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LES POSTULATS INCONTESTÉS 2'T

politiquement une liberté nécessaire (x) ; les suspensions collectives de travail ont en bien des cas sauvegardé les intérêts et les droits les plus légitimes de la classe ouvrière, et il serait impossible de porter directement ou indirectement atteinte à un droit que la classe ouvrière s'est progressivement habituée à considérer comme naturel, sacré, intangible, que les libéraux (2) eux-mêmes ne contestent plus et que les révolutionnairesapprécientcomme préparation au « bouleversement final ». Mais toutle monde, sauf peut-être M. Sorel et quelques-uns de ses disciples,est aussi d'accord pour penser que parmi les répercussions douloureuses-qu'elles provoquent dans les familles et dans la société, par les sacrifices qu'elles nécessitent, les misères qu'elles provoquent les ruines qu'elles accumulent, par les inconvénients qu'elles présentent pour les intérêts

industriels et parfois pour les intérêts nationaux,les grèves

menace et que son effet soit presque exclusivement préventif (Crouzel, .0p..cit., p.525).

(1) De ce que la grève est la guerre, il ne s'en suit pas qu'elle soit nécessaire et éternelle. Au contraire ! Elle est nécessaire acluellement parce que toule l’organisation économique actuelle est sur le pied de guerre et qu'il faut bien s’accommoder aux circonstances ; elle pourra ne plus l'être du jour où cette organisation aura changé et sera devenue ce que les physiocrales appelaient d'un beau nom l’ordre nalurel,sauf qu'il n’est point naturel (Gide, Le droit de grève, p. 27). M. Gide espère que « le développement de l'esprit de solidarité sociale mettra un frein efficace aux grèves « (eod. lac.; p. 28).

(2) Sur l'évolution des libéraux à cet égard, voir les références indiquées par Pic, article précité de la Revue d’écon. pol. (janvier-février 1912).

constituent un mal social (1) auquel il y a urgence d'apporter un remède.

Nous estimons pour notre part qu'il n'y à pas aux conflits du travail de remède unique.

En passant en revue les différentes initiatives dans lesquelles certains économistes ont vu la solution d'un remède infaillible aux conflits du travail, nous n’en avons point rencontré qui nous paraisse de nature à être considéré comme tel. Nous avons salué au passage certains efforts généreux et respectables, nous nous sommes incli-

nés devant les heureux résultats produits en France ou à

(1) Nous trouvons celte idée, déjà exprimée par Le Play (Réforme sociale, t. Il, p. 164), sous la plume de M. Fagnot {Le droit de grève, p. 213), de MM. Saleilles, Fournière, de Seilhac, Souchon, Millerand, Bry, Hubert Valleroux, de Mun, Leroy-Beaulieu, Nast, Liesse, Aftalion, Fleury-Ravarin, de Cefeda, Deschamps, Lefas, fsaac, Barrault, Ribot (Enquête du Bullelin de la Semaine).

Malgré l'évidence et la nécessité du droit de grève, en dépit des garanties immédiates d'indépendance et de progrès qu'a pu y trouver la classe ouvrière, les citoyens les meilleurs, d'accord avec le sentiment presque unanime de la nation pensent que la multiplica- Lion des grèves est un mal et qu'il faut y parer.

....Espérer que l’expérience à elle seule en arrêlera les progrès serait enfantin, puisque les populations ouvrières y trouvent encore souvent un avantage (Arthur Fontaine, Les grèves et la conciliation, p.23. — V. également Fagnot, Le droit de grève, p. 213).

S'il est vrai que l'abondance des grèves soit un signe de prospérité industrielle et de rareté du chômage et que l'examen des statistiques établisse que la grève se termine le plus souvent par un succès pour l’ouvrier sans dommage irréparable pour l'industrie, il n'est pas moins indiscutable qu’il en résulte de très fâcheuses conséquences morales, Entre employeurs et employés, la méfiance et la haine se trouvent accrues, les relations rendues plus difficiles ; le fossé qui les sépare de plus en plus profond (D° Desormeaux, Enquêle, p. 178).

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