I. Plaies fraîches et aseptiques
On peut avantageusement transplanter immédiatement des greffes sur des pertes de substance cutanée secondaires à un traumatisme ou à une intervention chirurgicale; on ne gagne rien à attendre le bourgeonnement de ces plaies, sauf dans les cas où elles présentent des endroits anfractueux que les bourgeons charnus viendront combler; ceci, bien entendu, sous la réserve que le blessé ou l’opéré soit en état de supporter l'opération et qu'il n'y ait pas à craindre d'hémorragie secondaire.
Le manuel opératoire est très simplifié. On se contentera de faire l’hémostase par compression avee des tampons baignés de sérum physiologique et, si on n'est pas sûr de l'étai aseptique de la plaie, on fera d'abondants lavages antiseptiques. Pour peu que l’on doute de l'assainissement parfait dé la plaie, on diffèrera la transplantation des lambeaux.
On doit chercher avant tout à avoir une surface plane e: unie pour servir de base aux lambeaux : l’adhérence et l’ar. rangement des greffes en sont beaucoup plus faciles.
Les plaies fraîches ainsi justiciables des greffes d’Ollier Thiersch sont celles qui succèdent :
1° À un traumatisme ;
2° À une auloplastie par la méthode française, indienne ot italienne ;
3° À l’ablation d'une cicatrice vicieuse, exubérante, dou loureuse, adhérente ;
4° A lablation d'un lupus;
9° A l’extirpation d'une tumeur volumineuse ayant nécessité l’ablation de la peau;
6° A l’exérèse d'une néoplasie maligne avant envahi primitivement ou secondairement la peau.
1° Plaies succédant à un traumatisme
Les plaies fraumatiques peuvent absolument être comparées aux plaies opératoires au point de vue des indications de la greffe d'Ollier-Thiersch. Après désinfection soignée, régularisation de la surface cruentée, et lavage abondant à la solution physiologique de sel marin, on pourra avee avantage tenter de réparer de larges pertes de substance cutanée, comme il s’en produit quelquefois à la suite de pressions ou de chocs ayant porté obliquement ét pris l'individu en écharpe.
URBAN [410] relate un certain nombre de pertes de subslance récentes, ainsi restaurées séance tenante par la greffe dermo-épidermique, sous la réserve que le blessé soit en état de supporter l'opération, et qu'il n°v ait pas à craindre d’'hémorragie secondaire, enfin que la plaie se laisse régulariser et assainir parfaitement.
20 Plaies succédant à une autoplastie
J'est à la face, dans les réparations autoplastiques, telles que rhinoplastie, cheiloplastie, génioplastie, blépharoplastie, que la greffe dermo-épidermique pourra rendre le plus de services. Le plus souvent, on laisse la plaie qui résulte de la dissection du lambeau se cicatriser par bourgeonnement. Mais, dans certains cas, lorsque le lambeau atteindra des dimensions trop étendues ou que, de par la région où on l'aura prise, il y aura intérêt à obtenir une cicatrisation rapide, il sera avantageux de greffer la plaie eruente el aseptique. Du même coup, on obtiendra la guérison parallèle de la lésion d’origine et de la perte de substance chirurgicale.
3% Plaies résultant de l'ablation d'une cicatrice vicieuse
On a souvent, à la face et au cou, à supprimer des cica trices vicieuses, exubérantes, douloureuses ou adhérentes. L meilleur procédé consiste à supprimer, en {otalité, le tisst inodulaire rétractile qui les constitue : ici, encore, au lie d’avoir recours à l’autoplastie qui crée une seconde pert de substance, on pourra tenter avec succès la greffe d Thiersch. Au lieu d'une peau résistante et inextensibl comme du euir, on aura une surface unie et blanchâtrn au début, mais qui prendra bientôt les caractères de la peau normale, à peine différenciée de celle des régions voisine par une nuance plus élaire, ainsi que le montre l'observatior suivante :