LES POSTULATS INCONTESTÉS
Fussent-elles définitivement établies d’ailleurs, que ces théories ne justifieraient point les théories décevantes que certains économistes ont tenté d'en déduire relativement à l'impuissance nécessaire des efforts individuels en vue de la diminution du nombre, de la durée et de l'intensité des conflits collectifs. Ces théories, en effet, tendent à expliquer le mouvement gréviste, à prouver que les incidences économiques déterminent des situations de fait dont la grève a été jusqu'ici la solution, mais dont rien n'autorise à dire qu'elle soit la seule solution. Si donc la grève est un mal social, il est du devoir de tous les bons citoyens de chercher les moyens de l'éviter.
Or, s’il est un point désormais acquis auprès des économistes de toutes nuances, c'est bien assurément que la grève est un mal, «une maladie sociale »,écrivait naguère M. Fontaine (1). Certes nulne le conteste la grève est à
l'heure actuelle socialement une menace salutaire (2) et
(1) La grève el la concilialion, p. 23.
(2) Il est possible qu'un jour la grève fasse socialement plus de bien pour l'amélioration du sort des travailleurs que de mal, par
suite de l'hostilité qu'elle est propre à exciter entre le capital et le
travail. C'est toutefois à la condition qu'elle opère surtout comme