‹ Les Greffes Dermo-Épidermiques d'Ollier-Thiersch: Historique – Technique Opératoire Indications ThérapeutiquesChapitre 9 sur 41 · NUE · texte numérisé non relu

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scalp et son traitement, le seul rationnel d'ailleurs, par les greffes dermo-épidermiques d'Ollier-Thiersch.

D'autre part, nous relevons une publication de Beck, de Chicago. Ce mémoire, intéressant à certains points de vue, consacre une pelile innovation de l’auteur. Lorsque &e chirurgien à à faire une intervention minime, il commence par tailler à la région où doit porter le bistouri, un lambeau de Thiersch, qu'il laisse adhérer à sa base et qu'il fait relever; il fait ensuite l'intervention, termine l'opération, ferme la plaie par quelques sutures perdues au catgut et rabat par dessus le petit lambeau épidermique. Il obtient ainsi, dit, des cicatrices invisibles.

Cette même année, à l'étranger, nous trouvons toujours de nombreux travaux, mais ici encore nous renvoyons le lecteur à la bibliographie, ces derniers ne méritant pas une mention particulière.

La littérature médicale de 1896 est riche en publications sur le sujet qui nous intéresse. Tout d'abord à la Société de Biologie de Paris (séance du 7 février 1896), nous mentionnons une communication de M. À. GrarD [166] : Y a-t-il antagonisme entre la greffe et la régénération ? Les expériences ayant porté sur des animaux, il n'y à pas lieu de s’y attarder. Signalons cependant ses conclusions : «€ Il n'existe aucun antagonisme entre la greffe et la régénération, ces deux processus étant plutôt deux modes de manifestation différente d'une même propriété, la tendance de Ja matière vivante à constituer des complexes organiques homophysaires ou hétérophysaires aussi bien équilibrés que possible ».

A la même séance, M. CarNorT et Mile DEFLANDRE [80] font une communication sur la persistance de la pigmentation dans les greffes épidermiques portant sur une série de 97 expériences qu'ils ont étudiée. Dans une première série, ils ont greffé de la peau noire sur de la peau blanche; puis dans une seconde série ils ont fait l'expérience inverse, Leurs con-

clusions sont les suivantes : La greffe pigmentée conserve sa pigmentation et elle est en extension, les cellules pigmentées l'emportent sur les cellules blanches et prennent leur place. La greffe blanche sur partie pigmentée ne prend pas. La greffe noire produit des poils noirs, enfin la greffe de poils noirs produit de l'épiderme noir.

A la séance du 25 avril de la même année, et devant la même Société, ces derniers auteurs [81] lisent encore une note, où ils conservent les conclusions posées que nous venons d'énoncer, mais ils les précisent par des recherches nouvelles. La vitesse d'extension et la persistance de la pigmentation dans la greffe sont fonctions non seulement des cellules greffées, mais encore de la richesse de pigments de l’animal qui reçoit la greffe.

Ces phénomènes étudiés chez les animaux par M. CARNOT

et Mlle DEFLANDRE ont été transportés dans la pathologie humaine par M. MAUREL [273]. Dans une communication faite à la Société de Biologie, il rappelle en effet les expériences qu'il fit à la Guyane en 1876 et 1877 et qu'il reprit à la Guadeloupe, de 1881 à 1883.

Ces expériences démontrent que les greffes dermo-épidermiques prises sur un sujet pigmenté ne conservent leur €oloration qu'à la condition d'être transportées sur un sujet pigmenté. Quant aux greffes prises sur les noirs et portées sur les Européens, elles ont rapidement perdu leurs pigments. Exceptionnellement, elles sont restées noires chez les Européens; toutefois ces greffes prennent sûrement et conservent la même action sur la marche de la cicatrisation. Il est intéressant de constater l’antagonisme qui existe entre les expériences faites sur les animaux et les expériences faites sur l’homme.

Enfin, c'est encore en 1896, le 12 mars, qu'à la Société de dermatologie et de syphiligraphie, M. TERRIEN [401] présente en son nom et en celui de M. TENNESSON, des malades traités par la méthode des greffes et qui, tous, ont retiré de son

application, des bénéfices réels el rapides. Ces opérations portaient sur des ulcères de jambe et des lupus tubereuleux. Dans les cas d'ulcères, les résultats ont été excellents. MM. TENNESSON el TERRIEN disent qu'ils n'ont vu que deux insuccès. Dans le cas de lupus tuberculeux, ils détruisent préalablement le lupus par la curette ou les caustiques, les greffes forment alors le complément de cette opération. Se demandant si la guérison ainsi obtenue est définitive, les auteurs font à cela des restrictions. mais en tous cas. promettent une amélioration rapide.

M. HALLOPEAU après celte présentation, émet l'opinion que pour que les greffes puissent prendre, il est nécessaire qu'il v ait des bourgeons charnus. M. le professeur FOURNIER dit qu'il a vu des pigmentations persister après la greffe.

A la Société de Chirurgie (10 juin 1896), M. P. Reczvs [356 bis] présente un malade auquel il a pratiqué des greffes de Thiersch pour recouvrir une large perte de substance, produite au front par l’ablation d'un épithélioma; le résultat est excellent. M. MicHAUX, lui, a eu recours avec suecès au même procédé quand, après une ablation du sein il ne pouvait obtenir une réunion complète; en revanche il eut un échec dans un cas d'épithélioma de la face dont il avait, après son ablation, cautérisé avec le thermocautère les parties sous-jacentes.

Quelques jours plus tard, le premier juillet, M. P. RE- CLUS [3957] présente quatre opérés, tant en son nom qu'au nom de son collègue M. BERGER, car deux de 62s malades ont été greffés par celui-ci selon la méthode ilalienne et par lui selon les procédés de Thiersch. Il espère qu'ils montreront l'excellence de la combinaison de ces deux modes de greffes qui, croit-il, ne sauraient se suppléer et qui présentent, chacune, des indications particulières.

A la séance suivante, le 8 juillet, eut lieu encore à cette Société une importante discussion sur le même sujet. M. le professeur Kinmissox insiste sur ce fait capital que, dans les

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greffes de Thiersch, l'important est de détruire les bourgeons charnus dans leur totalité, de façon à mettre en contact des surfaces cruentées.

M. Reczus, M. MoNop, sont également de cet avis. MM. SGHWARTZ et MIGHAUX, prennent part à la discussion: le premier rappelle qu'il faut bien rapprocher les greffes, pour éviter entre elles la production de tissu cicatriciel intermédiaire. M. MicHaux dit, que pour bien réussir une greffe de Thiersch, il faut abraser les bourgeons charnus, enlever les bords de l’ulcère soigneusement, et ne pas appliquer la greffe immédiatement après l'ablation des bourgeons charnus, mais faire une sorte d’hémostase temporaire en comprimant avec de la gaze, la surface saignante pendant quelques instants.

Enfin, pour en finir avec les travaux traitant de notre sujet, parus en 1896, nous signalerons : l’article de M. For- GUE [139] paru dans le Montpellier médical, sur la Technique des greffes d’Ollier-Thiersch : la thèse de GAGNARD [165] qui vante les heureux résultats de la combinaison de l’autoplastie par la méthode italienne modifiée et des greffes d’'OIlier-Thiersch, pour la réparation des grandes pertes de substances; celles de PERRET [327] et de Casrro MEperros [2721 qui sont l’une et l’autre une contribution à l'étude des greffes dermo-épidermiques, d'après la méthode d’Ollier-Thiersch ; enfin celle de Le Co [240] sur les greffes animales et en parüiculier avec de la peau de grenouille, et enfin les communiations d'OLLIVER et ELLIS dans le New-York medical Journal et celle de Sriépa [385] sur le traitement du lupus par l’excision el la greffe de Thiersch.

L'année 1897 s'écoule tout entière sans qu'aucun travail important soit fait sur ce sujet. Signalons seulement un article de M. P. Reczus [3581, dans le Journal des Praticiens,

sur Ja combinaison de la greffe italienne et de la greffe de Thiersch dans la réparation de vastes pertes de substance,

La même année, M. Nové-JosseRaxD [292] communique à la Société de chirurgie de Lyon un nouveau procédé de restauration urétrale par les greffes dermo-épidermiques dans l'hypospadias.

ün 1898, à la séance de l'Académie des Sciences du 2 mai, M. Orrier [308] fit une communication sur sa méthode et présenta une observation concernant le cas d’un homme de 59 ans, qu'il avait opéré en 1893 d’un cancroïde du genou et à qui il combla la perte de substance par des greffes cutanées. Revu quelques jours avant, M. OLLIER constata que la surface greffée, au lieu de s’étre rétractée, s'était, au contraire, notablement agrandie, peut-être sous l'influence des mouvements.

À la séance suivante du 9 mai, M. OLLtErR [309] explique cette augmentation en surface des deux lambeaux, non seulement par l'extension des phénomènes physiques exercés sur eux, mais par des modifications produites par lirritation de leurs éléments anatomiques.

La même année, M. Nové-JosseRAND [293] insère dans la Revue de chirurgie un nouvel artiele sur son procédé pour le traitement de l'hypospadias et un de ses élèves, M. REURE [361], présente comme thèse inaugurale une étude critique de l’hypospadias et de son traitement par le nouveau procédé de M. NovÉé-JossERAND.

Quand nous aurons cité la thèse de WyarT [431] sur le traitement du scalp total par les greffes et l’article de JuvaRA [208] sur la technique des greffes de Thiersch paru dans la Presse médicale, article où se trouvent très nettement exposés les différents temps de l'opération, nous en aurons fini avec ce qui a été écrit cette année en France sur ce sujet.

A l'étranger, nous ne trouvons aucune modification apportée à la méthode.Les auteurs Moore [274], PARKER [330], ete., ne font que signaler des cas isolés de guérison de brûlures, d'ulcères de jambe, ete.

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