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Chargée comme toute conscience d’une multiplicité énorme de virtualités qui s’entrepénétraient. La matière entraînée à l'orga-
nisation, son mouvement en était à la fois infiniment ralenti et infiniment divisé; mais au cours de l’évolution, le réveil se fit dans la conscience, tant dans le sens de l'intuition que dans celui de l'intelligence. Du côté de l'intuition, la conscience se trouvait à tel point comprimée dans son enveloppe qu’elle a dû rétrécir l'intuition en instinct, et, à force de lutter, elle a pu se déterminer en intelligence, c’est-à-dire, se concentrant d’abord sur la matière et s’extériorisant ensuite par rapport à ellemême. Une fois libérée, elle a pu se replier à l’intérieur et réveiller les virtualités qui sommeillaient encore en elle. Depuis lors, non seulement la conscience apparait comme le principe moteur de l’évolution, mais aussi l’homme vient occuper une place privilégiée parmi tous les êtres conscients. Certes, si elle était pure conscience, à plus forte raison Supraconscience, elle serait pure activité créatrice, mais elle est attachée à la vie, et
la vie qui évolue à la surface de notre planète est attachée à la
matière et, de fait, elle est rivée à une organisation qui. la soumet aux lois générales de la matière inerte; cependant, tout se passe comme si elle faisait tout son possible pour s'affranchir de ces lois; elle se comporte comme une force qui, laissée à elle-même, travaillerait dans la direction inverse. Incapable d'arrêter la marche des changements matériels, elle arrive ceperidant à la retarder. L'évolution de la vie cherche à continuer une impulsion initiale qni a déterminé le développement de la fonction chlorophylienne dans la plante, foyer d’accumulation d'énergie solaire, de même que le développement de la fonction sensori-motrice dans le système nerveux de lanimal, centre d'activité automatique et d'activité volontaire, présentant un nombre considérable de mécanismes moteurs qui montent de la moelle au bulbe, n'attendant qu’un signal pour libérer l'acte correspondant, mais ce n’est que chez l’homme qu'elle s’est libérée en brisant la chaîne qui l’attachait à la matière, tandis que dans le reste de l’'animalité, l’automatisme qu'elle prétendait tirer dans Le sens de la liberté s’enroule autour d'elle et l'entraine. De plus, chez l'homme, l'énergie, dont la conscience à fait provision pour des actes, ne sert pas seulement à maintenir l'équilibre des fonctions organiques, mais aussi à Construire un nombreillimité de mécanismes moteurs et à s'adapter à tous les milieux possibles. IF doit sans doute cette supériorité à l’organisation de son cerveau ; il le
« doit aussi à son langage qui fournit à la conscience un corps « immatériel où s’incarner ; il le doit également à la vie sociale «qui emmagasine et conserve les efforts, comme le langage « emmagasine les pensées. Mais notre cerveau, notre société, « notre langage ne sont que les signes extérieurs et divers d’une « seule et même supériorité interne que la vie a acquise à un « moment donné de son évolution. Ils nous laissent deviner que « si, au bout du large tremplin sur lequel la vie avait pris son « élan, tous les êtres sont descendus trouvant la corde tendue « trop haute, l’homme seul a sauté l'obstacle. « Partout ailleurs « que chez l'homme, la conscience se vit acculée à une impasse ; « avec l’homme seul, elle a poursuivi son chemin ; avec lui seul « elle continue indéfiniment le mouvement vital qui lui permet « de s'élever sur les hauteurs d’où elle voit un horizon illimité se « rouvrir devant elle. » ;
En résumé, M. Bergson, comme métaphysicien par excellence, cherche la réalité, non dans la matière inerte qui, d’après lui, n’est que le résidu de la création, mais dans la vie même, dans le devenir continu, changeant et évoluant, dans la conscience immédiate de l’activité de l'esprit, dans l'effort de l’évolution créatrice, car la vie est essentiellement force créatrice, bien qu'elle créée aux dépens d'éléments inertes et matériels. Par là, M. Bergson s'éloigne également du rationalisme de Kant et de l’utilitarisme de Spencer. Au premier, il reproche d’avoir accepté : sans discussion l’idée d’une science, une, capable d'étreindre avec la même force, toutes les parties du donné et de les coordonner en un système présentant de toutes parts une égale solidité, sans tenir compte que la science devient de moins en moins objective, de plus en plus symbolique, à mesure qu'elle allait du physique au vital, et du vital au psychique. Au second, il accuse d’avoir annoncé une doctrine d’évolutionnisme, où le progrès de la matière vers la perceptibilité serait tracé en même temps que la marche de l'esprit vers la rationalité, et d’avoir promis de retracer une genèse, de remonter et de redescendre le cours de l’universel devenir, maïs en réalité, dans ses travaux il n’est question ni de devenir, ni d'évolution. « Sa méthode consiste simplement à reconstituer l’évolution avec des fragments de l'évolu. Ce n’est pas en divisant l’évolué qu'on atteindra le principe de ce qui évolue. Ce n’est pas en recomposant l'évolué avec lui-même qu ’on reproduira l’ évolution dont il est le terme. »
M. Bergson s'est également efforcé de combattre le déterminisme psychologique qui s’est introduit en France avec l'école
positiviste et a gagné du terrain ensuite avec les progrès de la théorie du mécanisme biologique et physico-psychologique dans le monde des penseurs. D’après cette doctrine, tous les phénomènes biologiques seraient susceptibles d’être appliqués par les lois physico-chimiques, la vie même n'étant qu’un prolongement simple des relations qui définissent les phénomènes de la matière organique. Par conséquent, le principe de la conservation de l'énergie reconnu comme une loi en mécanique doit s'étendre également à la vie et aux phénomènes biologiques, d’où il s'ensuit que toute activité humaine n’est que la transformation de l’énergie, obéissant à des motifs donnés et non à la volonté libre. Par contre, M. Bergson démontre par un raisonnement scientifique et philosophique, que la conscienceest libre et que la détermination de ses actes n’obéit pas à une nécessité, sinon à un choix bien délibéré des motifs; ce qui ne l'empêche pas de s’opposer au finalisme classique qui assigne à la vie un but prédéterminé. D’après lui, la vie est une harmonie rétrospective et non anticipée ; ‘elle se fait en arrière et pas en avant ; elle tient à une identité d’impulsion et non à une aspiration commune. » M. Bergson a surtout le mérite d’avoir donné une base nouvelle et tout à fait originale à la doctrine de l'évolution, en la dépouillant de son caractère matérielet en la revêtant d’un caractère spirituel, l’évolution créatrice, qui s’est accomplie sur plusieurs lignes divergentes et qui ne s’est réalisée avec un haut degré de perfection qu’en une d elles, à l extrémité de laquelle se trouve l'espèce humaine.
Le système philosophique de M. Bergson:a de plus l’avantage de s'appuyer sur les données de la science les plus modernes, tant dans le champ de la biologie que dans celui de la psychologle. Son auteur, après avoir étudié au point de vue de l’évolution les relations entre la matière brute et la vie organique, entre l'animalité et l'homme, et après les avoir examinées et analysées avec un esprit critique, philosophique et en même temps scientifique, arrive à formuler ses conclusions, lesquelles, bien qu'elles portent le cachet de la métaphysique, ne contredisent pas les données de la science physico-biologique et ne sont pas non plus
en désaccord avec le principe religieux pur, exempt de dogma-
tisme. C’est sans doute une des raisons qui ont contribué à ren-
dre ses doctrines sympathiques à la plupart des PEnSeNTS, tant
en France qu’en Allemagne.
Il y a encore une autre circonstance qui a favorisé le bon
accueil du système philosophique de Bergson ; c’est la mentalité
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réaliste qui s’est emparée de l’Europe pendant les dernières vingt années, la généralisation de la méthode expérimentale dans les investigations scientifiques et son extension au domaine de l’industrie qui ont donné lieu au développement d'innombrables industries inconnues avant et à l’accroissement vertigineux des transactions internationales ; et c’est le triomphe inespéré de la science dans le champ de l’industrie qui a produit la déroute complète de l’idéalisme par le réalisme. Celui-ei ne se limite plus au succès toujours grandissant dans les branches techniques de la science et dans tout ce qui a rapport avec l'utilité matérielle de la vie, il a tourné même ses armes victorieuses contre le culte de la science pure, contre l’idéalisme dans l’art, dans la religion et dans la politique. L'Art n’est plus regardé comme une fin en soi, mais plutôt comme un adjuvant de la vie. La politique est plutôt particulariste que nationale. La religion est devenue une arme politique et sert plutôt à diviser qu’à unir les collectivités humaines. La science même est cultivée plutôt dans un but utilitaire que par amour à elle-même.
La philosophie bergsonienne, ayant cherché à rapprocher la philosophie de la psychologie par la conscience, et ayant tâché de rétablir l'équilibre entre la science prépondérante et la philosophie dédaignée, en leur assignant à chacune leur place, l’une dans le domaine de l’inertie et l’autre dans le domaine de la vie, a réussi à former un trait-d'union entre la science et la religion. En même temps elle s’est efforcée à rétablir l'harmonie entre la pensée et le sentiment, ou soit entre la science et l'art, car en cherchant l’origine de la conscience dans l’évolution de la vie, elle a assigné une place d'honneur à l'intuition qui marche dans le sens même de la vie. Bien que la tendance des courants intellectuels modernes soit de sacrifier l'intuition à l'intelligence, la tâche de la philosophie doit être, selon Bergson, de la soutenir et de Ja considérer comme une force active de la vie mentale, servant d’un essor puissant pour l'élévation de l’art et de la
poésie.
Tous ceux qui ont suivi attentivement la marche de l’évolution de la philosophie dans les temps modernes, ont constaté l’analogie qui existe entre le pragmatisme psychologique de W, James et la philosophie bio-psychologique de M. Bergson. Cependant, si on les examine de près on trouve, bien qu’il y ait une ressemblance entre les deux systèmes au point de vue de la conception de la conscience, qu’au fond ils diffèrent complètement l’un de l’autre.
En premier lieu, le pragmatisme, loin d’êtreun système philosophique est plutôt une méthode qui cherche à donner une solution pratique aux problèmes de la vie par le sens commun et netient aucun compte de la raison et de l'intelligence qui ne cherchent la vérité que dans les données de la science et de l'expérience sans se préoccuper des conséquences éventuelles de leur enseignement. En second lieu, ce n’est pas la psychologie de James qui a créé le pragmatisme. Celui-ci représente plutôt la mentalité de l'Amérique du Nord dont la société esttrempée dans l'esprit pragmatique où chacun tâche de veiller à ses intérêts tant matériels que moraux. James, après avoir fait ses études de médecine à Genève, et avoir enseigné l’anatomie après son retour en Amérique, finit par se consacrer à l'étude de la philosophie et surtout à celle de la psychologie, et ayant compris que le pragmatisme était la, seule philosophie qui corresponde aux besoins et aux aspirations des classes éclairées de l'Amérique, il se décida à servir comme militant sous le drapeau du pragmatisme et publia dans ce but son ouvrage de psychologie dans lequel il expose une doctrine qui renferme un culte profond pour la science objective en même temps qu'un amour sincère de l'humanité qui a besoin pour être heureuse des principes moraux et théologiques. En outre, James n’était pas seulement dominé par l’influence du milieu social, il était également entraîné par une mentalité héréditaire aux principes du pragmatisme, car son père, Henry James, esprit profondément religieux, affilié à la secte swedenborgienne et auteur de la Société rédemptrice de l'homme, ayant eu pour devise « le vrai n’est vénérable qu’autant qu’il est au service du bien », était déjà pragmatique de corps et d'âme. Au contraire, le système philosophique de M. Bergson est un ‘produit systématique d'évolution de la vie intellectuelle de son auteur, Fils d'un artiste, musicien célèbre, M. Bergson est doué d’un esprit artistique et d’une imagination poétique par excel-
= lence, sachant revêtir les démonstrations philosophiques dun
style poétique qui éclaire et qui ravit en même temps le lecteur. Cependant, ses premières études ont été les mathématiques où il s’est exercé à la logique pure et s est familiarisé avec les concepts les plus abstraits de la mécanique, tels que le temps homogène, l’espace et le mouvement, ce qui l’a conduit à l’étude de la psychologie et des sciences biologiques, et après avoir analysé les lois d'évolution de l’intelligence et les lois physico-physiolo- - giques qui régissent la matière inorganique et vivante, il n’a pas. tardé à constater que celles-ci ne sont que des décalques, des
dessins schématiques, représentant une réalité infiniment floue,
complexe et changeante, insaisissable pour cela à la logique et à la mathématique et accessible seulement à l'intuition. L'expérience immédiate lui révéla alors comme seul objet d’intuition et comme seule réalité donnée, le moi, le moi profond, original, qui se développe en une continuité harmonieuse comme une phrase. musicale. C’est par la critique de la mécanique, c'est-à-dire par l'analyse du temps homogène et par la découverte de la durée réelle, que M. Bergson a été conduit à l'intuition du moi, le moi inexprimable « donnée immédiate de la conscience ». Partant du principe de la durée réelle, il découvre que la matière brute, à l'encontre de la matière vivante, n’est rien de positif et exprime, plutôt un déficit ou soit l'absence de la durée, bien qu'en réalité, la matière représente également un flux et un devenir, mais dans le sens inverti, correspondant à un mouvement retourné. Comme expression graphique, il donne un corps qui s'élève comme l’image grossière de la vie, tandis que la chute de ce corps représente le symbole de la matière. C’est ainsi que M. Bergson, à l’aide de son esprit analytique merveilleux, a créé une théorie métaphysique de l'évolution en rétablissant l'équilibre depuis
longtemps ébranlé entre la science et la philosophie, car son
système philosophique est bien raisonné, bien coordonné et basé sur l'analyse profonde de la science et de la psychologie. Il y a
telle unité et telle harmonie dans l'édifice de son système
entre les données de la science et de la psychologie qu'il n'a
pas besoin de recourir, comme James, à la théorie du moi sub-
censcient. Pour lui, cette théorie, loin d'élargir Île champ dela
conscience, le rétrécit plutôt ; pour lui, la conscience est la vie et évolution créatrice, et se trouve tellement unie avec l'intellisence et l'intuition qu'elle forme le centre de toute activité humaine, de même scientifique que religieuse.
De ce qui précède, il résulte :
jo Que grâce à l'accroissement du nombre de penseurs en France pendant la seconde moitié du xvine siècle et à l’activité dévorante des encyclopédistes à propager les connaissances scientifiques et les principes de la philosophie sensualiste de Condillac dans la langue française, la conscience humaine s’est ( sentie trop opprimée dans les cadres étroits d’une société vieillie ; et poussée par instinct de conservation, elle fitun effort suprême
Se A DR PLU | LES $ GRECS ET LES SÉMITES . 375 pour secouer le joug de la tyrannie et briser les chaînes de l’esclavage sous l'initiative des héros de la Révolution française :
2 Que grâce à la Révolution française, l'intelligence humaine est descendue des hauteurs sereines de la pensée philosophique et de la raison pure au terrain de la pratique, et c'est à l'application des sciences aux arts techniques qu'est dû le changement complet dans les conditions du travail et de la production, ainsi que dans la manière de sentir, de penser et d agir des nouvelles collectivités :
39 Que grâce au développement progressif de la raison au moyen des progrès incessants de la science, l'homme commença à avoir conscience de la valeur et de la dignité de sa personnalité et c’est cette conscience humaine agrandie et illuminée par la lumière de la raison qui a fait proclamer à l’Assemblée Constituante les principes de la liberté morale, de l'égalité et de la fraternité parmi les hommes ;
4 Que le changement de l’ordre politique a produit à son tour un changement dans l’ordre social et économique des collectivités. Ce changement a commencé d’abord en France et trouva plus tard son écho en Angleterre et ensuite en Allemagne. C'est cette dernière qui a le plus longtemps résisté et qui résiste encore à s’assimiler les principes de la Révolution française, grâce au régime féodal qui y a pris des racines profondes, surtout dans le royaume de Prusse qui lutte avec acharnement contre l'invasion des idées démocratiques acheminant vers le nivellement des classes sociales. C'est précisément cette lutte entre les idées traditionnelles associées à la routine et à la force des intérêts créés, et les idées de la civilisation moderne défendant les droits de l’homme et ceux des classes ouvrières, qui ralentit le progrès et l'empêche de s'asseoir sur une base solide, avec la différence que dans les pays du Midi où le senti- . ment prévaut à la raison, la résistance est moins grande pour l'avancement des idées démocratiques que dans les pays du Nord ;
5o Que la lutte engagée entre le parti conservateur et le parti libéral pendant la première moitié du xix° siècle s’est étendue du terrain économico-politique à celui de la philosophie, tant en France qu’en Allemagne, avec la différence que dans celle- -ci le ‘premier a pris pour drapeau le rationalisme réaliste de Hegel et le dernier le matérialisme idéaliste de Feuerbach, ayant évolutionné tous les deux plus tard l’un vers le Romantisme religieux et l’autre vers le Matérialiste scientifique, tandis qu’en France l’un a pris pour drapeau l’éclectisme de Cousin et l’autre le positivisme
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de Comte. Il en résulta que le parti conservateur en France, aprés la révolution de Juillet, : n'était jamais aussi réactionnaire qu'en Allemagne ;
6° Que ce n'est que dans la seconde moitié du xIX° siècle, à la suite d’un courant puissant d’une nouvelle doctrine venue d’Angleterre que les deux écoles, tant en France qu’en Allemagne, ont subi un changement radical : c’est la doctrine d’Evolutionisme et de Tranformisme de Darwin qui a ébranlé profondément la foi séculaire des savants dans la cosmogonie de la Bible et a obligé les défenseurs de l’ancien régime de se retrancher dans leurs positions affaiblies. Ceux-ci ne pouvant pas nier les faits
produits par les adeptes de la doctrine évolutionniste se sont sérvis dela même méthode scientifique comme arme pour interpré-
ter les nouveaux faits dans le sens vitaliste. C’est ainsi que sous le drapeau du vitalisme se sont groupés les systèmes les plus opposés :
a) Les vitalistes purs qui considèrent la vie comme un principe
différent de la matière, principe spécifique, original, irréduc-
tible aux forces mécaniques et aux lois physico-chimiques. Pour eux, l'univers et la société humaine sont des organismes qui se développent et se conservent par l’action spontanée et incons-
ciente d’une force interne, une force vitale dirigée par une main
occulte vers une fin qui est celle de la conservation de l'individu et de l’espèce ;
b) Les néo-scolastiques ou les néo-thomistes. Ceux-ci sont égale-
ment vitalistes, mais, fidèles à leur origine moyen-âgeuse, ils cherchent à établir l’interprétation scolastique d’Aristote, l'hylo-
zoïsme grec, en le modifiant et en le déformant selon les besoins
de leur cause, car non seulement ils considèrent la vie comme un principe différent de celui de la matière, mais ils regardent
même les forces physico-chimiques inhérentes à la matière
comme une émanation de la vie déposée en elle par la main du
Créateur. En d’autres termes, l'activité de la matière n’est pas
essentielle ni spontanée, mais bien empruntée et elle n’est créa-
trice que par ordre supérieur, de nature divine. A l'appui de
leur thèse, ils invoquent le témoignage des physiciens de grande autorité qui reconnaissent le caractère symbolique, artificiel de la science et l'écart qu'il y a entre la réalité et ses formules qui expliquent bien les conditions matérielles de la vie en ce qu’elles ont de mécanique et d'inerte, mais sont incapables d'expliquer les phénomènes de la vie et la vie même :
c) Les néo-vitalistes pragmatistes, défenseurs de la théorie de l’em-
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