IV
.^''lécPMiier» piefire encore, pouf qu'on lui périhetté de sënôr : $aas gages, — éi Tient, ovec des htrmes dJé joicy offrir le réftoiut de ses petites économies ?
Sans parler des assasiânals assez fréi}uents de maîtres par leurs dojnestà^es dont sottt remplies léë colonnes de h Gazette des Tribunaux, — les domestiques n'ihtroduisent-ils pas avec iOi» dims ies^aisons toutes* sortes de dangers -^ et par leurs petits pillages habituels et par leurs ti^èbisons — et parleurs oomplfiâsattces ktére&sées, etc. ?
Pouc^i h police n1i»pose-t-eHe pas aux donieâtiiiues de$ livrets, comme olie en impose aux ouvriers?
U est peut-être utile qa§ les oui^ers présentent cette garantie, mais elle est indispensable pour les domestiques.
On introduit et on enferme avec soi dans sa maison, — dans sa famille, au milieu de sa femme et de ses enfanta, -* dads son ia* térieur, dans ses secrebs, -^ des gens qui ne sont sous aucuoQ aurveillance spéciale, — qui ne vous donnent comme garantie que de vagues eertificats arrachés le plus souvent par Timportu* nité à Tégoïsme et à Tinsouciance, — certificats tellement insi- ^uinuiits, que la plupart des maîtres ne les demandent plus je| s crr rapportcat au ha^sard.
J'ai vu une lettre d*un homme <}ui écrivait â un de ses amis;. • Envojres^-moi un domestique qui s^appelle Pieri'e. »
Un autre qui a une riche livrée disait : « Trouvez-moi ùaJaH quais qui ait: hauteur, dnq pieds- quati'e polices; — épaisseur^ trois pouces six lignés, — afin qu'il puisse entrer dans les habité* que j*avais fait faire pour son prédécesseur, x^
^^ Beaucoup d^esprits poétàques et un peu superflciels s^>' sont laissé séduire par tout ce que présente de gracieux le go^ varnement d'une femme ; ils oht rêvé une cour brillante et chevaleresque, — un nouveau régne pour les arts, pour les lettre^, '^ les plaisirs. — Non, »oil, le rêgiië des marchands, d^ avocats et des bourgeois n'est pas-fim; iï fkut qu'ilait son cours.
— C*est une dynastie qui doit avoir sa durée. —-Vous l'avez voulue, mes braves gens, vous Taurez, vous la subirez, vous la garderez. — Vous savez l'histoire des grenouilles de la Fontaine ;
— vous avez été plus heureux qu'elles, — vous avez obtenu du premier coup des soliveaux qui vous mangent.
^^ Faites une cour bien galante avec des noms tels que Lebœuf, — Poulie, — Martin, — Barbet, — Pierrot!
Et M. Trognon, le trouvez-vous joli? Je sais que, parodiant un mot de SjUa, on a dit de lui: ie vois dans Trognon ylumun pépins.
Mais voulait-'on parler de Pépin le Bref ou de Pépia Fauteur de un, — deux, — trois^ ~ quatre, etc., ans de règne, qui est 9U contraire fort long.
Il est vrai qu'en prévision de tout ceci — M. Barbet, maire de Rouen, -— est en instance près du garde des sceaux pour sa taire appeler de Vaimont,
Et M. Pierrot — prend tout doucement le nom de Selli^ny.
^^ Les journaux de l'opposition se sont beaucoup moqués de ces changements de noms, et ils ont eu raison ; mais, pendant qu'ils y étaient, ils auraient pu faire justice — de quelques dynasties bourgeoises, — qui usurpent certaines villes, — certaines rivières, — certains départements : — MM. Martin, de Strasbourg, — idem, du Nord, — Michel, de Bourges, — Dupont, de l'Eure, — David, d'Angers, — Boulay, de la Meurthe, etc.
Pendant quelque temps on a renfermé la ville ou le département conquis dans une parenthèse; quelques-uns ont déjà supprimé la parenthèse, les autres suivent sans bruit leur exemple.
Ainsi, quand on avait l'air de crier si fort, si longtemps, contre les préjugés, contre les castes, contre les noms, contre tout, ce n'était pas contre les choses qu'on était léellement si fort en colère, c'était contre ceux qui les possédaient.
Aussi, après avoir renversé les gens, — les a-t-on dépouilla le plus j^Tomptem^nt possible et les dépouille-t-on tous les jou^^.
7â LES GUEPES.
Les vainqueurs s* arrachent entre eux les lambeaux conquis
— et se font de bizarres ornements des morceaux qu'ils peuvent s'approprier.
ijf^ La curée qui a lieu depuis douze ans de places, d'honneurs, de titres, ressemble tout à fait à un tableau que fait le capitaine Cook d'une horde sauvage qui a surpris et massacré l'équipage d'un navire. — L'un passe ses jambes dans les manches d'un habit, — un autre, tout nu, se revêt d'une permqQèi et d'un chapeau ; — un autre met des lunettes — ceux-ci s'altachent au nez les boutons de cuivre des habits des matelots.
Puis ils se croient bien mis, — et se promènent avec fierté.
1^^ Une régente, bon Dieu! c'était bon quand les Français étaient polis et bien élevés. — Est-ce qu'il n'y a pas deux députés, dont j'ai consigné le nom dans quelque volume des Guêpes, qui ont refusé de saluer la reine ! — Une régente ! — livrez donc une pauvre femme aux iôsultes de certains journaux et à la protection de certains autres! — Une régente! —Diea vous en garde, pauvre princesse, déjà assez éprouvée !
le^ Une régence et une régente ! — on vous en donnera»
— roués d'arriére-boutiques, — talons rouges de comptoir, — rafiBnés d'estaminet!
AM fiÀUCHEN. Celui qui n'est rien — est Tégal de tout le monde.
ij^ Tous les hommes aiment le repos.
— Vous me permettrez d'en excepter quelques-uns.
— Lesquels?
— Ceux qui le possèdent.
— Pour que je ne trouve pas la discussion une chose ridicule, il faudrait qu'on me montrât un seul homme — depuis l'origine du monde, que la discussion eût fait changer d'opinion.
4^ Souvent, par une matinée d'automne, alors qu*il bit si bon de flâner par les plaines, un fusil sur l'épaule, vous avet
aperçu à Thorizon un lac immense ; vous avez continué votre route, et, arrivé au point où vous aviez vu le lac» vous marchez sur rherbe et vous ne voyez que des vapeurs qui s'exhalaient de la terre; —plus loin, vous vous êtes retourné et vous avez revu le lac avec sa surface unie.
Telle est la vie ; on mourrait de désespoir quand on découvre que ce qu'on avait pris pour but de ses pensées, de ses désirs, de ses rêves, n'existe pas, ou n'est qu'un brouillard auquel la distance donne des formes gigantesques. — Mais, comme il faut marcher, entraîné que l'on est par la m, il vient un moment où, en se retournant, on voit les mêmes prestiges/et jusqu'au bout de la route on jette de temps à autre un regard d'adieu à ce qu'on croit avoir possédé ; la vie est toute dans ce qui n'est pas encore et dans ce qui n'est plus : — désirs et regrets.
Aussi, avec quelle ténacité nous nous rattachons aux moindres souvenirs ! Quelle influence gardent sur nous une mélodie quelquefois sans couleur pour tous, — certains aspects du ciel, — la fleur que d'autres foulent aux pieds avec inditférencel
C'est pour cela — que je me suis laissé plus d'une fois reprocher de parler trop souvent d'une petite fleur bleue -^ que les Suisses appellent herbe aux perles — et les botanistes mosot%pi(Mes.
Voici pourquoi les Allemands les ont appelées vergissmeinnicht, c'est-à-dire ne m'oiihliez pas.
Dussions-nous nuire à l'intérêt de notre histoire, nous dirons que c'est une des traditions les plus intéressantes que nous ayons jamais entendues.
Il y a un tombeau à Mayence ; — comme le nom que l'on avait gravé a été effacé, le tombeau est à la disposition du premier venu d'entre les morts ; mais, attendu qu'il est simple, et .^qu'aucune famille ne pourrait s'enorgueillir de l'attribuer à un de
78 i«s ôut:i>Ë«.
965 menArefs 4nWl:$, l^plnion générale le llfîsge âHtipoëtd, Aotit
on n'a pas même cons^vé le nom de famille.
I^^ W s'appelait fleivreich ; et comme ses vers, éoftt nons ne croyofis pas qir'ifl soit rien resté, étaient tous à la louanife des femmes, et surtout à celle de Marie, on i'àppelait fieni^(A Frauewlob, c'est-à-dire le poêle des femmes.
Quand il était parti pauvre pour courir i' Allemagne et d^sreher fortune au fuoven de ses romances et de son talent, Ben* reich avait laissé à Mayence une fille qui attendait soû i^etour, s'éveillait pâle, dans les nuits d'orage, et priait pour 4ui.
Après trois ans, il revint ridbe et renommé. Longtemps avant son retour, Marie avait entendu son nom mêlé à ia louange et à i'admiration ; et, par une noble c(»^nce, elle savait ifue m k louange ni 4'admiiNitlon n'avaient donné à son amant autant de bonheur et d'orgueil que lui en donnerait le premier regard At k jeune fille qui l'attendait depuis si longtemps.
Quand Benreich vit de loin ia fumée des maisons de Mfffence, il s'arrêta oj^ressé, s'flssit sur im tertre lé'herbe verte^ et %k entendre im cbant single et fnékmci^qtte -— comme 4e bonheur.
le lendemain, vees le coocher du soleil, les olocbes tMènent foar «nBOBcer:ie mariage de flenreiGiiet de Mam à k>preniière «nroce.
A ce moment, tous deux se promenaient seuls sur TaHée^fui s'étend ie .long du Min.
Ils s'assirent l'un prés de l'autre sur >nn tapis de mottBse, et passèrent de longs et fugitifs instants à se regarder, à se «errer les mains sans rien dire, — tant ce qui remplissait leurs âmes était intraduisible par des paroles.
La teinte de pourpre que le soleil avait laissée à l'hoiizoc était devenue d'un jaune pâle, et l'ombre s'avançait sur le ciel, du levant au couchant.
Tous deux compriceot p'ii fallait se ^itter : Marie voulut
SEPTISMBRE 48i2. 79
k mmmïe de cette belle soirée, et moDtiQi ,cle la mm à Hemreioh des flemrs bleues sur le bord du fleuve.
Henreieh la comprit et cueillit les fleurs , mars son pied glissa, il disparut sous Teau ; deux fois Feau s*agita, et il tepamt, se débattant, éeumant, les yeux hors de la >téte, — mais deux fois elle ressaisit sa proie.
il vouint crier; mais Teau le suffoquait. A la seconde ibis qaïi reparut, il tourna un dernier regard v^s Ijai rive où était Marie, et, sortas^ un bras, il >lni )eta les .fleurs bleues qU'Uiie contraction nerveuse avait retenues dans sa main ; main ce mouvement le fit enfoncer : il disparut, reau rqprit son cours, et le fleuve resta uni comme une glace. Ainsi mourut Henreicb Frfiuenlob.
Pour Marie, elle mourat ffille, dansufie communauté reli^ gieose*
On a traduit l'éloquent adieu de Benreicb, et on a appelé ta fleur bleue : vergisêtneinnUiê, c'e^i^ite fie m* oubliez pa».
Septembre 1Ô42.
l^ jndtioe. ^ Qe qa*ell9 coûte, r- Et pour eoml^iôn .qou6 qb av^d^. .— 00 quelque»* gargotiers faussement désignés sous d'autres noms, r- Un directeur des postes. — Un gendarme et un voyageur. — Sur les ôhiens enrages. — La Régence. — Le duc de Nemours. — La (Ih^mlupe,de8 pairs. -T- M. Thiers. — M. de Lamartine. — Crime d'un carré de pjapier. — i.a Tour de François 1er et le Journal du Commerae, — Une montagne.
Jj^ SEPTEMBRE. — Il m'cst arrivé quelquefois de soutenir ^e nous marofaions en rond. — comme tes^cbevaus de manège «— et de mer le frogrês. U suis oUigé de me rôtraeter —
quand je mt, d'après le rapport de M. le garde des seeaut, qoe nous n*avions eu que pour trois millions quatre cent trentequatre mille trois cent quatre-vingt-trois francs de justice en
Tandis qu'aujourd'hui on nous en donne pour quatre millions cinq cent soixante et onze mille trois cent vingt-cinq francs.
Jj^ Que vouliez-vous qu'on nous donnât de justice pour trois millions, quand pour les quatre millions que nous en avons aujourd'hui — il resterait encore bien des petites choses i dire?
^^ Disons quelques-unes de ces petites choses.
4^^ D'abord parlons des prévenus, — des accusés.
Un prévenu est peut-être innocent : — si même vous comptez combien il y a de condamnés sur un certain nombre de prévenus, vous serez presque forcé de dire qu'un prévenu est probablement innocent ; — en effet, parmi les accusés il y en a beaucoup plus d'acquittés que de condamnés.
Un prévenu est donc peut-être un homme innocent, — auquel, par erreur, vous faites subir une situation plus que fâcheuse. — Vous l'enlevez à sa famille, à ses aff^aires — pendant plusieurs mois ; pendant plusieurs mois vous faites peser sur lui un soupçon de déshonneur ; — pendant plusieurs mois vous le condamnez à toutes les angoisses de l'imagination.
Un magistrat disait que, s'il était par hasard accusé d'avoir volé les tours de Notre-Dame, — il commencerait par prendre la fuite«
Et. d'autre part, pas mal de gens rompus, guillotinés, roués, marqués par erreur, — ont laissé leur triste histoire pour montrer que la justice peut quelquefois se tromper.
Il me semble que c'est bien assez pour le pauvre diable de prévenu.
Loin de là, — vous le traitez précisément comme s'il était condamné; — vous le mettez dans la môme prison où il sera
renfermé s'il est reconnn coupable; il reçoit la même nourriture et les mêmes brutalités.
Cependant vient le jour du jugement : — trois prévenus sur cinq sont ordinairement acquittés. — Notre homme est du nombre ; au premier moment, -— il se réjouit, — il embrasse avec joie sa femme, ses enfants, ses amis; — ses amis... je me trompe, la plupart se sont retirés. — 11 rentre chez lui, — ses voisins l'évitent, — on a associé pendant quatre mois son nom à ridée du crime dont il était accusé, — et pendant quatre heures le procureur du roi s'est efforcé d'entasser tous les arguments possibles pour prouver sa culpabilité. — Quelques-uns le croient plus heureux qu'innocent — le voilà dans son logement avec sa femme et ses enfants : « Où est donc la pendule — et la pcftite montre, — et nos deux couverts d'argent, tout ce que nous avions acheté à force d'économie ?
— Hélas! il a fallu vendre tout cela , — comment aurionsnous vécu, tes enfants et moi pendant ta détention?
— C'est vrai ; mais me voilà libre, — je vais travailler, nous allons réparer cela. »
Mais le lendemain — ceux qui lui donnaient de l'ouvrage l'ont remplacé ; — il faut chercher, attendre, souffrir, faire des dettes, — et ce n'est peut-être qu'au bout de plusieurs années qu'il aura réparé le mal que lui a fait la justice.
Il me semble que voilà cependant un homme auquel on devrait la plus grande et la plus solennelle réparation. — Nullement. — Le président psalmodie d'un ton monotone : — « Ordonne que le prévenu sera mis en liberté, s'il n'est détenu pour autre cause. »
£t on le renvoie avec son honneur compromis par une accusation flétrissante, — sa tête fatiguée par l'instruction et l'anxiété, son corps malade par la prison, sa fortune et son industrie perdues par les dépenses et les pertes qui accompagnent nécessairement une accusation criminelle.
9S LES«UftP&S.
Et le procureur du roi ne Im dit pas gcolemettt : t Pardon de vous avoir dérangé. »
Et tl n'y a pour lui aucïroc réparation à afttendre 4e 4aBt de
maHieurs.
I^^ Je voudrais qu'on Ht a ce stqet doux choses :
lo Que l'on donnât à l'acquittement, autant que possible, la publicité et 'l'éclat de l'accufiation-; — que le procureur du roi ou le président des assises — demandât pardon à f accusé innocent, au nom de la société et de la justice; — que tons les journanx sans exception fussent chargés de dire : « -Un tel, injustement accusé — de tel crime, — a été reconnu innocent. »
2^ Qu'une caisse publique fût établie, sur laquelle les tribunaux décerneraient, suivant l'exigence des cas, — des indemnités à ceux qui, après une longue prévention, seraient reconnus innocents.
Eh quoi! me dirc7-vous? vous en parlée à votre aise. Une caisse ! et avec quel argent, s'il vous plaît?
— Je vais vous le dire : tous les jours -les tribunaux prononcent des amendes sur les biens des condamnés. — N'est-il pas juste que cet argent dont bénéficie le trésor soit tîonsacré à indemniser, autant que possible, — les malheureux injustement accusés, emprisonnés et ruinés?
i!^ Mais il paraît que la justice estfort chère, —puisque malgré ces choses et bien d'autres qn'on pourrait lui reprocher, et les circonstances atténuantes du jury, et tous ces crimes à propos desquels on nous dit : « La justice informe, • après quoi il n'en est plus jamais question, pas plus que du meurtre d'Âbel par Caïn, etc. ; — puisque le peu que nous en avons revient à quatre millions cinq cent soixante et oose mille trois cent vingt-cinq francs. Il n'y a pas moyen de nous en donner davantage pour ce prix-là : le gouvernement y perdrait.
4^^ Il esl vrai de dire que le garde des sceaux — accuse
les hifijfÉfefé ^ HEtopef ^{rottr lew part a^ 4<mi itiot$ ^es cniatre mfllîonFS en ^e^bon, --, an «mogrdo de ^toOites spcte^; d*abu8, inventés par leur ing^nimise avidité.
^^ Il est flebeoï i)e fim mû pli» qu'écumer çéitte pauvre «omme de <iaatfe mHlions cinq cent soixante ^ onze mille trois cent vingt-cinq francs. r« Sans oela, bien deSichoses ne se passeraient ipas cofbfne elles se passent, «--maiSfla^France n*a pas le moyen.
^^ EXEMPLE. — A*** un M. de Marcelknge, vivant iivec sa femme et sa bellenfnére, — oomme on vit^vec une (femme et une belle-mère, — c'est-à-dire assez mal, — se plaint qu- ap de ses domestiques avonlu Fassassiner et>lecbasse. — Sabellemère et sa femme prennent immédiatement le dome^ique à le«r service particulier; quelque temps après, ee domestique, Jacqui^ Besson, tue en efTet'M. de Marcellange d'un coup de fusil; r-r il est accusé et mis en prison. *— 'La femme de M. Marcellange envoie à ce pauvre Besson, dans la prison, un lit pour qu'il )iie soit pas trop mal couché, — et un dîner par jour.
Aux débats, il est établi qu'u»5e femme de chan*re, itémojû important et de plus acciisée de quelques peccadilles i ïmdroit de M. de Mar'^re'iiange, entre autres de Tavoir.un peu. empoisonné, a éi;^ emmenée en Savoie et laissée là par lail)elle-»mône.
^^ 'Vutre, des propos plus que singuliers sont prètép à. ©es axâmes par plusieurs témoins.
Eh bien! — ces malheureuses femmes restent sous le. coup d'une fâcheuse impression, parce que le mioistière public neleur donne pas l'occasion de se justifier et d'expliquer des apparence» fatales — en les accusant directement — comme c'était
son devoir.
j^ Probablement à cause que la justice, qui n'a que quatre millions cinq cent soixante et onze mille trois cent vmgt-cinq francs à consacrer à ses menus frais, — n'a pas le moyen — d'entrer plus avant dans la question.
Jjffi^ AtrmB BYCHPLE. — Od veut stippriifter le doel ; — bien ! - mais — voici un M. Herpin qui reçoit un soufflet d'ua M. Dissard, ^ affaires d'élections.
M. Dissard est condamné à six jours de prison.
^^ Ah ! j'oubliais ; il y a aussi seize francs d'amende-
— Au bénéfice de M. Herpin ?
*- Non ! au bénéfice de S. H. Louis-Phifippe.
»- Comment ! Est-ce que c*estSa Majesté ?... * — Non ! — c'est M. Herpin.
•— Eh bien ! alors, comment se fait-il que ce soit S. M. Louis^ Philippe qui reçoive les seize francs.
^^ L'homme qui reçoit un soufflet — est en proie à deux impressions : — i^ il est en colère et il veut se venger ; -~ 2o il songe qu'il a été convenu, je ne sais pourquoi ni corn* ment, — qu'un homme qui a reçu un soufflet doit s'exposer» en outre, à recevoir un coup d'épée, — sans quoi il serait déshonoré.
Il serait possible que le souffleté fit le sacrifice de son im* pression n'' 2, — s'il était parfaitement satisfait sur l'impression n® 1.
D'ailleurs, avec le raisonnement le plus vulgaire, il est évident que si l'on veut proicrire le duei v— il faut punir avec plus de rigueur que le duel lui-même — une ;nsulte qui rend le duel nécessaire pour l'insulté, sous peine de déshoniii,'?^^'*-
Il faudrait qu'un homme qui donne un soufflet à un autre — fût traduit en cour d'assises — - sous prévention de tentative d'homicide.
Vous ne le ferez pas. — Eh bien î vous ne proscrirez le duel — qu'entre gens qui ne se battraient pas, — même sans votre défense.
Il est vrai que, pour traduire Yimulteur en cour d'assises, eela entraînerait quelques frais; et, je vous l'ai dit, la jusUce n'a que quatre millions cinq cent soixante et onze mille trois
cent vingt-cinq francs à dépenser ; — • elle est forcée d*âvoir de
Tordre.
Je me suis expliqué, il y a longtemps, — dans les Guêp€$t — sur cette prohibition du duel par les avocats.
^j^ Voici une anecdote qui montre en son jour Tempire des réjugés :
M **\ bien connu à la Bourse, va trouver un de ses amis, et
lUi dit :
— Va chez M. B... — il m'a hier donné un soufflet : — il faut qu'il m'en rende raison.
L'ami se met en route, et trouve M. B... — qui déjeunait avec quelqu'un.
— Monsieur, je désirerais avoir avec vous quelques instants
d'entretien ?
— Monsieur, — monsieur qui déjeune avec moi est mon ami, vous pouvez parler devant lui.
— Monsieur, je viens de la part de ***.
— Ah ! c'est vrai, nous nous sommes querellés hier soir ; — j'espère qu'il n'y pense plus. — Moi, j'ai tout oublié !
Au contraire, il y pense, — et je viens vous demander
à quelle heure il pourrait vous rencontrer aujourd'hui à Vin-
cennes.
— Comment! comment!
— Il a naturellement le choix des armes ; — il prendra le
pistolet.
Mais pardon, monsieur, nous ne nous entendons pas du
tout.
- Je crois pourtant être clair, monsieur ; vous avez hier
• '^h& ivi "* ®' ^' ^^^^ ^^ demande aujourd'hui réparation, insulté M , .^ ^^ j,^. ^^ ^^^ jjjg^jj^g ,
— Mais c est quv ^ ,
— Allons donc! moubà/
— Pwole dWur ! ^^ ^ ^ .^^^^^ ^j,i
— Allons donc I ce n est pas là s.
irairofi qui peuvent se discuter; -r- celle que .v(»|s atez fîjlte à*** est telle, qu'il est convenu de tout temps qu'elle ne peut ^a laver que dans le sang.
— Mais que voulez-vous dire? —, Quelle ins^He?
— Mon Dieu ! monsieur, — * vous .tc^qoz.dfinç J|ien ,â ïï^ |aire dire le mot? — Vous lui avez donné un soufflet!
— Moi ! j'en suis incapable.
— Monsieur, avoir reçu un soufflet n'est pas une chose (dq^t on se vante pour son plaisir, c'eat uo genre dejCatuité qu'on n'a pas encore inventé ; c'est M. *** qui m'envoie vou^ (!|eman^ raison d'un soufflet. qu'il a, reçu de vous hier
— Monsieur, je ne lui ai pas donné de soufflet, je ne li|i ai donné QU'un coup de poing sur Je visage, je vous en donne ma parole d'honneur, et je vous le ferai attester par dixtémoine.
— Alors c'est bien différent, je vais aller le retroiiver et nrendre dé nouvelles instructions.
— Avez-vous une voiture ?
— Oui.
— Eh bien, mon ami et moi nous allons aller avec vous.
On part, — on arrive chez M. ***. — M. B... va à lui et lui répète ce qu'il a dit à son témoin :
— Mon cher ami, je ne vous ai pas donné de soufflet» mais un coup de poing.
— Au fait, cela m'a cassé deux dents !
— Qu'est-ce que je disais ! un soufflet ne casse pas deux dents.
— fl faut que ce soit un coup de poing, et un bon coup da poing !
— C'est possible, — j'étais en colère.
Pendant ce temps, les deux témoins confâi^ '. ,, * sure d'une fenêtre; — il est établi que ' . ^f\'^^^ * ^^^ soufflet, mais un simple coup dû^*^- ^' " .^ P*' ^^^ ™ mal. -B... -iait(W(ilo«r^^-*"8- -«««^f ^^P^^^
SEt»^tEMBIVE 1842. 87
'^ift Retenons à la justice.
I^ii^ AUTRE EXEMPLE. — A Dieppe, le sieur Leteurtfe, boulanger, chargé par l'administration municipale de fournir le pain qui devait être distribué aux pauvres de la ville — est con- Tïincu d*avQir volé les pauvres en fournissant du pain de mau- , aise qualité.
, Il est condamné à trois jours de prison. ' Chaque jour, à Paris, de semblables délits sont punis par de semblables peines, — ce qui est loin de les réprimer : — les boulangers qui vendent le pain à faux poids — en sont quittes pour cinq francs d'amende •— et un ou deux jours de prison, — tandis que le malheureux qui, — poussé par la faim, — leur déroberait, la nuit, un pain d*un sou en cassant un carreau, — pourrait être condamné au moins à un an de prison.
11 semble nécessaire — de revenir sur un pareil ordre de cho- -ses. — Le vol du boulanger doit être puni au moins comme tout autre vol.
Pourquoi — ne ferait-on pas peindre sur l'enseigne du boulanger pris en fraude, au-dessus de sa boutique, — pendant un temps fixé par le tribunal, selon la gravité du délit, au lieu de : » {fn tel, houlanger^
« Un tel, voleur. »
Ou, encore, pourquoi ne fermerait-on pas sa boutique penflant quelques jours, — en faisant écrire sur les volets fermés : • Boutique fermée pour tant de jours — pour val — et vente à faux poids. 1»
Ah ! si la justice n'était pas forcée de se renfermer dans ses pauvres quatre millions cinq cent soixante et onze mille trois cent vingt-cinq francs!
^tjç autre exemple. — A Tulle, un directeur des postes et un gendarme arrêtent un voyageur, — lui prennent de forcé" 8on portefeuille — pour y chercher des lettres, — sous prétexte qa'il est en contravention à la loi sur le transport des lettres.
Le voyageur est traduit en justice ; — le tribunal déclare que
la saisie faite sur lui est illégale *-* et le renvoie de la plainte.
— Oh ! très-bien !
— Et le directeur de la poste, *— que lui fait-on?
— Rien.
— Ah! — Et le gendarme, que lui fait-on?
— Rien.
— Cependant, si le voyageur avait été condamné, «^ c'aurait été pour contravention à la loi, qui protège le directeur de la poste ; — est-ce qu'il n'y a pas quelque part quelque bout de loi — qui protège les citoyens et les voyageurs?
— Il y en a plusieurs.
— Comment se fait-il alors qu'on n'ait pas mis en jugement le directeur de la poste et le gendarme, quand on y mettait un homme faussement accusé d*attentat à un privilège fiscal, eux qui violaient ouvertement la plus respectable, la plus sainjte des choses humaines: la liberté d'un citoyen?
— Ah ! c'est que cela coûterait de l'aident.
— N'importe l
— Je voudrais vous y voir, si vous n'aviez qub quatre mauvais millions cmq cent soixante et onze mille trois cent vingtcinq francs !
^^ Dans les années précédentes des Guêpes^ — j'ai adressé à M. Cousin et à M. Villemain, tour à tour ministres de Tinstruction publique, — de respectueuses remontrances au sujet des choses peu vraies qu'ils ont débitées à la distribution des prix du concours général.
Il y a une de ces choses peu vraies dont je n'ai pas parlé; — c!est la tendresse mutuelle qu'éprouvent les maîtres et les élèves.
C'est une chose qu'on dit tous les ans — pour terminer dignement douze mois de guerre acharnée, de luttes, de ruseii ourdies et déjouées, de perfidie et de vengeance.
Je me rappelle, à ce sujet, la petite anecdote que voici:
Victor HDgo habitait avec une charmante famille le quartier des Champs-Elysées. — Un jour il descendit, le matin, l'escalier de sa maison pour aller faire une promenade et respirer sous les arbres.
11 entend un grand bruit au bas de l'escalier, — il reconnatt le bruit de ses deux petits enfants, comme une femme reconnaît le pas de son amant; — cependant ils ne reviennent ordinairement de l'école voisme qu'à quatre heures de l'après-midi et il n'est que neuf heures du matin. — Ce sont cependant bien eux, — ils se tiennent par la mam, et ils moment bruyamment l'escalier — en chantant sur une sorte d'air de leur mvention, sur une espèce de ton de psalmodie, les paroles suivantes:
« Le mattre est mort ; il n'y a pas d'école, — il n'y a pas d'école ; le maître est mort, *- le maître est mort, il n'y a pas d'école. >
^1^ A peine les députés partis, — les centenaires reparaissent dans les journaux, — et comme d'ordinaire, — ils lisent sans lunettes.
C'est à ce moment que les journaux, si incrédules d'ordinaire, croient à tout ce qui peut remplir leurs colonnes. — Un plaisant s'avise d'écrire à un journal (le Commerce, je crois) — qu'un navire entrant dans le port du Havre a coulé bas en frappant la tour de François I^', — • et a démoli une partie de la tour.
Tous les journaux répètent la nouvelle.
J'étais alors à une demi-lieue du Havre : — c'était une grande marée, et je péchais des limandes. — Tout en péchant je m'étonnais, parce que l'événement était assez singulier pour qu'on en parlât un peu au Havre et dans les environs.
Un journal du Havre reproche alors aux journaux de Paris leur crédulité et leur explique que la tour de François I<^, démolie par un navire , — était une nouvelle de la force de celle-ci :