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CHAPITRE V

L'opinion de M. Jules Guesde. — Ce qu'il entend par neutralité. — La grève générale. — La grève générale des ouvriers de chemins de fer de 1898.— Son échec piteux. — Le congrès de 1899.— Conseils de modération donnés par M. Guérard.— La grève générale politique en Belgique.

Dans une brochure intitulée La République et les grèves^ parue en 1878, M. Guesde affirmait la doctrine socialiste sur la question des grèves. — Cette doctrine peut être facilement résumée.

D'abord, disait M. Guesde, nous ne sommes pas partisan de la neutralité gouvernementale, en matière de grève. Nous croyons qu'un gouvernement véritablement démocratique aurait autre chose à faire, dans les conditions sociales actuelles, qu'à se croiser les bras et à laisser fonctionner la loi de l'offre et de la demande, lorsque l'exploitation capitaliste jette hors de l'usine ou de l'atelier les travailleurs poussés à bout. Et cela pour l'excellente raison que la législation sur la propriété, qui seule rend possible cette exploitation par la concentration qu'elle opère ou qu'elle laisse opérer entre quelques mains, de l'instrument et de l'élément du travail de tous, étant d'origine, d'essence gouvernementale, le gouvernement a un devoir de redressement, de réparation à remplir vis-à-vis des exploités — exploités par sa faute.

Mais si l'on admet la neutralité, il faudrait alors que l'autorité ne se contentât pas de protéger les propriétés et le capital mobilier et immobilier des patrons contre toute tentative de destruction, par l'envoi de troupes qui coûtent fort cher au budget; mais qu'elle apportât également aux ouvriers la seule chose qui leur manquât pour attendre patiemment et tranquillement la

soumission de leurs employeurs, c'est-à-dire les moyens de vivre, de subsister, eux et les leurs, et ce à l'aide d'une subvention budgétaire.

On voit alors les ouvriers devenus fonctionnaires à ne rien faire et ne demandant nullement à reprendre le travail. Qui donc, dans ces conditions, ne voudrait être ouvrier? — Et encore M. Guesde ne fait pas la partie égale aux patrons et aux ouvriers. Il faudrait pour cela que le gouvernement remît aux patrons, sur ses réserves (?] budgétaires, les revenus normaux de leurs usines. Et alors tout le monde pourrait attendre paisiblement la fm de la grève... aussi longtemps que l'État le permettrait.

Telle est la théorie des socialistes sur la grève. — On voit que, de longtemps, elle n'a pas grande chance d'être acceptée.

La grève partielle ne semblait pas — dans les circonstances actuelles — un bon moyen de lutte pour les socialistes; ils préconisèrent la grève générale. Qu'entendait-on par grève générale? Quel était ce nouvel instrument de lutte contre le capitalisme? Voici ce qu'il nous faut très succinctement exposer.

Les plus farouches révolutionnaires ont depuis longtemps abandonné le système des classiques émeutes. L'épouvantable répression de la Commune a été une leçon de choses dont les révolutionnaires se souviennent encore. L'alignement des rues et Téventrement des quartiers à ruelles étroites ont anéanti l'espoir de nouvelles barricades, qu'un coup de canon jetterait à bas comme un château de cartes. D'ailleurs, le peuple est devenu résigné, d'autres disent veule et peureux. Les révolutionnaires perdent leur temps en lui prê-

chant la révolte. Il faut donc le faire révolter malgré lui, l'acculer à la révolte. Et voici qu'intervient le système de la grève générale, dans toute son ingéniosité.

Supposons une grève de mineurs, grève complète et généralisée, et étayée par le concours ou la complicité de diverses autres catégories de métiers : déchargeurs de navires ou employés de chemins de fer. Supposons donc que dans les grands centres — comme d'ailleurs le fait vient de se produire à New-York — le charbon arrive difficilement, à intervalles irréguliers et par quantités insuffisantes. Supposons même — car il nous faut la grève générale des mineurs non point telle qu'elle sera, mais bien telle que ses auteurs la désireraient — supposons donc que les quantités de charbon arrivant dans les grands centres ne suffisent même plus à produire le gaz nécessaire à l'éclairage et à l'action de mille petits moteurs qui font marcher de nombreux ateliers. Voici la vie sociale désorganisée par deux causes. D'abord les ouvriers de ces petits ateliers, et a fortiori ceux des grandes industries qui engloutissent le charbon par milliers de tonnes sont obligés de chômer. Ils n'ont pas d'économie. Bientôt la faim vient les torturer, ils ont sous les yeux les tristesses, les angoisses de leurs femmes, de leurs enfants. Qui sait où le besoin peut pousser la bête humaine, désespérée, oisive? Les promoteurs de la grève générale supposent que les hommes les plus tranquilles et les plus honnêtes se transformeraient, sous cet aiguillon, en bêtes féroces vivant de rapines et de meurtre. — En second lieu, les ténèbres de la rue pendant la nuit — puisque les rues cesseraient d'être éclairées — sembleraient des plus favorables aux coups de force et aux assassinats.

Ainsi, ne pouvant forcer le peuple à se révolter en

masse, les grève-généraux veulent pousser toutes les individualités à se révolter sous le coup de la faim. L'ouvrier ne vit qu'au jour le jour; ils veulent l'obliger à mourir de faim et à défendre son existence par l'assassinat. — La grève générale, c'est le radeau de la Méduse.

Enfin, il faut bien s'avouer que l'armée et la police seraient impuissantes contre cette émeute qui ne serait qu'une série de cent mille émeutes partielles. Par groupe de deux, de trois, ces nouveaux Apaches s'introduiraient dans les boutiques de comestibles, chez les marchands de vin et réclameraient énergiquement ce dont ils ont besoin et qu'ils ne peuvent payer. Si le boutiquier résiste, on lui tord le cou. Là des appartements seront envahis et pillés. Et l'on donnera, ce jour-là, cours à toutes les haines, à toutes les jalousies, à toutes les vengeances. Pensez donc! pendant quelques heures, les misérables seront rois. Et je ne parle pas encore de cette écume de la population qu'en temps de révolution on voit surnager à la surface, de cette écume composée de gens que l'on n'a jamais vus dans un atelier. Non, je parle des ouvriers honnêtes, laborieux, acculés par le besoin et par la faim aux pires extrémités.

Jusqu'ici les grève-généraux ont raison. L'hypothèse qu'ils nous présentent peut se généraliser. Le crime, l'incendie, le pillage peuvent éclater de toutes parts, du fait de l'arrêt brusque de la vie sociale. Mais après?

C'est ici que nous différons de vue avec les révolutionnaires. — Par un habile éparpillement des forces prolétariennes, Paris est pris. Tout ce qui de bourgeois a pu s'échapper l'a fait. Les autres ont été occis, dépouillés. C'est un acte de la vieille Révolution qui s'est joué. Mais croit-on que le reste de la France va

accepter le fait accompli, que Farmèe va briser son grand sabre, que la force publique va désarmer? — Le gendarme est toujours le gendarme. L'armée de Versailles rentrera dans Paris, et les bandits involontaires seront poursuivis, traqués, dénoncés par ceux qui en auront fait plus qu'eux et qui solliciteront la clémence par la dénonciation.

J'ai bien souvent discuté cette hypothèse fatale avec des révolutionnaires. Et certains d'entre eux, pleins de bonne foi, dans cet aveu du moins, m'ont dit : « Sans doute, la grève générale a peu de chances de succès ; mais la grève générale est un drapeau, un but, un idéal. Si nous n'en avions pas, nos syndicats socialistes seraient désertés. »

Certains socialistes révolutionnaires n'entendaient pas la grève générale de cette façon. C'est ainsi que le congrès de la fédération nationale des syndicats (appartenant plus ou moins ouvertement au parti guesdiste) qui se tint au Bouscat près de Bordeaux affirmait une thèse différente de la grève générale, la grève des bras croisés :

« Considérant

« Que la grève partielle ne peut être qu'un moyen d'agitation et d'organisation ;

« Seule la grève générale, c'est-à-dire la cessation complète de tout travail , ou la Révolution, peut entraîner les travailleurs vers leur émancipation. »

C'est encore le congrès allemaniste de juin 1891 qui déclare :

« C'est par l'organisation de la grève générale, par le sou qu'il faut prendre sur notre salaire, le sou qui sera le salut, que l'on pourra réaliser la libération du prolétariat. »

Mais ici, il ne s'agit — entendons-nous bien — que de la grève pacifique — la grève des bras croisés. Et M. Allemane donnait l'exemple à ses partisans en remplissant sa cave de pommes de terre pour la date fatale. — Aujourd'hui, ce système pacifique est mis au rancart des armes révolutionnaires, et la plupart des hommes qui l'ont préconisée sous cette forme n'ont voulu qu'une chose : ne pas effrayer les esprits timorés. — Sous quelque forme d'ailleurs qu'on la présentât, l'idée de la grève générale fut repoussée par tous les congrès internationaux. Les Anglais et les Allemands étaient des gens d'esprit trop pratique pour se laisser tenter par cette billevesée. Il nous faut remarquer que la grève générale a été essayée en France et que cette tentative malheureuse a donné raison aux socialistes avisés d'outre-Rhin et d'outre-Manche. Cet essai a été la grève générale des chemins de fer.

Le Congrès des employés de chemins de fer, tenu à Paris en avril 1898, avait décidé la grève générale.

Cinquante-quatre groupes s'étaient prononcés en faveur de la grève générale, treize avaient voté contre remploi de cette arme inconnue et vingt-huit groupes étaient restés dans l'hésitation.

A la suite de ce vote, le Congrès des ouvriers de chemins de fer avait pris la résolution suivante :

« Le Congrès donne au Conseil d'administration le mandat formel d'exiger des Compagnies une réponse précise aux demandes réitérées depuis 1893, et lui laisse la latitude de prendre, dans les délais qu'il jugera nécessaires, les mesures qu'il estimera utiles, en s'inspirant des décisions et des votes du Congrès. •>

Les démarches entreprises par le Conseil d'administration auprès des Compagnies étaient restées vaines. Aucune réponse n'avait été faite à cet ultimatum.

Le Conseil fit alors afficher sur les murs de Paris un manifeste ainsi conçu :

Aux Travailleurs des Chemins de fer.

Camarades,

L'heure est décisive :

Le 9« Congrès de notre corporation, après avoir fait auprès des directeurs une dernière démarche restée, comme toujours, sans résultats, a donné au Conseil d'administration du Syndicat un mandat formel et précis.

Les travailleurs des chemins de fer n'attendent plus rien de leurs directeurs; trop longtemps bercés d'un espoir chimérique, nos camarades méditent l'aveu échappé à M. le directeur des chemins de fer du Midi, lorsqu'il déclara : « Les Compagnies ne céderont que lorsqu'elles y seront forcées. »

L'action législative ne donne pas davantage la moindre illusion sur le sort réservé à nos réclamations ; si la Chambre des députés est disposée à voter quelques lois en notre faveur, chacun sait que le Sénat est l'adversaire déclaré de toute réforme sérieuse et que ce serait folie d'attendre de lui une amélioration même insuffisante .

Partout nos camarades déclarent qu'il ne faut plus compter que sur nous-mêmes.

Un chef de gare syndiqué nous écrit :

« Les députés ont voté une loi toute en notre faveur, mais vous avez pu voir qu'ils comptent bien, qu'avec l'aide du Sénat, elle restera morte.

« Si le Sénat la repousse, comme c'est certain, c'est au Syndicat à déclarer la grève générale. Nous sommes 85.000. C'est assez î

« Si la loi est repoussée et que le Syndicat n'ait pas fait acte d'énergie d'ici la fm de l'année, je croirai que nous sommes une majorité de lâches et d'imbéciles bons à mener à coups de fouet, et je donnerai ma démission de syndiqué. »

Un autre chef de gare, également syndiqué, nous écrivait dernièrement :

« Qu'attendez-vous, amis? Quand faudra-t-il qu'aux portes de

ma gare, je colle l'écriteau : Fermé pour cause de grève? J'attends le signal; je suis des vôtres, car, comme vous, j'ai jadis souffert de la faim; car, aujourd'hui encore, je souffre des injustices; car enfin, comme vous, je suis un exploité. »

Les femmes garde-barrières du réseau de l'État donnent aux hommes l'exemple du courage et de la résolution. Elles ont signé, pour être remise à leur directeur, une déclaration l'informant que si leur salaire n'était pas largement augmenté, « elles préféraient quitter leur poste ».

Les poseurs de la voie de toutes les Compagnies, qui sont à coup sûr les plus mal payés des employés de notre corporation ; les hommes d'équipe, dont le métier si dangereux est mal rémunéré ; les aiguilleurs, les conducteurs, les mécaniciens et chauffeurs qui sont si surmenés, tous les employés de chemins de fer, en un mot, « sont las d'attendre ».

Dans tous les services, sur tous les réseaux, l'état d'esprit est le même : « On en a assez et on veut agir >..

Le Conseil d'administration a accepté, sans hésitation, la tâche que le 9^ Congrès lui a confiée ; quelles que soient les circonstances, nous conserverons notre calme, notre sang-froid et notre fermeté.

Nous croyons que toute tentative de conciliation ne doit pas être écartée, et bien que, pour beaucoup, elle ne paraisse pas devoir aboutir, notre devoir est de la tenter.

D'accord avec les délégués du 9» Congrès national de la corporation, le Conseil d'administration se présentera auprès de tous les directeurs. L'un d'eux, bien qu'avec des réticences, a paru désireux d'éviter un conflit et de discuter avec le Syndicat; nous lui demanderons, ainsi qu'à ses collègues, « une réponse nette et catégorique ».

La réponse des Compagnies, que nous ferons connaître publiquement, dictera notre conduite à tous. Par leur longue patience, les employés de chemins de fer ont prouvé qu'ils ne désirent pas la grève ; mais, par leur persévérance et par leurs décisions, ils ont aussi prouvé « qu'ils ne la redoutent pas ». Si cette éventualité se produit, les Compagnies « seules » en supporteront la responsabilité et les conséquences.

Comptez sur notre fermeté, camarades, comme nous comptons sur votre énergie.

Salutations fraternelles.

Le Conseil d'administration.

En même temps, le Conseil adressait à toutes les organisations syndicales le questionnaire, dont voici le texte :

Camarades,

En raison de l'attitude des Compagnies de chemins de fer à l'égard de notre Syndicat, et de leur résistance aveugle à nos demandes réitérées, il est possible que nos camarades aient recours à la grève pour obtenir satisfaction.

Nous pensons que votre Syndicat a dû examiner l'éventualité d'un semblable mouvement, et réfléchira ses conséquences. Il est évident que, s'il se produit, les organisations ouvrières ne trouveront pas une occasion plus propice pour solidariser leurs efforts et arracher, par une action d'ensemble, les réformes qu'isolément, elles obtiendraient avec difficulté.

D'autre part, si nos camarades cessaient le travail, il est indispensable que leur mouvement, en raison de sa répercussion sur le pays, soit vu favorablement par l'opinion. Nous devons nous inquiéter de savoir si les travailleurs, qui sont le grand nombre, sont d'accord avec nous et s'ils sont disposés à seconder nos efforts, soit en supportant de bonne grâce les inconvénients qui résulteraient pour eux, momentanément, d'une grève des chemins de fer, soit, ce qui serait mieux, en se joignant au mouvement et en organisant en même temps, pour en profiter euxmêmes, une grève de leur corporation.

Nous vous demandons, en conséquence, de bien vouloir nous répondre à bref délai sur les deux questions suivantes :

« 1° Si les chemins de fer se mettent en grève, les membres de votre Syndicat sont-ils résolus, par esprit de solidarité, à supporter la gêne momentanée qui en résultera?

« 2° Votre Syndicat est-il décidé à se joindre au mouvement des chemins de fer en cessant lui-même le travail, pour arracher au patronat les réformes que vous réclamez ? »

A la suite d'une consultation faite par le Comité de la Grève générale, au moment où les Syndicats en général, et le nôtre en particulier, étaient menacés parla loi Trarieux,un grand nombre de Syndicats, et parmi eux les plus importants au point de vue

numérique, avaient déclaré que, si notre corporation faisait grève, la leur cesserait le travail en même temps.

Cette consultation des Syndicats fut encourageante pour nous; nous croyons utile, en raison des circonstances, de la renouveler, et nous comptons sur votre activité pour consulter votre Syndicat, s'il ne s'est pas encore prononcé sur la question, et pour nous répondre à très bref délai.

Recevez, Camarades, nos salutations fraternelles.

Pour le Conseil d'administration :

Le Secrétaire général,

El G. GUÉRARD.

Lorsque le Conseil eut arrêté les termes des lettres à envoyer aux Compagnies, le secrétaire général M. Guérard, pour faciliter les démarches, remit sa démission.

Je suis l'égal de tous mes camarades, écrivait-il à la date du 6 juillet 1898, rien de plus. On persiste cependant à me représenter comme un maître, auquel tous doivent obéir, et, malgré vos protestations et les miennes, notre organisation si démocratique est dénommée « le syndicat Guérard ».

Si les Compagnies, trompées par cette apparence, en prenaient prétexte pour refuser d'entrer en rapport avec le syndicat et acculaient ainsi la corporation à la grève, il pourrait se propager cette opinion, dans l'esprit de nos camarades, que seul je suis la cause de l'échec des pourparlers engagés.

Je crois donc de mon devoir, après y avoir mûrement songé, de résigner ma fonction.

La démission de M. Guérard fut refusée et la lettre suivante envoyée aux Compagnies :

Paris, le 12 juillet 1898.

Monsieur le Président, Messieui^s les membres du Conseil d'administration de la Compagnie des chemins de fer d...

Messieurs,

Depuis sa réorganisation, en octobre 1891, notre Syndicat a tenté, à maintes reprises, d'entrer en rapports avec M. le di-

recteur, représentant votre Compagnie, pour examiner avec lui les demandes et les réclamations du personnel.

Les démarches nombreuses faites par nos Congrès nationaux et par le Conseil d'administration de notre Syndicat n'ont pas eu l'heureux résultat que nous recherchions.

En 1893, notamment, nous remettions à votre administration un cahier des revendications du personnel. Nous n'avons jamais pu depuis, malgré nos démarches réitérées, connaître dans quelle mesure vous vouhez donner satisfaction aux demandes formulées par les employés de votre Compagnie.

Une dernière démarche, tentée récemment auprès de M. le directeur, par une délégation du 9* Congrès national de notre syndicat, nous a laissé l'impression que votre administration refusait de discuter, avec notre syndicat, les intérêts professionnels de nos camarades.

S'il en était ainsi, Messieurs, nous pensons qu'il serait préférable qu'une réponse très nette nous fasse connaître vos intentions à cet égard.

Néanmoins, nous voulons croire que toute tentative de conciliation n'est pas inutile et, persévérant dans notre désir d'entrer en relations courtoises et suivies avec votre administration, nous venons vous demander. Messieurs, s'il vous convient de recevoir, ou de faire recevoir par M. le directeur, une délégation du Conseil d'administration de notre Syndicat, pour lui donner votre réponse aux demandes que nous avons formulées en 1893.

Ainsi que nous le disions à cette époque : « Zes employés ont bien précisé qu'ils formuleraient un programme maximum, dont la réalisation présentera sans doute des difficultés, mais que 7mus désirons examiner avec vous, pour recherche)-, si cela est possible, le moyen de les aplanir ».

Veuillez agréer, Messieurs, l'assurance de notre parfaite considération.

Pour le Conseil d'Administration :

U Administrateur de service, Blain.

Le Secrétaire général,

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