‹ Les Greffes Dermo-Épidermiques d'Ollier-Thiersch: Historique – Technique Opératoire Indications ThérapeutiquesChapitre 35 sur 41 · II. — Vaginoplastie · texte numérisé non relu

II. — Vaginoplastie

Parmi les procédés mis en œuvre pour créer un vagin artificiel permanent, il en est un certain nombre qui sont fatalement voués à l’insuccès, parce qu'ils ne remplissent pas cette condition nécessaire : tapisser d’une muqueuse ou au moins d’une surface épithéliale, la cavité creusée par avivement des tissus entre la vessie et le rectum.

L'autoplastie par lambeaux empruntés à la vulve et à la face interne des cuisses, rattachés par un pédicule et suturés par leur sommet libre dans la profondeur des tissus, a constitué un progrès notable sur les premières méthodes. Mais malgré la simplicité de ce procédé, les résultats ne sont souvent que temporaires et les cas de vrai succès se comptent. Les lambeaux se maintiennent difficilement appliqués sur les parois de la cavité nouvelle qui s’efface peu à peu de la profondeur vers la vulve par suite de la rétraction cicatricielle.

Pour obvier à cet inconvénient capital, plusieurs .chirurgiens, notamment ROBERT ABBE [12], le professeur FORGUE, TUFRFIER [4037, J. ABaDpie [15], ete., ont eu l’idée, après avoir créé un vagin par incision et refoulement de la cloison inter-vésico-rectale, de tapisser avec des greffes dermo-épidermiques, les parois cruentées du conduit néo-formé. Cette transplantation se fait de la façon suivante

On à eu soin de choisir au préalable un ballon eylindrique en caoutchouc, un doigt de gant de fort volume, ou, de préférence, un condom ordinaire, dont le calibre doit être, à peu près, celui du canal vaginal restauré, c’est-à-dire, trois centimètres de largeur sur 10 à 12 centimètres de longueur.

Après avoir soigneusement aseptisé le moule vaginal, vé-

ritable appareil prothétique momentané, on étend sur toute sa longueur, des lanières dermo-épidermiques baignées dans du sérum physiologique tiède. Ces lambeaux seront pris sur une région dépourvue de poils, et devront avoir environ 0,02 centimètres de largeur sur 010 à 0,12 de longueur.

Toute la surface du condom devra être recouverte de greffes qui doivent reposer sur leur face épidermique, présentant au dehors leur face dermique. Pour que cet enveloppement soit plus facile, on aura soin de bourrer le condom ou le doigt de gant, de gaze iodoformée et d’ouate, pour le transformer en un tube rigide et souple à la fois.

Une fois le condom ainsi préparé, il ne reste plus qu’à l’introduire dans la cavité vaginale superficielle. Celle-ci est largement dilatée au moyen de valves ; le porte-greffes est poussé avec précaution jusqu'au fond du vagin, puis les valves sont retirées, laissant après elles toutes les parois cruentées du nouveau conduit, s'appliquer étroitement sur la surface cruentée des lambeaux dermo-épidermiques.

Le condom sera maintenu en place au moyen de deux points de suture jetés sur son extrémité vulvaire et fixés sur les grandes lèvres. Un large pansement est appliqué sur la vulve, les jambes attachées et la malade transportée dans sont lit, constipée pendant huit jours,doit rester dans le décubitus dorsal jusqu'au premier pansement.

Cinq ou six jours après, le condom est retiré lentement et le vagin néo-formé, ainsi lapissé dans toute son étendue de greffes d’Ollier-Thiersch parfaitement adhérentes, n'attend plus qu'une dilatation progressive, pour rester béant et perméable.

Roux, de Lausanne, dans deux cas d'absence de vagin, a réussi à tapisser le néo-vagin à l’aide de la muqueuse des petites lèvres disséquées et retournées.

Voici les deux observations du professeur ForGuE et de

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