E. GUÉRARD
Une autre lettre était adressée en même temps au Ministre des travaux publics, sous la dépendance du-
quel se trouve radministration des chemins de fer de l'État.
La Compagnie de l'État seule consentit à recevoir les délégués.
Les autres Compagnies prirent quinze jours pour faire connaître leur réponse.
En voici les deux plus caractéristiques, le sens des autres étant le même avec moins de développements.
Compagnie des chemins de fer de l'Est.
Paris, le 29 juillet 1898.
Messieurs,
Aucune industrie en France ou à l'étranger, aucune administration d'État ne s'impose des sacrifices approchant de ceux que nous avons spontanément acceptés pour assurer à notre personnel les pensions de retraite, les salaires de maladie, les secours médicaux, les allocations aux familles nombreuses, les bourses scolaires ou d'apprentissage, les subventions aux sociétés coopératives, les prêts gratuits aux agents qui se trouvent momentanément dans la gène, etc.. Ces dépenses patronales se sont élevées, en 1897, à 9 millions; elles constituent des suppléments de traitement égaux à 16,66 % des salaires et représentent 45,68 % du dividende distribué à nos actionnaires.
En regard de notre attitude envers notre personnel, permetteznous de placer les procédés dont vous usez vis-à-vis de notre Compagnie. Votre lettre du 12 juillet courant est assurément conçue dans des termes modérés et courtois; nous le reconnaissons très volontiers. Mais votre hostilité systématique se traduit chaque semaine par des injures et des tentatives d'intimidation à l'égard de nos divers chefs de service.
Dans ces conditions, l'entrevue que vous demandez ne pourrait être d'aucune utilité pratique.
Veuillez recevoir. Messieurs, l'expression de notre parfaite considération.
Pour le Conseil d'administration :
Le Secrélaiy^e général de la Compagnie,