CHAPITRE V
A l'heure actuelle, on peut dire, sans crainte d'être taxé d’exagération, que les greffes d'Ollier-Thiersch rendent des services extrêmement importants. À l'étranger, leur emploi est d'un usage courant depuis déjà longtemps: en France, le mouvement s'est généralisé assez lentement: mais, malgré tout, il semble que les chirurgiens ne font pas appel à ce mode de réparation chirurgicale aussi souvent qu'ils le pour. raient et qu'ils ne tirent pas des greffes tous les avantages que celles-ci peuvent donner.
En réalité, cependant, les cas où elles peuvent être ulilisées sont aujourd'hui très nombreux. Il y a quelques années seulement, les ulcères variqueux et les surfaces bourgeonnantes consécutives à des brûlures étendues et infectées semblaient seuls justiciables de ce mode de traitement chirurgical. Mais les précautions rigoureuses d’asepsie et d'antisepsie ont permis d'étendre, dans des limites considérables, le champ des indications de la greffe d'Ollier-Thierseh et i n'est guère de cas où elles n'aient été employées.
On a d'abord songé à les appliquer pour remplacer Pau toplastie dans les plaies opératoires résultant de l’ablation di cicatrices vicieuses, douloureuses ou saillantes; puis, encou ragés par les résultats favorables obtenus dans ces essais qui étaient autant de succès entre les mains des chirurgien:
connaissant la technique de THIERSCH, Geux-ei ont greffé des pertes de substance cutanée produites par des traumatismes par arrachement ou des plaies résultant de l’ablation de tumeurs volumineuses empêchant la réunion. Dans les cas de tumeurs malignes, sarcomes, épithéliomas, ete., où il faut une ablation dépassant largement le néoplasme, on peut greffer la surface ainsi dépourvue de revêtement cutané. Quelques jours après, la guérison est obtenue, alors qu'il eut fallu des mois entiers pour obtenir la guérison par seconde intention.
Mais il ne s'agissait, dans tous ces cas, que de remplacement de la peau. En 1897, Nové-JosserAND. [292] de Lyon, eut l’idée d'emplover les greffes dermo-épidermiques pour la cure opératoire d’une difformité congénitale, l'hypospadias, pour laquelle on à proposé d'innombrables procédés de cure ‘adicale. I la réalisa d’ailleurs avec succès et créa ainsi une méthode de traitement qui porte aujourd’hui son nom. L'année suivante, en août 1898, TUFFIER pratiqua la même opé- ‘ation, en modifiant légèrement la technique, et obtint un résultat remarquable.
A peu près à la même époque, le même procédé a été appliqué par M. FoRGUE (observation de la thèse d’ARÈNE) [43], simultanément avec un chirurgien américain, R. ABBE [12], à la reconstitution d'un vagin artificiel.
Ainsi, la reconstitution d'un conduit muqueux peut être obtenue par des greffes dermo-épidermiques. On voit donc que le champ des indications des greffes d'Ollier-Thiersch a pris, en quelques années, une extension (très grande qui permet d'espérer de nouveaux succès, même dans les plaies des muqueuses.
Nous allons passer en revue les cas justiciables des greffes d'Ollier-Thierseh en les groupant sous deux chefs
A) Réparalion de plaies cutanées ;
B) Reconstlilution de conduits muqueur.
= VMoee