‹ Les Greffes Dermo-Épidermiques d'Ollier-Thiersch: Historique – Technique Opératoire Indications ThérapeutiquesChapitre 31 sur 41 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

sreffes d'Olier-Thiersch pour arrachement complet du cuir chevelu

{Service de M. le professeur P. Delbet, in Thèse de Pansier [338]).

Mme L.…, âgée de quarante-six ans, entre le 18 septembre 1906, pour un arrachement complet du cuir chevelu.

Elle était accroupie, près d’une machine en mouvement, lorsque sa chevelure fut prise, dans les dents du rouleau de la cercleuse et complètement arrachée avec le cuir chevelu.

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Cet accident se produisit le 6 octobre 1905. Depuis, la malade fut soignée à l'hôpital Boucicaut, pendant six mois. On faisait des pansements secs ; les bords de la plaie étaient touchés à la teinture d'iode. Comme la peau de la paupière supérieure avait été arrachée et que Je globe de l'œil était à nu, la malade vint consulter l'oeuliste. I1 y avait une perforation de la cornée, qui nécessita la suture des paupières du côté droit.

La blessée rentre ensuite salle Chassaignac le 18 septembre

Actuellement, on constate que l’ablation du cuir chevelu est totale. La ligne d’arrachement part d’une horizontale menée immédiatement au-dessus du pavillon de l'oreille et atteignant en arrière la protubérance occipitale externe. La table externe de tous les os de la voute cranienne est mise à nu. On ne peut voir les insertions du muscle temporal dans les mousements de mastication. De plus, en avant et du côté droit, au niveau du globe de l'œil, on aperçoit derrière la paupière supérieure détachée, le globe oculaire qui se met en mouvement chaque fois qu’on demande à la malade de mouvoir ses yeux.

On fait des pansements antiseptiques, et de larges et minces coquilles de la table externe s’éliminent.

Intervention le 17 octobre 1906.

Sur la face antérieure de la cuisse droite, on prend des greffes dermo-épidermiques, suivant la méthode de Thierseh et on les transplante sur le crâne qui a été soigneusement gratté et détergé de ses bourgeons charnus. On réserve le front et les régions pariétales. Pansement quotidien avec des lamelles d’étain.-

23 octobre. — On remplace ces lamelles par des compresses sèches ; les greffes n’ont guère pris que dans la région pariétale gauche et par îlots à la région frontale.

30 octobre. — Pansement à la lanoline et au peroxyde de zine.

Les os du crâne sont à nu par places.

Au commencement de décembre, les urines devenant un peu albumineuses, on met la malade au régime déchloruré.

Les pansements sont continués jusqu'au 17 décembre. À ce moment, les greffes se sont considérablement étendues. Elles recouvrent la région pariétale gauche, sur une surface de 6 centimètres environ et la région frontale sur ? centimètres de hauteur et 3 cen-

timètres de longueur. Le crâne n'est dénudé qu’en un seul endroit, au milieu de la greffe pariétale.

17 décembre 1906. — Deuxième intervention. — Depuis le 17 décembre 1906, pansements tous les deux jours ; peu de progrès.

10 janvier 1907. — On voit que plusieurs greffes de petite dimension sont tombées. Il ÿ a un peu de suppuration malgré des

pansements à l’eau alcoolisée,

A partir du 10 février 1907, à la suite de l'application de vaseline blonde, les greffes de la partie moyenne de la tête s'étendent avec une rapidité surprenante, de sorte que, eh une quinzaine de jours. les régions pariétales sont recouvertes.

15 mars 1907. — Troisième intervention, — On refait des greffes de Thiersch à la partie postérieure de la tête que les anciennes greffes n'avaient pas tendance à recouvrir.

Elles ont très bien pris.

On a remarqué que le régime déchloruré, que l’on avait institué

‘à cause de la rétention chlorurée (commencement d'æœdème des jambes) permettait aux greffes de progresser ; dès que la malade le cessait, les greffes s'arrêtaient et ne progressaient plus.

On à mis la malade au régime déchloruré du 25 décembre au 3 janvier, du 20 février au 28 février, du 7 mars au 28 mars; depuis le 1% avril elle n’a pas cessé ce régime. De temps en temps, on essaie de laisser la tête quelque temps à l'air; mais les eroûtes qui couvrent certains points, semblent alors augmenter et empêcher lépidermisation.

On cesse le mode de traitement pour continuer les pansements à la vaseline blonde qui font merveille, surtout quand la malade est au régime déchloruré.

Au commencement de mai, la tête est presque complètement épidermisée. A peine reste-t-il deux points, à droite et en arrière, dont la tendance à l’épidermisation se manifeste déjà.

La malade quitte le service le 29 mai 4907.

OBSERVATION XX Greffes d'Olier-Thiersch pour scalp complet (Service de M. le professeur P. Delbet, in Thèse de Pansier [338]).

21 octobre 1907. — Entre salle Chassaignac, n° 17, Mlle Marie H..., âgée de vingt-trois ans, bobineuse.

29 avril 1905. — Ses cheveux ont été pris dans une poulie de transmission et tout le cuir chevelu a été enlevé, sauf quelques cheveux au niveau de la région occipitale.

L'accident est survenu à 9 heures du matin. Le cuir chevelu a été retrouvé à 10 h. 1/2 et, deux heures après, après l'avoir savonné et trempé dans le sérum, on tente une réapplication du cuir chevelu à l'hôpital Boucicaut dans le service de M. Chaput. Elle la gardé du mardi au dimanche. On a été obligé de perforer le cuir chevelu, pour vider les collections sous-jacentes. Les paupières supérieures étaient envahies en partie et pendant un mois la malade perdit l’usage de la vue.

Elle est restée un an à Boucicaut ; on lui a fait près de l'oreille de grande greffes de Thiersch, prises sur la cuisse droite (anesthésie à la stovaïine lombaire) : ces greffes n’ont pas pris. Pansements au peroxyde de zinc et à la vaseline.

Depuis le mois d'avril 1906 la peau à repris jusqu’à 2 centimètres au-dessus de la pointe du nez.

Mai 1907. — Erysipèle de la face. Actuellement la peau est enlevée en avant jusqu'à l’aile du nez ; à droite suivant une ligne allant de l'angle supérieur de l'oreille jusqu'à la commissure palpébrale ; à gauche, suivant une ligne allant de l'angle supérieur de l'œil à la partie moyenne de l'oreille; en arrière la région occipitale est en partie respectée.

L’oreille gauche est fixée à la peau à sa partie moyenne ; les yeux sont très élargis ; les paupières supérieures sont presque totalement enlevées La malade dort les yeux ouverts.

Rien dans les autres appareils.

30 octobre 1907. — Opération. — Incision à 5 millimètres au-dessus du rebora orbitaire et parallèlement à lui. La commissure externe s’abaisse. Taille d'un lambeau malaire à pédicule supérieur. Suture du lambeau : deux points de catgut réalisent une blépharéraphie temporaire sans a ivement.

Le lambeau a été taillé un peu court, il ne recouvre pas tout à fait à sa partie interne la surface palpébrale avivée.

45 novembre 1907. — Opération. — Réfection de la paupière droite;comme pour la paupière gauche, le lambeau est un peu court; le pédicule est tracé dans une zone cicatricielle ; sa rotation amène la formation d’un pli supérieur disgracieux. Il reste à la partie interne de la paupière une surface cruentée que l’on se propose de combler avec une greffe de Thierseh. Sphacèle de ce lambeau dans

les jours qui suivent ; cependant la moitié externe environ est coniservée.

25 novembre. — Opération.

On fait des greffes de Thiersch qui recouvrent la moitié antérieure de la voûte cranienne ; deux greffes sur les paupières, une sur la joue droite.

27 janvier. — Opération. 7

Greffes de Thiersch prises sur la cuisse droite et transplantées à la partie postérieure de la calotte ; on comble aussi un petit esipace situé au-dessus de l’arcade sourcillère,.

18 mars. — Opération.

On décolle l'oreille droite et avec des greffes prises à la cuisse droite, on recouvre la face interne du pavillon, ainsi que la grande perte de substance, qui se trouve au-dessus, sur le crâne.

On recouvre aussi deux autres parties à droite. On cherche à abaisser la paupière supérieure gauche en faisant une autoplastie par glissement, mais en vain.

Suture au catgut des deux paupières.

Suture de la plaie frontale.

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