‹ Les greffes libres de peau totale: Technique et indicationsChapitre 12 sur 17 · TECHNIQUE DE MARCEL GALTIER · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DE MARCEL GALTIER

Les greffons se prélèvent à des niveaux différents, suivant l’épaisseur désirée.

Les greffons épais, au niveau de la peau du flanc, de la peau de l’abdomen, de la région périombilicale, à la face supéro-externe de la région fessière.

Les greffons minces, au niveau de la face interne du bras, dans la région claviculaire, à la face supéro-externe et supérieure de la cuisse, à la face postérieure du pavillon de l'oreille.

La coloration du greffon n’a pas à intervenir dans son choïx, tant il est curieux de constater qu’un greffon prend très rapidement la teinte de la peau qui l’entoure.

Si la surface à recouvrir est trop importante (brûlures étendues du cou, par exemple, avec grosse chéloïde empêchant l’hyperextension de la tête), il est préférable de pratiquer plusieurs greffes; le prélèvement d’un greffon unique et de dimension étendue créant une mutilation à laquelle il est facile de remédier en prenant deux ou trois greffons dans des régions différentes.

L’anesthésie locale, sauf chez les enfants, est tout indiquée et très suffisante : solution de novocaïne à 1 % additionnée d’adrénaline (une ampoule d’adrénaline de 1 cmc. à 1 p. 1.000 dans 20 cme. de solution).

L’adjonction d’adrénaline à la solution anesthésique ne présente que des avantages.

SÉTAL TES

L'ischémie du champ opératoire est d’autant plus utile qu’elle dispense des ligatures même faites avec du catgut trestfin:

GALTIER à remarqué au début que toutes les zones du greffon en rapport avec les ligatures profondes étaient moins bien vitalisées.

Aussi doit-on se contenter, comme il s’agit d’hémorragies surtout capillaires ou créées par des petites artérioles, d’abord de comprimer avec une solution de sérum adrénaliné, ce qui suffit le plus souvent, ensuite de pincer provisoirement les vaisseaux, enfin de lier les plus gros, si les moyens précédents se sont montrés inopérants.

A lischémie du début fait suite une vaso-dilatation post-anesthésique. Elle a ici une beaucoup moins grande importance, parce qu'aussitôt enrayée par un dispositif de compression qui constitue, comme nous le verrons, toute l'originalité du procédé.

La désinfection cutanée s'effectue à l’éther. En aucun cas on n’emploiera l’iode, même diluée, ou le mercurochrome.

On commence par l’anesthésie de la surface de réception et l’on passe ensuite à celle de la région de prélèvement.

Le lit du greffon est préparé en excisant les tissus à remplacer. La forme que l’on doit lui donner est tantôt « arrondie », tantôt « rectangulaire ». La forme carrée est la moins propice, en tout cas il faut en arrondir les angles.

La section cutanée doit se faire en peau saine, elle doit être nette, sans hachures, à l’emporte-pièce. Tout le tissu fibreux profond cicatriciel ou pathologique doit être excisé (Fig. 1).

La section effectuée, il sera bon de décoller les bords de l’excision, de libérer la peau sur 3 mm. environ. Cette précaution est indispensable pour bien affronter les tranches cutanées (Fig. 1 bis).

Le lit ainsi prêt à recevoir la greffe, on complète l’hémostase par l'application d’un tampon adrénaliné chaud que l’on maintient pendant tout le temps que dure le prélèvement du greffon. Celui-ci doit être de forme et

DEAN ZE en

Fig. 1. — On a pris comme type d’excision une grosse chéloïde rouge, douloureuse et très rétractée du cou. Tracé de l’excision et forme. Fig. 1 bis. — On notera que le fond de l’excision est représentée par un tissu cellulaire graisseux. Il est important de ne pas découvrir le pian aponévrotique qui constitue un mauvais sous-sol pour la prise de la greffe. Le pointillé marque la limite du décollement fait aux ciseaux courbes pour libérer le bord cutané et permettre la suture par surjet que l’on exécutera après avoir fixé la greffe par des

points d’appui.

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de surface rigoureusement identiques. Les mesures très précises prises à l’aide d’un pied à coulisse et d’un compas à pointe traçante, permettront de reproduire exactement l’image de la surface de réception.

La section cutanée doit être nette, linéaire, sans dérapage, perpendisulaire au plan de la peau.

Quand celle-ci a été incisée sur 1 ou 2 cm., on la fixe par des pinces de type spécial par la face profonde du derme. La préhension est ainsi plus facile et la peau peut être aisément mobilisée pour subir, en la rabattant sur l’index gauche, le pelage de sa face profonde qui doit la débarrasser de toute trace de tissu cellulaire graisseux. Il faut toujours se tenir à la limite de la surface nacrée et .blanchâtre de la face profonde du derme et du tissu graisseux. Cette face profonde est irrégulière et légèrement tomenteuse, présentant de nombreuses dépressions comblées de petits pelotons graisseux qu’il faut entièrement enlever. Il faut avoir bien soin de manipuler le greffon avec la plus grande douceur et de n’employer aucune pince à disséquer ou autre, susceptible de mortifier les bords et de compromettre sa vitalité (Fig. 2).

Quand il est complètement détaché, le greffon se rétracte, s’enroule sur lui-même ét l’on se trouve étonné de la réduction de sa surface — la cause en est dans l’élasticité cutanée.

Etalé et fixé par des points d'appui, le greffon se déroule et retrouve ses dimensions normales. La superposition exacte est indispensable. Trop grand, le greffon se plisse, la sérosité s’accumule sous les plis; la prise est défectueuse. Trop petit, son application est satisfaisante, mais les sutures tirent, les bords s’écartent et la nutrition du greffon par les sutures latérales se trouve compromise.

Ce premier temps d'application présente quelques difficultés techniques.

Mise en place, la greffe doit être immobilisée par un instrument mousse (partie large de la sonde cannelée) pen-

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