de l’espèce, et de l’autre, par le besoin inné d’améliorer leurs conditions d’existence, finirent par émigrer dans les contrées voisines. Les unes se dirigèrent vers l'Asie méridionale, dans la vallée de l'Indus, et les autres vers l'Asie-Mineure, en Mésopotamie, pour y former plus

‘tard les royaumes puissants d’Assyrie et de Chaldée. Partant de

ce fait, il est tout naturel de penser que d’autres peuplades ou tribus de l'Asie, poussées par le même motif, se soient dirigées les unes vers les bords du Nil, les autres vers le littoral de la mer Noire et de la Méditerranée : tels furent, à l’origine, les premiers habitants de la Phénicie, de l'Egypte et de la Grèce. En

| effet, il est avéré que la Grèce, dont la langue est d’origine

aryenne, fut peuplée, à à l'époque préhistorique, par des tribus provenant de l'Asie centrale. Quant à l'Egypte, la Bible veut bien lui attribuer une souche asiatique. Selon sa version (1), Mizraine, fils de Cham, frère de Koush l’Ethiopien et de Chanaan, s'était fixé avec ses enfants sur les bords du Nil; mais les fouilles

récentes effectuées par les égyptologues ont découvert dans la

partie de la Thébaïde, comprise entre Abydos et Edfou, une population indigène de race purement africaine et de type caucasique : celle qui fut connue plus tard sous le nom de Lybiens. Toutefois, nous ne voyons pas d’incompatibilité entre ces deux versions qui témoignent, chacune, en faveur de faits appartenant à des époques préhistoriques distinctes : il est incontestable qu'à

l'époque primitive de la vie humaine en Egypte, le delta du Nil n’était pas encore formé ; l'Egypte n'était encore qu'un ravin

aride entre deux chaînes de montagnes également arides. Par conséquent, l’homme a dû mener dans cette gorge de montagnes une vie précaire et misérable, luttant contre la sécheresse du sol pour pourvoir à sa subsistance. On ne peut réellement penser à une émigration de peuplades asiatiques qu'après que le Nil eût déposé annuellement pendant plusieurs siècles, sur ses rives, les

débris féconds des montagnes qu’il charrie avec les éaux fluviales

tombées périodiquement sur les plateaux de l'Afrique équatoriale, formant et agrandissant insensiblement le delta, au point

de le transformer en une vallée fertile qui s'étend dé la première

cataracte, cataracte d’Assouan, en Nubie, jusqu’à la Méditerranée. Ce n'est qu'après que le sol de la Basse-Egypte se fût formé et eût acquis une extension considérable et une fécondité

devenue proverbiale, qu'il appela l'attention des peuplades voi

sines, animées, les unes, par l'esprit de conquête, et les autres, par le besoin d’émigrer.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, c'est que deux grands

peuples qui occupent aujourd’hui presque la moitié de l'Europe, les Slaves et les Hongrois, Sont originaires de l'Asie, et que, d'autre part, l'Egypte avait déjà atteint un très haut degré de civilisation pendant que l'Europe était encore plongée dans la barbarie la plus épaisse. De plus, il est avéré que la migration des peuples n’a commencé qu'à l’époque où les races les plus

aventureuses furent pourvues des instruments nécessaires à leur

déplacement (2). Conformément aux statistiques modernes,

(1) Genèse, Chap. X.

(2) Théorie de l'évolution, par G. de Molinari, page 80,

LES GRECS ET LES SÉMITES Ne

| one est demeuré pendant de longs siècles attaché au sol où il était né et où les sociétés se sont constituées isolément, jusqu’à l'invention des chemins de fer et des bateaux à vapeur. Nous savons également, grâce à l'anthropologie et à la sociologie, que l'évolution de l'humanité a été très lente dans le temps et très inégale dans l'espace, et que, de même que celle de la terre, elle a été interrompue par des bouleversements et des révolutions périodiques.

Les travaux nombreux qui ont été publiés pendant ces derniers cinquante ans à ce sujet démontrent :

1° que l'homme, comme fils de la planète qu'il habite, a subi dans toutes les périodes de son évolution l'influence des transformations et révolutions géologiques et climatériques de la région qu’il a choisie pour champ de son activité ; 2 que l’homme, comme être animal, a dû toujours satisfaire aux conditions biologiques normales pour traverser les périodes diverses de son développement physique sans souffrir dans l'équilibre de ses fonctions organiques, et que, comme être social et intelligent, il a dû également satisfaire aux besoins matériels, moraux et intellectuels de la société, qui changeaient et se modifiaient dans chaque période d'évolution, de même qu'avec le changement de milieu et avec le contact des peuples voisins plus avancés en culture que lui ; HSE que les diverses collectivités humaines qui peuplent les divers continents de l’Ancien Monde ont évolué chacune d’une manière distincte selon les conditions climatériques, géologiques et ethnologiques respectives ; 4° que deux facteurs ont joué un rôle important dans le mouvement évolutif des nations, soit en l’accélérant, soit en le retardant : d’abord, la lutte plus ou moins intense pour la vie matérielle et pour la satisfaction des besoins moraux; ensuite, le contact avec un milieu plus ou moins favorable au développement des facultés physiques, morales et intellectuelles des orga- nismes qui les composent.

Nous nous proposons d'étudier dans les pages suivantes : 1° les débuts préhistoriques de l'humanité ; 20 les différentes phases d'évolution de l'humanité ; 3° la part active qu ‘ont prise les Grecs et les Dies, dans le passé et le présent, au progrès de la civilisation :

4 le rôle qu'ont joué ces derniers dans la transformation de la psychologie collective dans la société moderne.

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