LES GRECS ET LES SÉMITES QE
pirisme radical ou de la pure expérience, qui renient complète-
ment la philosophie métaphysique et rationaliste et reconnaissent comme seule garantie-de la vérité la méthode expérimentale.
-- Appuyés sur ce principe, ils cherchent à donner à la conscience
une base biologique. D’après eux, la conscience évolue et se développe sous l'influence des exigences pratiques et en relation étroite avec l’évolution biologique. Comime fonction purement psychique, elle reste en harmonie constante avec les fonctions biologiques. Bien que l’activité psychologique diffère de l’activité biologique, cela n'empêche pas qu’il n'y ait une relation continue -entre les deux ; de même que les fonctions de l'organisme consistent dans un mouvement continu pour se mettre en équilibre avec le milieu et s'adapter à lui, de même l'activité psychologique se manifeste comme un effort d'évolution et d'adaptation à un milieu donné et la conscience, en même temps qu'elle grandit et s’élargit sous l'influence de l'évolution, est toujours subordonnée aux lois de l’évolution, tant dans l'ordre affectif que moteur et représentatif. La vie, sous toutes les formes, s'organise progressivement en s’adaptant aux innombrables circonstances et en devenant plus puissante et plus féconde. W. James, le fondateur du pragmatisme scientifique américain, après avoir étudié le sentiment religieux au point de vue psychologique et intellectuel, le considère au point de vue pragmatique ou celui de l’action, en admettant que la religion dans le monde vaut par son côté utilitaire au point de vue de la morale sociale, car la morale sert de frein dans la lutte pour la satisfaction des besoins de la vie, et sans la croyance religieuse, la conscience morale serait lettre morte ; d) Les néo-vitalistes bergsoniens qui admèettent également, comme l'école pragmatiste, que la conscience est intimement liée à l’activité biologique et qu’elle est un instrument pratique chezles
êtres complexes, pour se superposer aux mouvements réflexes, et ‘ pour assurer l'adaptation de la vie individuelle au milieu, mais elle en diffère considérablement, parce qu’elle n’admet aucun des points essentiels du pragmatisme, et qu'elle est opposée à la con-
céption téléologique de la loi psychologique formulée par James, d’après laquelle tous les phénomènes psychologiques, tels que les émotions, les inclinations, les représéntations mentales et surtout l'instinct et la volonté, sont orientés vers une fin ; même l'évolutionnisme est interprété par elle d'une façon finaliste et anthropomorphique ; de même les mouvements réflexes les plus élémentaires sont, d’après elle, commandés par la conservation et le progrès de l'individu et de l'espèce ; de même que tous les
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phénomènes psychologiques sont dus à des efforts pour réaliser les fins que se propose l'être conscient. D’après Bergson, l’'évolution d’un être vivant n’est pas déterminée par les éléments aux dépens desquels il se forme, ni le vivant est la résultante nécessaire et fatale des causes antécédentes ; la vie est bien créatrice et réalise ses fins aux dépens de la matière qu'elle rencontre, mais sans but prédéterminé ; la vie, d'après lui, est une harmonie rétrospective et non anticipée, elle se fait en arrière et pas en avant. Bergson est également opposé à la théorie du sub-conscient, pierre angulaire de la philosophie de James. Pour lui, la conscience est une et continue ; elle change incessamment comme un êlre qui se crée constamment, se trouvant toujours en pleine évolution, et l'évolution est créatrice. Le système philosophique de Bergson s'appuyant exclusivement sur les données de la science expérimentale et sur l'analyse approfondie des phénomènes psychologiques en rapport avec la biologie, ne s'occupe guère de leurs conséquences éventuelles pour la morale sociale théologique, d'autant plus que ses concepts sur le rôle de la conscience et de l'intuition dans l’évolution créatrice sont plutôt conformes à la conception d’une morale purement laïque qui ne cède en rien en élévation et en efficacité pratique à la doctrine de la morale de Kant qui s'appuie sur l'impératif catégorique ;
7 Qu'en face des doctrines néo-vitalistes, s'élève la doctrine bio-mécaniste interprétant les phénomènes de la vie d’après les. lois physico-chimiques. L'évolution même, d’après elle, n’est que le résultat du jeu aveugle des grandes lois de la mécanique. Le champion le plus ardent de cette doctrine est M. Le Dantec (1). D'après lui, toute substance vivante se modifie, se transforme, évolue continuellement en vertu des lois générales de l'équilibre chimique. L'assimilation, de même que la motilité et la reproduction, ne sont que l'effet des règles générales de l'équilibre ch1mique dans la matière vivante. Bien qu'il existe encore des lacunes entre le monde de la vie et le monde de la matière que les sciences physico-chimiques ont été jusqu'à présent impuissantes à combler, rien n'autorise à soutenir que n’arrivera pas le jour où de nouvelles conquêtes de la science finiront par réaliser cette aspiration de l'esprit; |
8° Qu’à mesure que les sciences et les arts techniques ont progressé et ont contribué à l'accroissement de la richesse et de la production DRDHARS de tous les pays, leur culture a
(1) Le Dantec. — Théorie nouvelle de la vie. — La Science et l'homme. — Science et conscience.
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