‹ Les grès wallons, grès-cérame orné de l'ancienne Belgique, ou des Pays-Bas, improprement nommés grès flamands; études formant une monographie au point de vue historique et descriptifChapitre 16 sur 81 · LOCALITÉ AU POINT DE VUE DES ORNEMENTS · texte numérisé non relu

LOCALITÉ AU POINT DE VUE DES ORNEMENTS

Le véritable moyen et le plus rationnel de déterminer d'une manière technique et pertinente Torigine des pièces de grès, c'est rétude de la terre, de la pâte et du vernis, c'est entendu. Mais comme accessoires et au point de vue des ornements nous avons Tétude comparative des pièces avec des types certains et authentiques.

Tout d'abord il convient de constater une chose : lorsque Ton parle de revendication^ à^aitrihutUm^ il ne s'agit nullement de pièces trouvées en terre à Tétat de rebut dans les résidus des anciennes fabriques de pots, tirés des décombres sur les lieux mêmes de fabrication. C'est là une simple constatation. Ces pièces, qui n'ont pas été livrées au commerce^ sont restées où le fabricant les a enterrées comme rebuts et où nous les trouvons aujourd'hui.

L'origine dans ce cas en est indiscutable et il ne s'agit pas de revendication ni d'attribution. Or, j'aime à le faire remarquer aux lecteurs qui l'ignorent, telles ont été presque uniquement jusqu'aujourd'hui les pièces que nous avons décrites comme originaires de Bouffioulx et de Ghâtelet.

Il y a ici deux choses bien séparées ^ deux catégories d'objets tout à fait distinctes à considérer, quand on veut rechercher et déterminer quels sont les produits originaires d'un centre de production céramique, et par suite deux séries de travaux bien différents.

D'abord les fouilles, le triage de décombres des dépôts de rebuts qui sont de beaucoup la partie la plus importante, la partie fondamentale, mais uniquement matérielle de la tâche, sans aucun travail de déduction. Il s'agit d'une extraction.

examen physique, d'une simple constatation que les spécimens tirés ainsi de la terre appartiennent bien à la fabrication locale. Ce n'est, au point de vue de l'avenir, que la préparation de types sûrs de la fabrication locale pour servir aux revendications ultérieures par la comparaison avec les pièces trouvées dans les collections et les déductions qui en découleront.

« Non seulement il s'agit dans ces explorations, de vastes dépôts ou d'amas énormes de déchets de fabrication qui marquent la place des fabriques d'une manière indiscutable ; mais les objets trouvés ainsi sont tous des rebuts, des vases cornus, des tessons de poterie manquée ; tous portent les défauts visibles qui les ont fait rejeter par l'ouvrier.

On peut voir, en les regardant, les défauts qui ont empêché de pouvoir les livrer au commerce. Beaucoup étaient brisées dès avant le vernissage et elles sont restées mates ; chez d'autres, cette opération n'a réussi que sur certains points du vase, les émaux n'ont éprouvé qu'un commencement de fusion et n'ont pas acquis la teinte que cette fusion seule peut leur donner, elles sont restées de couleur terreuse ; d'autres sont collées ensemble ou gonflées de boursouflures par l'effet d'un trop grand feu de cuisson. Brçf, la plupart de ces tessons feraient un fort piètre effet dans les riches meubles d'un collectionneur ; mais ces défauts mêmes, qui les feraient dédaigner par les amateurs de belles pièces, sont précisément pour un travail de revendication les qualités les plus précieuses.

Nous allons plus loin : ces collections de tessons, si dédaignées parfois, sont les plus importantes au point de vue de l'étude historique, ^i Ton veut arriver un jour à classer consciencieusement les produits par lieux d'origine, et si l'on veut procéder à cette classification, sans se livrer à l'arbitraire pour attribuer équitablement à chaque centre de production ce qui lui appartient, il faut d'abord que chacun présente au gratid jour ses collections de rebuts trouvés dans les fouilles

d'ancieanes fabriques et qui sout les seuls types de comparaison acceptables ; il faut que Ton établisse les types de chaque localité en décrivant les tessons avec dessins à l'appui. Les revendications de beaux vases yersés dans le commerce et retrouvés dans les collections particulières ou publiques n'ont aucune valeur à ce point de vue, si la nature de la pâte n'a préalablement décidé la question. Chacun de ces vases ne vaut que pour autant qu'il soit appuyé, aux yeux de tous, d'un tesson de rebut identique et d'origine certaine, qui serve de type.

Nous ne saurions trop le redire : en ce qui regarde les ornements, le bon moyen d'établir la distinction entre les grès de diverses provenances, c'est d'en décrire et surtout d'en figurer un grand nombre avec la plus grande précision de dessin et les soins les plus minutieux. Tel est le seul procédé utile pour mettre les lecteurs compétents à même de comparer les tessons et déjuger certaines différences de détail, au-dessus desquelles on passe quelquefois en pratiquant des revendications.

Voilà certainement une source non suspecte et la seule voie possible. Or nous nous sommes scrupuleusement tenu à cette source, nous nous sommes résolument engagé dans cette voie et nous convions les autres à nous y suivre. Toute autre serait fausse et dangereuse, parce qu'elle conduirait invinciblement à faire substituer les suppositions et les probabilités aux faits et à la certitude ; c'est ce qui nous fait publier encore aujourd'hui un nouveau mémoire sur ce sujet. La et nulle part ailleurs nous avons puisé nos types de Bouffioulx et nos dates du XVI« et du XVIP siècles. Nous les avons décrits, et pour bien édifier le lecteur, nous les avons dessinés à peu près tous. Cette marche n'est<elle pas une marche loyale et sûre, et comment pourrait-on y retrouver la moindre trace à'esprii localy comme on l'a voulu insinuer ?

Il serait à désirer que Ton eût suivi cette marche logique et assurée pour les autres centres de production ; elle eût épargné

d'un bieu des doutes et fait disparaître jusqu'à Tapparence de la supposition et de l'arbitraire.

C'est surtout pour toute localité ayant approvisionné une partie de rancienne Belgique, avons-nous écrit encore, que nous attendons les descriptions et les dessins détaillés des tessons types trouvés en terre. C'est une œuvre urgente qui sera faite sans doute et qui, avec nos publications, viendra mettre les hommes compétents à même de rendre à chacun ce qui lui revient. C'est le seul moyen de justifier les revendications. Il est tout à fait nécessaire d'entrer dans cette voie. Des dessins minutieux sont nécessaires, car dès ce moment il est reconnu que les mêmes écussons, les mêmes ornements, ont été parfois usités dans différentes fabriques et il s'agit aujourd'hui de distinguer ce qui sort d'un mêm$ moule.

Nous avons convié plusieurs fois à nous imiter les savants qui s'occupent de ce sujet au point de vue spécial des grès belges dits flamands.

Nous regrettons que jusqu'ici nos vœux n'aient pas été entendus, c'est le seul moyen de mettre le public à même de comparer les tessons et de juger certaines différences de détail. Nous persistons à espérer encore que les autres centres de fabrication entreront dans cette voie, la seule bonne à notre avis.

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