LES 60&P
f Un fiacre ayant accrodié -Farc de tmm^ de rÉMIe,l'4
en partie démoli. »
Si j'en avais en le temps» j'aurais fait dessiner et graTer pour les Guêpes •— un dessin représentant la tour de Fran*çois l^ renversée par one de ces galioles de .papier que font les enfants. — - La galiote eût été faite d'an morceau d*QO des journaux qui ont répandu la nouvelle. — Je li^n^ k sujet à Daumier.
ijff^ Depuis le !«' septembre dernier/ — on a innciiBé en France un peu pins de trois millions de ivolunes. — Il y a des montagnes qui ne sont pas si grosses.
^^ Plusieurs fonctionnaires indépendants ont donaé dans diverses branches de l'administration des pœuves id'ind^en* dance malheureusement .prévues par plusieurs lOodes^ -^d malhonnêtement qualifiées par iceux.
j^ Tu disais donc tout i rheure» Thiqiliiii^ que Jtn es amoureux ?
— Hélas oui I — ô Gérard !
— Et à quoi vois-tu donc que tu es amoureux? 0 Ttiéaj^i^ ! — - Parbleu ! cela est bien facile à reconnaître, rr-4)t. je ,a'aî
pas eu de peine à en être convaincu, attendu k ^yq^i^ttai^ grave qui s'est manifesté ces jours passés.
— Et quel est ce symptôme? ô Théophile !
— • 0 Gérard ! j'ai senti le besoin de m*adieter un chajiea^ neuf.
4^ Un artiste, l'un des plus connus de ce tempa-cî, — est adressé à M. de Rambuteau, — - préfet de la Setqe, •*- par quelqu'un de sa famille, pour avoir part aux travaux de l'JBôtel de Ville. 11 arrive avec la lettre autographe de M. de Ramba* teau, qui désigne le jour d'audience. M. ie Rambi^^tean le reçoit comme un écolier. — L'artiste est trés-embarrassé et visiblement au supplice. Jl voudrait pour tout au mqnde renonce aux travaux, et n'être pas venu là. M. de Rambuteau.-rlpi
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i^pétait sans cesse ces deux phrases sans attendre de réponse, — et prenait à peine le temps de respirer : t Monsieur, ôtesvous élève de Vécole de Rome? Il faut être bien connu pour être connu de moi ; —je ne connais que ce qui est très-connu. — 11 parait, monsieur, que vous n'êtes pas un grand prix de Rome, etc. »
L'artiste veut répliquer et parler un peu 4 M. le préfet de ses travaux que tout Paris connaît. — M. de Rambuteau lui coupe la parole en répétant les deux phrases ci-dessus.
Alors l'artiste exaspéré lui dit :
— En vérité, monsieur, vous m'obligez â relever une grande erreur dans ce que vous dites. — Vous prétendez ne connaître 50e ce qui est très-connu ! — il y a pourtant, monsieur, quelque chose de bien connu que vous ne connaissez pas.
— Quelle chose?
— L'orthographe, monsieur, —et voici votre lettre.
j^ Il y a dififérentes espèces de restaurateurs et de mafel^ands de soupe, depnis le hasard de la fourchette, où, pour un Son, on plonge un trident dans une marmite de laquelle on f étire, selon sa chance, un morceau de viande, un oignon, ou flen, jusqu'au Cafë anglais ; c'est une longue échelle qui à tons ses échelons.
n faut signaler entre ces divers restaurants ie mattre de pen- |âot), le chef d'institution ; si vous aimez mieux, celui auquel Vous confiez votre fils pour lui faire donner la ridicule éducation que je vous ai déjà plus d'une fois signalée.
M. Villemain disait â un homme d'esprit, qui s'était ruiné dans tRie exploitation de ce genre :
— Mon cher, votre malheur m'afflige sans m*étonner; vous avez cru qu'un maître de pension est un instituteur qui ac^ cessoirement nourrit ses élèves; vous ne seriez pas ruiné si vous aviez compris, an contraire : un maître de pension est un restaurateur qui, entre les repas, ^t copier à ses élèves la
Cigale et ta Fourmi^ de la Fontaiae, et le rédt de Théramène, de Racine.
C'est sur la soupe, sur le beurre qu'on peut y épargner, — sur le prix de la viande et des légumes, — sur le choix d'un vin qui supporte beaucoup d^eau, que devait se baser votre spéculation, que devaient se porter vos soins et vos études ; vous avez fait un accessoire de ce qui est le principal, — et vous êtes ruiné.
^j^ Je ferai quelqu'un de ces. jours — un petit livre Su^ l'éducation ; — je vous dirai une bonne fois, — mes braves gens, — ce que c'est que Téducation que vous faites donner à vos petits.
En attendant,
Les susdits marchands de soupe s'î prennent de toutes les manières pour achalander leurs établissements : — à la manière de ces escamoteurs ces boulevards, qui essayent de détourner votre attention de leurs mains — par des paroles pressées, — tandis qu*ils font disparaître la muscade.
Les marcnands de soupe, — dits maîtres de pension^ — tâchent de vous occuper des lettres et des sciences, dont ils ne se soucient pas, pour détourner votre attention de l'affreux potage, qui est le véritable but de leur spéculation.
lis ont, depuis quelques années, inventé de iaire imprimer dans les annonces des journaux les noms de ceux de leurs innocentes victimes qui ont obtenu un prix de thème ou un accessit de vers latins, — ces deux choses ridicules auxquelles on consacre tristement plusieurs années de la vie des enfants.
Les pauvres enfants voient leurs noms imprimés — entre les annonces honteuses du docteur Charles Albert -^ et la ponunade mélaïnocome.
Il y a des parents qui trouvent cela charmant.
^^ J'entends chaque jour parler avec terreur de toutes sortes de dangers — métaphoriques : — les chaînes de la tyrannie et
rhydre de Tanarehie sont tour à tour déclarées immiuentes ; — on parle, — on écrit, on dispute pour les prévenir.
Je ne sais pourquoi, au milieu de ce bruit, — je réserve mes craintes pour des dangers plus immédiats ; — de môme que je n'aime pas à me laisser prendre à des espérances trop lointaines, — ayant depuis longtemps remarqué qu'il en est des bonheurs comme des perdrix : quand on les vise de trop loin, on court grand risque de ne pas les atteindre.
Jj^ Cet été a été d'une âpre sécheresse ; — le nombre des chiens enragés s'est singulièrement accru. On a pris à Paris Quelques précautions msuffîsantes; — hors de Paris, on en a pris de moins en moins à proportion de la distance, — à dix lieues de Paris on n'en prend aucune.
Je demanderai pourtant aux gens de bonne foi s^il est quelque chose de plus horrible à l'imagination que le danger d'être mordu par un chien hydrophobe ? —On frémit aux récits des voyageurs qui racontent qu'ils ont, au détour d'un chemin, rencontré un ours ou un tigre, — et cependant contre ces animaux on peut se défendre, on peut combaUrd. — 11 est des exemples qui peuvent faire espéror ia vicioire ; dans le cas contraire, la mort est cruelle, mais elle n'excite que la compassion, et d'ailleurs elle est mêlée d'une sorte de grandeur et de noblesse — qui, sansla rendre moins terrible. — la rend moins hideuse à envisager.
Jj^ Mais si vous êtes attaqué par un chien enragé, — la force, le courage, l'adresse, — le sang-frod, — rien ne peut vous sauver ; — vous êtes vainqueur, vous avez tué l'animal; mais il vous a, de ses dents, effleuré l'épiderme. — Eh bien ! vous êtes perdu, — et vous mourez dans d'affreuses convulsions, répandant par la bouche — une écume contagieuse, — objet d'horreur, d'épouvante et de dégoût pour votre femme. pour vos enfants, pour vos amis ; — un délire de bête féroce s'empare de ^ous, — vous mordez, — • vous devenez presque un chiçn enragé vous-même.
9i LES GUÊPES.
C'est ia mort la plas désespérée, la plus horrible (te toutes les morts.
Eh bien! — chaque jour, — à chaque heure, à' diaque instant vous TOUS exposez à ce sort épouvantable. -^ L'animal qui, par un funeste privilège, est, avec le loup, ta seule espèce chez laquelle la rage puisse se déchirer spontaaélmeiil, --^ cet animal, — on le donne pour jouet aux enfants, -^ o» le hkisé vaquer par la ville et par les cheimted, -^ on te lnlilssd s&m«tlir plier sans mesure, — on n'exige aucune respensaittlitè de )»part de ceux qui ont des chiens.
Si Ton vous disait, cependant, qu'il oonrt par tes rué» M animal dont le contact peut vous donner la fièvre, vous jetteriez les hauts cris.
S'il* se ré^t «^ faussemïMit le KrtiM^ d*nne maladie contagieuse et épidémiqué •-^' tous éféd fipâ^' d^ tétreur.
Et tous les an^ -^ un grand nombre id'^^éft^&B^€§ sont mor«* dues par des obiens enragée, éésmneM elles-mêmes h^^tfi^ phobes, et meurent de là' piu^fiinesiie mort.
Et enj n'y fait aueune attention.
Ab'!' pardon :-
liQ peiiée foii Féjp«li#e des» kO)iléttes empoisonnées dans tes lias d'ordures.
Bfe©«VBNKNT8 »É €« SYSTEM* t -^ ♦« On etf fait payer * la polke be)»ttoo«p> pMs qU'îMi ïifé^j^He ;
3<> IaQS bioueux eùfève^ c^que matit) les ordures et les hm^ lettes ;
3^ EJn des syiDptômes de la rage étant que l'animât myt^ plus manger, — tes chiens enragés sont préckiément les seiil^ à l'abri des boulettes.
Ensuite, — au milieu de celte deHrucHon dos chiens erranls que la police prétend faire, -^ altez-vous-en suJi^ ta pldce éà Louvre, — sur cette ée la CoAcoréè, — sur cette do la BastitI», -^ ^je vous promets qu« «aus en ve^M^ quai^aiiie, ^' do mwx
SEPTEMBRE 4842. dS
auxquels il serait aussi difficile d'assigner un maître qu'une espèce.
Qui de vous, — et je m'adresse aux plus braves, — qui de vous se soucierait d'habiter une ville où on laisserait errer librement trente ou quarante mille tigres ? — qui de vous n aimerait i^ieui dix mille fois cependant rencontrer un tigre qu'un chien enragé.
Tout hoinme qui a un cabriolet •— prend un numéro — et est responsable de tous les accidents qui peuvent résulter de son caDriolet. — En effet, on ne peut être exposé sans garantie à une maladresse ou à une imprudence qui peut vous renverser fiur le pavé et vous blesser grièvement.
Mais, par exemple, on s'expose très-bien à être mordu par un chien hydrophobe : -— on n'a aucun moyen de reconnaître le maître du chien; — peut-être d'ailleurs est-il sans maîti'e, — et personne n'est responsable.
Et cependant — j*appuierai encore sur ce point : — est-il une maladie, — est-il une mort plus épouvantable que celle à laquelle vous vous exposez à chaque coin de rue ?
Chaque fois que vous sortez de chez vous *^ vous ne pouvez pas être sûr que cet horrible accident ne vous arrivera pas sur la route.
Plusieurs accidents de ce genre arrivent chaque année à Paris.
On ne saurait compter ceux qui arrivent dans les campagnes.
Si j'écrivais ici que le gouvernement menace l'indépendance d'un commis surnuméraire dans Tadministration des tabacs, — on ferait attention à ma réclamation ; — les journaux s'en empareraient, — et feraient beaucoup de tapage^ — tandis que ce sera grand hasard si quelqu'un s'avise de lire ces pages.
i^^ Il faudrait cependant prendre une mesure universelle et énergique.
U faudr^iii 4'abord 4aQS chaque #e, commo oaus chaque
bonrg , — qu'on fixât — un espace de temps (une semaine oa davantag;e si c'est nécessaire ) — pendant lequel les propriétaires de chieqs seraient tenus de les renfermer chez eux. *- On pro» filerait de cet espace pour fiiire abattre sans exception tous ceux qu'on trouverait dehors.
Ensuite, — on exigerait de cenx qui veulent garder des chiens d'en faire une déclaration i la police et de lenr mettre an cou — un collier poinçonné portant leur nom et leur adresse.
Tout propriétaire de chien aurait ainsi une responsabilité qu'il ne pourrait éluder, si Ton prenait cependant deux précautions.
La première, de ne pas punir Finfraction à l'ordonnance de cinq on de dix firancs d'amende, — comme on fait en d'autres cas, mais de cinq cents à mille francs, — en y ajoutant un emprisonnement de trois à six mois.
La seconde, de condamner i une peine très-forte et trés-redoutable — tout propriétaire de chien — qui, devenant hydn^ phobe, — causerait des accidents.
Aucun chien, — sans exception, -* par aitcun temps, ne devrait être rencontré dehors sans être muselé.
Je sais qu'il existe dans les ordonnances de police certaines dispositions qui ont quelque rapport avec quelques-unes de celles que je propose ici ; — mais on ne les fait pas observer, — et le rfsque que l'on court i ne pas les observer est tellement faible, qu'il n'oblige personne.
En ne supposant qu'un chien par vingt personnes dans une ville comme Paris, où presque tout le monde en a, — et en supposant que tous les chiens ont des maîtres, — chez chacun desquels il ne faut que la réunion de deux ou trois petites circonstances très-ordinaires pour faire déclarer l'hydrophobie ; — je voudrais bien savoir si Ton découvrira quelque jour que cela mérite qu'on s'en occupe.
<^ Ajoutons que, si Ton voulait remplacer par un impôt
sur les chiens— quelques-uns de ceux qui pèsent si cruellement sur les objets de première consommation, cet impôt serait un gros revenu, — et dégrèverait des objets qu'il est odieux d'imposer. — En Angleterre, un impôt de ce genre rapporte par an plus de quarante millions.
^kje Le duc d'Orléans mort, — une nuée de corbeaux s*est abattue sur lui, — puis chacun de ces oiseaux a tiré une plume de son aile noire, — et s'est mis à dessiner, à écrire, — et surtout à vendre.
Il y a tant de gens qui ne voient dans un naufrage que les épaves.
M. Ganpal a élevé la voix ; il a accusé les médecins qui avaient embaumé le prince mort de l'avoir mal embaumé, — il les a accusés d'avoir dérobé des organes.
^^ La quantité innombrable de mauvais vers dont la mort du duc d'Orléans a été le prétexte — nous rappelle la prudente épitaphe que fit pour lui-même le poëte Passerat — et qui finis* sait par ces deux vers :
Pour que rien ne pèse à ma cendre et à mes os, Amis, de mauvais vers ne chargez pas ma tombe.
^ije Le 26 juin dernier, — vers une heure et demie de l'après-midi, — Sophie Ollivier, jeune fille de dix-sept ans, journalière à Faumont, près de Douai, — partit de chez elle pour aller voir une de ses sœurs à quelques lieues de là. — Un misérable, appelé Mogren, — la rencontre dans le bois de Faumont, — lui adresse des propositions insultantes, — et, sur son refus, — se précipite sur elle, — la renverse, — la saisit par les cheveux et lui coupe le cou avec une serpe; — elle est morte, il la déshabille, — ^;et s'enfuit en emportant jusqu'aux ^souliers de la malheureuse Sophie Ollivier.
Le criminel, arrêté, — eft reconnu coupable d'assassinat et de
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98 t£S 6UftPfi$«
vol par le jury des assises du Nord ; -^ mais le jnrj reconuaii en sa faveur des circoifôtances atténuaates.
On dit que le ridicule tue en Frauee ; •— il faut croire qu'il ne tue paavite, -« peut-être ce qu'a de ridicule la fréquence de pareils jugements est-il atténué par ce qu'ils ootd'horrible et de dangereux.
<||^ Un malheureux est traduit en police cou:ectionnelle sous la prévention d*avoir volé une tabatière.
M. le président le tance vertement — avant de prononcer sa ^ndamnatioQ. — Ëntr« autres choses remarquables que, «enfermait la petite harangue du président, j'ai remarqué spécialement celle-ci :
tt Prévenu, quand y(m avez été arrêté, on a trouvé sur vous UNE soaiME de un franc vingt-cinq Gmtime&; vous ne dir^z DONC pas que c'est la. ms^e qui vous a poussé à commettre ce délit. »
En effet, comme cette sd^une de un franc ving^rclnq centimes vous met un homme au-dessus de la misère 1 — Pourquoi, en effet, ne plaçait-il pas son franc vingt-cinq centimes pour vivre avec les intérêts de ladite somme ?
Ajoutez que ï» prévenir était un pauvre diable d'Ualien arrivé depuis peu à Paris de Parme, son pays natal. — Il avait tait la rouie à pied — et( a*avait pas d'ailleurs de mauvais antécédents.
A propos de pauvres^, — rappel:ous*oous ici — que le Jounml des Débat» a uajour conseiflé m^ pauvres de meure leurs économies à la caisse d*épar^n^*
C'est dommage que l'abonnement un peu cher au ionmal des Débats — prive le& pauvres de puiser dans sa lecture d'aussi utiles conseils.
Il est vrai de dire quecette recette contre la misère avait pu Glre inspirée m Journal ées, Débats par une ordonnance de police que l'on a vue placardée mf. if)m,k^ murs de Paris à Tépoque du <»hoIéra,
SÊPTÉMMft 115Ï2. 99
M. îc préfet tie prffice recommanflaîl au "petiple de Taangcr de bonne yiagnde et de boire du vin de Bordeaux.
4^^ A propos de la loi fle régence, on a fait à la ïoî de régence des objections que les Gtiêpes avaient prévues. — M. de Lamartine s'est séparé du parti conservateur — et s'est prononcé contre la loi. — Il a dit que, dans Thistoire des régences, sur vingt-huit régences d'hommes, il y a eu vingt-trois usurpations.
— Le parti de l'opposition avait bien besoin de cette conquêto pour se consoler un peu de sa défaite et de ses maladresses. — Quelques-uns veulent que M. de lamartine ait abandonné les conservateurs par mauvaise humeur de ce qu'il n'avait pas été soutenu par eux lorsqu'il s'était laissé porter à la présidence de la ChanAre par ses amis ;— d'autres ont dît que, comme €aton, il s'était mis par tine sorte de courage — du parti des vaincus.
Victrix causa Diis placuit — sed victa Catoni.
^(ip M. Thiers, lui, a abandonné l'opposition et a voté avee les conservateurs en faveur de la loi de régence.
C'était une position difficile; — mais M. Tkicrs l'a attaquée hardiment.
11 se résîgnail 5 peu prés de bonne grftse à se voir presque impossible pour le présent, — mais il comptait sur le règne suivant ; — la mort du duc d'Orl^ns et la loi de régence, qui en est la conséquence, — ^venaient rembafrasser; — ^pour rester dans l'opposition, il fallait voter contre la loi de la régence — et s'aliéner le futur régent.
M. Thiers a reconquis d'un seul vote et d*ane seule palinodie
— le présent et l'avenir.
^^ C'est un peu honteux, mais cela s'oublie vite de ce temps-ci, et ne nuit à personne, — que je voie.
J^ Les journaux de l'opposition, — qui renvoyaient d'ordinaire M. de Lamartine à sa lyre, à sa liarque, à Ët^e, quand
il n'était pas de leur atis, — Tont déclaré grand poète et homme d'État distingué.
^ Eu quoi ils ont assez raison. — La position de M. de Lamar tine à la Chambre est belle et grande, et elle ne peut manquer de prendre dans l'avenir une plus grande importance encore, — s'il sait la conserver intacte ; — il ne reconnaît de drapeau que celui de la raison et des intérêts nobles du pays ; — il n'appartient à aucun parti, mais cependant — j'ai trouvé un peu d'exagération dans ses coquetteries à M. Odilon Barrot. ' ^^ Les conservateurs ont , de leur côté, -« loué la haute raison de M. Thiers, — ils savent mieux que personne à quoi s'en tenir sur les mobiles de la politique du Mirabeau-mouche.
^^ M. Fulchiron a dit : « M. de Lamartine nous quitte, — mais M. Thiers nous revient, c'est une fiche de consolation. — Vous voulez dire, reprit H. Vatry, — c'est une fichue consolation. »
i^ Le parti des conservateurs est victorieux ; s'il veut garder sa victoire et en profiter, il faut qu'il marche, il faut qu'il lève , comme faisaient ses adversaires , le drapeau du progrés, mais d'un progrés réel, raisonnable ; qu'il fasse des choses et pas de métaphores , des améliorations et pas de bouleversements ; qu'il s'occupe de questions sociales et pas de questions de portefeuilles.
On a traité dans toute cette affaire la Chambre des pairs avec le dédain le plus insultant, avec l'inconvenance la plus révoltante.
Une fois la loi votée par la Chambre basse,-<-on a envoyé par le télégraphe et par les journaux la nouvelle que la loi était votée; — les autorités ont harangué le duc de Nemours— en l'appelant régent de France.
Les pairs ont paru peu sensibles à cet affront : ils ont voté la loi -* comme un clerc d'huissier copie un acte.
j^ Le Journal des Débats a commencé à enregistrer les
harangues faites au duc de Nemours et les réponses du prince.
11 a dit que le prince avait parfaitement réussi à Strasbourg.
On s'est élevé avec raison contre Tinconvenance choquante de cette expression.
Outre l'inconvenance, cela avait un inconvénient dont on n'a pas tardé à s'apercevoir.
On a invité le Journal des Débats — à modérer ou à mieux diriger son zélé.
Le Journal des Débats, subitement calmé,— s'est contenté de dire : « Le prince est entré dans telle ville , » — et d^ relater les discours.
Alors les journaux de l'opposition ont dit : c Le prince n'a donc pas réussi, — il a donc eu du désagrément ? »
On nous disait qu'il avait réussi à Strasbourg, — et les journaux du ministère ne nous disent nen des autres villes, tl faut qu'il n'ait pas réussi. — Et on tirait de là une foule de cooséquences et d'hypothèses — extrêmement fâcheuses.
1^^ Au moment où les divers restaurateurs et gargotiers, se disant maîtres de pension, *- remplissent les journaux d'annonces et de réclames dans lesquelles ils font figurer de pauvres enfants qui n'en peuvent mais, je crois leur être agréable en leur donnant un remarquable modèle en ce genre.
Llndicateitr pour la ville de Strasbourg, imprimé en ladite ville par Daunbach, — contient les lignes que voici :
• Charles-Conserve Oberlin fils, et selon le système de feu Jean-Frédéric Oberlin, de son vivant très-digne et très-zélé pasteur à Waldbach, au Ban-de-la-Roche, dont la maison était constamment remplie d'élèves et dont ils aiment toujours à se rappeler avec plaisir, donnera son cours d'éducation physique et morale des enfants, en français et en allemand, pour les messieurs et pour les dames, séparément, sans distinction de culte ni de coMition, aussitôt qu'il y aura assez de souscripteurs. Le prix est de douze francs. Ce serait vraiment biea triste si dans ma
ville npfiïle, ionije me ftns gloire, dans une dté ie rinqttânte & soiTînnte mille âmes, il n y avait pas cinquante ou soixante personnes sensées et équitables qm veuillent bien consacrer pendant trois mois environ, tontes les semaines, une heure de temps et en tout douze francs en argent pour le salut , le véritMe saint temporel et étemel, corporel et spirilttel de leurs enfants actuefe ou futurs. Oui, ce serait en vérité tien triste !
t AtiditoretaVerapars. Il est impossible de jonvoTrjugcrde ce que Ton n'a pas entendu et bien entendu soi-même, îlestin* ierdit de prendre des notes an cours. Mais il sera permis de farrre des questions par écrit, L*on paye en souscrivant. L on souscrit à Strasbourg, chez Ehbmann, libraire, place de la Grande-Boucherie, n<> 28. Oberlin fils. »
Waldbach, 1842.
4^ M. V. Hugo a un barbier — qui cause èeancoup ; — entre autres sujets de discours, il parle fréquemment de sa femoie — et ne manque jamais de dire : Mon épouse.
Un jour, M. Y. Hugo, impatieoié, lui dit : c Pourquoi doue appelez-vous toujours ainsi madame***? — Comment voulezvous donc que j'appelle ma femme? » répondit le barbier.
Jf^ Le même barbier fut fort efirayé lorsqu'il apprit, en 1839, — des commères de son quartier que le monde dlait finir.
Tout «n rasant M. Y. Hugo, il loi fit psnt de ses tefrevrs.
— Ah! mon Dieu! disait^il, —on assure que l'amie pp*« chaîne ie fuonde vi finir. •— Le deux janvier les bétes ront, et le quatre ce sera le tour des hommes.
— Vou$ m'effrayez, dit M. V. Hugo; qui donc alors me sera le trois?
j^ Madame Louise Danriat, ^m a figuré en effigie dans les Guêpes, — a eu la bonté de m'adresser d'avance une lettre - qu'elle se propose iê piMer. le crois pouvoir consUlérer
SETTEMBRÏ 1842. 103
cette déclaration comme «ne permission tache fte citer qnplques fragments de la lettre de madame ftauriat. C'est d'ailleurs une justice, puisque madame ©auriat me 1*a écrite dans Tintention de rectîfîer ce que fui avancé sur elle.