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Ceux-ci seront laissés en place quinze jours au moins. Le bourdonnet est retiré le douzième jour en sectionnant les crins.
Fig. 7. — Aspect terminal. Le bourdonnet en place tient lieu de pansement. Noter qu’il recouvre toute la plaie.
Fig. 7 bis. — Le greffon en place avec ses points d'appui et son surjet
périphérique complet. On a passé en anse sous la peau, à 1/2 centi-
mètre des bords, deux crins. La longueur de jeur trajet est égale à la longueur des bords.
La greffe cutanée totale libre est indiquée pour réparer une plaie chirurgicale fraîche, secondaire à l’extirpation d’une peau pathologique. Cette réparation se fait soit dans un but fonctionnel, soit au point de vue esthétique.
La greffe libre de peau totale a des indications fonctionnelles. Elle est indiquée dans le traitement des cicatrices vicieuses, qu’il s’agisse de cicatrice après brûlures ou après plaies traumatiques. Ces cicatrices peuvent entrainer une impotence fonctionnelle, tantôt par leur rétraction, empêchant l’extension complète d’un segment de membre: tantôt par leur sclérose ou leur adhérence aux plans profonds, gênant ou immobilisant le jeu d’une ou plusieurs articulations; tantôt, enfin, par la fragilité de leur épiderme, mince, violacé, mal nourri sur un derme insuftisant, s’ulcérant à l’occasion de traumatismes minimes. Dans tous ces cas, par la greffe de peau totale, on substitue au tissu pathologique un greffon qui sera bien vascularisé, souple, avec un derme sain, glissant bien sur les plans sous-jacents.
Parmi les indications fonctionnelles, il faut ajouter la maladie de Dupuytren. Après résection des tissus rétractés, la greffe de peau totale permet les libres mouvements des doigts.
On peut encore classer au rang des indications fonctionnelles la réparation d’un ectropion, une blépharoplastie; la correction d’une déformation de l’orifice buccal : rétraction d’une commissure, perte de substance sur une lèvre.
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La greffe de peau totale a des indications esthétiques :
1° Elle rend de grands services après ablation des tumeurs cutanées malignes ou bénignes. Elle permet de combler ces pertes de substance souvent importantes et qui, abandonnées à elles-mêmes, non seulement pourraient entrainer des troubles fonctionnels, mais aussi donnent des mutilations déplorables, surtout à la face.
2° Elle permet l’extirpation d’une cicatrice inesthétique, d’une chéloïde, d’une radiodermite, d’un nœvus pileux ou autre, d’un lupus. On pourrait hésiter à enlever chirurgicalement ces lésions cutanées, de crainte de résultat plastique défavorable. La possibilité d'apport d’une peau normale, s’harmonisant peu à peu avec les territoires voisins, permet le traitement chirurgical de nombre d’affeclions cutanées.
Les indications dépendent aussi du siège où l’on doit pratiquer la greffe. La face, le crâne, sont des lieux d’éleclion. Il est certain que c’est là où les résultats esthétiques sont les plus appréciables. C’est à la face qu’elles furent employées jadis pour la première fois. La blépharoplastie fut longtemps leur seule indication. Il est à noter d’ailleurs que lors de greffe de paupière il n’est pas utile d'utiliser de pansement compressif.
On peut encore, avec un unique lambeau, greffer toute la région frontale ou une grande partie de la joue. Pour les régions pileuses, pour les sourcils, par exemple, on peut prélever le lambeau au cuir chevelu.
Certains rejettent la greffe de peau totale pour les endroits difficiles à immobiliser : proximité des lèvres, région antérieure du cou, assujettie aux mouvements de
déglutition, etc. Par le pansement au bourdonnet, ces inconvénients sont évités.
En dehors des surfaces communiquant avec les cavités
naturelles, toujours plus ou moins septiques, on peut toujours utiliser le procédé à la face.
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Les indications s’étendent à toutes les régions du corps. On a pu les utiliser dans des territoires où la contention est difficile à réaliser par les procédés ordinaires. Par la fixation par bourdonnet, on a pu greffer sur le cou, sur la région axillaire, au poplité, etc.
Ce qui importe, ce n’est pas le siège en lui-même de la lésion à traiter, c’est la constitution du sol après exérèse chirurgicale. Il faut que le tissu sous-jacent, sur lequel va reposer le fragment libre soit de consistance et de vascularisation convenables.
Plus le sol est résistant, mieux le greffon sera maintenu. Malheureusement, des tissus commie le périoste, l’aponévrose, le cartilage ont une vascularisation qui ne convient pas. Il faut s'abstenir de greffer à leur contact.
Le tissu adipeux est plus mauvais encore : il maintient mal; il est mal irrigué.
Le meilleur tissu est représenté par le tissu cellulaire, d'épaisseur moyenne, peu graisseux et bien vascularisé.
Il faut tenir compte non seulement du sol, mais du pourtour de la surface à greffer. Il faut que les bords de la plaie que l’on va affronter à ceux du greffon soient bien nourris, souples, et ne soient pas infectés. C’est dire qu’il serait illusoire de vouloir greffer sur une peau atrophiée ou scléreuse, ou sur ces mauvais tissus qui entourent si souvent les ulcères variqueux ou les ulcérations trophiques.
En résumé, en pesant l'indication de la greffe, il faut apprécier la valeur du sol qui recevra le greffon; il faut tenir compte de l’aspect de la peau où passera la section chirurgicale et à laquelle on suturera le lambeau.