‹ Les Greffes Dermo-Épidermiques d'Ollier-Thiersch: Historique – Technique Opératoire Indications ThérapeutiquesChapitre 8 sur 41 · ENT · texte numérisé non relu

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l'Europe entière par presque tous les chirurgiens Rouce [344], en Suisse; Porcocx [312], Lawson [225], FERGUSON, H. SÉE, HoLMES, Cowper, BRYANT [22], J. Sutra, Fippes [130], NicHoLsoN, PAGE [314], N. DoBson [90], W. Cozson [70], GizzesPie [147], Wicson [417], WaTsoN [422], Hicxs [175], BarLow [20], Gone [148], DurHam [91], J. Bracey [21], STeee [367], WaARRINGTON [421], G. MAczeoD [248], Woop [419], en Angleterre; CZERNY [69], Hormozr [179], à Vienne; Tacenrro [391], à Kiew; HeiBerG, de Christiania; ScauLrz |{369], de Berlin; LINDEN- BAUM [228], BAUKÉ, TanowiTscH-ToHaINskI [392], à Moscou; MESTERTON [250], à Upsal; PERRASsSI [313], ALBA- NÈSE [1], AMaBize [2], PEeLzizart et CoRRaACTI, en Italie; HowARD [178], HoDGEN [177], en Amérique, etc.

srâce à cette activité, les modifications furent nombreuses. Au lieu de prendre les lambeaux sur le vivant, quelques-uns utilisèrent l’épiderme de membres amputés P. AUBERT, de Lyon, H. STt-BARTHÉLÉMY, HoFMoLKk. PRU- DHOMME (Th. de Colrat) employa de l’épiderme pris sur des cadavres immédiatement après la mort. D’autres enfin, empruntèrent les greffes à un autre sujet vivant, et non point au malade lui-même : N. DoBson, LAROYENNE, à Lyon. (Th. de Colrat).

Voyant le succès de cette greffe épidermique, deux chirurgiens anglais, FipbEs [130] et Nacy Asx [285], imaginèrent la greffe cornée.

Ils se proposaient de hâter la cicatrisation en semant la plaie d'écailles épidermiques obtenues par le râclage de la peau et détachées sans qu'on eût un suintement sanguin, simple semis de cellules empruntées à l’épiderme humain.

« Il n’est pas du tout indispensable, dit Frppes, d'imposer au patient la peine de lui emprunter un lambeau de peau saine, pour la transporter sur les granulations. Tout ce qu’il est nécessaire de faire, c'est, avec un rasoir, ou un long bistouri, de gratter des lames épidermiques, sur la face externe

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de l’avant-bras ou de la cuisse, puis de les placer sur les bourgeons charnus de bonne nature. Ces lamelles épidermiques sont maintenues en place pendant quelques jours, au moyen d'un onguent quelconque; les granulations sur lesquelles on les avait déposeés prennent alors une coloration bleue qui s'avance peu à peu à la rencontre des bords de l’ulcère. » |

Nacy Asx, s'exprime à peu près dans les mêmes termes, mais il recommande d'enlever d’abord les cellules superficielles de l’épiderme, pour n'employer que la couche profonde : « À mon avis, les écailles épidermiques doivent être prises sur une peau saine de laquelle on a enlevé primitivemnent les cellules cornées, de telle manière que les noyaux qu'elles contiennent puissent prendre racine avant d’avoir eu le temps de perdre leur peu de vie. »

Telle n’est pas l'opinion de STUDER, assistant de HODGEN, au Saint-Louis City Hospital (New-York), ni celle de Bri- BAGH qui déclarent que les lames sèches de tissu corné, la mince rognure détachée d’un cor au pied, jouissent d'une activité plus grande qu’un lambeau épidermique.

Cette méthode ne pouvait évidemment rien donner, les écailles épidermiques superficielles étant formées de cellules mortes qui ne peuvent se greffer.

PozLock [312] fut le premier qui s’écarta de la règle établie par J. REVERDIN. A l'aide du bistouri, il faisait une petite incision dans un point de la surface bourgeonnante, puis, dans cette incision, il insérait ses greffes.

J. REVERDIN, appréciant cette méthode, dit que les îlots mettent plus de temps à se développer, et qu'il faut la réserver pour les bourgeons charnus de mauvaise nature.

M. Guipon [149] l’a mise en pratique, mais en employant des lambeaux plus épais : « Les greffes ont parfaitement réussi el la cicatrice a conservé la souplesse et l’extensibilité désirables. »

DurHam [91] au lieu de transporter sur la plaie des lam-

beaux complètement détachés, les prend sur les bords auxquels ils restent adhérents par un point: cela fait, il leur fait exécuter un déplacement par lequel ils sont tournés vers le centre de lulcère ; ee n’est plus de la greffe, c’est une sorte dautoplastie en petit, avec cette différence que les pelits lambeaux deviennent des centres de cicatrisation. »

En 1872, paraissent encore d'autres travaux. Signalons les thèses de Bourier [23], de Bouregois [25] et de BERGARU [24]; la communication de Coze [68] sur les greffes cutanées; un article de De Wecker [424] dans les Annales d'oculistique et un autre de Fozer [131} de Lille, publié dans le Bulletin médical du Nord de la France.

La même année, MARDUEL [252] envisage la question des greffes cutanées dans le Lyon Médical: il examine toutes les modifications déjà apportées à la greffe primitive de J. ReveRDIN el en donne une bonne classification. Les greffes sont prises sur l’homme ou empruntées à un animal. Les greffes humaines se divisent en greffes cutanées et en greffes muqueuses ; les greffes cutanées, de beaucoup les plus importantes comprennent : les greffes cornées, les greffes 6pidermiques, les greffes dermo-épidermiques et les greffes culanées totales.

Enfin, HerrGorT [180] revient de nouveau sur la queslion dans la Gazette Médicale de Strasbourg.

Mais, tous ces auteurs opéraient d’après la méthode de REVERDIN: disons, en quelques mots, en quoi consiste ce procédé

Le Jambeau sera pris à la face interne de la jambe: il sera nécessaire de bien tendre la peau sur la face cutanée du tibia; on se servira de préférence de la lancette à saignée, et la pointe entamera légèrement l’épiderme. La pointe de l'instrument sera en quelque sorte enfoncée à fleur de peau parallèlement à l'os et, en détachant un pelit copeau épidermique de quelques millimètres, on ira ressortir à quelques millimètres plus loin. En continuant à pousser,

dit J. REVERDIN, le petit lambeau achève de se couper sur les bords de l'instrument. La lancette est chargée de la greffe, on la porte sur les bourgeons charnus sur lesquels on fait glisser le lambeau avec la pointe d'une épingle. Ce dernier élant ainsi en rapport avec les bourgeons par sa face profonde, on s'assure qu'aucun de ses bords n’est enroulé ; on a détaché ainsi l’épiderme avec sa couche de Malpighi et le sommet des papilles, c'est ce que démontre l'apparition d’une rosée sanguinolente et la formation d’une petite croûte de sang.

Le nombre des îlots ainsi transportés est naturellement variable suivant l'étendue de la plaie. Généralement, on en mettra quinze ou vingt de façon à laisser peu de place entre les greffes. Au bout de peu de temps, la greffe prend l'aspect d’une tache laiteuse, elle s'agrandit les jours suivants en prenant tous les caractères d’un îlot épidermique. Son extension est lente, elle se développe progressivement, mais ne dépasse pas les dimensions d'une pièce de un france; d’où la nécessité d'en appliquer un grand nombre. Il faut remarquer que les greffes placées près du bord de la plaie se développent plutôt du côté du bord que du côté de la partie centrale ; aussi, lorsque ce greffage est fait en plusieurs séances, doit-on commencer par la périphérie, le centre sera couvert dans les séances postérieures.

Par ce procédé, on hâlait assurément la formation de la cicatrice, mais celle-ci gardait sa rétractilité, ce qui s’expliquait par ce fait que c'était du tissu cicatriciel et non de la peau qui la recouvrait.

« Sous les greffes épidermiques, dit M. OLLIER, le tissu propre de la cicatrice se comporte comme dans tous les cas où il s’est formé naturellement; il a la même rétractilité et, par conséquent, les mêmes inconvénients au point de vue chirurgical. »

En outre, beaucoup de greffes échouaient parce que la lancette avait un désavantage : il faut, en effet, relever suc-

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cossivement chacun des bords pour détacher les deux extrémités du pont résultant de la ponetion, et il arrive que le premier bord relevé se recroqueville dans ce mouvement, Sans doute, J. REVERDIN emploie une sorte de cuillère poinlue, de forme losangique, sur la face concave de laquelle le petit lambeau se charge; mais, néanmoins, un certain nombre de greffes est suivi d'échecs. Enfin, la nécessité de transplanter un grand nombre de greffes, l’insuceès d’une partie d'entre elles en font un procédé de lenteur.

C'est pour obvier à ces inconvénients que, dès 1872, OLLIER [301], le grand chirurgien Ivonnais, avait apporté une modification très heureuse au procédé primitif : au lieu de simples îlots épidermiques, il imagina de recouvrir de lambeaux cutanés toute la surface de la plaie et constilua ainsi la greffe dermo-épidermique à grands lambeaux.

« En fransplantant de larges lambeaux cutanés et en les « multipliant, je puis, nous dit OLLIER recouvrir, en une seule « séance, la plus grande étendue de la surface d'une plaie, « et Ja guérison a lieu par un processus tout autre que dans « les greffes appliquées jusqu'ici. » Il ne cherche pas à créer des centres multiples d'épidermisation, mais il veul substituer à la pellicule fragile des cicatrices ordinaires, un vrai morceau de peau normale, épaisse, résistante, non rétractile, et qui n'offre pas la tendance à lulcération nouvelle que montrent les cicatrices obtenues par le procédé de REVERDIN.

Voici, en quelques mots, le procédé d'OLLIER. La peau est tendue avec les doigts et, avec un ancien couteau à calaracle où un bistouri, introduit dans la portion superficielle du derme, auquel on imprime un rapide mouvement de va et vient, on enlève des lambeaux de dix à quinze centimètres de long sur un, deux et trois centimètres de large. Une fois enlevées, on étale bien ces lanières épidermiques sur les bourgeons charnus et on les maintient ensuite, soil

avec des bandes de diachylon, soit avec des morceaux de protective recouverts d’ouate maintenue par une bande. Lorsque la greffe réussit, ce résultat est parfait.

J. BoEcKEL [29], de Strasbourg, qui a employé ce procédé dans plusieurs circonstances, déclare en avoir retiré d’excellents résultats. Déjà, en 1872, il écrivait que les greffes de d. REVERDIN étaient bien inférieures à celles du chirurgien de Lyon. En effet, dans les greffes à grands lambeaux, les accidents des cicatrices ne sont plus à craindre. Il n'y a pas de rétraction, la plaie est recouverte par une peau aussi souple, aussi solide et résistante qu’une peau normale.

Outre BoëcKkEL, OLLIER eut de nombreux imitateurs. En France, BRoGA, DUBREUIL; en Angleterre, POLLOCK et HOLMES employèrent également cette méthode. En Allemagne, ILLING; à Vienne, SICHEL, WECKER, firent paraître des travaux sur la méthode d'OLLIER qu'ils avaient employée.

Enfin, pour augmenter encore le bénéfice donné par les greffes, on essaya de transporter sur les plaies des lambeaux de peau comprenant toute l'épaisseur de la peau et, par conséquent, tous ses éléments : c’est la greffe cutanée totale.

Renouvelée des pratiques de l’Inde et bien qu'elle porte en Angleterre le nom de WoLre, c’est, en réalité, à Le Fort qu'on doit de l'avoir reprise et d'en avoir indiqué la technique et les conditions de succès.

Celui-ci, dès 1870, avait préconisé ce mode de greffe. Sa première opération, destinée à corriger un ectropion cicatriciel, ne réussit pas; mais, deux ans plus tard [229], il recommençail, en ayant le soin d'enlever le tissu graisseux sous-cutané et il oblenait un succès complet.

OLLIER [502],en 1872,guérit une syndactylie par cette méthode et SicHEL [372], en 1875, présenta à la Société de Chirurgie de Paris, deux malades guéris d'un ectropion par ce procédé. Des faits du même genre furent fournis par PANAS [324] et Le DENTU.

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Ces faits passèrent inaperçus et c’est Juzrus Wozre [426], de Glasgow, qui refit la découverte de cette méthode et, en 1875, publia une note avec deux observations. C’est lui qui, le premier, en a précisé la technique opératoire.

VON EsmarCH [119] l’employa et Hanx [190] dans sa thèse de Kiel (1880), en rapporte 13 cas.

Ceci [76}, ReparD publièrent encore quelques observations isolées.

En 1893, Krause [217] étudie de nouveau la question et il publie de si importants travaux à ce sujet que de nombreux auteurs ont attaché son nom à la méthode. Il praliqua 47 fois cette opération.

A la suite de KRAUSE, d'excellents résultats furent obtenus par MiKuLiCz [271], de Breelau, par NieE et par Hirscx- BERG. LANG [243] à employé la méthode dans douze cas de lupus, avec deux insuccès. Après celà, quelques rares observalions : CHAUSSY [87] publie un cas d'ulcère de jambe guéri et Morax [277] un cas de blépharoplastie.

Malgré la publication de {ous ces travaux, cette méthode de transplantation n'a jamais été bien répandue, parce qu'elle ne se prête guère à la transplantation des grands lambeaux, bien qu'elle puisse être particulièrement ‘utile pour les restaurations de la face, des paupières, des lèvres, etc. Toutefois, le professeur W. DUBREUILH et ses élèves, MoriN [279] et Noez [300], ont essayé de la faire revivre et, tout récemment, MM. DuBrEuILH et NoEL [117] ont publié, dans la Revue de Chirurgie, un travail sur ce mode de greffes, suivi de succès dans les onze observations rapportées.

Presque en même temps, Tizox [4087 en faisait le sujet de sa thèse inaugurale.

Pour en revenir à la greffe à grands lambeaux dermoépidermiques, il faut bien reconnaître que, malgré les grands progrès réalisés par la méhtode d'Orrrer, les succès

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n'étaient pas constants et elle donnait encore quelques échecs. Très souvent, les greffes se recroquevillaient et tombaient; d'autrefois, après une période de réussite apparente, on les voyait se flétrir au bout de quelque temps et finir par tomber. Il y avait sans doute une cause à ces insuccès.

Dès 1874, Taierscx [393], de Leipzig, fut amené à attribuer les insuccès à la rétraction de la couche bourgeonnante qui continue à s’opérer pendant la cicatrisation superficielle, obstruant ainsi les capillaires et privant la greffe des éléments nécessaires à la vie. Il les attribuait aussi aux hémorragies et aux exsudats qui se collectent à la surface des bourgeons, sous les lamelles transplantées et les décollent.

Or, si l’on considère une surface bourgeonnante, on y voit les vaisseaux disposés suivant deux couches : l’une profonde, à réseaux vasculaires horizontaux, l’autre superficielle, qui constitue les bourgeons charnus et dont les capillaires sont perpendiculaires aux mailles sous-jacentes. THIERSCH affirme que le danger des hémorragies vient de cette couche que respectait OLLIER. Quelle conclusion en tirer ? Qu'il fallait d'abord détruire et cureter les bourgeons charnus et n’appliquer les greffes que sur la surface cruentée sous-jacente. Telle fut, en effet, la méthode que THreRsCH mit en pratique en 1885.

Si THIERSCH à, le premier, signalé et pratiqué l'ablation des bourgeons charnus, nous devons dire que quelques tentatives de ce genre furent faites avant lui. Nous avons déjà dit que PozLock, en 1870, incisait le ou les bourgeons charnus sur lesquels il appliquait la greffe.

PoLLock, lui-même, avait eu un précurseur. Dans le New- York medical Gazette (1870), le docteur HamizroN fait une communication dans laquelle il relate que déjà, en 1854, il avait transplanté un lambeau cutané pris sur un autre membre du malade. Il eut soin, au préalable, de préparer la plaie en enlevant les bourgeons charnus: il a done été le premier à pratiquer l’ablation des bourgeons.

Néanmoins, THIeRsoH peut être considéré comme l'inventeur de cette modification heureuse, car il à montré, le premier, que les greffes ne réussissaient qu'après la destruction préalable de la couche superficielle des bourgeons charnus et il fit une nécessité de gratter à la curette cette couche superficielle. En outre, il diminua beaucoup l'épaisseur des lambeaux qu'il réduisit à l'épiderme et à la partie du derme d’où émergent les papilles, seule partie utile à leur vitalité; enfin, il insista sur la nécessité de recouvrir complètement la surface à greffer avec les lambeaux réparateurs, en imbriquant même légèrement leurs bords. C’est à lui que revient l'honneur d’avoir vulgarisé un des points les plus importants de la réussite des greffes, d'en avoir fixé la technique et d’avoir fait entrer dans la pratique l’opération d'OLLIER.

Telle est, en substance, la méthode des greffes dermo-épidermiques à laquelle OLLIER et THierRscH ont attaché leurs noms; le premier, en effectuant le greffage de grands lambeaux cutanés, le second en préconisant le râclage des bourgeons charnus, cause principale des insuccès. Il est done juste d'associer leurs deux noms et de désigner le procédé sous le nom d'OLLIER-THIERSCH; c’est du reste ainsi qu'il est communément désigné par les chirurgiens français, tandis que les chirurgiens d’Outre-Rhin oublient généralement de citer le nom du grand chirurgien lyonnais et parlent simplement du procédé de THIERSCH.

La méthode était donc créée et, depuis ce moment, ont paru, pendant quelques années, un petit nombre de travaux sur ce sujet, sans toutefois lui apporter aucune modification importante.

Nous signalerons, parmi les plus importants : en 1876, la thèse d'ARMaIGNAC [3]; en 1878, une note de M. E. Maurez [254], à la Société de biologie, sur les greffes dermoépidermiques dans les différentes races humaines. Dans

cette note, l’auteur en arrive, de par son expérimentation personnelle, aux conclusions suivantes :

« 1° Pour obtenir une greffe dermo-épidermique pigmentée, il faut remplir ces deux conditions : qu'elle soit prise sur un sujet pigmenté et qu’elle soit transportée sur un sujet également pigmenté ;

« 2° Ce n'est pas là une question de races, puisque les greffes prises sur des noirs et transportées sur des Hindous à teint foncé, conservent indéfiniment leur coloration, et qu'il en est de même quand on procède en sens inverse ;

« 3° Mais, même dans ces deux cas, la pigmentation ne s'étend que de 5 millimètres environ de chaque côté. Au delà, elle devient moins foncée, et ensuite elle disparaît;

« 4° Les greffes prises sur les blancs et transportées sur des races colorées conservent leur couleur blanche si la cicatrice est assez large. Dans le cas contraire, la greffe est envahie par la pigmentation qui arrive par les bords de la plaie. »

En 1880, paraît, à Montpellier, la thèse de LAUTRÉ [251 ; en 1881, un article de Cx. Monop [256] dans la Thérapeutique contemporaine, sur les greffes cutanées autoplastiques; en 1882, la thèse de Bozzrer [34], qui étudie les applications de la greffe cutanée à la chirurgie oculaire et, en 1885, une communication de Roux [348] à la Société Vaudoise, sur l'emploi des greffes dans le traitement du lupus.

Ce n’est qu'en 1886 que nous trouvons de nouveaux travaux originaux sur la question.

Cette année là, THierscH [394] fait une communication sur les greffes épidermiques, au XV° Congrès de la Société allemande de chirurgie; il indique sa technique opératoire, en insistant de nouveau sur deux points importants : enlever les tissus fongueux de la plaie, gratter la plaie avant de la greffer; en second lieu, ne pas employer d’antiseptiques.

RarHeY [349] fait également une communication à la Société de Médecine de Berlin (23 juin 1886) : il dit qu'il n'a pu greffer des lambeaux pris sur le corps de personnes qui venaient de mourir, non plus que des lambeaux pris sur des membres amputés immédiatement avant. Le mieux, pour lui, est de prendre des lambeaux sur la cuisse ou sur le bras du malade lui-même.

En France, DuBousquer-LaBorDeriE [95] fait une communication à la Société de Biologie où il rapporte l’observalion d'un malade atteint de deux brûlures siégeant au niveau du pied. Sur l'une d’entre elles, il greffa des fragments de peau de grenouille; sur l'autre, il greffa des lambeaux épidermiques pris sur le malade. Ces deux greffes furent suivies de succès et l'auteur constate que la cicatrisation de la brûlure qui avait reçu les greffes de peau de grenouille fut plus rapide que l’autre. On nous permettra de nous étonner de ce résultat.

£n 1887, nous trouvons, dans les différents périodiques français de cette année, un article de M. Rocer [350] dans la Province Médicale, sur les différentes greffes dans la répa- ‘ation des pertes de substance et deux communications de MM. DuBousQquEeT-LABORDERIE et BARATOUX [96]. Le premier de ces auteurs communique seul à l’Académie de médecine de Paris le 22 mars; en collaboration avec M. BARATOUX, il communique au Congrès international des Sciences médicales de Washington.

Leurs conclusions sont les suivantes : tout d’abord ils préférent employer la peau de grenouille plutôt que la greffe de Thiersch, et dans ce cas ils recommandent l'emploi d’antiseptiques, disant même textuellement : faire soi-même les premiers pansements qui seront rigoureusement antiseptiques. Nous verrons plus loin, ce qu'il faut penser de l'emploi des antiseptiques.

La même année paraissent les travaux de RANkING [351), VINCENT [413], Esror [120j, GRANGE {152} et Kirrac [212] sur les greffes animales.

A l'étranger, paraissent aussi à la même époque quelques travaux importants : celui d'EVERSBURG [121] sur l'emploi des greffes épidermiques dans les opérations plastiques; celui de J. BELL [35] sur le traitement des ulcères par la transplantation de larges pièces épidermiques suivant le procédé de Thiersch; celui de SGHAEFER [375] qui revient aussi sur la question dans le British medical Journal; enfin la thèse de SCHLAYER [376] sur l'emploi des greffes de Thiersch dans le traitement des ulcères des jambes.

En 1888, paraît dans la Semaine médicale un article de HEYDENREICH |191}, de Nancy, sur la greffe de Thiersch, article qui résume magistralement le manuel opératoire de la greffe; et un autre de DELAGENIÈRE [99] dans la Gazette des Hôpitaux sur les greffes cutanées et épidermiques dans le traitement des plaies ulcérées.

La même année, M. CH. Moxop [260] rapporte à la Société de chirurgie de Paris (28 mars 1888), un cas de greïfe épidermique de Thiersch. Il à appliqué les greffes sous forme de bandelettes très étendues et aussi minces que possible, imitant en cela la conduite de Socin, de Bâle.

M. le professeur Pozzr [323] a vu les meilleurs résultats de cette méthode dans le service de THIERSCH qu'il a eu l’occasion de visiter. Il insiste à nouveau sur ce fait, qu'il faut racler très soigneusement les bourgeons et ne laver l'épiderme transplanté qu'à l’eau salée pour épargner la vitalité des éléments épidermiques.

En Allemagne, THierscn [395] fait paraître un article important dans le Zentralblatt für Chirurgie; mais le travail capital paru cette année est le mémoire de PLESSING [322] élève de Thiersch. Ce travail contient un résumé de quarante observations prises à la Clinique de THIERSCH. Dans ces ob-

servalions, les greffes ont été appliquées cinq fois sur des plaies résultant de brûlures ou faites par des caustiques et arrivées à la période de bourgeonnement; sept fois il s'agissait d’ulcères de jambe, vingt-et-une fois de plaies opératoires fraiches ou bourgeonnantes en forme de gouttières et consécutives à des ablations de séquestre. Sur ce total de quarante cas, la greffe a été pratiquée 78 fois, 17 fois sur des plaies fraîches, 61 fois sur des plaies bourgeonnantes préalablement raclées; 58 fois le succès a été à peu près immédiatement complet, 12 fois il a été partiel; 8 fois seulement la greffe n'a pas réussi et l’opération a dû être répétée.

Signalons encore les travaux de moindre importance de Hügscaer [194], de KarG [214], de Von Hacker [192] et la thèse de LAYET [232] sur la greffe épidermique.

En 1889, on agite de nouveau la question à la Société de chirurgie de Paris.

A la séance du 5 janvier, M. CH. Moxop [261] présente un malade âgé de 45 ans, opéré le 20 décembre 1888, chez lequel il a obtenu la guérison rapide d'un ulcère à la jambe à l’aide de larges et longs lambeaux épidermiques empruntés à la cuisse du malade par le procédé de Thiersch.

A la séance du 11 décembre, M. JALAGUIER [205] présente un petit malade auquel il à guéri, en 15 jours, une vaste plaie du dos au moyen de greffes dermo-épidermiques de Thiersch, taillées au rasoir sur la cuisse du même malade. Il communique aussi l'observation d'un autre malade qui était porteur de vastes et profondes brûlures au cou, à l'épaule et à tout le membre supérieur droit.

M. le professeur BERGRR lui objecte que la cicatrice est belle, mais ce n’est qu'une cicatrice formée de tissu fibreux.

D'après lui, la greffe de Thiersch ne donne rien qui rappelle une réparation cutanée.

M. ze Fort [234] appuie le dire de l’auteur précédent, car ces deux chirurgiens préconisent leur méthode des lambeaux

cutanés. Au contraire, MM. QUÉNU [340] et BRUN trouvent satisfaisant le résultat de M. Jalaguier.

M. Le DENTU [235] pense de son côté que les grands lambeaux nécessaires aux autoplasties sont parfois dangereux et que l'énorme perte de substance qu'ils nécessitent pour boucher la première peut être une cause de fatigue considérable, comme il l'a observé lui-même. Il croit que chez un sujet âgé, les greffes dermo-épidermiques seraient préférables.

HEYDENREICH [193] fait une communication au IVe Congrès français de chirurgie dans laquelle il rapporte deux observalions. Il émet quelques considérations sur les greffes, les trouvant beaucoup plus avantageuses que la méthode italienne qui échoue inévitablement si le malade est indocile. En outre, il emploie les antiseptiques, solutions phéniquées faibles, que THIERSCH considère comme nuisibles à la greffe. Enfin il ne taille que des lambeaux épidermiques et non de profondes lanières dermo-épidermiques comme Thiersch.

Au même Congrès, OLLIER [305] insiste sur la question; il a revu, fait très important, des malades opérés 12 à 15 ans auparavant et il a pu constater que les greffes avaient conservé tous leurs caractères, leur épaisseur et jusqu'à leurs glandes et leurs poils.

Les greffes d'Ollier-Thiersch inspirèrent aussi deux thèses au cours de cette année, celles de CHEVILLOT [75] et de THiERRY [397] qui traitent toutes deux des applications de la greffe dermo-épidermique au traitement des ulcères trophiques et variqueux. Dans le Journal des Sciences médicales de Lille, nous trouvons un article de BERTHELIN [39] rapportant deux guérisons par ce procédé.

A l'étranger, nous trouvons dans le périodique chirurgical de Tübingen, une étude histologique remarquable de GARRÉ [156], sur la greffe de Thiersch, étude que les travaux ultérieurs ont peu modifiée.

A la Société Império-Royale des médecins de Vienne,

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EISELSBERG [122] présente, le 25 mai 1889, plusieurs cas de greffes cutanées par le procédé de Thiersch. Contrairement à THIERSCH, EISELSBERG emploie des antiseptiques. HEYDEN- REICH nous l'avons vu, était aussi de cet avis, mais tandis qu'il employait une solution phéniquée faible, EISELSBERG emploie le sublimé. Il dispose des lambeaux transversaux sous forme de tuile,les recouvre de gutta-percha et d’un pansement compressif. De son côté, FRANKE [137] rapporte une observation dans le Deutsche medizinische Wochenschrift.

Signalons encore la thèse de. KNAUER [215] de l’Université de Wurtzbourg et un article de NAGEL [289].

En 1890, nous ne trouvons aucune discussion, ni aucune présentation dans les Sociétés savantes françaises ; nous devons signaler toutefois la thèse d'AMoRIN [6] sur la restauration des paupières par les greffes cutanées et celle de Max- CEAUX |262] sur les greffes dermo-épidermiques par la méthode de Thiersch plus particulièrement appliquées à la guérison des difformilés cicatricielles.

Nous relevons aussi dans le Journal de médecine et de chisurgie de Bruxelles, un travail d'HeNprix [195] sur le même sujet.

Dans les périodiques étrangers, nous relevons le travail important de D;ArsGHINSKO [1027 sur le processus histologique des greffes, celui de Von HaAckER [196] sur quelques cas d'ulcères traités par les greffes, celui de Broxz [42] sur la cure de la syndactylie par les greffes de Thiersch, et enfin ceux moins importants de Vox Boxsporr [43], de Mac BuR- NEY [41] et de THoniN [398].

En 1891, comme l’année précédente, il y a peu de communications sur le sujet ; pas d'innovation importante à la méthode. À noter cependant la thèse de Baur [44] sur le traitement du lupus par les greffes dermo-épidermiques; un travail sur le même sujet, par CasrTex [77]; un article de Du- BAR [104] dans le Bulletin médical du Nord et un autre de Panas [324] préconisant l'emploi de la greffe cutanée pour

De

la restauration de l’ectropion. Nous mentionnerons encore la thèse de Ducroquer [103] qui étudie et compare la méthode italienne modifiée et la méthode d'Ollier-Thiersch, en concluant que celle-ci est inférieure à la méthode ilalienne modifiée qui doit être préférée dans tous les cas où elle est apphcable.

Cette même année, nous avons encore la thèse de No- GUÉ [290] sur l'emploi des greffes dermo-épidermiques dans le traitement des ulcères de jambe. Nous en citons les prineipales conclusions, parce qu'elles nous ont paru un peu en contradiction avec les opinions courantes d'alors

« 1° Il est possible, grâce à la cocaïne, d° recouvrir en peu de jours, par une série d'opérations sans douleur ni gravité, des ulcères même très étendus.

2° On peut, grâce à une préparation préalable de la plaie et à l'emploi direct des antiseptiques sur les greffes, compter sur des succès pour ainsi dire constants.

3° Il y a tout avantage à tailler des lambeaux dermo-épidermiques très épais, sans toutefois qu'ils comprennent toute la peau, et très larges, à les placer bien au contact les uns des autres, pour que toute la surface de l'ulcère soit recouverte d'un tissu nouveau. »

Or, jusque là, la plupart des chirurgiens font des greffes en une seule séance toutes les fois que la plaie à recouvrir n'est pas trop étendue, ils emploient rarement la cocaïne, ils taillent des lambeaux aussi minces que possible, et enfin au point de vue du pansement, ils proscrivent l'usage des antiseptiques.

En 1892, paraît dans la Revue de chirurgie de Paris, un travail de CRISTIANI, privat-docent à l'Université de Genève, sur l’épithélioma et la greffe.

Mais c’est en Allemagne, que paraît un mémoire de grande importance, celui d'URBAN [410], sur la greffe cutanée de Thiersch. URBAN rapporte l’ensemble des greffes pratiquées à la Clinique même du professeur THIERSCH durant une pé-

riode de cinq années, du premier octobre 1886 au premier octobre 1891. Ce mémoire qui contient trois cent cinquante observations, dont 75 se rapportent à des ulcères variqueux, fait suile au travail de PLESSING déjà cité. Comme toujours, THiersCH et ses élèves proscrivent l'emploi des antiseptiques, dans la crainte que ceux-ci n’agissent sur la vitalité des éléments cellulaires et ne les détruisent; de plus, ils créent sur la surface cruentée des coagula fibrineux qui empêchent le contact intime de la greffe et de son terrain. Il faut un terrain aseplique; or, un bon lavage avec une solution stérilisée désinfecte mieux une plaie fraîche qu'une courte irrigation antiseptique. Le liquide qu'il préconise est une solution de sel marin, à 6 pour 1.000.

Il faut bien dire ici que les craintes de THierscx et de ses élèves semblent un peu exagérées et qu'un grand nombre de chirurgiens se sont écartés, sur ce point, de la pratique de l’auteur lui-même, sans avoir eu plus d'échecs que d’autres:

URBAN insiste sur l'importance qu'il y à à bien choisir le moment où on doit pratiquer la greffe. S'agit-il d’une plaie fraîche? On fera la greffe séance tenante. A-t-on affaire à une surface granuleuse -? On attendra que les bourgeons soient formés. [Il conseille l’abrasion au bistouri des bourgeons charnus; c'est la première fois que nous voyons ce procédé. Quant à la taille des lanières dermo-épidermiques, il faut les obtenir le plus minces possible. URBAN insiste sur ce fait qu'il faut recouvrir tout entière la surface cruentée et pour cela imbriquer par leurs bords les lamelles contiguës.

URBAN considère la méthode comme parfaitement réglée désormais, au point que si l'opérateur se conforme aux règles tracées, il ne peut que réussir. « S'il y a des échecs, dit-il, ils sont imputables, non à la méthode, mais à lopérateur ».

La même année ont paru les thèses de SranIou-PRoToPo- PEsco [382] (Paris), d'ENJALBERT [125] (Montpellier) et celle

his

de GÉérok ([160] (Tübingen), sur le traitement du scalp par les greffes.

En 1893 et 1894, nous ne relevons aucun travail original dans les périodiques français. Tout au plus pourrons-nous citer un travail de M. G. Cousin [78] publié en 1894 dans le Nouveau Montpellier médical, dans lequel il fait une comparaison entre les greffes humaines et les greffes animales, comparaison toute à l'avantage d'ailleurs des greffes humaines.

La même année paraissait la thèse de M. Larraiz [237] sur les transplantations de peau et de muqueuse animales sur les plaies de l’homme; les conclusions de cet auteur sont les suivantes :

«1° La greffe d'Ollier-Thiersch est la greffe par excellence ; on doit s’en servir toutes les fois qu'elle est praticable: à

2° La greffe animale et la greffe de Reverdin doivent être appliquées, lorsque la première est contre-indiquée ;

3° La présence d'un ulcère étendu, par cela même qu'il imposerait de nombreuses piqûres au patient, doit faire préférer la greffe animale. »

Dans les périodiques étrangers, on trouve de nombreuses publications dont lénumération serait assurément fastidieuse et que nous nous contentons de mentionner à l'index bibliographique.

En 1895, M. CH. Moxop [271 bis] présente à la Société de chirurgie un malade auquel il à pratiqué une greffe de Thiersch pour une perte de substance de 0,18 centimètres sur 0,10 centirnètres au niveau de la région poplitée. L'opé- ‘ation remontait à un an, le résultat était excellent.

Dans le Lyon médical, M. OLLrer [307] publie un article important sur la réfection de la peau par les greffes autoplastiques et, dans la Semaine médicale, M. Gross [164], de Nancy, publie, lui aussi, un article de grande valeur sur le

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