OBSERVATION IV
Ulcère variqueux. — Greffes d'Ollier-Thiersch (in Thèse de Chevillot [75]).
Auguste Lar……, charcutier, 38 ans, porte des varices assez accusées aux deux jambes, néanmoins il n'avait jamais eu, que parfois le soir, un peu d’œædème des malléoles.
Il y a un an et demi, il se fit à la jambe gauche une légère éraillure qui se cicatrisa pour se reformer quelques mois après ; il traîna ainsi quelque temps sans se soigner, puis se décida, en voyant l’ulcère grandir, à entrer à l'hôpital.
L’ulcère siège à la partie interne de la jambe gauche, vers l’union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs et présente la superficie d'une grande pièce de cinq franes.
Aux alentours, la peau est saine, pas de cicatrices, pas de desquamation, ni d’induration de la peau. On le traite par le repos et on applique en même temps des compresses trempées dans une solution de sublimé à 1 pour 1.000.
Le 1%* février, l’ulcère, au dire du malade, n’a guère diminué, les alentours sont érythémateux ; le pansement, fait tous les deux jours, est taché par un peu de pus ; les compresses de sublimé sont remplacées par de la gaze phéniquée.
Le 6 février, la peau a repris son aspect normal autour de la laie ; plus de trace de pus ; les bourgeons ont bon aspect. Vers à périphérie de l’ulcère, on aperçoit une zone bleuâtre de tissu icatriciel.
Opération. — Le malade est endormi ; la jambe gauche est oigneusement lavée au savon noir, puis touchée avec une solution ’acide phénique à 1/40. Même précaution pour la cuisse sur aquelle on doit prendre des greffes. Grattage complet de la plaie vec la curette de Volkmann et enlèvement de la couche molle & friable des bourgeons charnus : on applique sur la plaie ainsi rattée, un tampon d’ouate hydrophile sortant de la solution phéiquée au quarantième ; ce tampon soigneusement exprimé, est ppliqué sur la plaie jusqu'à hémostase complète,
Pendant ce temps, on enlève avec un bon rasoir, sur la cuisse lu malade, un lambeau dermo-épidermique comprenant le moins le derme possible. Cest à peine si la plaie ainsi produite laisse uinter quelques gouttes de sang. Le lambeau mesure environ ) cent. de long sur 2 de large. On le coupe en deux morceaux ue l'on applique exactement sur lulcère.
On recouvre les greffes d’une feuille d’étain sortant de la soluion phéniquée faible, puis on fait le pansement avec gaze iodoormée, sachets de poudre antiseptique de Lucas-Championmière :t ouate de tourbe bien comprimée par des bandes de farlatane.
On applique sur la cuisse de la gaze iodoformée et de louate le tourbe.
Le premier pansement fait quatre jours après, est absolument, ropre ; Ja greffe adhère sur toute la surface, La plaie de la uisse est sèche. On fait le même pansement sur la greffe.
Trois jours plus tard, la greffe tient bien et a bon aspect dans eus ses points : on continue le même pansement.
Quelques jours après, des frictions légères exercées sur la greffe 1e la fort pas bouger : on se contente de faire un peu de comression ouatée pour protéger la cicatrice.
Le malade pourrait sortir ; mais il attend son bas élastique. ,;a place où se trouvait l’ulcère a absolument l'aspect de la peau lu reste de la jambe.