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à leurs doctrines dans les livres d’Aristote traduits en général en latin sur les traductions arabes, mais les scolastiques n’em- ployaient jamais autre chose que le raisonnement déductif, sans tenir compte des faits, se servant plutôt de la philosophie comme servante de la théologie, ancilla theologiæ.
Le manque de solidité du système de la scolastique et l’apparition à l’horizon de deux grands penseurs, tels que Bacon et Descartes, la philosophie rationaliste commença de nouveau à lever la tête et secoua le joug de la théologie en même temps que
celui de la philosophie d’Aristote. C’est la méthode de la science | expérimentale qui s’est érigée en maître; c'est la raison humaine qui a cherché dans les mathématiques et dans l'expérience l’explication dés phénomènes de la nature. Désormais, science et
religion sont séparées par une cloison étanche. La science s’est
donnée pour objet d'explorer les lois de la nature et la connaissance de ses forces, tandis que la religion s’est occupée exclusivement de la connaissance des attributs de Dieu et de l'âme: cependant c’est par la raison que Descartes établit les rapports de la religion avec la science; c’est par son cogilo ergo sum qu'il arrive à la connaissance de Dieu. Quant aux religions positives, d’après lui, la philosophie n’a nulle compétence pour en discourir,
Toutefois, bien que Descartes soit reconnu comme le démolisseur de la scolastique et le fondateur d’un système philosophique rationaliste basé sur l'expérience et la science, il n'eut pas le courage de pousser jusqu'au bout sa méthode et son système de philosophie rationnelle basé sur la mécanique, de peur d’avoir des démêlés avec les défenseurs des doctrinés traditionnelles et avec la toute puissance de l'Eglise. Bien qu'il ait tenté de résoudre par la méthode mathématique les problèmes de la vie animale, par sa fameuse hypothèse. animaux-machines, il a reculé devant une des manifestations de la vie humaine : la pensée. | Il a fallu un homme de toute autre trempe que. lui : c’est la personnalité de Spinoza qui a réuni à son intelligence supérieure la fermeté d’un caractère et la pureté d’un sentiment moral que, ni les vicissitudes de la vie ni les luttes àâpres contre un milieu hostile n’ont fait fléchir. De même que Descartes, Spinoza avait reçu une éducation tout à fait orthodoxe, avec la différence que l’un fut élevé chez les jésuites de la Flèche et l’autre à l’école talmudique chez lès rabbins d'Amsterdam, Cependant il yaune dissemblance profonde entre le caractère et la nature de ces deux grands hommes. Descartes, malgré ses prodigieuses facul-
tés intellectuelles, était d’un caractère timide et pusillanime ; malgré ses convictions profondes de la vérité de ses opinions, il eut toujours peur de se compromettre dans des discussions théologiques, n’osant pas même traiter à fond de l’immortalité, de la vie future, ni même de la morale ; attentif à se faire bien venir des jésuites, c’est aux Docteurs de la Sorbonne qu'il dédie ses Méditations, au point que Bossuet ne pouvant pas s'empêcher de remarquer que Descartes a toujours craint d’être noté par l'Eglise (1). En effet, le Dieu qu'il proclame est bien le Dieu puissant des livres saints. En échange, Spinoza, bien que de nature frêle et maladive, se distingua depuis sa jeunesse par son courage invincible. Après être arrivé à la maturité d'esprit, ayant acquis des connaissances profondes en mathématiques, en physique et en sciences philosophiques, et après s'être assimilé la méthode de Descartes, il eut non seulement le courage de se séparer de sa famille, de ses amis de jeunesse et d’encourir lexcommunication majeure de la part de la synagogue pour maintenir son idéal sur Dieu et sur la destinée humaïne, mais aussi il a su braver avec calme et sérénité d'esprit de même les persécutions de toutes sortes de ses anciens coreligionnaires que celles des autorités des Pays-Bas excitées par la passion de ses adversaires et par l'esprit d’intolérance de l’époque, à la suite de la publication de son Traité théologico-politique, dans lequel il ne s’est paslimité à exposer ses doctrines philosophiques
et religieuses en opposition avec les idées courantes et les ensei-
gnements de la Sainte Ecriture, il-osa même attaquer directement l’origine divine de la Bible et de l'Evangile, en prouvant par des arguments basés sur la connaissance profonde de la langue hébreu et sur un raisonnementextrêmement logique, que Moïse n’est pas l’auteur du Pentateuque et que celui-ci et tous les livres de la Bible ont été écrits et composés paï des écrivains postérieurs de plusieurs siècles à lui, de plus, que les prophéties n'étaient que des symboles ou des illusions et les miracles n'étaient que des paraboles ou des faits naturels et que Jésus- Christ n’était qu'une âme sainte et le premier des sages.
Il est incontestable que Spinoza fut le seul, parmi les penseurs
du xvu: siècle qui, bien qu'étant au courant du tristesort subi par
Galilée, Miguel Servet et Giordano Bruno, osa entrer en lutte ouverte contre les doctrines et les idées traditionnelles admises comme des vérités indiscutables, tant par le monde catholique
(1) Tableau de la pensée humaine, par Nourrisson, page 339.
LES GRECS ET LES. SÉMITES Fe 380 que protestant. Mais le livre qui fait réellement la grandeur de l'esprit philosophique de Spinoza, c’est celui de l'Ethique où il décrit la nature de Dieu, explique l'univers, en découvre les premiers ressorts, en dévoile les mécanismes, sonde toutes les profondeurs, pénètre tous les mystères, n'ignore de rien, développe enfin dans l’ordre inflexible du géomètre et sous la formule invariable d’un style algébrique, le dogmatisme le plus tranchant, le plus vaste, le plus exclusif qui fut jamais (1). Quant à la valeur de la morale de sa philosophie, il est facile de l’'apprécier par quelques-unes de ses maximes qui méritent bien d'être citées : «La vie la meilleure et la plus haute, est celle qui implique le plus de perfection: celle de l’âme qui à le plus d'idées claires et adéquates (conformes à leur objet) sur elle-même et sur les choses, qui forme de ses idées une chaîne dont le premier anneau ést l'être parfait. » «Be désir et l'amour de Dieu se traduisent en amour des hommes ». « C'est une loi de notre nature que nos affections s’augmentent quand elles sont partagées. » — Le but de la morale est d’unir les hommes en une seule âme par la communauté d'un seul amour». — «L'amour est la clef de voûte de la morale, de la religion et de la société ». « La récompense du bien est en lui-même, dans la perfection qu’il procure », « Le châtiment du mal est dans la déchéance qu'il entraîne». Du reste, le fait que sa philosophie à trouvé tant d'admirateurs parmi les penseurs les plus profonds de la France et de l’Allemagne au xvuret au xixe siècle et que ses œuvres ont été traduites dans toutes les langues vivantes de l'Europe est un témoignage des plus éloquents en faveur de la grande portée de ses conceptions relatives à Dieu et à ses rapports avec l’univers en général et l'homme en particulier. Toutefois, il faut reconnaître que Descartes a eu l'immense mérite de battre en brèche la citadelle de la scolastique par son Discours sur la méthode et de hisser sur Ses murs le drapeau de la raison consciente d'elle-même, ouvrant ainsi largement la voie à la discussion libre et à la démonstration de la vérité par l'expérience. C’est par cette voie que l'humanité est entrée dans l’âge viril, étant devenue apte à se gouverner seule, guidée par la lumière de la science et de l'expérience. Mais c’est Spinoza qui a eu l'honneur de compléter l’œuvre de Descartes en poussant sa méthode de géomètre et sa logique algébrique jusqu’à la dernière limite de la raison humaine, qui l'ont amené à poser des définitions précises de
(1) Œuvres de Spinoza, traduites par Emile Saisset, introduction XI,
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390 LES GRECS ET LES SÉMITES | Dieu, de l’univers, de l’âme, de la pensée et de leurs rapports réciproques, des concepts philosophiques qui ont fait l'admiration des penseurs les plus profonds des deux derniers siècles et qui ont laissé des traces profondes etindélébiles dans l'histoire de l évolution de la pensée humaine. C’est dans son Traité théologico-politique qu’il a posé les règles de conduite et la base des gouvernements modernes, selon la raison et la justice en rapport avec l'amour de Dieu et du prochain. C’est ainsi que la philosophie de Spinoza, en même temps qu’elle est l'expression la plus sublime de Dieu et de l’homme dans la nature répond aux vrais principes de la morale de l'Evangile et aux besoins: de la vie moderne. | Cependant, il ne faut pas méconnaître que, bien que grace aux efforts combinés de Descartes et de Spinoza pour émanciper la raison du servage de la théologie et de la scolastique, l'humanité soit entrée dans l’âge viril, ce n’est qu’une partie infime de l'humanité qui a conquis cette liberté, pour ne parler que de l'Europe. L’inquisition ne s’est pas gènée d'allumer au xvr siècle de nombreux auto-da-fé et Galilée n’échappa au bûcher, à l’âge de soixante-dix ans, que grâce à l’abjuration de ses découvertes scientifiques. De plus, tous les ouvrages philosophiques ayant été écrits en latin, le grand public intelligent en avait pris à peine connaissance. Ce n'est qu'au milieu du xvin siècle que la phalange des encyclopédistes français avaient entrepris la grande œuvre de vulgarisation des pensées philosophiques et des connaissances scientifiques dans une langue vivante très répandue. Grâce à leurs efforts herculéens, les philosophies de Condillac et de Locke ont été amenés à la Connaissance du monde intellectuel. Mais l’œuvre émancipatrice des encyclopédistes ne fut réellement mise à exécution que par la force brutale de la Révolution francaise qui a démoli toutes les barrières et qui a supprimé toutes les iniquités sociales par la proclamation des droits de l’homme. Il est incontestable que, grâce à ce bouleversement complet de l’ordre social et politique en F rance, les conditions économiques des peuples de l’Europe ont subi une amélioration progressive dans le courant du x1x° siècle. On n'a qu'à mettre face à face la lutte troglodytique du paysan à la fin du xvrrie siècle, manque d’air et de lumière, sordide et sans fenêtres, avec l'habitation actuelle, ayant des portes et des fenêtres largement oüvertes, bien aérée ét bien éclairée, pourvue dé meubles relativement confortables, de même que les habitants des : campagnes dont parle La Bruyère, qui se nourrissaient d'herbes : et de pain noir avec les déshérités d'aujourd'hui qui $e nour-
rissent de pain blanc et qui participent jusqu’à un! certain point -des bénéfices de l’hygiène, de nos rues, de nos jardins publics et
de l'aménagement confortable dé nos. salles d’hôpitaux. Que de progrès réalisés ! Que de bien-être vulgarisé et démocratisé ! Il n’est pas jusqu'au plus humble qui n’ait bénéficié jusqu’à un certain point des conquêtes de la science au xix° siècle. Toutefois, la Révolution française de la fin du xvru* siècle, bien qu’elle ait transformé radicalement les conditions d’existence de la société et ait donné un essor vertigineux au développement des sciences et des arts, n’a fait que déplacer le centre de gravité de la vie sociale. Elle a bien supprimé les privilèges de la noblesse et du haut clergé et a accordé les mêmes droits à toutes les
classes sociales, mais ce n’est que la classe bourgeoise qui a su profiter du progrès des sciences et des arts pour créer d’innom-
brables branches d'industrie en se servant des milliers de bras
des classes inférieures comme instrument de travail et en s’enri-
chissant à leurs dépens, ce qui a donné lieu avec le temps à un malaise général, à des luttes de classe et à des conflits sérieux,
non entre la bourgeoisie enrichie et les anciennes classes dépos-
sédées de leur privilèges, mais bien entre la bourgeoisie et la
Classe ouvrière, ou soit entre le capital et le travail. Cette lutte a
donné naissance à une nouvelle couche sociale, celle du prolétariat. Les ouvriers, dépourvus des moyens d'existence pour pouvoir lutter avec avantage contre les patrons tout puissants
ont cherché à s’associer, à fonder des sociétés de secours mutuels,
des sociétés de consommation, des sociétés de crédit et même
des sociétés coopératives qui permettent aux ‘ouvriers, en met-
tant en commun leurs épargnes, d'acquérir même l'atelier dans lequel ïls travaillent. Les patrons, de leur côté, ont fait des réformes dans l'intérêt de leurs ouvriers en construisant des cités ouvrières où chaque ouvrier peut devenir propriétaire d’une maison qu’il paye petit à petit et en créant des caisses de retraite dont les fonds sont prélevés en partie sur les salaires et en parlie sur les bénéfices. Le socialisme a eu un grand nombre d’apôtres, mais le vrai fondateur et l’apôtre du mouvement socialiste, ce fut Karl Marx qui, à l'envers des autres chefs socialistes qui l’ont précédé; n’a pas invoqué comme eux; à l'appui de sa thèse un principe d'équité et de justice, mais bien une loi d'économie politique et de statistique. « Les richesses, dit-il, sont le produit du travail et la valeur des objets ReRMen du travail qu'il a fallu pour les produire.
Le capital n’a donc de valeur que par le travail de l’ouvrier.
Eh bien! puisque l’ouvrier produit seul la valeur, il doit avoir les mêmes droits aux revenus que le capitaliste et au lieu de recevoir un salaire, il doit avoir une participation aux bénéfices. - Karl Marx ne fut pas seulement l’auteur d’une doctrine, il fut aussi le fondateur d'un parti puissant, le parti socialiste démocratique, lequel, né en 1866, en Allemagne, se transforma en partiinternational qui gagne tous les jours plus de terrrain dans le domaine de l’économie politique et sociale du monde civilisé. Les socialistes allemands qui aspirent à devenir un parti de gouvernement ont fini par modifier leur programme; ïls ne veulent plus la suppression ni de la propriété privée, ni du capital, ni de l'héritage, ni de la liberté privée; ils demandent seulement que les instruments de travail, tels que les chemins de fer, les mines, les usines, les grands domaines, cessent d’appartenir à des compagnies et à des particuliers pour devenir la propriété collective de la nation. Carl Marx a surtout le mérite d’avoir cherché une base pour ses doctrines dans l’évolution historique des conditions économiques de la société. « La propriété, dit-il, s’est développée différemment à chaque époque historique, conformément aux changements des rapports sociaux. Ceuxci, à leur tour, sont intimement liés aux forces productives, car à mesureque les hommes acquièrent de nouvelles forces productives ils changent leur mode de production et avec le changément de la manière de gagner leur vie, ils changent également leurs rapports sociaux et avec eux les principes, les idées et les catégories. L'atelier moderne qui repose sur l'application des machines est un rapport social de production, une catégorie économique nouvelle. » En résumé, la vie sociale, d’après lui, fut en tout temps le résultat d’une évolution économique, changeant toujours avec la transformation des méthodes productives. Partant de ce principe, Marx prétend que la bourgeoisie en changeant. les méthodes de production a altéré le caractère total de la société. C'est ainsi que la société patriarcale, la société féodale et la société bourgeoise marquent chacune une étape importante dans l'évolution économique de l'humanité. à Quoi que l’on pense du système philosophique socialiste de Marx et de ses applications. dans le développement de la vie sociale moderne, il est certain, qu’abstraction faite des utopies qu’il renferme, il a contribué à relever la dignité de la personnalité humaine en délivrant les classes inférieures de la société, impuissantes à se défendre isolément, du joug du capitalisme. Quant à la guerre qu’il a provoquée entre le capital et le travail,
ce n'est qu’un phénomène transitoire, car il est aussi difficile de distinguer entre la priorité du capital et du travail, que celle de l'œuf et de la poule. Par conséquent, la guerre n’a pas de raison d'être et la paix finira tôt ou tard par s'établir sur la base de la justice et de l'équité, à mesure que le sentiment de la solidarité humaine et les principes de la morale de l'Evangile auront également pénétré les milieux des producteurs capitalistes et des travailleurs et que les forces productives des nations ne reposeront plus sur la surproduction, mais bien sur la production proportionnelle aux besoins réels des collectivités. Malheureusement ces desiderata ne pourront se réaliser qu’après la disparition complète des causes de guerres internationales et avec elle la suppression complète des armements monstrueux qui épuisent les épargnes de toutes les nations civilisées de l'Europe. Il sé pourrait bien que le développement progressif du socialisme dans son aspiration vers la stabilité s’accentue davantage dans le sens pratique de la vie, s'inspire de plus en plus de la nécessité de la paix sociale et finisse par constituer le facteur principal dans la réalisation de cet idéal. C’est sans doute le xx° siècle qui aura l'honneur de donner la solution pratique de ce problème, le plus ardu et le plus transcendant de tous ceux qui ont surgi au cours de l’évolution de l'humanité.
En résumé, parmi les nombreuses personnalités qui ont dirigé les destinées des peuples, il y en a quatre qui, par leur intelli- | gence ou par leur sagesse, ont représenté chacune une époque marquante dans l’histoire de l'humanité : Moïse, Jésus-Christ, Spinoza et Karl Marx. Bien que chacun d’eux ait conçu d’une manière distincte l'idéal du bonheur humain, tous les quatre l'ont cherché dans la satisfaction des besoins moraux et matériels de la collectivité dans laquelle ils ont vécu. Les deux premiers ont trouvé sa réalisation dans l'établissement du principe du monothéisme et dans la connaissance des rapports entre Dieu et l’homme sur la base de la révélation, tandis que les deux autres, bien que retranchés dans le domaine de la philosophie rationaliste ils avaient coupé de bonne heure tous les liens qui les rattachaient à la religion de leurs ancêtres, ils ne représentaient pas moins les principes de haute moralité, incarnés chez Spinoza dans son idéal de l’amour de Dieu, de la raison et de l'humanité, « amor Dei intellectualis », dont le sentiment impose à
304 LES GRECS ET LES SÉMITES l’homme lé devoir de se rendre immortel en fuyant toutes les passions naturelles, principe d’une haute portée sociale qui tend à unir les hommes divisés par leurs intérêts particuliers et leurs passions. Quant à l’œuvre de Karl Marx, il n’est pas douteux que, ayant eu pour but l'amélioration du bien-être moral et matériel de millions d'ouvriers, ne soit une œuvre sublime en ce qu’elle relève la dignité de la personnalité humaine. Quant à l'aspiration du socialisme fohdé par lui, elle est comme toute création humaine appelée à évoluer, et dans son évolution, elle tendra forcément à rendre de plus en plus solidaires le capital et le travail, car la participation des ouvriers aux bénéfices et la coopération sous toutes ses formes, finiront bien par faire du travailleur un petit capitaliste intéressé également à l’augmentation des dividendes et à l’augmentation des salaires. Il en résultera forcément une nécessité pour le socialisme d'évoluer dans de bonnes conditions, de manière que le capital et le travail, au lieu de lutter l’un contre l’autre, seront pour ainsi dire associés vers une fin commune. On voit bien que ces deux penseurs profonds, dont l’un était doué d’une mentalité idéaliste et l’autre -d'une mentalité réaliste, originalité très fréquente parmi les hommes de race juive, ont consacré leur vie à des problèmes philosophiques et sociaux aÿant pour but d’améliorer le bien-être moral, intellectuel et matériel de l'humanité.
à 2 % CONTRIBUTION DES JUIFS AU MOUVEMENT INTELLECTUEL,, POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIAL PENDANT LE XIX® SIÈCLE
En dehors de ces quatre personnalités marquant chacune une étape dans l'histoire évolutive de l'humanité, nous rencontrons un nombre considérable d'hommes éminents de race juive, qui dans le courant du x1x° siècle se sont distingués par leur contribution efficace au mouvement intellectuel et social en Europe, car ce n’est qu'après que la Révolution française, à la fin du xvrue siècle, a fait tomber toutes les barrières éntre les nommes de différente croyance religieuse en proclamant les droits de l’homme et l'égalité de tous les citoyens devant la loi, que les israélites ont pu se consacrer à l'étude des sciences et des arts et. prendre une part active au mouvement politique, économique et social, d’abord en France, ensuite en Angleterre et en Italie, et finalement en Autriche et en Allemagne, grâce à l’adoucissement
1 Le MA CE Em ANT à 4 pi Ge EE ES A OS 4 LES GRECS ET LES SÉMITES 305
graduel des mœurs et à la marche progressive des idées civilisatrices dans tous les Etats européens. C’est surtout après la Révolution de Juillet que les israélites ont commencé à jouer un grand rôle, non seulement dans le développement du commerce et de l'industrie, dans la construction des chemins de fer et dans l'accroissement des richesses, mais ils ont aussi fourni des hommes d'élite, occupant les premiers rangs dans les différentes branches des sciences, des lettres et des arts.
De plus, après s'être appropriés la culture scientifique et littéraire, ils se sont identifiés avec le sentiment et la mentalité nationale de leurs paÿs respectifs. Ils ont su si bien s’assimiler les habitudes, les goûts, les idées, l'esprit et le sentiment national, qu'il n’ÿ à plus moyen de les distinguer de leurs compatriotes chrétiens. |
1 suffit de citer deux grands patriotes, d'origine juive, dont le patriotisme est devenu légendaire: le premier, c’est Daniel Manin dont le père sortait du ghetto, le fameux défenseur de Venise contre l'Autriche, ville qui a résisté dix-huit mois de siège et qui à succombé plutôt à la faim, aux mille privations et aux horreurs d'un siège qu’à la force brutale d’une armée nombreuse. La ville de Venise s’est bien acquittée d’une dette d'honneur en déposant les cendres de son héros sous les arcades byzantines du marthex de Saint-Marc.
Le second, c’est Léon Gambetta dont le père était juif (1), ancien chef du gouvernement de la défense nationale pendant la guerre franco-prussienne, qui fut un des plus grands orateurs du xixe siècle, dompteur des assemblées et fascinateur des masses, * organisateur de la résistance nationale contre l'invasion allemande, et qui est encore considéré aujourd'hui comme le symbole du patriotisme français.
Nous allons encore citer d’autres noms non moins célébres comime hommes d'Etat et patriotes au plus haut degré, dont l’un est Benjamin Disraeli, ancien chef du parti conservateur anglais, qui fut un écrivain des plus distingués et un homme d'Etat de premier ordre, ayant contribué en plus à la fondation de la politique impériale britannique. Bien que son grand-père soit sorti du Ghetto vénitien, il fut un des représentants les plus dignes du peuple anglais; l’autre c'est Louis Luzzatti, né à Venise en 1841, plusieurs fois ministre du Trésor italien, professeur d'économie politique à l’Université de Rome et considéré aujourd’hui comme
(4) Anatole Leroy-Beaulieu. — [sraël chez les nations, page 281
se Le
396 ‘ LES GRECS ET LES SÉMITES s un des plus grands talents financiers et économistes de notre époque. Bien qu’appartenant à une famille juive, il est et a toujours été l'homme le plus jaloux de la grandeur et de la prospérité de l'Italie. | Fe
Un autre homme d'Etat italien qui a joué et joue encore un grand rôle dans la politique de son pays, c’est le baron Sidney Sonnino, né en 1849, d’un père israélite et d’une mère anglaise, protestante. Il fit ses études à Florence où il se prit d'amitié pour l'historien Pascal Villari et pour le député Léopold Franchetti. Avec ce dernier, il entreprit un voyage en Sicile pour étudier les conditions sociales, politiques et économiques de l'ile. A son retour, il en publia le résultat dans un livre intitulé 1 Contadini di Sicilia. Quelque temps après, il publia un travail analogue, intitulé : La Mezzadria in Toscana, qui traite du système emphytéotique en usage chez les paysans de la Toscane. Dans les deux traités, il a prouvé ses connaissances profondes des conditions économiques du pays et l'intérêt particulier qu'il prit pour les classes ouvrières. Comme membre du Parlement, il s’est occupé principalement de questions de finances et comme chef du centre gauche, il a été un des membres les plus actifs contre l’administration financière du ministère Depretis. H a été ministre des finances depuis 1893 jusqu’en 1896 sous le ministère Crispi, lorsqu'il fit preuve de sa capacité par plusieurs opérations financières très habiles. Actuellement, il est président du Conseil des Ministres, ayant comme collaborateur, au ministère de l’Agriculture, M. Luzzatti.
L'Allemagne compte également un grand nombre d’israélites qui ont joué un grand rôle en politique dans les temps modernes. C’est Martin Edouard-Simson qui mérite d’être cité en première ligne. Par ses hautes qualités d'homme d'Etat et de jurisconsulte, Il a su mettre un esprit d’impartialité dans la conduite des débats parlementaires et inspirer la confiance et l'admiration même à ses adversaires politiques, au point d’avoir été élu président du Parlementallemand, réuni à Francfort en 1848, ensuite à Erfürtet après à Berlin, en 1870, et comme tel, il se trouva à la tête de la délégation qui offrit la couronne d'Allemagne au roi de Prusse, en 1849 et en 1870. Après s’être retiré de la politique, il fut nommé président du tribunal suprême de l'Empire à Leipzig, où ül a contribué beaucoup à l’organisation de la magistrature allemande.
Un autre jurisconsulte allemand, également célèbre, de race juive ce fut Henri Friedberg qui par ses grands mérites person-
nels et par sa collaboration active et intelligente au nouveau code civil, attira l'attention de l’empereur qui le nomma ministre de la justice en Prusse, ministère qu’il occupa pendant treize ans. Plus tard il fut élevé au rang de la noblesse héréditaire par l’empereur Frédéric HI qui lui accorda la grande-croix de l'Ordre de l’Aigle Noir.
Parmi les hommes politiques allemands de race juive, nous citerons encore Édouard Lasker qui fut un des fondateurs et un des chefs principaux du parti national libéral allemand et qui a soutenu, par l'appui de son éloquence persuasive au Parlement, la polilique nationale du chancelier de fer pendant les premières années de Ia fondation de l'Empire allemand. Toutefois, cette lune de miel ne fut pas de longue durée, car Lasker se vit obligé de se séparer de Bismarck en 1879, lorsque le gouvernement présenta au Parlement un projet de loi ayant pour but de limiter Ja liberté de la parole des représentants du peuple. Lasker, désappointé et fatigué moralement et physiquement par la lutte constante contre l'esprit autocratique du gouvernement appuyé par une majorité réactionnaire, se retira de la politique. Afin de rétablir sa santé il fit un voyage en Amérique où il mourut à l’âge de 55 ans.
Après Lasker, c’est Ferdinand Patte qui fut jurisconsulte très éminent et apôtre du socialisme allemand. Par ses connaissances profondes d'économie sociale et par sa grande éloquence il réussit à fonder le socialisme de la chaire. Pendant toute sa carrière politique, il ne cessa de se consacrer à l'amélioration des classes ouvrières et arriva à être le fondateur de la Démocratie sociale allemande. C’est précisément à cause de ses idées avancées en politique qu'il se vit obligé de se séparer du chancelier.
Parmi les personnes saillantes de cette époque de race juive, qui ont collaboré à l’œuvre de la fondation de l'unité allemande, figure Louis Bamberger. Celui-ci ayant pris une part active au mouvement libéral en Allemagne, dans les années 1848-49, fut poursuivi par le gouvernement aprés le retour du régime réactionnaire. Il se réfugia d’abord en Angleterre et s'établit ensuite à Paris où il dirigea pendant plusieurs années avec beaucoup de succès la maison Bischoffsheim. À sa rentrée en Allemagne en 1866, à la suite de l’amnistie accordée par le gouvernement, il prit de nouveau part active à la politique et fut nommé chef du parti national libéral. Par ses connaissances profondes des questions économiques internationales il a fini par exercer une grande influence sur la politique économique et
financière de son pays. Ayant été un défenseur enthousiaste de la liberté du commerce il se heurta, de même que Lasker, à la politique protectionniste de Bismarck qui par sa volonté de fer imposa sa volonté au Parlement, même à ses adversaires. Bamberger se voyant chaque fois plusisolé dans le Parlement, se rétira de la politique et se consacra plutôt aux études littéraires et scientifiques qu'il collectionna et publia plus tard en cinq volumes.
Parmi les hommes d'Etat dat de race juive, qui ont pris une part active dans la politique, nous citerons Emile Steinbach, connu par ses travaux scientifiques sur de nombreux sujets d'économie politique. Il fut ministre des Finances, en Autriche dans le cabinet Taafe, de 1891 à 1894, et après la chute de ce ministère il fut nommé président de la Cour suprême de justice qu’il dirigea pendant un grand nombre d’années,
Joseph Unger, né à Vienne, en 1828. Après avoir été professeur pendant dix ans à la faculté des Droits à Vienne il fut nommé membre de la chambre des seigneurs à vie en 1871, ensuite il fut ministre sans portefeuille dans le cabinet Auersperg dont il défendit la politique au Parlement avec grand talent pendant huit ans. Plus tard, il fut nommé président du Tribunal de l'Empire. Ses travaux scientifiques lui ont fait une réputation européenne comme jurisconsulte,
Il est tout naturel de penser que pour arriver à ces postes d'honneur, tant en Allemagne qu’en Autriche, le mérite seul n’est pas un titre suffisant, la conversion est également exigée comme une condition sine quà non, Car la législation allemande et autrichienne, de même que la mentalité de la majorité du pays, s'opposent à l'accès aux hauts emplois de l'Etat des individus qui ne professent pas la religion de l'Etat; tandis qu’en France et en Italie, la question de religion ne forme pas un obstacle à occuper un poste de ministre : Adolphe Crèmieux fut ministre de Grâce et de Justice sous le gouvernement de la Défense nationale (1870). C'est sous son ministère que fut décrétée la naturalisation des israélites en Algérie.
Michel Goudchaux, qui avait pris une part active dans la Révolution de Juillet, fut ministre des Finances en 1848, sous la présidence de Cavaignac.
Achille Fould, fut ministre des Fi inances sous l’Empire de 1862 à 1867, On lui doit un grand nombre de réformes dans” l'administration de son ministère.
David Raynal fut plusieurs ois ministre des Travaux publics,
sous les ministères Gambetta et Jules Ferry, et ministre de l’Intérieur sous le ministère Casimir Périer.
Louis Luzzati fut également plusieurs fois ministre des Finances des gouvernements italiens.
Bernhard Dernburg, ministre actuel des Colonies en Allemagne, est issu d’une famille juive, dont les membres se sont tous distingués comme de célèbres jurisconsultes et professeurs en droits aux Universités allemandes, s'étant convertis de bonne heure au christianisme. Son oncle, Henri Dernburg, fut représentant de la Chambre des Seigneurs de Prusse, de 1860 à 1873. Lui-même montra plutôt une grande disposition pour les affaires que pour la jurisprudence, et arriva à diriger avec grand succès la‘ Banque de Darmstadt pour le commerce et l'industrie. La réputation qu’il a acquise comme administrateur et organisateur lui a valu d’être nommé sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, poste assez difficile qu’il occupe déjà depuis plusieurs années. Grâce à ses hautes qualités : esprit d'organisation hors ligne, de puissance de travail extraordinaire et de patriotisme exuhbérant, il a gagné la confiance du souverain et de la Chambre.
Parmi les personnalités saillantes du xix° siècle, d’origine juive, on ne trouve pas seulement des politiciens et des économistes de grande taille, mais aussi des administrateurs et des directeurs de grandes entreprises, qui ont rendu de grands services au commerce, à l’industrie et aux transactions internationales allemandes. Comme exemple qui mérite bien de fixer l’attention, il nous suffit de rappeler le nom de Albert Ballin qui incarne en lui l’esprit d'organisation et de discipline de l'Allemagne.
Albert Ballin né à Hambourg en 1855, où il a fait ses études mercantiles. Ensuite 1l entra au service d’une compagnie d’armateurs à Londres, où il se distingua par son intelligence et par son aptitude organisatrice au point d’avoir appelé l'attention de ses compatriotes, les principaux actionnaires de la Compagnie « Hambourg America Linie » qui l’engagèrent de prendre la direction de leur Compagnie. En effet, Ballin, dès l’année 1886, se mit à la tête de cette entreprise qu'il dirigea avec un tel succès qu'au lieu de cinq lignes de navigation qu'elle comptait en 1886, ce sont quarante-cinq lignes différentes qu'’eile servit en 1903, devenant la première société de navigation du monde entier, dont les bateaux sont les plus beaux, les plus grands et les plus confortables, pourvus de moteurs les plus puissants, donnant une vitesse inconnue jusqu'alors, croisant toutes les mers du
monde et battant le record des meilleurs bateaux anglais et américains. Cette Compagnie a de plus construit pour son usage 145 bateaux de premier ordre, avec un tonnage de 674.604, et ses ateliers ont construit, pour le compte de Compagnies étrangères, 41 bateaux de 144.705 tonnes. Elle a obtenu un bénéfice net de 42 millions de marcks, distribuant 5,13/17 0/0 de dividende. L’Empereur d'Allemagne, en reconnaissance des services rendus par M. Ballin au commerce et à la marine marchande allemande, lui a fait hommage de son portrait avec cette inscription extrènrement flatteuse: Au pionnier sagace et infatigable pour notre commerce d'exportation.
En dehors du domaine de la politique, il y eut, pendant le xix° siècle, une phalange de savants et de penseurs, d’origine israélite, qui ont contribué par des travaux importants au progrès des sciences, des lettres et des arts. C'est surtout dans les domaines des sciences naturelles et des sciences exactes qu'ils se sont le plus distingués. L'Allemagne seule, compte AUES naturalistes qui ont agrandi le champ de la Botanique.
Paul Ascherson, professeur de botanique à l’Université de Berlin, a fait des études sur la flore d’Ethiopie et d’autres régions du nord et de l’est de l'Afrique.
Ferdinand-Jules Cohn, né en 1838, et mort en 1898, fut, après Wil!-
kom, lebotaniste le plus éminent du Kix*siècle. Nommé professeur
de botanique à l’Université de Breslau, il arriva à être fondateur et directeur de l’Institut de la Physiologie végétale de la même ‘ville. Ï1 se consacra principalement à l'étude de la morphologie et de l’évolution des algues et des champignons. Après avoir constaté, en 1854, la parenté qui existe entre les bactéries, les vibrions et les oscillaires, et mis en lumière, dans sa célèbre monographie sur Empusa Muscae, l'évolution d’une épidémie chez les mouches de nos chambres à la suite des champignons parasites, il s'adonna complètement à l'étude de la biologie des
bactéries. La haute réputation dont il jouissait dans le monde
savant se manifesta ‘par l'hommage unanime de sympathie qui lui fut rendu à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, lorsque 250 naturalistes de tous les pays de l'Europe lui ont dédié un album contenant les photographies de tous ses élèves, parmi lesquels figure le bactériologiste Le plus ingénieux de notre époque, Robert Koch. Il a eu également le mérite d’avoir enrichi
la littérature de la botanique par des travaux populaires, en même temps que scientifiques, dans le but de vulgariser les mystères de la vie végétale.
Nathaniel Pringsheim, né en 1823 en Silésie et mort en 1894 à Berlin, a été professeur de botanique et fondateur de l'institut de physiologie végétale à Iéna et membre de l’Académie des Sciences de Berlin. Ses travaux sur la chlorophyle, sur la sexualité chez les cryptogames, sur le développement et la croissance des algues, et en plus ses découvertes dans la technique microscopique lui ont assigné une place prépondérante parmi les botanistes les plus distingués de notre époque, |
Jules Sachs, né en 1832 à Breslau, professeur de botanique à l’Université de Würzbourg, a été également le fondateur de l’Insüitut physiologique des plantes dans la même ville. Il s’est surtout distingué comme exprimentateur dans cette branche par ses investigations relatives à l'influence de la lumière et de la chaleur sur l’évolution des plantes, sur le procès d’assimilation, sur la germination et le mouvement moléculaire dans la nutrition des plantes.
L'Allemagne compte également des.chimistes très distingués, d'origine juive, parmi lesquels figure en première ligne C. Libermann, né en 1842. Il fut d’abord professeur de chimie à l’école des Mines de Charlottenbourg et plus tard à l’Université de Berlin, en même temps que président de la société des chimistes allemands. C'est lui qui a découvert la production artificielle de l’alizarine, matière colorante, découverte qui a donné naissance à une nouvelle industrie, celle des couleurs.
Un notre nom non moins célèbre, c’est Mathias Eugène Oskar Liebreich, directeur de l'Institut pharmacologique de Berlin. Onlui doit des découvertes très importantés et d’une très grande utilité en médecine, telles que l’hydrate de chloral et de chlorure d’étyle, deux médicaments hypnotiques. Il a également démontré que le protagon est une substance à la fois azotée et phosphorée et cons- titue la majeure partie de la substance cérébrale. Il a introduit aussi la lanoline dans la pharmacologie et a découvert l'effet de la cantharidine sur les opte malades et son utilisation dans la tuberculose. /
Un autre chimiste de grand mérite, c’est Georges Lunge, professeur de chimie depuis 1876 à l'Ecole polytechnique de Zurich. Il s’est surtout distingué par ses découvertes de nombreux produits chimiques à la suite de la distillation du goudron minéral.
Un chimiste de grand rénom, qui fut professeur de physique et de technologie à l'Université de Berlin, c’est Henri-Gustave. Magnus. Il se fit connaître par ses découvertes de nouveaux sels
chimiques en platineet par la détermination du coefficient d’expansion de plusieurs gaz et de la force expansive de la vapeur. Ses travaux sur le magnétisme, la thermoélectricité, l’'électrolyse, la chaleur radiante et la capacité d'absorption de l'oxygène et d'acide carbonique parle sang le font considérer eomme un des chimistes les plus féconds de l’époque moderne. ass
Il nous faut mentionner encore un chimiste de la même trempe que Magnus, qui fut professeur de chimie: à l’Université de Heidelberg : c’est Victor Meyer, dont les travaux sur la combinaison du nitrogène avec les acides gras, sur la capacité de combinaison du carbone avec le nitrogène, sur la décomposition des moléculles halogènes à de hautes tenrpératures, sont. suffisants pour perpétuer son nom. Îl a laissé deux ouvrages de grand mérite : son Î raité de chimie organique et Des problèmes chimiques de l'époque actuelle. | | |
Un autre savant de premier ordre, mort très jeune, en 1894, à l’âge de 37 ans, c’est Henri Hertz, professeur de physique à l'Université de Bonn: ik a démontré pour la première fois par des, expériences mémorables, que les ondes de lumière sont équivalentes à des ondes électro-magnétiques de très peu de longueur, qu'il y a un rapport intime entre les phénomèns optiques et ceux de l’électromagnétique et que les deux espèces d’ondes se propasent avec la même vélocité dans l'espace. | s :
Ïl y a aussi un grand nombre de savants d’origine israélite qui se sont distingués dans l'astronomie et les sciences mathématiques. Williams Beer, frère du fameux compositeur Giacomo Meyerbeer. Bien qu'il se fût occupé de bonne heure des affaires de banque, il consacra ses heures de loisir à l'étude de l'astronomie. Il construisit dans sa villa au Thiergarten, à Berlin, un petit observatoire pourvu des meilleurs instruments physiques et astronomiques, et en 1834 il publia en collaboration avec le célèbre astronome Jean H. de Maedler, la première et la plus parfaite carte générale de la partie visible du disque lunaire, suivie d'un commentaire très intéressant, ouvrage qui fut couronné par l’Académie des sciences de Paris. Il publia égale- ment : Observations physiques sur la planète Mars au moment de son rapprochement de la terre. — Considérations sur la lune dans ses rapports cosmiques el individuels.
Georges Cantor, né en 1845, à Saint-Pétersbourg, se consacra de bonne heure à l'étude des mathématiques et de la philosophie à l’université de Zurich. Il fut nommé en 1879 professeur de ma- -thématiques à l’Université de Halle où il rendit des services très précieux au progrès de cette science par des théories nouvelles , connues sous le nom dela fhéorie des fonctions et la théorie des ensembles, qui furent admises et adoptées plus tard dans l’enseignement par les maîtres les plus distingués des temps modernes, Ce sont également ses définitions du continu et de l'infini en mathématique et ses méthodes claires et précises tout originales, qui le font considérer comme une des grandes lumiè-« res du siècle, tant comme philosophe que comme mathématicien. | au
Maurice Cantor, né à Manheim, en 1829, fit ses études à l’Université de Heidelberg et de Gœttingen. Il se distingua de bonne heure par ses travaux importants sur l’histoire des mathématiques, et fut nommé en 1877 professeur de cette même science à Heidelberg. Il est le fondateur de la Revue critique pour chimie,
physique et mathématique. Parmi ses nombreuses publications figurent comme un chef-d'œuvre : Leçons sur l'histoire des mathématiques, en trois volumes, dont le prémier a paru en 1880 el le dernier en 1898, ouvrage qui étudie l’évolution de cette science depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1758, époque dans laquelle brillait l'étoile de Aer ange comme astronome et mathématicien. |
Louis Cremona, né en 1830, à Pavie, fut nommé professeur de géométrie supérieure à l'Institut technique de Milan et réorganisateur de l’Ecole d'ingénieurs à Rome. Il est considéré comme le
. premier géomètre de l’époque actuelle. Il a acquis de grands mérites pour avoir introduit la statique graphique et la géométrie projective dans les établissements supérieurs de l'Italie. Ses travaux sont traduits dans toutes les langues. Hermann Goldschmidt, né à Francfort, en 1802 et mort en France en 1862, a eu le bonheur d'enrichir la carte céleste d’un grand nombre de planètes. L'Académie des sciences de Paris lui a décerné le prix Lalande et la Société astronomique de Londres la médaille d’or.
Adolfe Hirsch, né en 1831, en AE He est depuis 1864, secrétaire perpétuel du Comité international des poids et mesures. [la perfectionné la chronométrie et la méthode astronomique pour déterminer les longitudes géographiques.
Léopold Kronecker, né en 1823, et mort en 1891 fut professeur
des mathématiqnes à l’Université de Berlin: il est considéré comme l’algébriste le plus ingénieux de notre époque. Parmi ses travaux les plus remarquable, figurent en première ligne ses Eléments d’une théorie arithmétique des valeurs algébriques.
Maurice Lévy, né en 1838 en Alsace, fut élève distingué à l'Ecole polytechnique. Il fut nommé professeur à l'Ecole Centrale en 1875 et professeur de mécanique au Collège de France en 1885. Il fut aussi membre de l’Académie des sciences. Il publia des travaux remarquables sur les problèmes de la résistance des matériaux, de l’élasticité en cinématique, de la mécanique analytique, de la statique graphique et sur le principe de l’énergie.
Maurice Lœwy, né en Autriche en 1833, s’est consacré de bonne heure à l'étude de l'astronomie où il ne tarda pas à se distinguer par ses travaux remarquables, mais se heurtant aux lois et aux mœurs d'intolérance de son pays, il abandonna Vienne et s'établit à Paris en 1859, prenant la naturalisation française. Ses travaux importants sur l'astronomie le firent nommer directeur de l'Observatoire de Paris et membre de l’Académie des Sciences dont il fut le président pendant ces dernières années.
William Herschel, célèbre astronome, né en 1738 à Hanovre et mort en 1822 à Londres, reçut une éducation musicale dans son pays natat. Il se rendit ensuite à Londres en 1759 où il entra comme musicien dans la garde hanovrienne et gagna sa vie en donnant des lecons de musique. Il profita de ses heures de loisir pour se consacrer à l'étude des mathématiques qui le conduisit à l'astronomie. Trop pauvre pour acheter des instruments, il se mit à construire lui-même un télescope plus parfait que ceux connus jusqu'alors, qui mesurait 12 metres et exigea 4 années de travail (1785-89). Il découvrit d’abord la planète Uranus en 1781 puis ses satellites en 1787 et de nouveaux satellites de Saturne. Il | accorda une attention particulière aux nébuleuses et découvrit qu’elles sont constituéés par un nombre prodigieux de petites: étoiles, parmi lesquelles il y a des étoiles centrales autour desquelles les autres exécutent une révolution régulière. Le roi Georges lui accorda une protection toute particulière; il lui donna en plus d’une pension viagère une habitation voisine de son château de Windsor. Il fut menbre de la Société Royale de Londres, dont il était devenu président. En un mot, il fut le fondateur de la science sidérale.
Guillaume Meyer, directeur de la Société Urania pour les sciences naturelles populaires et directeur à Berlin d’une KRevue
appelée Ciel et Terre. Par ses connaissances étendues et profondes en astronomie et par ses dons de vülgarisateur il est devenu l'écrivain astronomique très populaire de l'Allemagne.
Robert Rubensson, né en 1829, à Stockolm, directeur de l’Institut météorologique de cette ville, professeur de physique à l'Université et membre de l’Académie des Sciences Suédoise. Ses travaux principaux sont : Mémoire sur la polarisation de la lumière; — Traité de la météorologie nautique ; — Catalogue des aurores boréales. | |
James Joseph Sylvester, né en 1814 et mort en 1897 à Londres, fut professeur de géométrie à l'Université d'Oxford. Il inventa plusieurs instruments géométriques.
Gabriel Lippmann, physicien français, né en 1845, a fait ses éludes à l'Ecole Normale. Il se rendit ensuite en Allemagne où il se consacra à l'étude de l'électricité ; il inventa l’électromètre capillaire et le moteur électro-capillaire. En 1883 il fut nommé professeur de mathématique et de physique à la Sorbonne; en 1885 professeur de physique expérimentale: en 1886 il fut élu membre de l’Académie des Sciences. En 1881 et 1882, il découvrit un procédé nouveau de photographies en Couleurs, en reproduisant par la lumière réfléchie un vrai tableau dans ses .Couleurs originales. Il a également publié des travaux physiques tels que Cours de thermo-dynamique et Cours d'acoustique et d'optique.
Georges-Henri Halphen, né en 1844et mort en 1889, fit ses études a l'Ecole polytechnique et entra ensuite dans l’armée, fut nommé capitaine en 1870 et décoré sur le champ de bataille de Pont- Noyelles. En 1873 il fut nommé professeur de mathématiques à l'Ecole Polytechnique. En 1880, l'Académie des Sciences lui dé- Cerna le prix de mathématiques pour son Mémoire sur la réduction des équations différentielles liniaires aux formes intégrales. En 1881, son ouvragé sur la Classification des courbes fut couronné par l’Académie des Sciences de Berlin. En 1886, il fut élu membre de l’Académie des Sciences. Il publia en outre des travaux sur . des questions très importantes en mathématiques.
De même que dans le domaine des sciences exactes, l’activité des savants israélites a brillé dans celui des sciences médicales, tant dans la branche de l'anatomie que dans celle de la physiologie. À | Gustave J. Henle, né en 1809 et mort en 1885, fut professeur
AS AU 7 vd & 406 | LES GRÉCS ET LES SÉMITES
d'anatomie à l'Université de Zurich, ensuite à Heidelberg et enfin à Gœttingen. On lui doit de nombreuses découvertes anatomiques, ou plutôt histologiques, relatives à la cornée, à la cellule hépatique et à la glomérule des reins en rapport avec les vaisseaux et la sécrétion urinaire. Ses travaux anatomiques et anatomo-pathologiques sont très nombreux et sont encore consultés aujourd’hui avec fruit. | Emile Zuckerkandl, né en Hongrie en 1849, fit ses études à l'Université de Vienne. En 1875, il enseigna l’anatomie à l’Université d’Utrecht, et en 1879, il fut nommé professeur agrégé d'anatomie à l’Université de Vienne, et en 1888, professeur
d'anatomie descriptive et topographique. Ses travaux anatomi-
ques représentent une contribution importante au progrès de cette science. ù
. Antoine Weichselbaum, né en 1845 est actuellement professeur d'anatomie pathologique à l’Université de Vienne et également membre de l'Académie des Sciences. On lui doit un grand nombre de travaux originaux sur l’histologie pathologique.
Louis Hirschfeld, fit ses études médicales à Paris, sous le patronage d Orfila ; il se distingua surtout par ses préparations anatomiques délicates des centres nerveux et de ses ramifications périphériques. Il a publié un atlas sur Île système nerveux, très. apprécié par les médecins de tous les pays. Il fut nommé, en 1871, professeur d'anatomie à l’Université de Varsovie. R
Jules Bernstein, né en 1839, est depuis 1875 professeur de physiologie à l'Université de Halle, en même temps que directeur de l’Institut physiologique, et figure au premier rang des physiologistes allemands. |
Rudoff Heindenhain, né en 1884, professeur de physiologie et d’histologie à l'Université de Breslau. Ses travaux principaux sont résumés dans ses Etudes physiologiques ; Rendement mécanique ; Développement de la chaleur ; Echange moléculaire dans l'activité musculaire ; Physiologie des processus de la sécrétion.
Ludimar Hermann, né en 1838, fut nommé professeur de physiologie en 1868 à Zurich et en 1884 à Kæœnigsberg, c’est un des physiologistes les plus répandus de l'Allemagne. Son Traité de Physiologie a déjà obtenu la faveur de la quinzième édition. Il s’est fait remarquer par sa grande activité comme vulgarisateur | des connaissances physiologiques modernes, tant DES les médecins que parmi les naturalistes.
Hermann Munk, né en 1839, professeur et président du Laboratoire physiologique à l'Ecole de Vétérinaires à Berlin, s’est
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surtout distingué par ses investigations dans le domaine de sa
physiologie cérébrale.
Isidore Rosenthal, né en 1836, fut pendant DIdsicnns années professeur à l’Université d’ Erlangen. Il cultiva surtout la branche
de physiologie du système nerveux; mais en même temps il
chercha la valeur pratique de la physiologie en ‘appliquant ses enseignements à l'hygiène. Ses Lecons sur l'Hygiène publique et privée où il consacra un chapitre entier à l'influence de la bière et de l’eau-de-vie sur la santé publique prouvent bien qu'il ne cultiyait pas les sciences seulement pour l’amour de la science, Mais AUSSI pour l'amour de l'humanité.
Gabriel Valentin, né en 1810, fut, après Jean Muller, le plus ancien des physiologistes allemands et qui a donné un grand essor au développement de cette science. Ilest mort en 1883: Il fut nommé professeur de physiologie à Berne, en 1838 avec la circonstance particulière qu’en 1836 il présenta un travail à l'Académie des Sciences de Paris, intitulé : Essai sur l'histoire d'évolution du système musculaire, qui lui valut le Grand Prix de la physiologie expérimentale. Malgré ce témoignage éloquent en faveur de ses grands mérites, sa qualité de juif fut un empêchement pour qu'il occupât une chaire dans une Université allemande, malgré l’intérêt très vif que prit dans cette affaire A. de Humbold. Ce fut la raison pour laquelle sa nomination à l'Université de Berne produisit en Allemagne une grande sensation. Valentin a contribué par des travaux expérimentaux au progrès de toutes les branches de la physiologie. |
Maurice Schiff, né à Francfort en 1823, et mort comme professeur de physiologie à Genève en 1896, se distingua de bonne heure par ses travaux de physiologie du système nerveux. Il étudia d’abord l'influence du système nerveux sur la nutrition,
et fut nommé en 1856 professeur de zoologie à la Faculté de Médecine de Berne, où il s'occupa particulièrement des fonctions de la moelle épinière, du cervelet et de l'influence de l’irritation des sens sur le cerveau. On lui doit aussi des travaux très remarquables sur les fonctions du foie, telles que la formation du glucogène et de la bile,. de même que-sur les fonctions du pancréas et de la rate. Après le rétablissement du royaume d'Italie, le gouvernement de Cavour lui confia une chaire de physiologie à l'Institut des Etudes supérieures de Florence. Là, il fit ses travaux remarquables sur la physiologie de la digestion, qui
furent plus tard publiés en deux volumes par ses élèves, mais il
se heurta aux basses intrigues et à la pitié hypocrite des antivivi-
sectionnistes qui furent cause de ce qu'il quitta sa chaire de Florence pour accepter celle de physiologie à l'Université de Genève.
Salomon Striker, né en Hongrie en 1834 et mort à Vienne en 1898, a fait ses études médicales à Vienne, et après avoir été chef du laboratoire physiologique à la Faculté de Médecine pendant plusieurs années il fut nommé en 1868 professeur et directeur de l'Institut de pathologie expérimentale, et en 1875, membre de l’Académie des Sciences de Vienne, position qu'il occupa jusqu’à sa mort. Il se fit connaître par des travaux originaux très remarquables sur des sujets médicaux et extra-médicaux. Il fit plusieurs découvertes histologiques exposées dans son Traité des tissus de l'homme et des animaux. De plus, il publia . la Pathologie générale des maladies infectieuses en 1886, et un travail sur les maladies nerveuses, en 1891.
* Jules Fano, né à Mantoue, en 1860, a étudié d’abord la physio- Jogie sous la direction du fameux Luciani, professeur de physiologie à l’Institut des Etudes supérieures de Florence, et a fini par lui succéder. Il gagna bientôt une grande réputation dans cette branche de la médecine. Il se fit connaître par ses travaux sur la physiologie du cœur, sur l'électricité animale, sur la physiologie en rapport avec la chimie et la morphologie.
J. Soyka, né en 1833 et mort en 1888, professeur et directeur de l’Institut d'hygiène à l'Université allemande de Prague, fut un des élèves les plus distingués de Pettenkofer et enrichit la littérature médicale par son travail sur Le sol en rapport avec les maladies infectieuses. |
Michel Lévi, né en 1809 et mort en 1872, fut professeur d’hygiène et directeur de l'Ecole de Médecine et de Pharmacie militaire du Val-de-Grâce, directeur du Service sanitaire de l'armée d'Orient pendant la guerre de Crimée. Il est surtout connu par son remarquable ouvrage Trailé d'hygiène publique et privée, , ouvrage qui fut considéré en son temps comme classique, renfermant toutes les connaissances sur l'hygiène de l’époque.
William Winternitz, né en 1835, professeur d’'hydrothérapie à l’Université de Vienne, est le fondateur de l'hydrothérapie scientifique; ses procédés hydrothérapiques sont aujourd’hui reconnus comme classiques et adoptés dans tous les établissements hydrothérapiques de l'Allemagne.
Fernand-Georges Widal, né en 1862, se consacra de bonne heure à l'étude des recherches anatomo-pathologiques et fut chargé du cours de bactériologie à la Faculté de Médecine de Paris. En 1905 il fut nommé médecin de l'hôpital Cochin. Il s’est
l A iL t .
“rendu célèbre par sa méthode extrêmement importante appelée sérodiagnostic de la fièvre typhoïde qui consiste à reconnaitre le bacille d’Eberth au microscope après mélange du sérum du malade à une culture du bacille, jeune en activité, dans la proportion de 1 sur 10. Dans le cas positif, les bacilles ne restent plus isolés et perdent leur morbidité, ils s’agglutinent et se précipitent. Cette méthode, reconnue aujourd’hui comme classique dans toutes les écoles de médecine de l'Europe, est considérée comme la donnée la plus sûre pour le diagnostic de la fièvre typhoiïde.
Quant aux sciences médicales proprement dites, il est bien Connu que‘même à l'époque d’intolérance, aux temps des Croisades et de l’Inquisition en Europe, les Israélites ont fourni des médecins aux sultans, aux rois et aux papes.
Maïmonide fut le médecin de Saladin, sultan d'Egypte.
Abravanel fut le médecin d'Alphonse V, de Portugal, et de Ferdinand [*, de Naples. Elias Montalto fut médecin de Marie de Médicis, reine de France. François-Louis Villalobos fut médecin des rois catholiques et de Charles-Quint. Angelo di Manuele était le médecin du pape Boniface IX et du Conclave. Amatos Lusitanus, un des médecins les plus distingués de l'Italie, qui a décou- Vert les valvures des veines, fut le médecin du pape Jules IIT.
Mais c’est surtout dans le xrxe siècle, lorsque la médecine, ayant cessé d'être une science exclusivement empirique, est devenue une science basée sur des éléments positifs recueillis dans le vaste champ des sciences naturelles, qu’on rencontre une lésion de médecins savants qui ont contribué largement-au progrès des sciences médicales. |
Commençons par Auguste Hirsch. Né en 1817 et mort en 1894, ses connaissances vastes et profondes le firent nommer profes- Seur d'histoire de la Médecine à l'Université de Berlin. Son Traité d'Histoire el de Géographie pathologique, en deux volumes, constitue une œuvre monumentale, tout originale, impérissable, qui sera toujours consultée avec fruit.
Edouard Henoch, né en 1820, était professeur et directeur de la Clinique pour les maladies des enfants à l'hôpital de la Charité de Berlin. Ses ouvrages sur la même matière ont été reconnus comme classiques pendant plus de deux générations. À
Hermann Lebert, né en 1813 et mort en 1878, fut professeur de
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la clinique médicale à l'Hôpital général de Zurich et ensuite à l’Université de Breslau. Il cultiva plusieurs branches des scien-
ces médicales et par ses nombreux travaux sur dés sujets impor-
tants il a fait preuve d’un grand esprit clinique et de connaissances profondes des lois dela vie dans l'état physiologique et pathologique. Ses travaux sur. la tuberculose de même que sur le cancer, basés sur son expérience personnelle et sur les observalions des médecins contemporains ainsi que ses études sur les maladies de la poitrine et de l'estomac, resteront toujours classiques et dignes d’être consultés par les médecins de tous les temps et de tous les pays. :
Robert Renak, né en 1815 et mort en 1869, professeur de mala- :
dies nerveuses à l'Université de Berlin, est très connu par ses travaux sur la structure des nerfs, sur les maladies du cerveau et de la moelle épinière; il a surtout le mérite d'avoir introduit en médecine Japplication des courants continus dans les maladies du système nerveux.
Louis Traube, né en 1818 et mort en 1876, est le tondateur de la
pathologie expérimentale en Allemagne ; il est également le fon-
dateur de la thermométrie en médecine. Ses recherches mémorables sur la digitale et sur la fièvre, sur les maladies des poumons, du cœur et des reins, basées sur une méthode scientifique et expérimentale, ont exercé une influence considérable sur le développement de la médecine moderne en Europe. La ville de Berlin, en reconnaissance; lui fit ériger un monument dans les jardins de l'hôpital de la Charité. RARE | Un des élèves les plus distingués de Traube, c'est Adolphe Baginsky, professeur des maladies des enfants à l'Université de Berlin, qui jouit d’une grande autorité dans cette branche de Ia médecine, non seulement en Allemagne, mais dans toute l'Europe. Grâce à ses efforts et à ceux de Virchow, on a construit à Berlin un hôpital pour les maladies infectieuses des enfants, appelé Hôpital de l'Empereur et de l'Impératrice Frédéric dont il fut nommé le directeur. L'aménagement de cet hôpital qui remplit toutes les exigences de l’hygièné moderne a tellement appelé l'attention publique que le Sultan de Turquie lui fit demander
les plans pour construire un hôpital semblable de maladies des
enfants à Constantinople. De plus, ses efforts constants, pour améliorer le bien-être des enfants au point de vue de l'hygiène et. de la santé, de même que ses nombreux travaux sur les maladies des ‘enfants. ont contribué à perpétuer son nom comme philantrope et comme savant.
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LES GRECS ET LES SÉMITES Ait
Jules Cohnheim, né en 1839 et mort en 1884, fut professeur de pathologie générale et directeur de l’Institut pathologique de Leipzig. Ses recherches sur l’inflammation, sur l’embolie, ses leçons sur la pathologie générale l'ont placé au premier rang parmi les médecins du xrx° siècle. ;
Wilhelm Ebstein, né en 1836, professeur et directeur de la clinique médicale à l’Université de Gœttingen, est très connu par ses méthodes curatives diététiques; de l'obésité, de la goutte et du diabète.
Paul Ehrlich fut d’abord professeur à l’Université de Berlin au Laboratoire pour les maladies infectieuses en même temps que directeur de l’Institut pour l'étude des différents sérums, mais cet Institut ayant été transféré en 1889 à Francfort, il renonça à sa situation universitaire pour rester à la tête de ce Laboratoire. Il a contribué considérablement, de même que Behring, au progrès de la sérothér apie et est très connu dans le monde médical par ses découvertes des Mastzellen et de la diazoréaction dans les % analyses des urines pathologiques. De plus, il'a fait des travaux : très importants sur le besoin d'oxygène de l'organisme, par ses
1 \ méthodes analytiques au moyen des matières colorantes dans | l’histologie et les maladies du sang et par ses travaux sur la détermination de la valeur du sérum antidiphtéritique.
É $ Albert Eulenburg, né en 1840, un des médecins les plus ingé- * nieux et les plus réputés de l'Europe pour les maladies nerveu- À ses, se fit surtout connaître par la publication de son Encyclo- ; | pèdie des sciences médicales, qui tue en cinq ans trois D éditions.
4 Gottlieb Gluge, né en 1813 et mort en 1899, fut nommé profes- 4 seur de physiologie à l'Université de Bruxelles en 1838, et pen- 1 dant de longues années il fut le médecin de la reine de Belgique. à 2 Hermann Senator, né en 1834, professeur et directeur de la
clinique médicale de la Charité de Berlin, est très connu par ses travaux sur l’albuminerie et sur le diabète et par ses nombreuses leçons cliniques. Il est arrivé à jouir d'une réputation u univer- Don selle.
Henri de Bamberger, un des dliniciens les plus distingués du
k xIxe siècle, surtout dans les maladies du cœur et des reins, fut 14 pendant plusieurs années pr ofesseur de médecine à l'Université 4 de Vienne. 4 4 Maurice Benedikt né en 1835, en Hongrie, fit d’abord ses études - littéraires et plus tard médicales à Vienne. Il montra de bonne ,
É: heure une prédilection pour les sciences naturelles et la physi-
que. Plus tard il se consacra à l'étude de la physiologie et de la pathologie du système nerveux dans leurs rapports avec l’électrodynamique. Après avoir terminé ses études médicales à l'Université, il commença par donner des conférences sur l’électrothérapie et la neuropathologie, deux branches de la médecine qu'il contipua à cultiver avec fruit; ses investigations remarquables dans ce domaine lui ont donné une telle autorité qu’en 1868 il fut nommé professeur de neuropathologie à la Faculté de médecine et plus tard il eut l'honneur d’être élu membre correspondant étranger de l’Académie de médecine de Paris et de Rome. Son esprit d'investigateur infatigable le poussa vers un nouveau champ de cultare, l'anthropologie dans ses rapports avec la criminalogie. Les travaux remarquables qu’il publia à ce sujet; Cranométrie,— Cé- - phalométrie, — Etudes anatomiques sur les crânes des criminels, sont traduits en français et en anglais. Il pablia un grand nombre de travaux purement médicaux d'anatomie pathologique et de physiologie du système nerveux. Une de ses dernières publications, qui a été l’objet de critiques diverses, fut son traité sur le Biomécanisme et le Néovitalisme.
César Lombroso, né en 1836, à Vérone, fut professeur de la médecine légale et de psychiatrie, à Turin. Jamais médecin n’a remué de fond en comble commelui, les fondements de la société cimentés par les idées erronées de plusieurs siècles. |
C’est lui le premier, qui a marqué de son doigt la plaie qui rongeait la morale sociale basée sur des conceptions erronées et servant de guide aux législateurs des siècles passés jusqu'à nos jours. C’est lui le premier qui a démontré d'une manière indiscutable par de nombreux faits anatomo-pathologiques, que tous les actes criminels ont leur origine, soit dans une altération de la nutrition ou de la fonction cérébrale, soit dans un état maladif, acquis par hasard ou transmis par la voie héréditaire. Il trouva même qu'il ya un rapport intime entre le génie et la folie. Ses travaux aussi remarquables qu'originaux, tels que « Le Criminel au point de vue anthropologique et médico- légal, » — «Le Criminel politique et les Révolutions » ont fait école. Il est tout naturel que les doctrines de Lombroso, bien que fondées sur des faits solides indiscutables, qui forment aujourd’hui la base de la psychologie morbide, aient trouvé des adversaires redoutables parmi les défenseurs de l’ancien régime qui les considéraient comme la négation du libre arbitre et de la responsabilité civile et morale. Mais cela n’a pas empêché à ses doctrines renfermant un fond de vérité, de faire leur chemin, entrant peu à peu‘dans la mentalité
moderne tant des médecins que des magistrats. Quoi qu’ilensoit,
il est certain que dans les maisons d'aliénés d'autrefois, on assi-
milaitles fous aux criminels, tandis qu'aujourd'hui, on s'habitue peu à peu à considérer la criminalité comme uneaberration mentale et les criminels comme des fous dangereux On est saisi de frisson et d’un sentiment d'horreur lorsqu'on lit la description des auteurs français, anglais et allemands du commencement du xIX° siècle, relative aux asiles d’aliénés et à leur traitement. Les chambres étaient froides, humides et basses de plafond, sans soleil et sans lumière, impossibles d’être chauffées, au point que Férus dans son Traité des aliénés (1834, page 112), les a qualifiés d'un monument de barbarie. Le traitement consistait en des saignées et des douches froides et si les malades ne s’amélioraient pas, on les envoyait à Bicêtre, où il y avait cent cellules pour les agités, chacunes d’elles avait dans le mur une chaîne avec un anneau au bout ; l’eau ruisselait constamment des parois humides. Les surveillants de Bicêtre maltraitaient les agités de manière qu'ils les jetaient par terre en leur mettant le genou sur la poitrine s’ils résistaient, comme si c’étaient des bêtes féroces. (Traité d'aliénalion mentale, par Pinel, page 56, 1801). Grâce à
l'influence de Pinel, le gouvernement français envoya une circu-
laire avec ordre d’évacuer toutes les cellules souterraines destinées tant aux aliénés qu'aux criminels. La chose n'allait pas mieux en Angleterre et en Allemagne: ce qui prouve bien que les législateurs des Etats européens à la fin du xvure siècle étaient encore imbus des idées du moyen-âge, considérant les fous comme des possédés ou des criminels. Heureusement: avec les progrès de la science et le perfectionnement de la raison et du sentiment humains, on a fini par considérer avec Lambroso
la folie comme une maladie cérébrale qui peut être guérie ou
soulagée par des soins physiques et moraux, etpar suiteles Etats se sont imposés le devoir de favoriser la création d’asiles d’aliénés où ceux-ci sont traités avec le respect dû à la personnalité humaine. Il est à espérer qu'avec le temps, nos législateurs changeront leur criterium juridique sur l'homme criminel en l'assimilant plutôt à un malade dont les facultés intellectuelles sont perverties, soit à cause d’un vice organique cérébral, ou soit à la suite du développement d’instincts sauvages dans un milieu malsain ; qu'ils considéreront la criminalité, de même que la folie, comme deux formes distinctes de la dégénération de l'espèce humaine ; et qu’ils finiront par comprendre qu'étant la société qui engendre de même ses fous que ses criminels, c’est à
elle qu'incombe le devoir d’en prévenir les causes en améliorant les conditions d'existence de ces dégénérés. De toutes manières, c'est grâce à Lombroso qui, dans son anthropologie criminelle, a mis en lumière les rapports entre l'organisation physique et les dispositions morales de l’homme et qui a dépensé toute son activité pour donner le branle à ce nouvel ordre d'idées, que l'humanité a fait un grand pas en avant dans la voie du Hi grès de la justice humaine.
Hippolyte Bernheim, professeur de Cane médicale à Nancy, est très connu par ses travaux sur la suggestion et sur l’hÿpnotisme, sur l’application de la suggestion à la thérapeutique. Il fut le premier qui a établi la suggestibilité à l’état de veille sans l’aide de l’hypnotisme. Il s’est distingué dans ces derniers temps par ses travaux et ses vues originales sur l’hystérie et la psychasthéne.
Alexandre na né en 1865, s’est consacré, après avoir fait ses études médicales à Vienne, à l'étude de la bactériologie. En 1894, il se fit connaître par sa publication Essai d’une théorie pathogénique des maladies septiques. Après avoir travaillé à l'Institut Pasteur, il fit connaître le résultat de ses travaux bactériologiques consistant dans la découverte d’un sérum anti-streptococcique et d’un sérum anti-tuberculeux. Ce dernier a donné lieu à des discussions très animées à l’Académie de médecine de Paris, au sein de laquelle il a trouvé un grand nombre de défenseurs. Dans le dernier Congrès de Médecine. français, à Genève, en 1908, les communications qui furent faites par plusieurs médecins à ce sujet, ont confirmé l'efficacité de son sérum antituberculeux. : |
Waldemar Haffkine, né à Odessa en 1860, où il à fait ses études médicales, se rendit ensuite à Genève où il fut nommé professeur agrégé à l'Université dans le laboratoire de physiologie de Schiff. Après, il se rendit à Paris où il travailla à l’Institut Pasteur, étudiant la méthode d’inoculation et d’atténuation du virus. En 1893, il se rendit aux Indes où il fit un grand nombre d'expériences sur l’inoculation des malades avec son sérum antipesteux. À la suite des résultats favorables obtenus, il fut chargé par le gouvernement anglais de l’Inde de diriger une commission nommée pour la vulgarisation de sa méthode d'inoculation dans toutes les provinces de l'Inde où la peste avait sévi.
LES GRECS ET LES SÉMITES 415 À mesure que le progrès des sciences avait agrandi le champ de nos connaissances médicales, la médecine fut obligée de se
diviser en un grand nombre de branches dont chacune constitue
aujourd’hui un domaine indépendant. C’est ainsi que des spécialités diverses se sont créées, qui ne font qu'augmenter de jour en jour. Il y a un grand nombre de savants, d’origine juive, qui ont cultivé avec fruit les différentes branches des sciences médicales.
Dans le domaine de l’ophtalmologie, il y en eut plusieurs de grands mérites : Richard Liebreich, professeur d’ophtalmologie à Londres, à Fhôpital de Saint-Thomas. Il inventa un ophtalmoscope qui est répandu dans toute l'Europe. Il est surtout connu par ses travaux d'optique physiologique.
Jules Sichel fut le médecin le plus populaire parmi les oculistes parisiens dont il fut le maître.
Hermann Cohn, professeur d’ optique à l’Université de Breslau, frère du botaniste de même nom. Il est Surtout Connu par ses photographies du milieu intérieur de l'œil, par ses recherches sur l’hygiène de la vue dans les écoles, basées sur l'examen des yeux de dix mille écoliers, par ses travaux sur la surveillance dans les écoles pour prévenir la myopie chez les enfants.
Rodolphe Berlin, professeur. d’ophtalmologie à Rostock, s’est rendu surtout célèbre par ses travaux d'ophtomologie du cheval
et ceux relatif à l'influence des verres convexes sur la vue excen-
trique.
Dans le domaine de la gastropathologie, il y a un grand nombre de médecins juifs qui ont illustré la littérature de cette branche médicale.
L. Oser, né en 1839, professeur à l’Université de Vienne, futun des premiers qui publièrent des travaux remarquables sur les maladies de l'estomac.
mar Boas, né en 1858, professeur de gastropathologie à l’'Uni-
versité de Berlin. Ses nombreux travaux sur les maladies des
voies digestives lui ont donné une grande célébrité.
Oscar Minkovski, né en 1858, professeur à l'Université de Greifswald, se fit connaître par ses travaux scientifiques sur les maladies des organes digestifs. |
Emmanuel Leven, de Paris, a surtout le mérite d’avoir été le premier qui ait fait des études expérimentales sur le chien pour étudier les fonctions de la digestion sur l'homme, travaux qu'il qu’il a publié en 1879 dans son Traité des maladies de l'estomac, Cerveau et Estomac, la Névrose!
Germain Sée, né en 1818 et mort en 1896, fut un des cliniciens les plus distingués du xix° siècle. Il déploya beaucoup d’activité comme professeur de thérapeutique et de pathologie expérimentale à la Facuité de Médecine de Paris de même que comme membre de l’Académie de Médecine. Il publia de nombreux travaux de pathologie où il montra non seulement une grande
érudition mais aussi un esprit scientifique très profond, tâchant
toujours de baser le diagnostic sur des données physiologiques associées à celles de la clinique et de discuter tous les traitements par un raisonnement scientifique en appuyant sur la physiolologie expérimentale. Bien qu'il ait consacré les dernières années
de sa vie à l'étude des maladies du cœur, il a également contri-
bué au progrès de la gastropathologie. Son travail sur les Dyspepstes est un chef-d'œuvre d'étude clinique basée sur la physiologie et la pathologie expérimentale. À
Max Einhorn, professeur'de maladies des organes digestifs à l’Université de New-York, a acquis surtout une grande célébrité par ses travaux originaux sur la gastropathologie et par l’invention de plusieurs instruments pour éclairer le diagnostic de ces maladies. | | |
Georges Hayem, professeur de thérapeutique à la Faculté de Médecine de Paris, est très connu par ses travaux remarquables sur le sang et sur les différentes branches de la médecine. Il s’est consacré dans ces derniers temps exclésivement à l'étude de la gastropathologie où il fit connaître une méthode spéciale de l’analyse du suc gastrique et des concepts tout à fait originaux Sur la pathogénie de ces maladies.
De même que dans le domaine de la gastropathologie, on trouve également dans celui de la dermatologie des médecins d’origine israélite qui ont contribué largement au progrès de cette branche médicale. C’est surtout l’école de Vienne quien a fourni le plus grand nombre.
Hermann Zeissl, né en 1817 et mort en 1884, professeur de dermatologie et de syphilographie à l’Université de Vienne, a écrit de nombreux ouvrages sur la même branche de la médecine, qui ont été reconnus comme classiques en leur temps.
Maurice Kaposi, né en Hongrie en 1837, succéda à Hébra comme
professeur et président de clinique des maladies de la peau à l'hôpital général de Vienne. Par ses travaux scientifiques sur le lupus et sur les manifestations syphilitiques aux muqueuses
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des voies respiratoires, il a occupé une place très importante parmi les dermatologistes de l'Europe. |
Isidore Neumann, né en 1832, figure comme innovateur par ses concepts pathogéniques plus scientifiques que ceux de ses prédécesseurs sur les maladies de la peau. Il fut nommé professeur de dermatologie en 1881 à l'Université de Vienne. Il profita de ses Connaissances histologiques et microscopiques pour les appliquer à l'étude des maladies de la peau. Son Traité de Dermatologie et de la Syphilis accompagné d’un atlas artistiquement illustré, donnant une reproduction iconographique fidèle des maladies de la peau fut accueilli avec grande faveur dans le monde médical au point d’avoir eu un grand nombré d'éditions et d’avoir été
. traduit dans la plupart des langues vivantes de l'Europe.
Un dermatologiste d’origine israélite qui a- produit presque une révolution par sa nouvelle méthode. thérapeutique des maladies de la peau, c’est Paul-Gerson Unna, de Hambourg. Né en 1850, après avoir fait ses études dans différentes Universités allemandes, il cultiva de préféreuce le champ de la dermatologie, et ayant réussi à découvrir une méthode Spéciale pour la guérison des maladies de la peau, il fonda un hôpital à lui, à Einisbüttel, près de Hambourg, consacré exclusivement à cette spécialité. En 1887, il y ajouta un laboratoire qui est devenu le centre des recherches dermatologiques de l'Allemagne. Il se distingue par une activité
= extraordinaire. Après avoir collaboré à l'Encyclopédie médicale d'Eulembourg, il a publié un traité Sur les maladies de la peau, ayant contribué en plus à enrichir la littérature dermatologique par de nombreuses publications dans différents traités de médecine allemande.
Un autre dermatologiste moderne des plus distingués, c’est
Albert Neïsser, professeur et directeur de la clinique médicale à
Breslau. C’est lui qui a découvert le gonocoque, le microbe
pathogène de la gonorrhée, et basé sur le même principe il a
. établi un traitement local de cette maladie qui est devenu classi-
-. que depuis lors. Il a aussi démontré l'origine tuberculeuse du
lupus et a collaboré au Traité des Maladies de la peau par Ziemssen. | -
Le xix° siècle compte également des hommes remarquables, d'origine juive, qui se sont distingués en jurisprudence, tant en France qu'en Allemagne. Leur nombre fait légion ; nous n’en citerons que les plus connus.
Gustave E. Bédarrides, né en 1817 et mort en 1899, fut président de la Chambre des Requêtes à la Cour de Cassation à Paris. En
118 LES GRECS ET LES SÉMITES plus de ses mérites comme jurisconsulte, il se distingua par ses
hautes qualités morales. A ses funérailles, assistèrent tous les membres de la Cour de cassation en robe. Le premier président
de la Cour et le procureur général tenaient les cordons du poële.
Jassouda Bédarride, né en 1804 et mort en 1882, publia une série de traités sur le Droit commercial comptant 18 volumes, de
plus un Traité du Dol et de la Fraude en matière civile et Commer-
ciale en trois volumes. Il publia également un travail très remarquable sur les Juifs en France, en Italie et en Espagne et un
“ > . , . . . A grand nombre de travaux littéraires sur des questions religieu-