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Le mouvement intense des idées dans l’ordre politique et économico-social qui s’est initié en France sous le règne de Louis- Philippe n'a pas tardé à exercer son influence dans le champ de la philosophie, car sous un régime de gouvernement qui S'Appuyait sur la bourgeoisie ayant pour idéal l'accumulation des
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richesses et le bien-être social, l’activité humaine ne pouvait avoir d'autre but que celui de l’utilité privée. Par conséquent, il était tout à fait logique que dans l’évolution de la philosophie, celle-ci s’inclinât plutôt vers la méthode objective et expérimentale que vers la méthode subjective et idéaliste. En effet, en plein règne de l’éclectisme de Victor Cousin, Auguste Comte a osé élever la voix pour déclarer que la philosophie ne doit avoir pour base que la science et les lois de la nature déduites de l’observation et de l'expérience, et que la métaphysique de Platon et la logique d’Aristote n’ont servi que pour égarer l’esprit humain. Son système philosophique, appelé le positivisme, exposé dans le Cours de philosophie positive est fondé sur les données de la science et sur la méthode expérimentale, ayant pour but d’établir une concordance entre le développement historique et l’enchaîinement des sciences et de démontrer la subordination de tous les êtres à leurs conditions d'existence et celle des propriétés particulières de l'individu à celles de l'espèce et de l’ordre auxquels le groupe appartient. Quant à l’homme, il a fait de ses facultés, des institutions et des destinées humaines un chapitre de la biologie, de manière que l'individu et la société recoivent de la biologie leurs conditions d’existence et, de même que le reste des êtres vivants, ils sont régis par les lois physico-chimiques. Il divise le développement des sciences en trois catégories : physico-chimie, bio-physiologie et sociologie. D’après lui, l’évolu- ‘ tion des sociétés est régie par les lois de la dynamique sociale, laquelle est basée sur la loi des trois états successifs de l'esprit, état religieux, état métaphysique et état scientifique, c'est-à-dire que toutes les spéculations humaines ont passé nécessairement par les trois états successifs. Dans le premier prédominent, les fictions spontanées qui n’ont pas besoin de démonstration ; dans le second, les abstractions personnifiées et, dans le troisième, la connaissance de la réalité ; en d’autres termes, trois conceptions distinctes de l’esprit qui correspondent chacune à une culture successive plus avancée. Quant à la dernière phase de l’évolution humaine, elle est la résultante de tous les rapports possibles entre les hommes et entre les hommes et les milieux traversés. Malheureusement, à mesure que Comte s’égare dans le dédale du développement de ses doctrines, il prouve que dans son cerveau Ccouvaient les germes théocratiques, car, outre l’admiration qu'il manifeste pour l’organisation du catholicisme, il rêve un nouvel ordre de choses représenté par des oligarchies de lettrés sous les ordres d’un pontifice investi du pouvoir spirituel à côté
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d’un pouvoir temporel conféré aux chefs d'industrie. C'est au fond une fausse copie des théories de saint Simon, dont il fut le disciple. Le grand naturaliste anglais Th. Huxley se scandalisa lorsqu'il lisait à la première page du Discours sur l’ensemble du positivisme par Comte, l'avis de l’auteur se proposant de réorganiser sans Dieu ni roi, par le culte systématique de l'humanité, la charpente ébranlée de la société moderne, et il qualifia la philosophie de Comte de catholicismesans christianisme. En effet, Comte, dans le cinquième volume de la Philosophie positive, s'exprime dans les termes suivants : «La seule solution possible de ce grand problème historique, qui n’a jamais pu être philosophiquement posé jusqu'ici, consiste à concevoir, en sens radicalement inverse, des notions habituelles ; que ce qui devait nécessairement périr ainsi, dans lecatholicisme, c'était la doctrine, et non l'organisation, qui n’a été passagèrement ruinée que par suite de son inévitable adhérence élémentaire à la philosophie théologique, destinée à . succomber graduellement sous l’irrésistible émancipation de la raison humaine. » En d’autres termes, 11 voulait le maintien de l’organisation catholique sans les doctrines du catholicisme, Toutefois, on ne peut pas méconnaître qu'Auguste Comte fut un des plus grands penseurs de l’époque, et ce n’est que dans les dernières années de sa vie, qu’on peut appeler période pathologique, lorsque son cerveau se trouvait affaibli à la suite des vicissitudes de la vie, qu'il subit l'influence de l’enseignement de saint Simon, son ancien maître. Mais tant qu’il conserva l’intégrité de la puissance de son esprit, il exerça une grande fascination sur ses élèves et sur un grand nombre d'hommes de talent et de génie, tant en France qu’en Angleterre, tels que Blainville, Robin, Littré, Buckle, Lewis, Stuart Mill et Congrève. C’est surtout au caractère dogmatique de son système de philosophie et à la forme autoritaire qu'il imprimait à sa moralé positiviste qu'est dû le discrédit dans lequel est tombé tout son système philosophique. Cependant, si son système a failli, l’esprit qui le dirigeait est resté comme méthode scientifique, exerçant une influence très heureuse dans le Dictionnaire de Médecine composé par Littré et Robin.
Un des disciples les plus distingués de Comte fut Stuart Mill qui occupe une place intermédiaire entre les psychologues de l’école écossaise et les évolutionnistes modernes, car, avant dese rendre à Paris pour y suivre les cours de philosophie positiviste, ilétait déjà, comme son père, un disciple fidèle et un ami intime de Jérémie
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