CONCLUSION
La greffe libre de peau totale, une des plus anciennes méthodes de chirurgie réparatrice, introduite en France par LEFORT, à des indications qui ne sont peut-être pas aussi étendues qu’elles devraient l’être.
La greffe de peau totale libre est indiquée dans toute réparation immédiate d’une plaie chirurgicale fraîche, secondaire à l’ablation d’une surface cutanée.
Elle est indiquée dans un but fonctionnel ou esthétique.
Elle a une valeur fonctionnelle parce qu’elle substitue une peau souple, de bonne qualité, à un tissu scléreux, rétracté ou adhérant; tel celui des cicatrices après certains traumatismes, après brûlures, tel celui de chéloïdes ou d’une maladie de DUPUYTREN.
Elle à des avantages esthétiques : elle permet de remplacer par un lambeau cutané, s’harmonisant avec les téguments voisins, une peau défectueuse du point de vue plastique.
La possibilité de greffe de peau totale libre autorise certaines exérèses chirurgicales larges, de néoformations cutanées, de lupus que l’on aurait pu hésiter à traiter par le bistouri de crainte de perte de substance cutanée difficile à réparer ou au prix de déformations inesthétiques.
Les indications se sont élargies par la possibilité de greffer : 1° des surfaces plus larges (jusqu’à 100 cm); 2° en des régions considérées jusqu'alors comme inaccessibles à ces greffes (cou, aisselle, voisinage des plis de flexion).
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Ces possibilités se sont accrues par des perfectionnements de la technique, apportés notamment par Marcel GaLTiER. Cette technique est minutieuse, plus délicate que celle des autres procédés de greffes.
I1 faut apporter grand soin à l’hémostase, à la suture du greffon avec les bords de la surface de réception décollés sur 2 à 3 mm.
L'originalité de la technique de GALTIER tient surtout au mode de pansement réalisé par un bourdonnet : le greffon est comprimé et immobilisé sur la surface de réception par l'intermédiaire du bourdonnet dont le dispositif empêche la compression des plans profonds. Ce pansement simplifie les suites opératoires.
La greffe libre de peau totale élargit le champ de la chirurgie réparatrice. Elle a droit à un rang voisin de celui des autres procédés de greffes et d’autoplasties cutanées. Mais chacune de ces méthodes a ses indications propres.
Le Recteur de l'Académie de Paris, Le Doyen, ROUES TIFFENEAU.
Le Président de Thèse :