‹ Les grès wallons, grès-cérame orné de l'ancienne Belgique, ou des Pays-Bas, improprement nommés grès flamands; études formant une monographie au point de vue historique et descriptifChapitre 39 sur 81 · PORTANT SOUVENT UNE INSCRIPTION · texte numérisé non relu

PORTANT SOUVENT UNE INSCRIPTION

Cette espèce d'ornementation était presqu'aussi belle, aussi luxueuse et aussi recherchée que la précédente. Elle se préparaît entièrement de la même manière et jouait un rôle presqu'aussi important dans Tornementation.

Az 25^. ~ Grande rosace de 0^10 de diamètre, composée d^un ensemble de quatre belles fleurs de lis ornementées et largement dessinées, unies en un cercle autour d'une petite rosace à huit pétales interfoliés d'autant de traits ; le tout entouré d'un chapelet de grosses perles.

Nous n'avions pu déchiffrer convenablement Tinscription dans notre 2°^ Rapport^ parce que nous ne Tavions pas vue entière. Aujourd'hui nous la possédons complète. C'est la marque d'un potier de Bouffioulz :

VISNON. JACOB. 1595.

Le mot VUwm est rétrograde et le 5 est en caractère gothique cursif du XVP siècle. PI. III, fig. 6. B. B. B.

Les VUnon sont une branche de la famille Bertrand^ la plus ancienne famille de potiers dont parlent les archives de Bouffioulx, et qui déjà vers 1550, peuplait de fabricants les communes de Chàtelet et de Bouffioulx.

Nous avons dit ailleurs qu'à cette époque on comptait cinq Bertrand potiers :

Jean Bertrand.

Jean Bertrand dit Viiuon.

Jean Bertrand dit le jeune.

Jacques Bertrand dit Vienon.

Bertrani dit Pirekan.

Avec un trie grand nombre de doubles.

A^ 100*. — Médaillon que nous n'avons pu décrire complètement dans notre 2^* Rapport^ faute d'éléments.

D a, dans toutes ses parties, un caractère d'art local. Il mesure 0"K)7 sur 0*065, et dans un cadre fait de simples lignes en chevrons emboîtés l'un dans l'autre, il présente un couple se livrant à une danse de caractère. La danseuse est au repos, la main gauche posée sur le cœur, la droite à la hanche ; elle porte un fourreau renaissance et une large collerette fraisée. Son attitude respire une calme satisfaction un peu suflSsante, et elle regarde en face d'elle un cavalier, orné d'un haut toupet et de longues moustaches, tout chargé de boutons au-devant de son pourpoint et à la ceinture de sa culotte bouffante, et qui, le chapeau i la main, d'un air crâne et d'un ton vainqueur, danse et se démène, jette le coude en arrière et la jambe droite 'en avant. C'est un viveur de Bouffioulx et la légende circulaire le prouve. Cette légende est rétrograde, sauf le dernier mot, dont la première lettre seulement est rétrograde.

TIY£ LAMOYB TOYS LE lOYB BT bOSON

ce qui veut dire : Vive Famour tous les jours et dansons.

Encore aujourd'hui dansons se dit en patois de Bouffioulx dôson.

Le d rétrograde et minuscule forme un b qui, peu complet sur beaucoup de tessons, ressemble à un 1 avec lequel nous l'avons d*abord confondu. PI. I, fig. 8. B. C. D.

Le vase de grès N"" 40 M. £., porte une substitution de lettres tout à fait analogue à celle-ci. Le mot bbpoib est écrit : Esqom ; c'est un q substitué à un p. C'est-à-dire que le p est rétrograde.

Deux autres vases le N« 72 C. M. V., et N<> 114. C. M. V., portent : le premier, après une légende allemande les mots : FAX FYBV8 pour FAX YOBis ; l'autrc les mots : bstheb fiât ncTOKiA pour yictobia.

Ces faits s'expliquent peut-être ici par la difficulté, pour l'on-

Trier allemand, de copier une dévise française, car, selon le <ïatalo?ue, il s'agit de vases allemands de Raeren.

Voilà deux curieuses applications du principe développé cidevant au paragraphe intitulé : Les inêcripHons et les légefides.

Avec beaucoup de iouiles.

A» 107*. — Grand médaillon offrant la figure d'un cavalier •en marche, armé d*un long glaive, fort semblable à l'ancien grand sceau de Flandre et du Hainaut à certaine époque.

Ce pourrait être aussi, et peut-être plus vraisemblablement, vu les idées du temps, un St-Martin coupant son manteau selon la légende.

Sous le ventre du cheval est un millésime ou des initiales empâtées, et indéterminables par suite d'une fabrication manquée. C. C. P.

' Le costume semble bien dater de la fin du XVP ou du commencement du XVII* siècle. (2»* Rapport, pi. IV, fig. 15.) C. C. P.

Axll2*. — Tesson incomplet, variété de A^ 112* venant' d'autre fabrique. C. C. P.

A^ 112*. — Médaillon un peu varié et sortant d'autre moule que notre A^ 112*. D mesure 0'"075, et représente en fort relief un cœur entouré d'une grande couronne d'épines, percé en diagonal de deux grandes flèches, et surmonté d'une autre couronne à cinq perles. A l'exergue le mot :

lACOB

et aux deux côtés du médaillon le millésime gothique :

1 5 9 2 Le tout est entouré, comme le médaillon A^ 25% pi. m, fig. 6, d'un chapelet de grosses perles. PI. VII, fig. 6. Ainsi que ce dernier, le médaillon que nous décrivons est la marque du potier de Eouffioulx, Jacques ou Jacob Bertrand dit Visnon. Ces deux marques du même fabricant, en 1592 et en 1595, ont

pour nous un grand intérêt. Oatre la preuve qui en ressort, de Tabondance de ces marques et de leur renouvellement fréquent, il a ici la conséquence que le fabricant avait changé sa marque au moins en 1595 et remplacé celle de 1592. Les vases portant cette dernière sont donc datés d'une manière sûre et précise. B. B. B.

La fabrique principale des Yianon était à Bouffioulx, où nous l^avons fouillée, derrière la maison Bertrand-BoUe. Cependant nous avons expliqué ci-devant qu'ils avaient aussi une fabrique à Châtelety au lieu dit Fomny, et c'est de là que vient notre tesson Azll2*.

Az23r. — Médaillon semblable au suivant, mais de type varié, fort beau, i barbe moins raide. B. B. B.

Ax23l*. — Médaillon à beau mascaron, haut de O'^SS, entouré de toutes parts de cheveux, de favoris et de moustachest en mèches tortillées qui lui forment une auréole. La barbe du menton est en mèches droites et raides. La tête porte une belle couronne. PL UI, fig. 4. B. B. B.

A^ 255 S — Tesson gris portant un médaillon ovale de 0^04 sur 0°*05, entouré d'émail bleu, et composé d'un fleuron formé d'une quartefeuille interfeuillée de quatre cœurs, le tout orné d'émail grenat, mais d'un travail fort grossier. PI. XV, fig. 40. M. 6.

A^ 313*. — Nous devons revenir sur ce tesson dont l'inscription était restée incomplète pour nous lorsque parut notre 2n« Rapport. C'est la ceinture d'un vase sphéro-cylindrique fort beau, portant de jolis ornements, arabesques, papillons, têtes d'anges ailées, etc., le tout accompagné d'une inscription circulaire bien faite :

IAK : ALLERS. 1594.

Les ornements de ce vase sont d'un bon travail, et la couleur est aussi fort remarquable par sa teinte noire fine semblable à Aï 36', A^ 36*, Ax 94', Ax 225* et A» 316* .

La marque est celle d'un cartemakers ou modeleur allemand, originaire de Hambourg, croit-on, qui travaillait à Francfort, et qui foumisBait ses moules un peu à tous les centres de fabrication, paridt-il, puisque nous retrouvons son œuvre à Baeren, à Bouffioulx et ailleurs.

Toutefois certains moules portant la signature de cet artiste nous font bien l'effet d^avoir été imités ou contrefaits; car nous avons vu sur des grès d^origine allemande : Ja% Alers et non AOêrt.

La collection Minard renferme un vase avec la même orthographe que la nôtre.

Il parait qu'il s'agit d'une frise de Théod. Debry, copiée et signée par le modeleur.

Nous avons donné la description et le dessin de notre objet dans notre 2"« Sapport, (pi. V, fig. 15). B. B. B.

Az 313*. — Tesson d'un même vase, de même teinte, trouvé à Châtelet dans les amas de rebuts de four, à la Cour Finette. C. C. P.

Az 431* . — Médaillon tout à fait artistique de 0*^65, portant au milieu un ovale, ou un fuseau, de 0°K)32 sur 0"05, et de chaque côté un croissant rempli d'enroulement, pleins de goût, se rattachant de chaque côté à une petite tête, le tout de beau style de renaissance flamande.

Le centre présente la personnification de la justice sous forme d'une femme de face, voilée d'une draperie transparente, admirablement rendue par Tartiste, et tenant à droite le glaive et à gauche la balance. L'ensemble est d'une légèreté et d'une élégance remarquables. Au pied, quelques touffes de verdure. A la partie supérieure, sur une banderoUe, les mots : la justice en flamand ancien :

DS OSBBCHTIGSID.

Nous avons dit ailleurs que Bouffioulx, par raison de concurrence, fabriquait des pièces portant les inscriptions et le

caractère flamands ou même allemands anciens. PL III, fig. 5. B. C. D.

J'ai TU au musée de Trêves, sur des grès de Siegbourg, un médaillon tout à fait semblable, mais ne mesurant que 0"'045 et d'autre moule moins soigné. Les deux petites têtes y sont remplacées par des roses à quatre pétales et Tépce de la justice est tellement grande que le personnage doit la tenir par le gros de la lame près de la poignée.

La personnification de la justice sous toutes ses formes était devenue à cette époque un ornement banal pour les artistes de toute espèce.

Le N"" 895 G. M. de Raeren porte une justice assise accompagnée de Tinscription :

DE GBKBGTIOKEIT,

beaucoup plus allemande que l'autre.

Avec un très grand nombre de doubles sur vases entiers ou brisés^ tirés des résidus de fabriques de Bo%ffloulx.

Az432*. — Personnification de la justice dans un style' différent de notre A^ 431 * . C'est un médaillon de 0™09 sur 0^8, avec une ellipse centrale allongée en fuseau de 0°K)3 sur 0°K)6, oÎL se trouve fort à l'étroit la figure un peu gothique d'une ' femme de face, couverte d'un fourreau ornementé sur le devant et sur la bordure. Deux ailes remontent derrière les épaules et viennent lui encadrer la tête et le cou, qui est entouré d'une collerette fraisée. Elle porte à gauche son glaive et à droite sa balance à moitié cachée. Le tout est entouré d'un encadrement dans lequel sont distribuées quatre têtes de face, dont l'une vient malencontreusement coiffer celle du personnage. Ces mascarons sont reliés par des ornements de même genre, mais de type un peu varié, que le tour du médaillon A^ 435*, pL I, fig. 3. B. C. D.

Avec un iris grand nombre de doubles.

Az433\ — Autre personnification de la justice, dans une

ellipse accostée de deux têtes d'anges ailées, qui remplissent le reste d'un cercle de 0°'065. Le personnage, de face, a luimême des ailes qui, de Tépaule, Tiennent encadrer la figure et le cou. Il porte, à droite, le glaive et à gauche, la balance. Il est nu, sauf une draperie transparente sur le ventre.

Le tout est simple, mais bon. PI. I, fig. 2. B. C. D.

Avec un très grand nombre de doubles.

Az 433*^. — Autre tesson de même type. Il offre ceci de remarquable que la cuisson ayant été manquée, il est resté collé sur une boule de terre écrasée qui lui a servi de support dans le four. On employait donc déjà au XVP siècle ce moyen de support, qui sert encore souvent aujourd'hui dans les fabriques. B. C. D.

Az434*. — Médaillon portant un cachet tout à fait local pour la commune de Bouffioulz. Ce sont deux ovales concentriques, deO«K)85 surO»070 et de 0°»065 sur 0"050, entourés d'un chapelet de perles et séparés par une légende que voici :

BiaNEVB OB : HATBA : BT OOYVEBNBVB OB : MOKIWEA.

Au milieu se trouve un personnage burlesque tourné à gauche, à grosse tête, à moustaches minces retroussées en longs crocs ; portant une collerette fraisée, un pourpoint boutonné, couvert d'une écharpe flottante en sautoir, des manches et des culottes bouffantes de lansquenets gonflées au-dessus de mollets grêles et serrés dans les bas ; armé d'une lance ; ayant au côté une longue épée qu'il relève presque horizontalement. Il tient à droite une large bourse dont les coins et les cordons sont ornés de floche en houppes.

Les reliefs de ce médaillon sont excessivement prononcés. PL I, fig. 9. B. C. D.

Voilà Monseigneur de Mûtrâ (Mantrau) et de Monjuwrâ ou Monicfdvrâ [Monehevreau), en wallon de Bouffioulx ancien et jnodeme.

Au XVP siècle, comme aujourd'hui, le peuple illettré de

Bouffioulx prononçait de même en patois an et on, on plutôt il donnait à ces diphtongues un son guttural aspiré intermédiaire entre â et â. Mais, comme conséquence aussi, il écrivait indifféremment Tun pour l'autre an et on et aussi â et tf , ne se rendant pas compte dans son écriture, d'une différence qu'il n'ayait pas l'habitude de respecter dans sa prononciation.

Il s'agit ici de Montrean et de MonUhâvreuU^ deux châteaux légendaires de la localité, dont les ruines, placées sur les rochers de la yallée, en face l'un de l'autre, viennent seulement de disparaître sous les efforts des trayailleurs du chemin de fer et des carrières. L'histoire ne dit pas un mot de ces deux cbâteaux,dont l'archéologie reporte la construction auXI^siècle au moins ou bien au delà encore* , peut-être jusqu'au VIU' siècle.

Ces châteaux amenaient aux alentours des guerres continuelles, dit la tradition populaire, et des batailles terribles à rare et à Varhalite. Or ces traditions lointaines, pleines de mystères et de superstition, se rattachant à ces ruines qui dominaient le village et parlaient vaguement à l'imagination d'origine lointaine, ont dû être bien puissantes aux siècles passés, si superstitieux et cependant si gouailleurs. De là cette personnification ridiculement guerrière à laquelle on a ajouté le sac à l'argent. Ce sac est-il plein et est-ce une allusion à ce dicton populaire \ Il a le sac ; ou est-il vide et est-ce plutôt une allusion au dénûment d'un seigneur de çouuet vide ? Nous ne pouvons le deviner. Toujours est-il que le peuple du village appliquait, paraît-il, cette appellation de Monseigneur de Mouchivrâ aux sots vaniteux, riches ou pauvres diables, qui ne manquèrent en aucun temps, ni en aucun lieu.

Cet article était écrit quand j'ai remarqué au Musée de la

I. On y a trouvé des restes de maçonnerie antique construite dans l'appareil dit en aréie de poisson. Un bloc en a été transporté au musée archéologique de Gharleroi, où il porte la marque MMSn %\

porte de Hal, dans la collection des grès de Raeren, un vase N'' 24, portant un médaillon pareil, mais sortant diantre moule et d'autre fabrique, arec une inscription allemande qui généralise ridée appliquée chez nous à un personnage particulier. Cette inscription signifie : « Je suis un héros, j 'ai le sac et Targent. Je suis toujours sans le sou, ainsi soit celui qui lira ceci ».

Je ne crois pas nécessaire de rien changer à ce que j'avais écrit. Ce £ait est un exemple nouveau joint à tous ceux qui précèdent : ce médaillon se fabriquait en même temps à Raeren et à Bouffioulx.

Avec %n trii grand nombre de doubles.

A^ 436' . —Médaillon tout à fait artistique de 0°K)8 sur 0°«7, portant en relief assez fort, dans un ovale central de 0*046 sur 0"03, un personnage allégorique ou historique. C'est un guerrier présenté de fetce, costumé à l'antique. H a la main gauche posée sur la hanche et soutenant une légère draperie ouécharpe qui tombe de chaque côté de l'épaule. Il semble menacer quelqu'un d'une épée ou d'un poignard qu'il tient levé de la main droite, et soulèye en ilneme temps ce côté de l'écharpe. Autour sont des plantes.

L'encadrement est remarquablement exécuté. C'est une belle imitation des cuirs artistiques du style renaissance flamande, qui ont été si fort à la mode au XVI® siècle. Il est composé de quatre losanges ornementés et de quatre mascarons entourés chacun d'un OTale orné, le tout relié par des découpures enroulées bien dessinées. PI. I, fig. 3. B. G. D.

Notre dessin est fort peu réussi, le personnage est un peu travesti en jongleur de poignards. Sa figure fleurie, encadrée de longs cheveux, et son costume ont perdu tout cachet romain ; une culotte i dentelles a remplacé la jupe en lanières de cuir du guerrier de Rome. Quant à l'encadrement il est complètement dénaturé.

Ce genre d'ornements était communément employé dans les divers centres de production de grès ornés et notamment à Siegburg, à Raeren, etc. Nous en avons vu divers exemples dans les musées i Bruxelles, à Liège, à Trêves, etc.

Le vaseN^56. M.E., offre la variété du même sujet, fabriquée à Raeren. Le personnage est en position rétro versée de gauche à droite. U tient donc son arme de la main gauche.

Ce médaillon et le personnage quMl porte n'ont que de vagues ressemblances avec celui de Bouffioulx, ce sont les mêmes motifs mais pas le même dessin. On a pu imiter mais à coup sûr il ne s'agit pas ici de surmoulage. Nous allons revenir sur ce sujet.

Av$6 flM de 60 ioubUê variés.

A^ 435**. — Partie d'un médaillon beaucoup plus grand que les précédents, mais traitant le même sujet d'une façon variée. Il mesure O^^OS sur 0*105. C'est un surmoulage de Siegburg. Nous avons vu en effet et copié ce médaillon au musée de Trêves, sur les vases N<^ G. 91 et G. 94 et autres, il est de mêmes motifs que le type de Raeren et celui de Bouffioulx, que nous venons de donner, mais l'exécution est différente.

Ces ornements sont semblables, mais traités plus largement et plus artistiquement qu'à Raeren et à Bouffioulx. L'encadrement est remarquable et large de e°'02 ; il porte quatre mascarons chevelus et à collerettes qui sont bien finis.

Ces mascarons sont réunis par de jolis ornements en imitation de cuirs en lanières, enroulées et recoquilléee de façon artistique. Le personnage est fort soigneusement dessiné, la pose et les détails sont remarquables. La figure est romaine, le costume est scrupuleusement romain et est recouvert d'une longue écharpe qui se drape sur le dos et vient tomber des deux bras, le glaive qu'il tient est lui-même un large poignard romain, il porte la jupe en lanières du guerrier romain. A tous les points de vue, c'est une belle œuvre. Voilà un

exemple d'emprunt de nos potiers wallons fait directement aux prodoits de Siegburg.

A^ 436*. — Médaillon de 0"55 sur 0«50, tjui en renferme un autre moins grand, entouré d'une simple couronne de petites rosaces interpolées de petits cœurs. Au milieu se trouve un personnage tourné à gauche, assez élégant et assez bien fait, de même type d'habillement que A^ 437* ci-après, coifié d'un chapeau assez haut, à larges bords, fraise au cou, pourpoint boutonné et culottes courtes. Du reste nul accessoire, comme aux médaillons précédents. Ce personnage représente l'empereur avec le glaive élevé dans la main droite et le globe dans la main gauche. Les pieds sont accostés du millésime

15 89 tout à fût rétrograde. Ici, comme dans beaucoup de cas, l'artiste a gravé le modèle dessiné sans le retourner de droite à gauche. PL I, fig. 6. B. C. D.

Voilà encore un moule dû à un burin du cru, au XVP siècle. Ax 436'. — Cruche à large goulot couvert d'un cordon en spirale, de forme semblable à Az 475, ornée de deux médaillons Ax436\ Elle mesure 0°»21 de haut, dont 0°»07 pour le col, O^'IS de large à la panse, 0"*09 sous le fond et 0"'07 au col. B, C. D.

A» 437*. — Médaillon de 0"07, analogue à A» 438*. Le tour d*omement est semblable à Az435'. Quant au personnage, il porte un costume différant un peu sur un point, celui de la culotte, qui est une imitation du haut-de-chausses, bouffant à la cuisse. Les reliefs sont assez prononcés. PI. III, âg. 3. B. C. D. Avec beaucoup de doubles.

A» 438*. — Médaillon de (TOS sur 0^06 avec un ornement circulaire imité de Az435\ mais où les mascarons ont été remplacés par de petites rosaces à cinq pétales. Au centre, dans un ovale de 0^035 sur 0^050, se trouve un personnage tourné à droite, qui rappelle le seigneur de Afontchivrâ, dont nous avons

parlé en A^ 434*. H a le chapeau à largee bords, le pourpoint boutonné, les manches et les culottes bouffantes. Il porte le poing gauche sur la hanche et s^appuie à droite sur une lance ; c'est un lansquenet. Il est accosté du millésime :

16 91 avec le 9 rétrograde.

L'exécution de ce médaillon est faite en reliefs très prononcés. C'est un moule primitif fabriqués à Bouffioulz. PI. I, fig. 12. B. C. D.

A» 439*. — Médaillon de 0-08 sur (TOT, bordé de jolis ornements analogues à ceux de Az461S en fleurons, croisettes et losanges de renaissance flamande. Au centre (0"045 sur 0'H)50) la même scène qu'en A^ 100*, pi. I, fig. 8, mais traitée un peu différemment et plus soigneusement.

L'inscription est supprimée et les personnages sont modifiés. La danseuse, au repos, tient les deux poings sur les hanches. Sa coiffure est soignée, son f(mrr$au des grandes fêtes est à corsage en cœur, et orné sur le devant. VL est recouvert d'une espèce de pardessus ouvert, d'autre étoffe. Le cavalier, qui s'évertue à sauter devant sa dame, le fait avec un véritable et sérieux entrain. Il a un chapeau à plumets sur la tête, et tient les mains appuyées sur les reins pour ménager son haleine. Derrière lui se trouve un grand pot de bière qui l'attend. Comme costume, il porte la culotte bouffante et le pourpoint boutonné. Les personnages sont traités en reliefs très forts. C'est certainement un moule du cru. B. C. I).

Avec un iris grand nombre de doublée.

Ax440*. — Médaillon de même dimension que le dernier, sauf la guirlande de bordure, qui est moins lar^e d'un demicentimètre et consiste en une simple chaînette formée d'anneaux allongés.

Les personnages sont aussi un homme et une femme de costumes semblables aux précédents ; mais ici ils se parlent et

ne dansent pas. Peut-être s'agit-il de l'invitation à la danRe. Le fourreau de la danseuse est orné avec moins de luxe que dans la scène précédente. La pose du cavalier est naturelle, mais les deux têtes sont fort grosses. Les reliefs sont très prononcés. Ce médaillon et le suivant ne sont vraiment que des variétés l'un de l'autre. B. C. D.

Az 441 '. — Imitation du médaillon précédent (0^7 sur 0'>K)6) avec quelques modifications dans l'habillement. La chaînette est formée d'espèces de pinces arrondies, analogues à celles d'écrevisses (forfleei). Le fourreau de. la femme est plus orné, le pourpoint du cavalier est devenu un veston serré à la taille par une ceinture ; cependant ce qui paraît être les pans de l'habit nous semblent être les bouffants de chausses à la François I^. L'artiste a placé une fleur derrière le cavalier et à portée de sa main. T a-t-il là une attention délicate et galante ? Nous ne savons. Ce qui est certain, c'est que son ciseau a, sans façon aucune, gratifié la dame et surtout le cavalier d'une tête monstrueuse. Il lui a donné des moustaches en croc d'une longueur démesurée. Les reliefs sont très prononcés. B. C. D.

Ax 445*. — Médaillon de (r065 sur 0^055, rempli par un cuir du style renaissance flamande, de très bon dessin. Au milieu se trouve un espace vide, condiforme, surmonté d'une couronne où sont représentés : à dextre un quartier de lune et à sénestre une étoile à 6 rais, qui représente probablement le soleil. Sous l'étoile est un 8 (ou un 3 en chiffre), ou un B.

Vers le bord, à droite et à gauche, sont les caractères :

C'est le millésime 1584, avec la marque de Jean Bertrand, qui, selon les archives, était maître potier à Bouffioulx à cette époque. PI. II, fig. 7. B. C. D.

Le vase de Raeren N^ 223. M. L, et un vase de Siegburg que

nous avons eu en main au Musée de Trêves, offraient un médaillon dont le tour était un cuir presque semblable au nôtre ; mais le reste était différent ; le dernier ne portait ni date ni marque. C'est le blason de Tun des rois mages, d'après le dessin imaginé et exécuté par Solis.

Ax446'. — Médaillon fort rempli d'ornements, de 0°>08 sur 0^7, représentant avec une naïveté primitive, la scène du paradis terrestre. La tige et les racines de Tarbre sont de forme toute héraldique. H est accompagné d'autres plantes. Le serpent grimpe autour du tronc et vient présenter dans le feuillage touffu, une tête et une poitrine de femme. Eve, à droite de Tarbre, les cheveux pendants sur les épaules, cache sa nudité sous un feuillage et offre la pomme à Adam qui, de Tautre côté de Farbre, accepte en se voilant lui-même. Cette œuvre est fort peu artistique et ne présente qu'un intérêt de curiosité. C'est sans doute l'origine de Tart àBouffioulx. B.C.D.

La scène du paradis tsrrestre fut souvent traitée par les artistes décorateurs de toutes les époques et surtout de la renaissance flamande. Nous l'avons vu sur des grès de diverses provenance.

Les plats de dinanderie en étaient souvent ornés, nous en avons vu beaucoup, et notre musée de Charleroi en possède un.

Avec ieoMeofêp de doubles.

Az447*.— Imitation inintelligente du médaillon A^4A6\ plus surchargé encore de détails. L'arbre est devenu un chêne feuille et glandé. Le serpent a disparu. Les personnages, quoique nus, comme dans l'autre médaillon, sont affublés chacun d'un bonnet pointu, leur pose est presque renversée, sans naturel, et il n'y a aucune action entre eux. Bref, c'est une œuvre de dessin déplorable et due à un artiste tout à fait inexpérimenté. B. C. D.

Avec grand nombre de doubles.

Az448\ — Imitation lointaine du médaillon k^AAV^ mesu*

rant 0"075 sur 0"065, avec application à une autre scène. C'est un ovale rempli à l'excès d'ornements serrés, de feuillages, de fleurs, etc. La forme de l'arbre a été modifiée, la figure du serpent est devenue une tête d*ange ailée ; Adam et Eve sont remplacés par deux guerriers portant chacun un glaive qu'ils semblent diriger Tun contre l'autre. Y a-t-il une idée de combat dans cette image ? S'agirait-il de l'antagonisme des principes du bien et du mal ? Toujours est-il que la scène prête à cette interprétation. C'est une œuvre de style local. B. D. C.

Avec un grand nombre de doublée.

Ax 450*. — Médaillon arrondi de 0°K)5, de style local, formé d'une couronne d'épines renfermant un pélican avec ses petits. Le col de l'oiseau s'arrondit en un cercle oii se trouve le chiffre du Christ :

IHS.

L'exécution de cette œuvre est fort bonne. Le relief assez proéminent. PI. II, fig. 12. B. C. D.

Le pélican fut un sujet d'ornements favoris à beaucoup de fabriques de grès. Tous les graveurs d'ornements de renaissance flamande employaient ce motif '.

Ax 450*. — Partie de vase au même médaillon, orné à l'épaulement d'un collier de fleurons à l'emporte-pièce, semblable à Ax93% pi. XVI, fig. 25. B. C. D.

Az451'. — Médaillon de 0"06, renfermant, au milieu d'une bordure de jolis ornements semblables à A^ 439% une belle tête expressive d'empereur, à la barbe divisée en deux et à longues moustaches, fort bien traitée en forts reliefs. Elle porte la couronne impériale de Charlemagne. En dessous on lit le millésime :

1. Documents cUusés de fart dans les Pays-Bas^ par J.-J. Van Ysbndyck» leure T, pi. 7 (1641) et passim.

ayec le 9 rétrograde, pi. I,fig. 11. V. A» 462* et A» 639.B.C.D.

La tête de Charlemagne resta populaire pendant longtemps et serait souvent de motifs d^omementation. On prend quelquefois cette tête pour celle du Christ.

Avec beaucoup d$ doublée,

A<452'. — Médaillon de 0°>06 sur 0"K)7, portant au milieu, dans un encadrement cordiforme, la même tête que Ax451% pi. I, fig. 11. Au-dessus une tête d'ange ailée ; aux deux côtés, deux personnages nus, pi. II, fig. 8. Y. Az 451 et A< 539. B. CD.

Avec beaucoup de doublée.

Az453'. —Médaillon rond de 0"K)6, renfermant une face joufflue à barbe et à moustaches. Ce tesson est remarquable par sa teinte noire lustrée, pi. III, fig. 8. B. C. D.

A* 454*. — Médaillon rond de 0"^ entouré d'une bordure d'ornementation semblable à A^ 435', pi. I fig. 3, mais plua petite et moins compliquée. Au milieu, dans un espace en forme d'ellipse ou plutôt de fuseau ventru, est dessinée une croix de Malte agrémentée. C'est une œuvre joliment exécutée, pi. U^ fig. 5. B. C. D.

Ax 455*. — Médaillon de 0"070 sur 0°K)55, rempli par un arbre fantastique, entouré d*arabesques et d'autres ornements, foliacés, de dessin bien réussi, pi. I, fig. 4. B. C. D.

Avec plueieure doublée.

Ax456'. — Médaillon de 0°K)8 sur 0*07 offrant, au centre d'une jolie bordure de feuillage, un second médaillon de 0°K)5^ sur 0°K)4, rempli par une arborescence compliquée, accostée par deux personnages. Nos spécimens étant incomplets, noua ne pouvons donner plus de détails descriptifs. C'est un joli médaillon, portant à l'exergue le millésime :

PI. m, fig. 2. B. C. D.

Az 457*. — Personnification du soleil entouré de ses rayona

au centre d'an losange de 0^9 sur 0"06, pi. III, fig. 9. B. C. D.

Âvee beaucoup de doubles.

A^ 458' . — Médaillon fort semblable à Ax 108* , déjà dessiné dans notre 2"^* Rapport (pi. IV, fig. 9) ; seulement le personnage représenté au milieu est masculin au lieu d'être féminin. Nous avons vu des médaillons identiques à l'exposition nationale de 1880. B. C, D.

A* 459*. — MédaiUon rond de 0"06. Entre deux arbres, dont un chêne à glands monstrueux, une femme, portant une grosse tête, vêtue d'un fourreau orné, est campée, les poings sur les hanches. B. C. D.

Ax460\ — Tesson portant le bout d'un arbuste, et sur une

bande horizontale placée au-dessus, une inscription incomplète :

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