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pris de plus en plus une tendance utilitaire et pratique qui s’ac- centue tous les jours davantage. Cette tendance u’est pas restée " limitée au domaine de la science, elle a envahi également celui de la philosophie et celui de la religion. Les systèmes philosophiques de Stuart Mill et de Herbert Spencer en Angleterre, d'Auguste Comte et de l'école évolutionniste en France et en Allemagne, en Sont un témoignage éloquent. C’est également la philosophie du pragmatisme dans le domaine de la religion, répandue parmi les penseurs d'Amérique et une grande partie des penseurs anglais, qui en est l'expression la plus exacte et la plus franche ;
9% Que l'esprit philosophique, après s’être assimilé les méthodes d'investigations scientifiques, s’est mis à les appliquer aux phénomènes de la vie individuelle et sociale, à découvrir les rapports entre les collectivités du passé, du présent et del’avenir et à en déduire les nouvelles lois qui ont présidé à la transformation des conditions d'existence de la société moderne, donnant naissance à une science nouvelle, la Sociologie;
100 Que la philosophie moderne, loin de chercher sa force dans la dialectique et dans les concepts abstraits de la métaphysique, la puise plutôt dans la connaissance des lois de la nature, tant inanimée, que vivante, dans les faits d'observations et d'expérience, dans le but d'améliorer les conditions physiques morales et intellectuelles de l'humanité ;
31° Que la conscience humaine, d’un côté mise constamment en contact avec les données positives de la science et, d’un autre | côté sollicitée par les besoins impérieux, tant esthétiques que $ moraux et sociaux, à fini par se transformer en un champ de lutte entre la raison et le sentiment, lutte qui, ne pouvant se prolonger indéfiniment sans causer préjudice à la paix sociale, terminera forcément par la découverte d’une formule conciliatrice conduisant à une paix définitive ; |
12° Que les sciences pendant leur évolution au xix° siècle, à mesure qu'elles accumulaient de nouveaux faits et de nouvelles découvertes, conformément à la loi de la division du travail, se sont divisées en branches multiples dont chacune, tout en conservant des rapports intimes avec le tronc, à la suite de son développement rapide et progressif a acquis une indépendance -complète, donnant lieu à des sciences nouvelles, telles que la biologie, l'anthropologie, la paléontologie, l'archéologie et la
- bactériologie ; de même la physique et la chimie ayant servi de
champ d'investigation aux savants de génie qui l'ont fécondé par . de nouvelles méthodes ont donné naissance à la physique biolo-
gique, à la thermo-dynamique et à l’électro dynamique, à la chimie biologique, agricole et industrielle, etc. Chacune de ces sciences et toutes dans leur ensemble ont constitué des forces créatrices de bien-être physique, moral et intellectuel de l’humanité ;
13° Que c’est l'esprit scientifique qui, après avoir créé dans le courant du xix° siècle tant de sciences nouvelles et élargi les sphères d'activité humaine, tant dans l’ordre matériel qu'intellectuel a étendu son influence sur le domaine de la philosophie, en lui imposant ses méthodes expérimentales, en l’éclairant de la lumière de ses découvertes éblouissantes et en lui dévoilant les activités vitales de la nature. Depuis lors la philosophie a abandonné la dialectique abstraite pour se mettre directement en contact avec les réalités de la vie et avec les données de la science, et c’est grâce aux recherches philosophiques aidées par des méthodes scientifiques que sont nées les sciences philosophiques, telles que la psychologie, la sociologie et la méthodologie, chacune d'elles avec une base expérimentale distincte et avec une autonomie propre. Chacune de ces sciences nouvelles grandit de jour en jour et pousse de nouvelles branches grâce au nombre des collaborateurs les plus distingués, tousles jours plus nombreux, qui procèdent à de vastes enquêtes et à des analyses minutieuses, cherchant à démêler dans la vie collective et individuelle l'influence du milieu sur l'individu et à. établir dans la suite sur une base solide les rapports entre la sociologie et la psychologie; | re |
14° Que d'un autre côté, l’esprit philosophique nourri par la sève de la science, après avoir abandonné le domaine abstrait et aride de la dialectique, a envahi le domaine des sciences positives, au point de se confondre avec elles en dirigeant ses efforts pour établir des relations régulières entre leurs données et les phénomènes de la vie individuelle et collective et mettre en harmonies les réalités historiques des collectivités humaines avec leurs conditions d'existence matérielles et leurs besoins moraux etintellectuels. C'est ainsi que s’est créée la philosophie de l'histoire, de l’art et de l'esthétique de même que la sociologie, qui cherche l'explication des événements historiques par les mobiles psychologiques universels de l’activité humaine. C’est égalemént l'esprit philosophique qui nous a amené à définir les droits et les devoirs de l'individu envers la société et à établir les rapports intimes entre la vie de l'individu et le milieu social, sur la base du sentiment de la solidarité humaine ;
15° Qu’étant donné que l'homme, comme être social et intellectuel, est régi simultanément par les lois sociologiques et psychologiques, l'organisme social poursuit d’abord instinctivement un double but; celui de l’amélioration des conditions d'existence matérielles et celui du perfectionnement des conditions intellectuelles et morales des groupes et des individus qui le constituent; et la force d'attraction qui enchaîne l'individu à la collectivité et vice versa c’est le sentiment de la solidarité humaine. Ce sentiment s’est tellement infiltré dans les habitudes et dans la mentalité de la société moderne qu'une nation se croirait déshonorée si elle ne possédait pas des lois d'assurance contre la vieillesse et l’invalidité et contre les accidents de travail. Tous les jours s’accentue davantage la tendance de nos législateurs à établir l'harmonie entre les activités vitales de la collectivité et celles des individus. C’est de l'intensité et de la régularité de la circulation de la vie dans l'organisme social et individuel et de l’harmonie entre la conscience collective et individuelle qu’il résultera avec le temps la plus grande solidarité collective et la plus grande liberté individuelle.
LES SÉMITES COMME INITIATEURS DU MOUVEMENT ÉVOLUTIF DANS L'ORDRE MORAL ET SOCIAL AUX DIFFÉRENTES ÉPOQUES DE L'HISTOIRE.
Après avoir ohne un aperçu succinct de l’évolution de la culture humaine depuis ses débuts préhistoriques en Egypte et en Europe jusqu’à nos jours, nous allons résumer les faits cardinaux qui caractérisent les différentes phases de son évolution et mettre en relief les personnalités saillantes qui ont imprimé une impulsion vigoureuse à la marche progressive de l'humanité. Avant tout nous tenons à constater que, bien que l'Asie soit générale- ment considéré comme le bercéau de l'humanité, les germes de culture nés sur ce continent n’ont exércé aucune influence directe sur la civilisation européenne. Cependant, la haute Culture de l'Egypte, au temps des Pharaons, n’était pas une génération spontanée; les germes y ont été probablement introduits par des peuplades de l’Asie Mineure, qui ont eu des rapports directs avec les Aryens du Plateau Central de la haute Asie à une époque qui dépasse l’histoire et qui furent connus plus tard sous le nom d’Indiens, de Thraces, de Perses, ete. La culture et la langue grecques même doivent leur origine à une peuplade de race aryenne, car le sanscrit, la langue sacrée des
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