IV
440 LK^S GttPfiS.
quMI faut les arolr ; *^ la corraplion tue k te (bte ThoâRne, le 'talent et Tirlflueûcè. -^ Il faut les avoilr pouî asâodés et tteb poor domestiques.
^^ 11 faut avoir plusieurs cordes à son arc.
IH. Duchâtel, — ministre de rintérifeur, -*- vient fte jWûdre â cette industrie ceHe de marchand dfe vins.
Il a acheté, — moyennant huit cent mflte francs, — un i/îgnoble appelé Lagrange. — Cette -propriété, située du côté îte Médoc, — tire de ce voisinage des prétentions "peu justifiée fit un vin de cinquième cru.
^^ Vfous avons parlé ré<;emm^nt Ses divins cris que fôih entendre dans les journaux les maîtres de j^rension, à Tin^tâir de ceux que fbn't etïtendre dans les rues Te^ marchands de sa* hcle Êft'tes marchands de cages, pour annotieer leui^ mardhatfdises.
En voici un qui mérite, entre tous, une mention honorable^
On trouve à lâ qtiatriétne page de la plupavt des carrés de papier, — se disant les orgaties de Topinion puhlique, l'annonce que voici (un franc vingt-cinq centimes la ligne en nonpareillef — un franc dnquante céritimes en ftiignontié) :
c L'institution J. Dillon, faubourg Foisscffini^re, 105, a 'flflt '^â rerftrée le 1* Octobre. — le (ftrecteur de cet établissement, jaloux de mériter de plus en plus la confiance publique, — l'eu MottrtS ithùîtiihés ïpécîau^. i
Voyons un peu, — ttidnsfeur J. Dllten, — je ne HMt flth vous dire rfe désagréable, — ffifais il ressort de vos propres paroles une choi'e incontestable ;
Vous Votis^él'es moiîté d'hommes spéciaux pouf méntéf' Ée plus en phi$ la conllànce publique,
C'est*à-dire que vous aviez déjà obtenu cette confiance avaiit de vous être entouré (Thommès spéciaux.
C'est-à-dire que, l'année dernière, vous n*aviez pas, Ifôûc instruire vos élëves, songé à vous entourer ikmfnes spéciaux.
0GT3BRK 1842. 411
CNeàt-à^ire que, pendant les vacati€é9, -^ tons tous ^U^ë dit : « Tiens ! une idée. Je vais m' entourer d'hommes spéctatiô^; «— e'est-à-^dire -—j'aurai, pour nlontrer les ntathétnatrqtiesy un mathématicien, — un latiniste pour enseigner le latin. «
C'est-à-dire que, Tannée dernière, - tous atiez peut^ét^ pour professeur de latin *~ un marehafird de briquets phospho<>* riques ;
Pour maître de dessin, un frotteur ;
Poui^ mattre de mnsiqtre, un ébéniste ;
Pour pïTofesseur d'histoire, un coiffeur.
Réellement, —monsieur J. Dillon, — vous avez eu là uiie excellente idée ; — il côt malheureux qu'elle ne vous soit pas venue plus tdt.
Notis avons signalé déjà -^ Une variété d'irtdépendance poli^ tique extrêmement curieuse.
Un certain {jarrê de papier aime ufté danseuse ittaigrè *; <«• tte temps ft stutre, il faut faire rengager ladite dttnseuse.
La chose ne se tait pas toute seule. — M. le dlréctctifr flu théâtre — ni le pubic ne s'en souvient; — il faut que le gott^ vernement intervienne : — voici comment s'exécute le tour.
Lorsque rehgàgelnent précédemment obtenu est sur sa fin, -^ ledH cat*ré de papier fronce le sourcil ^-^ et devient trêsrigide, il s'aperçoit que le miriislère trahit la France ; il élh cottvfé que le gouvernement nou!; avilit aux yéui de l'étranger ; — le pays penche vers sa ruine. — Toutes nos libertés sont audacieusement attaquées; — les courtisans envahissent le pouvoir et boivent la sueur du peuple; — on a oublié les promesses de Juillet et le programme, — le fameux programme de l'Hôtel de Ville, etc. — Tout cela ne suffirait peut-être pas ; on ajoute quélqàes attaques cdntre tel ami ou telle amie de tel ministre. -^ L'ami a reçu un pot-de-vift : •«-*• l'amie af trois tEkidses dents.
L'ami oiifamie vient se plaindre au ministre, et lui M, Yiflis
forme de conseil, qne le carré de papier fait an grand tort an gouvernement ; — qa*il faut Tapaiser, etc.
On enlame les conférences. — Le carré de papier est d^nne férocité croissante; — il ne peut rien accorder. — On insiste ; il laisse échapper — que, dans Vintérêt de Cari, on devrait rengager mademoiselle Trois-Étoiles.
On fait chercher le directeur, — on le force de rengager ladite demoiselle.
Or, Técrivam recommandable -— qui protège ainsi les arts n'a dans le carré de papier en question qu'une portion d'influence. On lui permet bien de vendre le journal, — mais on ne lui permet pas de le livrer. — Or, comme le bruit du rengagement de la danseuse peut transpirer, comme la malveillance en pourrait tirer de fâcheuses inductions relativement à Tindépendance de la feuille, — cette indépendance doit se manifester et se manifeste par Tinjure à l'endroit du gouvernement.
La dernière foK que ce tour a été exécuté, — la danseuse a été rengagée pour quinze ans ; — le lendemain, on citait dans le carré de papier, comme proverbiale, la stupidité de M. de Gasparin.
ilj^ STATISTIQUE. — D'après le docteur Julius, qui s'est livré à un volumineux travail sur les aveugles et les établissements qui leur sont destinés, on compte :
En Prusse, i aveugle sur 1,600 habitants
En France, 1 4,650
En Belgique, i 1,009
En Danemark, 1 738
En Angleterre, 1 800
En Autriche, 1 800
Aux Étals-Unis, 1 1,200
Diaprés beaucoup de choses qui se passent, on ne devinerait pas que la France est le pays d'Europe où il j a le moins d a-- ^gles.
f OCTOBRE 4 842. 443
^(fift Plusieurs journaux reprochent amèrement à M. Duchâtel le refus qu'il a fait de donner à M. Rubini, chanteur, la croix d'honneur qu'il demandait pour reparaître au Théâtre- Italien. — Comme on parlait de ce refus devant M. de Rémusat, on vint à lui demander si, à la place de M. de Duchâtel, il eût agi comme lui. « Non, répondit M. de Rémusat, — j'aurais fait tout le contraire ; j'aurais donné deux croix à M. Rubini^ en exigeant qu'il les portât toujours toutes deux, l'une â gaucae, l'autre à droite de la poitrine. »
^jffitt Quelques-uns des plus gros traitements du ministère des finances — sont industrieusement gonflés par des indemnités^ — des gratifications f — des faux frais ^ — i€^ supplé-^ mmis pour pertes et erreurs^ etc., etc.
Ainsi, on assure que le caissier central du Trésor -^ reçoit une indemnité de quarante mille francs pour couvrir les erreurs que peuvent commettre les garçons de caisse chargés des payements et des recettes.
Les garçons, en effet, se trompent quelquefois (le cas est cependant extrêmement rare). — Toutefois, le cas échéant, M. le caissier fait appeler le garçon en défaut, le prévient qu'il s'est trompé, que son erreur est de... tout, — et que, par conséquent, cette somme lui sera retenue sur ses appointements ; et ceci n'est pas une menace, la retenue s'effectue réellement ; et, au bout de l'année, M. le caissier a touché quatorze mille francs en sus de son traitement.
Si je commets une erreur, je prie M. le caissier de m'en avertir, avec preuves à l'appui.
j^ De ce temps-ci, toutes les professions sont encombrées, — même la profession de Dieu. Les Guêpes en ont déjà signalé quelques-unes. — Voici venir un homme plus modeste. — qui se contente d'être prophète. — On ne saurait trop louer une semblable abnégation.
Cet homme s'appelle M. Cheneau ou Chaînon, lui-même pa-
414 l^içs 6i;tp|;9.
HlMnftjrteîR.jçp If^Ufieilleuf dp ces. d^ux, fjomsj ^^f^Jf l^«ffre ^m d^ux ^ Iî|, vénération publiquç, Qn ^st lil)re de 1 invQqueic SQUS les Ae\i% qom^; chaciin iàdessus ppql; s'en, rapport/sr ^ son goût. Il est p^ophèt^ et négociant, 11, publia ^H ce mpQJfint ]a Troisième et dernier^ alliance du ciel avec sa, créat^re (4 v<4, grand in-S^). Ainsi, pour la troisième et ii^vnïèri^ fois, le ciel ne le répétera plti»s : -r- Voulez-vous, qui q^ norji, viOU§. (lUiçr ayqclui?
c J'ai reçu, dit M. Cheneau pu Chs^înon, -rr.yair^\|dnq|el Ip pouvoir d^édifier U vérité; le Seigneur m\ dit :. • Étiit)lis » le bfipténie spirituel^, enseigne la religion d'amoi^r, q}^ jQ 9 t'ai révélée pour former mon ajliance éternelle avjeiç mes ejH • fants ; accomplis ta mission ; beureuf cçlui.. qui l^, ff9^^ f, daps soo OQDur, f
Çrqvona dam,nptre canir la m$sion de M. Chatpoi^ q^. Cbd^ Beau, — sans nous arrêter au langage peu correct dw ciel,
M. Chaînon ou Cheneau — a deux amis qui le visitent «vtti familièrement *. l-emper.eur Napoléon, qui lui aençoro fait visite, 4jt-i|, en Janvier 1.841 (page 295), et sainUe^nrBa^tijjte qu'il 9|ipelle « son ami, sincère. »
M. Chaînon qu Cheneau — raconte en^uitoq^ie c'c^t»â ^ifom en février i^Si^, -- à l'Hôtel du Nori, — d^ambre,. ig, -rr- <J^ ^'^ lifÇnreis ef de^k d\i spiv ji^sqtict, six he\f,r/ss troifi. qwitUdM q^(2(2> ^u t{ a.cçi^Mt^f^^ vaincu tgute l'artn^Çt^f^^n^k^i S^lÇ^ lui'-même.
ii J'ai promis, -rr 4it-H Si VÉt^rneU de dé^^mw V)iw ceux
qui combattent contre la vérité ; -nr Top attentera à ni\e§ io«r&» e( nne somme sera offerte pour me f£|ire détruire, mais tous leufs projets seront détruits, — et le serpent viendra vi^it Ini-môme sa langue pour qwe je Tarrachç. f
Nous n*analysons.pas l^nouvelle religion proposéf^par ll« Cha^r neau ou Chaînon, — attendu que nous i^y comprfinfti^ rieni -rr ni lui QQ9 fWf Aou$ Qo reprpduii^n^ que quelqufiH wmils
4f>j)Q^s aui fêisme^» et qui pourront i^^dJAm à. ^03 Wotiàees de
quelque utilité. .
CONSEILS AUX FEMMES. • Sachcz VOUS sefvlr des favmrs que le ciel vous a confiées, vou^ rendrez doux et aimable Tboiume njéchant et irraisonnable.
» Observez si votre époux est travailleur, courageux,, prér parez- lui quelques. flflfrea6te« dktractions et. contranez4e un jour sur mng^t, afin q[ue sou oœur ne deviç^nne p^oint. insen$ible â.. vos intentions.
9 Prodiguez-lui les moyena de consQlatiQn.q|ù vous.sont spéciatement confiés |)ar le Créatjeur.
» Je répandrai de mou esprit, çu]^ toutes sprte^i de personnes, f
Gare de dessous!
On lit dans un gros livre de M. A. Pépiû quç Tautewr de £e% porte suc son cœur des chevçux d*qn des assassins de Loiuç- Philippe. Le livre de M. A. Pépin» qui est fait, du reste, aveçi courage, a été peu lu. — Sans doute madame. Saudigaofc ^ pa&sag;e qui la concerne.
^^ Je n*ai pas voulu m*en rapporter» i propos des essais . de pavage ep bom, -— aux réclames, des journaui;, à yn fraqc la ligne, — j*ai consujilé cinq qa six cpicbers. de cabjciolets» qui m.ont affirmé que par. un temp;^ de. pluie^ ii e3trimpûs;4U^a.(|x chevaux de tenir pied sur ce nouveau pavén.
^^ Voici ui^.mpt que j^ ne raoa^ti^, qR*à <^$<b^ de son an-
tbÊnticit,é :
Au st^çt d'une i^uvi^lle fm^roie de pairs, — qui.va, ass^uret-iQU, se faiire praçhaioe^nent^i •**- beaucoup de candidats, se re-r muent outre mesure^ Ûj» ciie entre autJces le maire (ii*ua des plus» DpmbjL^iux arroudis«em^l^ d^ Pari^». -^ ancien député eonservaleur, ti:ist,em^t rq^us^ a^ax dernières électioA&4 Comme il causait avec M. Sauzet sur ses bonnes et ses mauv^s^
— Hélas! mon cher monsieur, reprit le président, comment voulez -vous qu'on vous fasse pair? — La chose, quant à moi, me semble tout à fait impossible.
— Comment cela ? impossible! et pourquoi?
— Parce que, répondit le facétieux M. Sauzét, vous ne pouvez pas être à la fois pair et maire.
\ M. de Rambuteau, qui se trouvait là, — c'est chez lui que la conversation avait lieu, — réfléchit un instant, et dit : « Au fait, c'est vrai. •
i^kj; PARENTHÈSE RELATIVEMENT AU TIMBRE. — (Il y a d'/iO»*
nêtes gens qui ont Imaginé d'acheter des numéros des Guêpetf — d'arracher la page sur laquelle est le timbre, — et d'envoyer à la direction ces exemplaires ainsi mutilés.
La direction n'est pas fâchée de prendre les Guêpes en défaut, — et dresse un procès-verbal, — pour absence de timbne.
On a prouvé à la direction du timbre, — par les reçus du timbre, par les livres de l'imprimeur, par les livres de Téditeur, par ceux du marchand de papier, — qu'il n'a jamais, à aucune époque, été imprimé un exemplaire de plus qu'il n'y a eu de feuilles timbrées.
La direction a maintenu son procès-verbal, — on a appelé de ce jugement au ministre ; •— le ministre a confirmé.
Les Guêpes viennent encore une fois d'être condamnées à une amende assez forte au profit du Trésor.
L'auteur des Guêpes ne croyait pas devoir se soumettre au timbre, il a plaidé il y a deux ans contre l'administration, — et a perdu son procès. Il s'est contenté de protester contre la sotte obstination de l'administration, qui veut absolument mettre sur de petits livres — une tache d'encre égale , en grosseur, — au timbre qu'on met sur les cabriolets, — tandis qu'un poinçon, quelque petit qu'il tùi^ atteindrait parfaitement le but.
filais — en môme temps il a formellement interdit à son
OCTOBRE 4842. m
^ éditeur — d'essayer contre radministratioa aucune de ces fraudes que font presque tous les journaux.
L'auteur des Guêpes a agi loyalement; — il ne pense pas que ni Tadministration ni le minisire aient suivi son exemple — en maintenant des amendes*— contre les preuves sans réplique qui leur étaient fournies; — Tadministration du timbre — a plusieurs fois fait demander à Tauteur des Guêpes — ' la suppression de la pelite phrase qui accompagne depuis deux ans la sale tache d'encre qu^elle a imposée à ses petits livres ; — l'administration a cru devoir lui fournir une occasion de la remplacer — par la dénonciation de ses petites persécutions. )
10^ De 1791 .à 1794, il y a eu en France les aristocrates, les monarchiens, les constitutionnels, les républicains, les ^démocrates, les hommes du 14 juillet, les fayeltistes, les orléanistes, les cordeliers, les jacobins, les feuillants, les maratistes, les chevaliers du poignard, les septembriseurs, les égorgeurs, les girondins, les brissotins, les fédéralistes, les modérés, les suspects, les hommes d'État, les membres de la plaine, les crapauds du Marais , les montagnards , les accapareurs , les alarmistes, les apitoyeurs, les endormeurs, les dantonistes, les hébertistes, les sans-culottes, les habitants de la Crète, les terroristes, les patriotes de 89, les thermidoriens, une jeunesse dorée, etc., etc.
Sous l'Empire, les bourbonistes, les émigrés, les jacobins, les idéologues, les hommes de 89, les nopoléonistes, les fédérés, etc.
Sous la Restauration nous avons eu les bonapartistes, les royalistes, les libéraux, les blancs et les bleus, un côté gauche, un côté droit, un centre gauche, un centre droit, les ventrus, les absolutistes, les ultra, les révolutionnaires, le parti de la défection, les constitutionnels, les carbonari, la société Âide-toi, le Ciel t'aidera, etc., etc.
Ml 1«BS QUÊP^S,
Pepui^Jsi^i^voiilltioiii de juiUe;|t, 9pas av^m& en des^carfetoa^ des légitimistes, des |il,^illppis^â3, 4^s. t^fnriqn^Hbtea, de& içyp^ialiïites, dea bomo^e» di\ 9iwveqpeo(i des haniioes dft la résistance, le p^arti de l'avenir, des répuWÀe^^ia^ de^ 93, cbs rè^ j^uhlicainsji rajoaéricaine, des «aint-sirnooiens, des fouriéristes^ dç3 pbalapsLérieus, des huoiapUaireïS, des bou$ingote> das radk çatï^jt dçs pu^riotes, des l^ommes du progréi$, des jn^t^-milieu» des modéfés, des politiques» des docU^ioaires , des avis de l'ordre, des hooomes du tiers-parti, un c6té gaucbe, un e6t& droit) un centre droit, un centre gauebç, des oionarcbisles, ^ dç& mh du peuples, des ar\^chiste&, des r^forpWiteav de& jeunes-France , la société des Droits de l'Homn^.i, U 99eiét& d^^ Familles, des réaclionnaires, les conserv^tejLM^i, k pa^U soçiajl, etc., etc.
^^ Beaucoup de. gens font semJUant de prendre lea Gu^^ pour une facétie sans but.
Voici un grand journal — qui imprimait avant-hier quelques lignes dans lesquelles il demande que l'impôt pèse sur les objets de luxe et cess^ d'augmenter le prix des olptJMs de premiâfe ni^ çessité.
Il j a trois ans qne les Guêpes ont, pour la pf emi^ Ms, émis le même vœu.
Ce journal est un de ceux qui appelaient si plai$avn[^efil l'an* teur des Guêpes — ami du château, et qui s intitAileat€ux<-iBéflMa, ni^is plus plaisamment,, amjis du, pet^ple.
^!^ Il vient de mourir à Paris un homime d*uu grand i^ lent ; — le public, après avoir suffisamment cuvé son aénira» lion frénétique pour Paganini, en était revenu à dire : « Eh bien, j'aime mieux le violon de Baillot. » — Baillot est mort à soixantç-ome aus* EJn 18:21, Baillot avait été nomm^ premiw violon solo à l'Académie royale de musique; dix ans ai^rès, quand ropéra devint une spéculation particulière, — ^Baillol parut un luxe trop cher ; — depuis cet.te époque oo u» l'entea*
dii plus qim rartfSMrt, -^ et depuis plus d'ttiwr âm)ée H. swait»; cessé de toucher à son vioioK.
Tout le moBde connaissait son tafenl« mais, wcî une (ueltte anecdote — qui moirtre mtoui que du.tatea&« *" qui moatre» di| désiniérassemenEt et da la MUessOi.
Baillot avait une pension sur la liste civile* dtf» Gharlas X;; -«h après i 88^ -^ m lavîsa par testes sortesf dfe nagrens à aoidagar ces pauvres pensionnaires ruinés. — Un jour BaîUofé reçut im^ lettre des commissaires de Tancienne liste civiles qui Tinvitaient h venir toucher un« partie de sa pmiâicNi. -^ Badlot se préseute el demande si tout le monde est payé.
— Tant s*en faut, lui répond-on, — nous.donnons seubmeul! quelques' à-eompte.
— Oh! alors, — répond noblement Fartistev «« le gimi artiste, — ne me donnez rien, les antreS' ont plus heaem que moi.
— Mais, monsieur Bâillol, -^ ^us B'étes pas ricliei. »- C*est é^U je tramUe atje gagne de racgenl^ ^t^ Oh lit dene les journaux :
ff M. le miui^pe de Tintérieuri ayant appris que fan BaHloiri laisse une veuve e& une fiUesan&autres^reesoooeefr qui'une peuH" sion de huit cents francs, vient d/AcoosEyB» «*» une» mdenadté onnaie^ de* ddur.e eents francs imadamai veuille BaiUûtk! »
Je ne parlerai pas de cette inàimnUé armmUe, qui n'est paè: même une peusieu •«* et qni< e^élève maiflatueusemeot à lasomm»^ de douze cents francs- pour bu ^eoive-** djuii' des. ple& gaandar artistes de ce temps-ci. r
Le gouvernement est pauirre; «^ il i!sMt faire deaengagamants 4é qmnae smsteidb quinze miUe flancs par dm A des* danseuses maigres — pour se concilier la bienveillance douteuse i'im Tains sans talent qui les protègent.
Mais il aurait été plus décent, sans que cela coMk un io» de plus ^ de fa'u^ mettre dans les jounettKr t^ Uànsieur le mi-
nistre de l'intérieur vient de prier madame veuve Baillot d'accepter une pension de douze cents francs. »
j^ Un célèbre vaudevilliste vient de se marier — presque à la même époque que J. Janin, le fléau des vaudevilles; — tous deux ont fini comme tous les vaudevilles que Tua a £aitS| que Fautre a critiqués.
On a beaucoup parlé de ce mariage; — j*aî recueilli deux versions différentes.
Voici la première :
M/*', il y a sept ou huit ans, rencontra cbez son notaire une jeune dame dont la figure et les manières Tintéressaient : — il demande qui elle est.
•— C'est la femme d*un négociant en vins» son mari est enw barrasse, — elle cherche de l'argent.
— Serait-ce un placement sûr?
— Oui, sans doute.
— J*ai des capitaux disponibles ; je prête l'argent.
De temps en temps, M. *** s'informait de la dame ; — un jour il apprend qu elle est veuve. — Cette fois ce n'est plus de l'argent, mais sa personne, sou cœur et sa fortune, qu'il fait offrir, — il est accepté, — et les rideaux tombent.
éjj^ Voici la seconde version :
M.*** aimait les femmes. — Que diable aimerait-on? — il en aimait plusieurs, — je ne m'aviserai pas de le défendre sur ce point. — Un jour après dîner, il va voir une de ces dames. « Ahl vous êtes le bienvenu, vous allez me mener voir les Piluleè du Diable. — Volontiers. •
Le lendemain, il était chez une autre.
-* Je vous attendais, j'ai fait retenir une lo^> nous allons au spectacle.
— Ah! — et où?
— Franconi.
— Qu'est-ce qu'on donne?
— Les Pilules da Diable.
— Diable!
— Pourquoi?
H. *** comprend qu'il faut s'exécuter ; s'il dit qu'il a vu la veille les maudites pilules, -*- on lui demandera avec qui.
— Seul.
— Vous pouviez bien venir me chercher.
Il se contente de dire : « Je vous accompagnerai avec plaisir. » Le lendemain, troisième dame, — troisième invitation. — - J'aurais bien voulu vous voir hier.
— Vous êtes trop bonne.
— Oh ! c'était intéressé : — j'avais besoin de vous.
— • Il m'a été impossible de venir, j'ai travaillé toute la soirée.
— C'est égal, — aujourd'hui est aussi bon; je veux aller voir les Pilules du Diable.
M. *** frémit. — Mais il vient de dire qu'il a passé la soirée à travailler, il ne peut plus dire qu'il était aux Pilules, — et d'ailleurs, — avec qui?
Il s'ennuya tellement, — qu'il passa la nuit à énumérer tous les inconvénients de la vie qu'il menait, — il vit qu'il y avait dans la vie de garçon et d'homme à bonnes fortunes par trop de choses à faire trois fois ; — un mois après il était marié.
^j^ M. Gannal a de nouveau paru sur la place, et je crois être agréable à la fois au public et à lui — en contribuant, pour ma part, à donner la publicité à une brochure qu'il vient de mettre aujour,
M. Gannal commence par dire pourquoi il prend la parole.
Cest parce que tant de personnes sont étonnées qu'il n'ait pas embaumé le prince royalf — qu'il croit devoir leur expliquer le mauvais vouloir qui lui a été à lui^ M. Gannal, cette consolation,
^ffuC M. Gannal en est d'autant plus affligé^ qu'il savait à part lui — que le prince royal désirait tnvme^ être embawné par lui.
Consolation est une expression toute nouTelIe, appliqi^ée S Findustrie, et qui ne pouvait manquer de faire fortune.
Les marchands fashionables disent déjà , à. Timitation de M. Gannal : « Pernietlez^ loon^ieur, qu^i'^^O la. consolatitm éd TOUS vendre cette paire de bas. »
< Ne me refusez pas la consolation de vous vendre ce bci(iuet phosphorique. >
c Madame, je ne puis céder ce châJe au prix que vous m'en offrez, je renoncerais plutôt à la consoJa/ionde vousleveadre. •
li faut dire que M Gannal et M. le docteur Pasquier, chirurgien du duc d'Orléans, s'étaient rencontrés Iqrsqjue M. Gannal a embaumé le maréchal Moo^ey.
C'est ce qui fait le sujet de la lettre ou plutôt des. lettres adressées à M. le docteur Pasquier par M. GannaU -* dêelores anibo.
Remarquons en passant — une tendance de notre éppqneq/ii ne peut tardera diminuer singulièrement les revenus de la. poste aux lettres. — Autrefois quand on avait une communicatioq i faire à quelqu'un qui se trouvait éloigné, — on lui écrivait une petite lettre que l'on pliait proprement, — on l'enfermait dans une enveloppe, — on la cachetait, *- on mettait dessus le nom. et l'adresse de la personne à laquelle on avait àfaire» -* et.oa jetait le tout à la boîte d'un bureau de poste.
Il n'en est plus ainsi aujourd'hui : — on fait imprimer sa lettre, à mille exemplaires, — on la répand dans Paris et la {rovînce^,, — on la fait annoncer dans les journaux, — et ua jour ou ua autre celui auquel la lettre est adce^iséa — reocoatre.uo é0 a^ amis qui lui dit :
— Eh bien ! M. un tel vous a écrit?
— Ah!
— Oui, j'ai lu la lettre hier ancaft..
Cû s'arrêtera ce.bi^soiA^dô.aotiiti é(iûqu9..d9.tooit,&ir6 ainsi tfv public?
ocraBRD lièft. 4ftS
«Kl^t Noms. aU«M maintenant citer des frs^mant» à^ la lettra. de M. Gannal; — nous mettrons entre pareatlièsft& les. quelques petites observations, <^ui. WM^ çigiraJtroi\t. iftdi§g.çfta?J}l§s. jo.\ir éclairçir le tçxtç,.
€ Monsieur,
d'uAei e)y^ériepcj3 spli^nnelle,.
• J'attendais atrfc|)4(ienese/e|(^ç(t^^|^n49e&/j(iv^r((^/e|. (Ç*estr» â-dire h mort, d'un grand. piç]:$(i^M92|ge. M pei^ée. §&( un p^^t %o.çe, monsieur Qaj^nal.)
>, Je croyais qu^ le teipii^ et Tpcicdiipi^ ses^axai^e^t njt^iiqi^ ;. nyiis la décision pris^. au s^|et d(BS^ r^^tesi du pci^Ace r^ya^, imJ4m. pendamment des sentiments douloureux que sa perte m'inspke^ co%mc à tout h mmde,, -*«- na'a amené a. fsn^ trë^série^siçment que ss^ valofll^é. ei;pnmée dès loi^teoips ne pQut s^xoi^ diç^^
4^ (Voici dQn,Q armée unç de ce^ drcomtmces {avorablejk, que M. Gannal attendait avec patience. -- t.e duc d^Orléao;^ meurt» — Mj. («asio^l ç'oii a£9>ge comme tout le monde, mais il espère avoir la consolation de Fembaumer. M Gannal n*est pas comme eeit^mdre éj^erekie q»i ne veul pas être consolée: *— fiêlmt ceHS&tùri ; — ee qu*il demande, au eontratrej o'^st d'éire
On ne prcn*«ucutt seuc^ de consedér M. ©annal, -*- en ne lecharge pas de l'embatifMffient du ppiifice. — M. Uannal f^it en-^ tendre • ses- gémissements^ •— il donne à penser que lé* prinee^ reyal lui avait promis de se faire embiairmer par làk
M* Gannal avail déjà- demandé là comohiîlèffn d^é/ttifwifM* rempeFeuf NapeléerK — *> H ki a élé reftisé égalèmett^d^enfe^ I^Hmt ceUe cmu^ktim mr eet hvree en partie dôaUe; Mh 6ai^
nal alors jette son gant dans l'arène, — il adresse à M. Pas-
quier un superbe défi.)
• Pour arriver à un résultat comparatif et certain, voici comment je pense que devront être faites les expériences, en présence de MM. Ribes, Cornac et Gimelle, que je choisis pour mes juges, et trois autres docteurs que vous choisirez à votre volonté.
» Je ferai un embaumement sans autopsie, et un second embaumement après une autopsie, en tout semblable à celle pratiquée sur le corps de M. le maréchal Moncey. Vous, monsieur le docteur, vous pratiquerez un embaumement en tout point semblable à celui que vous venez de faire pour le corps du malheureux prince dont toute la France déplore la perte. Je m'en rapporte entièrement à votre bonne foi sur l'identité des deux opérations.
» Les trois corps ainsi embaumés et déposés dans trois cercueils seront mis sous la surveillance de M. l'intendant des Invalides, et la clef de la pièce où ils seront placés sera confiée à la garde de M. le lieutenant général baron Petit; tous les mois les commissaires voudront bien vérifier les corps et constater
l'état de leur conservalion.
Gaknal, rue de Seine. »
^^ (Cette fois on n'attendra pas une occasion favorable. — On prendra trois corps — au jour dit ; — où les prendra-t-on? — c est peu important. — M. Gannal ne s'arrête pas à ces menus détails ; il nomme de son autorité privée le gouverneur des Invalides et M. le général Petit à d'étranges fonctions. — Il se réserve également de désigner les sujets à embaumer, et j'aime à croire que son choix tombera sur des morts. — Remarquons la petite phrase chevillée de mauvaise grâce, dont toute la France déplore la perte, — Il est évident que M. Gannal déplore cette perte conme tout le monde, ainsi qu'il nous l'a déjà dit, — nuus
qu'il déploré bien plus encore la perte de rembaumement, — et cela non plus comme tout le monde, -— mais d'une façon tout à fait spéciale, «- puisque c'était la seule consolation qu'il pût rerevoir. — Qu'arrive-t-il, cependant? M. Pasquier ne vient pas sur le terrain, — et M. Gaunal lui écrit une autre lettre. — Passons à l'autre lettre.)
^^ Le commencement de la lettre est d'un style virulent,
— c'est pourquoi nous ne le transcrirons pas ici; — on connaît les aménités des savants. — Molière nous en a donné un type indélébile dans Trissotin et Vadius.
c Vous m*appelez charlatan, — dit H. Gannal, — eh bien ! vous en êtes un autre. •
(M. Gannal passe ensuite à l'examen de sa vie entière, il cite ses travaux. )
« J'ai perfectionné la fabrication de la colle.
« J'ai fait un travail sur la conservation des viandes alimentaires. •
(Les Guêpes se sont déjà expliquées et sur l'embaumement en général, et en particulier sur Tembaumeraent des côtelettes de mouton — et les momifications des gigots entamés ; — elles ont surtout insisté sur le danger d'une conclusion fâcheuse.-
— Si on se met ainsi à tout embaumer et à tout conserver, — il deviendra inévitable de manger de temps en temps des côtelettes d'homme. — Le moindre malheur qui pourra arriver sera de se nourrir de biftecks centenaires. — Un cuisinier de ce temps-ci fera tranquillement un rosbif — qu'il léguera à sa troisième génération ; — tout ceci est inquiétant )
« Pourtant Vembaumetnent, c'est votre père, votre femme, votre enfant, que vous voulez voir encore, que vous désirez embrasser sans effroi. »
(Vous me faites peur, monsieur Gannal. )
<^^ «M. Double était médecin du duc deChoisenl ; — je n'ai pointembauméle duc deChoiseul, mais j'ai embauméM. Double, t
4t6 l«ES GUÊPES.
(Entendez-vous bien, monsieur Pasquier, Tapologne rpc semble clair. — M. Double a empêché M. Gannal d embaumer le duc de Choiseiil; qu'a fait M. Gannal? il a embaumé M. Double.)
Vous avez empêché M. Gannal d'embaumer le duc d'Orléans; — eh bien ! — M. Gannal vous embaumera ; — cela vous apprendra. — Oui, il faut que M. Ganpal embaume, — deei nest toi, c'est donc ton frère.
^^ Vous serez embaumé, monsieur Pasquier, vous serez epibaumé par M. Gannal : évitez-le, — sortez armé et accompagné. — Si M. Gannal vous rencontre un soir-^ au coin d'une rue, — votre affaire est faite, — il vou3 embaume, -^ et le lendemain il vous dira que vous êtes venu au monde comme
cçla.
Vous avez raison, monsieur Gannal, — embaumez-moi im peu M. Pasquier — et gardez-le dans voire cabinet, comme vous le dites dans votre lettre, — avec les autres sujets qui depuis tant d années en font l'ornement et peut-être rameuhlemeat, -*- cela apprendra aux autres à se conduire;, — erudimni. )
Ici — une légère annonce.
< L'embaumement est une affaire de sentiment, de famille, une quasi-cérémonie religieuse : c'est du moins ainsi que je l'ai compris, et c'est aussi par celte raison que je le fais, comme vous diteSf à vil prix. Oui, monsieur, zéro est mon minimum, dçux mille francs mon maximum, et je suis aux ordres des formules; cest aux familles à m^. demander le travail (qu'elles dé-^ sirenty toujours heureux d'exécuter leur volonté. ».
(Combien vends-tu ton baume ? — Je ne le vei^ds pas, je le donne: — approchez, faites-vpus servir.} U* Gaimal revient à U. Pasquier.
ijf^ 4 Je sais que vous avez un titre^ un diplôme terrible, qui vous confère le droit de via et de mori aur vos aemblables, qjul vous permet de tailler, de rog;aer cette chélive espèce hu^ tmim; yqus ayez 1§ droil d«i wumI^ vpU^q «^mU^bl^ et de lui
rabeptjer lamatllatloA. — C'est bimi* -^ Ce droite «st absolu SHF les vivants; mais sur les mortsf -— HyUe*là, monsieur; peup les vivants, je les abandonne i leur malh£iureu]| sort ; maiê quànittux mofkj je les réclame een^ne n^a propriélé ejcçlusiue. i
(Aiftsi nous voilà nous, le pauvre mgnde, partagés entre M. Pasquier et M. Gannal : — les vivants à M. Pasquier, les merts à M. Gannal. — M. Gannal abandonne généreusement les vivants à M. Pasquier; H s*en rapporte â lui du sein de lui faire des morts.
Mi Gannal esi le roi éss moris,*)
4^ M". Gannal passe ensuite k Timmiefi de Fembanmement, dent la eon^eJa^fe» (oiaximum deux HHlIe franes) lui a été Fehsée. Il fait quelques questions è M. Pasquier.
• Où avez-vous pris le natnim pour saponiflen la graisse? »
(AA ! oui, où M. Pasquier a-t-il pris le natfum? Voilà ee que nous voudrions savoir, — l'a-t-il acheté, Ta-t-il volet— eil l'a^t^-il pris? — qu'il neus dise un peu eè il a pris le natmm.)
j^ « — r Où avez-vous été chereher Thuile de cèdre, qui dévenait un eia^t aussi indispensable que le soleil d^Égypte? — Lenatnm, vous Tavez remplacé par trente-huit eiloguammes de sublimé ceri^^sif ; Fhulle de oédre a été remplacée par de la tenture de benjoin, et le soleil a été éclipsé' par qmire vingts kilogrammes de poudres aromatiques. Enfin les bandelettes elles* mêmes ent éh céder ta place au sparadrap. Qu*y a-t-il donc d^égyptien dans votre travail? Vous avez mutilé, écorché le ca* davre^ et il vous a felto trente-six aiguilles à suture peur reœu^ Are ves nombreuses Isolations. Trente-six aiguilles peur un embaumement! Mais j*en fais eent avee la même et qui reste en bon état, t
(^z dona, monsieur Pasquier, — qu'il y ait dans le proeédé de M. Gannal une grande économie d'aiguilles ! )
tei M. Gannal ne menace plus M. Pasquier seulement de l'embaumsPy il lu^ aonone» en mArnt temps ta réprobatien générale.
« — Mais, monsieur, avez-vous done songé à la réprobation générale qui doit tomber sur vous quand la population saura que, sans égards pour les dépouilles de riUustre défunt, dans des vues que je ne veux pas qualifier^ vous avez haché en lam" beaux l'héritier présomptif de la couronne ? — Votre procédé est sauvage. » (
(Quel malheur que M. Gannal ne qualifie pas les vues de M. Pasquier : nous en aurions appris de belles.)
^^ Nous nous arrêtons ici — et nous donnons notre avis et sur le procédé de M. Gannal et sur sa brochure. -^ Son procédé est évidemment supérieur à tout ce qu'on a fait jusqu'ici. — Nos lecteurs savent ce que nous pensons de l*embaumement universel auquel tend M. Gannal, mais on aurait dû l'adopter oour le prince royal.
Pour la brochure, — elle est ridicule et indécente au plus haut degré.
^^ Il y a à Paris une société de gens d'esprit, une char* mante petite coterie, — > où lorsque l'on veut dire qu'une chose est impraticable on donne avec le plus imperturbable sérieux la raison que voici:
« Le roi de Sardaigne est bien sévère, madame. »
Voici Texplicalion et l'origine de cette locution devenue pro* verbiale :
Mon ex-ami, — M. de Balzac, — a voyagé dans les États sardes; — entre autres aventures, il plut à une douairière du pays — qui se mit à le combler d'attentions inquiétantes.
M. de Balzac a juste la vertu de la chaste Suzanne, laquelle ne voulut jamais prendre pour amants — deux vieillards chas* sieux et repoussants.
J'aime ces grands exemples qui ne sont pas trop difficiles i imiter.
il eut peur — et un jour — il s'avisa de raconter à la respectable matrone — une histoire de son invention, qu'il attribua
sans façon an roi de Sardaigne. — Ce monarque, selon le romancier, ayant surpris deux jeunes amants occupés à s'aimer et à se le dire^ leur fit trancher la tête, sans autre forme de procès. La belle ne se décourageant pas par les respects du plus fécond de nos romanciers, — dépassa une à une les limites de la timidité de son sexe, — et finit par devenir très-embarrassante ; mais quand M. de Balzac voyait le danger trop imminent, il prenait la figure patibulaire d'un condamné à mort, et disait avec un grand soupir : • Âb ! madame, le roi de Sardaigne estL bien sévère, t **
Jj^ Entre autres phrases toutes faites— qui se reproduisent plus souvent qu*à leur tour, — comme dit la portière d'Henry Monnier, il faut citer celle-ci dont les journaux du gouvernement ont fait pendant longtemps un usage que j'appellerais presque abusif.
ff 11 faut trancher les têtes sans cesse renaissantes de Thydre de l'anarchie, t
Un de ces journaux disait hier :
< Il faut museler à jamais le monstre de l'anarchie. »
Les bourgeois timorés nous sauront sans doute gré de porter autant qu'il est en nous cette phrase à leur connaissance.
Lesdits bourgeois remarqueront avec plaisir à quel degré d'abjection est descendue Yancienne hydre de l'anarchie, ou plutôt l'anarchie elle-même.
Autrefois, en effet, on ne savait comment trouver pour la peindre de métaphore suffisamment magnifique;— l'hydre avec ses sept têtes renaissantes avait fini par être l'image consacrée. ^ — Mais aujourd'hui — le gouvernement semble, en se servant du mot museler, adopter une expression moins ambitieuse, qui semble ravaler Yancienne hydre de Vanarchie aux mesquines proportions d'un caniche suspect.
^!^ L'autre jour, — j'entre dans un salon de figures de cire établi aux Champs-Elysées; — un vieillard sec invitait les
lâO LES GUÊPES.
passants ; un jetine homme, avec tin chapeau gris sur roreifîe et une baguette à la main, était chargé de la démonstration des figures.— Sa démonstration était évi iemment une pièce apprise de mémoire, il la récitait sur cet air traînant des écoliers qui, allongeant du dernier mot les syllabes honteuses, tâchent défaire un chemin de euhy euh, enh^ entre le mot 4u'ils se rappellent et celui qu'ils ne se rappellent pas.
Quand je ('interrompais pour lui faire une question, il parlait de sa voix naturelle; — puis, sa réponse faite, il réprenait $a leçon où il l'avait laissée, en répétant les derniers mots»— toujours sur le même air. ^
1^^ Il nous montra cinq ou six fois Napoléoh dans diverses circoniitances et avec diverses figures, — en faisant, chaque fois, précéder son récit de ces mots : « Ceci, messieurs, est la plus belle action de l'empereur Napoléon. » — Nous arrivâmes au maréchal jiloncey. — « Voici le maréchal Moncey,-- nous dit-il, — gouverneur des Invalides, — leurs insignes meurent avec eux, il a éié interré avec toutes ses croix et ganaÙsé. »
Nous arrivâmes i un coin oà tes iigures plus anciennes avaient toutes une remarquable teinte : « Dans ce coin sont tous les personnages qui ont attenté à la vie les uns des autres. »
Nous y trouvâmes en effet les assassins de Pualdès — et celui de la bergère d*Ivry; Lacenairey*vol€ur et homù^e de lettres^ etc.
Dans ce coin, — ou avait mêlé a ces monstres ies monstres d'une autre espèce : — un veau à deux têtes, un enfant à quatre jambes, les jumeaux siamois, etc.« etc. *— Témoignage évident des principes philosophiques du propriétaire des ligures de cire, — qui met sur la même ligne toutes les monstruosités que la nature crée par distraction.
— Mais, demandai-je au dèmoû^trateur, — vous n*a¥ez rien déplus nouveau?
^^Akl monsieur, reprit-il de sa' voix 'le conversation, *— où
notis a arraché te patn de la main ; ^ on nous à fait enlever la 'mort de monseigneur le duc d*OrMans. — C*était pour notis une excellente affaire : — la mort d'un prince, c'est de ThlStoire, et l'histoire appartient aux figures de cire.
i -^ Peut-être, lui dis-je, -^ Votre explication n'étaît-elîe pas convenable?
— Oh ! que si, monsieur, la voici : — Monsieur (et il me désignait le vieillard qui cfiaît â la porte : « Entrez, entrer, trois certts sujets différents! ») monsieur avait pris la démoilS- 'tration dans le Journal des Débats ; — dU reste la voici :
tt'ôtais mon chapeau — et je disais :... Ici il se remit à chanter les vmgt lignes empruntées au 7o2^« ml des Débats.
— C'est une injustice, — înotîsîeûr, ^— ajoutâ-t-il en l'émettant son chapeau et en reprenant sa voix naturelle,— ]*avàis envie d*en écrire aux journaux, — mais je n'ai pas le temps — et je ne sais pas écrire ; — monsieur, — c'est comme cela qt(e les gouvernements se font détester ; je ne vous dis que cela parce qu*on ne sait pas toujours à qui on parle.
Je ne voulus pas achever d'exaspérer ce pauvre diable éri lai disant qu'à Rouen un confiseur a fait deux tableaux en sucre représentant la chute de voiture du prince royal — et sa mort chez l'épicier ; — que ces deux tableaux, exposés publiquement dans sa boutique, excitent à laïois la moquet-fe et ï'ihdigiidtion ; — que le talent du sculpteur en sucre n'a pu s'élever qu'à faire des personnages de ces deux tristes scAnes de révoltantes caricatures, — et que la police en a toléré l'exhibition indécente.
En effet, l'artiste, — à l'imitation des sctilpteors grecs, -— '^ui mêlaient au marbre l'or et l'ivoire, ^ Vâfrtîsie a ùs^ de toutes les ressources que lui présentait sa bôutlqte :. le chcfcorôt joue un grand rôle et représente à là fois et te iùpix de poélo 'dans rarriérè-bôulique — et la pe(rrdque de Sâi Majcfstê iôuis- Philîppe.
Je quittai le salon après avoir offert au démonstrateur qnel^ ques consolations, — et je repris ma route en songeant à une de ses phrases :
« Voilà comme les gouvernements se font détester. •
On a beaucoup parlé du fameux mot de Louis XIV : VEtat, c'est moi.
Hélas! c'est aujourd'hui la pensée déguisée de nos gouvernants ou de ceux qui aspirent à l'être sous divers titres et sous divers prétextes. — Quand on nous crie : c La patrie souffre, — le peuple se plaint, le pays est dans Tanxiété ; — nous qui avons un peu creusé les choses, — qui avons étudié les hommes de ce temps, nous ne pouvons nous empêcher d'entendre : « — J'ai besoin d'argent ; — je voudrais une place, — je ne sais comment arriver ; » ou : c Mes bottes ont besoin d'être ressemelées. »
<^^ M. Adolphe Dumas '^ qui n'est nullement parent d'Alexandre Dumas, — rencontra celui-ci dans un couloir le jour de la première représentation du Camp des CroiséSy — pièce dudit M. Adolphe Dumas — dans laquelle — les ennemis de l'auteur ont prétendu avoir entendu ce vers :
Et sortir d'ici-bas comne un YieiUard en sort, qu'ils écrivent et prononcent : '
Gomme un vieil hareng saur.
•— Monsieur, dit M. Adolphe â M. Alexandre, -^ pardonnessmoi de prendre un peu de votre place au soleiUmais il peut bien y avoir deux Dumas, comme il y a eu deux Corneille.
— Bonsoir Thomas, dit Alexandre en s'éloignant.
ij^ Un ami de M. Alfred de Musset — insistait beaucoup auprès de M. Villemain pour qu'il donnât la croix d'honneur i
l'antenr ie Namoitna. — L'ami de M. de Musset est influent, trés-influent,— il a fait vingt démarches auprès du ministre de l'instruction publique : — on ne s'explique pas l'obstination de M. Villemain dans son refus d'accorder une récom- .pense méritée à un poète aussi original et aussi distingué que jM. de Musset.
Pour moi, je suis presque sûr que le ministre académicien ne donne pas la croix à M. de Musset parce qu'il a écrit ce vers :
Na comme le discours d'un académicien,
<^ A propos de certaines réceptions de la cour, — réceptions, du reste, peu nomoreuses et surtout peu divertissantes à cause du deuil de la famille royale, qui cette fois n'est pas seulement en deuil détiquette, — un carré de papier — publie une nouvelle homélie contre le costume décent — que la tyrannie — veut imposer aux invités. — Nous sommes parfaitement d'accord avec lui s'il nous dit qu'il y aura des hommes et des habits fort ridicules ; — mais nous différons avec lui quand il veut qu'on aille à la cour et qu'on y aille en habit de ville.
Nous comprenons parfaitement que ledit carré de papier dise â ses abonnés (et il ne le leur dit pas) : « Que diable ! 6 mes abonnés et mes abonnées, allez-vous faire â là cour ? — Il y a une foule de choses qu'il faut savoir là, et que vous n'avez apprises ni derrière votre comptoir, ni dans votre arriére-boutique; vous n'en êtes pas moins des gens parfaitement honorables, mais vous ne saurez entrer, ni sortir. — Vous, madame l'épicière, vous êtes une belle femme bien conservée; — mais, si vous vous habillez à la cour comme de coutume, vous serez ridicule et humiliée, et, si vous vous habillez autrement, vous serez un peu plus humiliée, parce que vous n'aurez aucun droit â l'indulgence, — et infiniment plus ridicule ; — vos pieds feront crever le
satin, — vos façons de danser, qui eu valent bien i*atilfés, feront rire toiit le mondé, comme feratt tivè vous et Vos amis une femme de la cour qui viendrait danser avec vbus à votre entresol. — Cette soirée de gêne, d'humiliation, d'ennui, vous coûtera en (ôitètlés et Vôîttires ce que ^ous coûteraient â peine trente soirées de plaisir — où vous seriez la reine et lâ belle de là fête.
n'Etvôùs/ifio'nsiéuf l*^{)icier, devrait toujours dir'e le stièiïit carré de papier, inonsieur Tofficier de la garde nationale (car c'est la garde nationale ijui ihtirodiiit l'êpicier àui Tuileries), vous êtes un gaillard de belle humeur ; — vous êtes adoré à l'estaminet â(i ç61n'; ^— vbus n'avez pas votre égal au billard pour le bloc fîmafit et le c'afambôlagis de douceur ; -^ Vous avez tûiis les soirs le méitlé sUccés avec les mènes plaisanteries que vous faites depuis dit ans sûr les numéros des billes de poule. — Quand dû tiCe ^2, êlt ^ue Vôii^ avez dit : c Les côi coiieê '* toute là galerie dt bi ëctats, et votre partenaire dit : * Taïs-tol doric, ta es trop driilè, tu m'empêches de jouer à tantje ris. » — PérsoWô liè saSt, comme vous, feiidi'e en fhmàût la fumée ^at lé ûéz.
» Et votre habit noir, — coaime il vous fait respecter ! — et, ^ûaûd vous rdtez pour jouer au billard, comme on admire vos welellés f ôUges !
é Pourquoi afler de gaieté de coeur pérdfe voâ succès et Votre ïta'ïîortàncet — Ce luxe excessif qui vous distiûgue, il paratftfa là-bas mesquin et rïdicule.
» Restez doûc chez vous, oti allez ébez vos amis ; — faites des crêpes, jouez au loto, t
Voilà ce que te carré de pa()iér devrait dire â ses abonnés ; mais, ndû : te carré de papier vetft que ses abonnés aillent aux tuileries ; — tàais 11 vent qu*ils "^ aillent en soqùes, en ve^s et sîfiii ^àûfe. ^ C'fe^t l*égàKté |r61ir lé tkitk de ^âîpîef . ^ N6iis Soutenons, iièiiis, l^uë c'est \i plus sotte éi ta pis ijfr£Rle
OGTQQRE 1842. 43Sl
dre les autres ; — lâchez, si vous 1^ çroypz ampsanf, d'figoulQf. ^gs pans aux vestes, mais i}q cpupez pas les pan? (|es habits.
0 carré de papier ! — que dirait volj^q abonnée l'épicière, ^ la fruitière sa voisine, — invitée (si elle ripvit^il, ce qqp je i|^ crpis pas) à une spirée dos qui tipurt ou de vijiQt-etrun, — que 4irait votre aljonnée répicièfe, si s^ voisine c}^ son inférieur]^ 1^ fruitière ven^iit chez elfe en ipariqqtte et en sahots ? ^ N^ tXQiiverait^ello pas indécent qp* ellp i)*eût p^s n^iç un I)Qnff^MI des souliers?
4^ IJn de,s pl«^ \tem rêves douU'liQPlffiP dpit. s«w§sçiyepient sç réveiller, c'est san$ contredit la Hiiçrté,
Hélei?.! -^ tops ces bonheur^ apr^ès IpsqueU Diqus. spppiwm^ ne sont que cl^s êtrc|§ dq raisop, -rr tQiît ^jmplçimeot 1§ cour traire fictif d^s nialheursL réfifg, que noiis éprouvons d^os Ifi yie.
î^a libçrlp en politique e^t. unf; grande! pen&éo çt \\ï[ grap4 Ujot uïisirableqenV exploité gjir qpelqup^-uns, qui veulfj^t ôtr§ les niaîlres 4 ^^t^r toy^r; •-?? lA4ibc;rté en. pûli(iqpe vçut (|ire resQJqvage d^? autres; ^. refl<f/î/i--'T n'est qp/un, éçll^lori — pour arriver à uïar(^ey sur I^itéfe d!^iitru\t
La liberté! où est-€^i|e? Gbpr^bfï; llhftmme 1% plus libre d§^ toup, — eUqwpte?, à^CQ#ieB. 4ç» RÎ^r^^ durs çt iR^exibles il, doit obéir.
Approchez ici, ^ y^^i, BWnsie^^r^ qui avez tout sacrifié i Ij, liborté, T WPn^ qp p[çi|, rr fflqntr$^rpq\i? cç jqyau pr^çie^ux que vous avez conquis $i lab^io^sçipfipt;) nrr Q)ontre2;-pQp§ cetto. liberté dont vous étesi si fiçr.
Sortez de chez vous, et venez causer i^p n)qmçnt
Vous vous levez^ -?-.. niaisi j'aperçqis, t. m h^qratnp grçs, court et pâle, —.nu jusqu'à la ceinture et vêtu uniquement d'un cotillon de toile grise.
« Arrête ! — vous crie-t-il, arrête ! Ne faut-il pas que tu m'apportes demain le prix de ton travail, -— ne faut-il pas que
tu payes le pain que je te vendrai? ne suis-je pas ton mattre?
ne suis-]e pas le Doulanger? »
En VOICI un autre, — plein de santé, — le visage d'un rose vif, — un tablier est devant lui, — il semble fier des tâches de sang qui le couvrent.
€ Eh! eh! — dit-il, — à l'ouvrage, malheureux, à l'ouvrage ! Ne faut-il pas que tu m'apportes demam le prix de ton travail? — ne faut-il pas que tu m'apportes demain ton tribut quotidien? -^ ne sms-je pas ton maître? ne suis-je pas le boucher. »
Et celui-ci : -— il a des habits neufs, — coupés à la mode du jour, ou plutôt à la mode de demain; — mais il n'a pas de gants, — et ses bottes éculées n'ont pas été cirées depuis cinq semâmes, — son chapeau est partie chauve, partie ébouriffé.
« Tiaple — mein nerr ! — s'écrie-t-il, — trafaillez pour moi, — trafaillez. — il me faut de l'argent ; — que che îous foie amsi fumer tes ciouarrettes ! trafaillez, fous tis-je, — ^afaillez ! che suis votre maître, che suis le tailleur! »
Et celui-ci, avec un galon d*or à son chapeau : c Allons, maître, dit-il, — il me faut une belle livrée, — il me tant à manger et à boire, — il me faut un chapeau neuf; — travaillez, — travaillez ; — ne me reconnaissez-vous pas, — que vous continuez à faire amsi tourner vos pouces? — je suis votro. maître, je suis votre domestique. Obéissez-moi ! •
11 n'y a d'un peu plus libre que celui qui a moins de maîtres que les autres, que celui qui a moins de besoins.
Chaque besoin, chaque goût, est une chaîne dont quelqu'un tient le bout quelque part.
Comptez de bonne toi combien vous en avez.
Novembre 18/^2.
Les inondés d'Étretat, d'Tport et de Vaucotte. — Le roi Louis-Philippe et M. Poultier, de l'Opéra. — Un obilosophe moderne. — Les femmes et les lapins. — Une mesure inqualifiable. — M. Lestiboudois. -- M. de Saint-Aignan. — Un dictionnaire. * Le véritable sens de plusieurs mots. » A. et B.
-î^ LES INONDÉS. — J*ai voulu aller voir ces pauvres gens d'Ëlreiat et d'Yport, auxquels une trombe d'eau a fait tant de mal, il y a un peu plus d'un mois. — Gatayes se trouvait avec moi dans la vieille masure que j'habite aux bords de la mer; nous nous sommes mis en roule une heure avant le jour — pour prendre au passage une voiture qui nous a conduits à Fécamp.
Fécamp a également souffert de l'inondation, — mais le sinistre n'a attaqué que les gens riches. — Nous n'avons fait que traverser Fécamp, et, en suivant les sinuosités de la falaise, nous nous sommes dirigés vers Yport — en gardant la mer à notre droite, mais à trois cents pieds au-dessous de nous.
Après deux heures de marche, nous avons vu le grand bouquet d'arbres qui cache Yport. — On entre dans les arbres, et, par des chemins escarpés, on descend dans le fond d'une petite vallée où est situé Yport.
Dès lors on commence à voir quelques traces de l'inonda- ■lion : les chemins sont élargis et violemment creusés, lanlôt à deux, tantôt à trois pieds dans le roc; — quelques champs sont encore couverts de limon. De la paille, du menu bois, de jgraudes herbes, sont restés accrochés dans les branches des
arbres, à sept ou huit pieds de hauteur ; — c'est Teau qui les a portés là en se précipitant du sommet des côtes qui entourent Yport de toutes parts.
Nous entrons dans les rues : — les maisons portent encore Tempreinle de Teau à une grande hauteur ; les haies les plus élevées qui entourent les jardins sont remplis de paille ; — Teau a passé par-4essus ; -- puis, à nçiesure qu'or\ avaftca,
— le désastre a laissé des marques plus visibles : voici un mur renversé, — là une maison à moiùé démolie, ici un arbre déracina
Mais une fois arrivés aux deux tiers de la graad.e rue qui conduit à la mer, — nos yeux sont frappés d'un horrible spectacle : — le torrent a emporté la terre et les pierres qui formaient le chemin à une profondeur de six ou huit pieds; des deux côtés les maisons se sont écroulées. — Nous descendons d^ns le ravin fermé par l'eau, — et nous voyons des restes de iT\aisona suspendus au-dessus de nos têtes; — presque partout -« le mur qui était sur la rue — et la façade de la maison ont été emportés avec leurs fondations et le terrain qui tes soutenait. — Les maisons sont coupées et déchirées en deux, — depuis le toit jusqu'au sol ; les débris ont été entraînés à la mer. — r On voit, depuis le haut jusqu'en bas, — Tinlérieur des chambce;St coupées e& deux; — des meubles encore en place, — des lit$, des tables, sont à moitié en dehors de ce qui reste d'un plaincher incliné, qui vacille et qui va s*écrouler d'un instant i l'autre ; — des toits, qui ne sont plus supportés que par un pan de muraille, restent suspendus sans qu'on comprenne comment,
— et vont tomber au moindre vent.
Nous avançons parmi les décombres et les mégalttés du lit que s'est creusé l'eau ; — nous voici au bord de la mer : — la trombe a renversé et jeté en bas un parapet de granit large die plu3 de deux pieds. ^ a Tenez, nous dit un pécheur, regardez cette grande place à gauche : — il y avait là huit maisons ; — eh bien, il n'y en reste pas mention, »
NOVç;]^Bï\l{ i842. iS%
Les débris oijt été |elé^ à la wer,— pêle-l»% *Y^ ÇiWl5|»îMir beureuseai femmes qui n*opt pas eu Iç teir\p.s (je se, ^uv^.TîrQfl n'en a retrouvé C[u*une, morte so^s la^ vase, et.le liçwwa,
Nous chei(*chons 1^ maison de tJyiet. — Ifiiet ^l un 9?^^ giste — chez lequel autrefois ^> loVrê^^s^pa^r (lé^ftiifleip q^a|p(| j'allais d'Étretat à Fécaçjip; — i^OM?.. a^yqq^ p^aç, à. TA^roMY^ç Tauberge, tant le ]j>ays est dévasté ei changé. — : L^ gr^ud puits qui était devant la porte. ^ presque disparu. sous. I4 teiçx^ que la trombe a enlevée du hau^t d^ la çôtç.
Huet était riche,— il a beaucoup p.çr(?u;-r ie. torwt a passé entre ses deux maisons^ cjfji^ se tp.uct^aient, — et a enapoxié des morceaux de murailles et tous s^s meu))les, jy^qii*4 d'énio|i;ie$^ armoires en bois sculpté pleines de li^gei, — qu,'oD n'a^r^rpi^ Yées qu'au bord de la mer : « c'était çpvme. si o^ e$( toju,i kf^" layé. » Là on nous raconte le c.ommeqcein\çj[it du désastr&^ -m. C'était deux heures avant le jour; -r- on entendait « hQgner^f Teau dans les bois au-dessus d'Yporl; -r- Teau s'était enferoïéft elle-même dans une digu.ç 4e paille^ d'I^erha, de hrançhsig^^ de feuilles arrêtées dans les arbres; mais, cette digue ne pytr^^ sister longtemps, ■»— Teau la rompit — e\ se précipita dei tççis côtés du haut des côtes ~ sur YpQrt».(jui est. 4^çis Iç. fçnd d'iMI eMonnoir, entraînant avec elle — dç,s ^rbre^ — » de& pierres énormes, — emportant les chertiins jusq^ à, deux e^ trois^ piçd^. de profondeur; — alors on entendit de grands cris ppt^$és psif < ceux qui, plus près de la côte, étaient les pren^éfie^ .viçlUp§.4ft» ce désastre. — En quelques instants les maisons conjoBienijèr^uif à crouler avec fracas ; — les habitants s'échappaiej^ par 1^ toits et passaient d*une maison à Tautre. a Pour Hipus^ d^^y. Huet, nous étions, comme les autres, réfugias dans nQ^grep^ niers ; — là, nous voyions nos voisins montés sur leurs toit§,, ^, nous nous disions adieu les uns aux aptrçs e^ nau;;. Qri^i^ ;■ « Adieu, voisins, il faut mourir. » — Songez q^uH ne f^iiÇ^^t f^' encore jour, — que nçuç entendions le bruit de l'eau rouJ^o^
in haut des côtes et des maisons qui tombaient, — les cris de frayeur de ceux qui se sauvaient, — les cris de désespoir des pauvres femmes qui ont été noyées, — et que nous sentions notre . maison trembler par secousses. — Je m'attendais d'un moment à Tautre à être écrasé avec ma femme et ma fille; — elles s'étaient jetées le visage à terre, — pleuraient et priaient Dieu;
— elles me disaient de prier aussi, — mais je ne m*en sentais pas le courage, — je jurais ; — je sais bien qu*il faut prier Dieu,
— mais, — monsieur, ça n était pas du bien quV nous faisait, ça; — je l'aurais prié que ça n aurait pas été de bon cœur, — ^ Pour ne prier que de la bouche, j'aime mieux ne pas prier; — je dis à la femme et à la fille de continuer à prier pour elles et pour moi, et je me remis à jurer. »
Nous étions, ijatayes et moi, auprès de la grande cheminée de la cuisine, — et nous rallumions nos pipes pour nous remettre en route — quand il entra une grande fille pâle, vêtue de noir; — la fille de Huet nous la montra, — et nous dit : « Tenez, c'est sa mère qu'on a retrouvée dans la vase — trois jours après l'événement. »
Nous disons adieu à toute la famille, et nous serrons la main au père Huet, qui nous accompagne un bout de chemin.
Nous gravissons la côte pour sortir d'Yport par l'autre côté de l'entonnoir — en nous entretenant tristement du spectacle que nous venons d'avoir sous les yeux. Nous nous étonnons de la négligence de l'autorité. — Il y a cinq semaines que le malheur est arrivé, — et depuis cinq semaines on laisse une trentaine de maisons à moitié démolies suspendues au-dessus des chemins de la manière la plus menaçante ; — les chemins eux-mêmes creusés inégalement jusqu'à sept et huit pieds de profondeur, — impraticables pour les voitures, — difficiles et dangereux pour les hommes, — et l'autorité supérieure ne s'est mêlée de rien. — Il était urgent de faire démolir ces restes de maisons, qui d'un moment à l'autre, au premier
vent, peuvent causer de nouveaux malheurs; u était urgent de faire remblayer les chemins : — il n*y a rien de fait, rien de commencé.
^^ Le roi, aussitôt le sinistre arrivé, a envoyé sur sa cassette trois mille francs — à chacun des pays ravagés.
M. Poullier, le chanteur, — qui était en représentation à Rouen, — est aiTivé en toute hâte au Havre, où il a donné une représentalion au bénéfice des inondés. — Il n*a rien voulu prélever sur la recette ni pour son déplacement ni pour ses frais de voyage; — il a fait envoyer aux victimes de l'inondation les sept ou huit cents francs qui ^lui revenaient pour sa part.
Des souscriptions ont été ouvertes de tous côtés.
^^ Nous voici arrivés sur la côte, — il faut redescendre dans une autre vallée, pour passer par le petit village de Vaucotte. — Le soleil s'est dégagé des nuages, — et éclaire gaiement les lieux témoins naguère d'une si grande désolation. Du reste, tout le pays est ici ravissant. -— Vaucotte est au fond de la vallée comme Yport, comme Étretat; — les collines qui entourent Vaucotte sont couvertes d'ajoncs et de bois taillis en pentes escarpées, auxquels l'automne prête les couleurs les plus splendides; — les feuilles des chênes sont d'un jaune orangé, — celles des châtaigniers sont jaune clair ; — les cornouillers sont rouges, — les ajoncs et les genêts sont restés d'un vert vif et vigoureux.
Mais bientôt nous voyons le chemin qu'a suivi le torrent : •^ c'est une de ces cavées normandes, — si charmantes d'ordinaire, — un chemin creusé entre des rangées d'arbres, de façon qu'on a la tête à peine au pied des arbres et que le regard est emprisonné sous un berceau de verdure ; — mais le torrent a creusé le chemin en certaines places jusqu à quinze pieds de profondeur; — des arbres sont arrachés et jetés ci et là ; — quand on marche au fond des chemins, — on voit
Hi LES GDÊPES.
loin au-dessus de sa tête les racines nues et dépouillées des arbres qui restent.
II y avait â Vaucotte une dizaine de personnes : il n'en reste plus que la moitié, — quatre ou cinq personnes ont été noyées. — Une femme emportait sur son dos sa fille malade, qne fille de dix-neuf ans. — Elles sont renversées par la lï'ombe, — entraînées, roulées avec les pierres, et noyées toutes les deux.
De l'autre côté de Vaucotte , nous étions à Étigues ; — â Éligues, un chemin creusé dans le roc permet de descendre iisqu*à la mer; — la mer était basse : — nous ferons jusqu'à Étreiat le chemin par les roches qu'elle laisse à découvert; — c'est un chemin un peu difficile, — mais magnifique. A gauche, la falaise, blanche et droite comme une muraille, s'élève à la hauteur de cinq inaisons qui seraient placées les unes sur les autres. A droite, la mer, qui remonte en grondant. — Il y a «ne lieue et demie à faire, — il ne faut pas trop flâner; — il faut marcher sur des pointes déroches revêtues d'herbe verte et de mousses cramoisies, qui sont du plus bel effet, — mais aussi fort glissantes ; — il fout franchir des flaques d*eau que la mer a laissées dans des trous de roc semblables à desbassin» de marbre blanc. Puis, de temps en temps, le chemin est barré par de gros rochers dont il faut faire le tour. / Dans les flaques d'eau, transparentes comme Tair, des crabes, des loches, sont restés et se cachent à notre approche.
— On s'arrête, on les regarde; — on les prend; — on ramasse des galets ronds et transparents comme des billes d'agate, — et des cailloux couverts de teintes rouges et vertes, — et les mousses cramoisies, — et de petits madrépores,— des coraux lie-de-vin,
— serrés et rudes comme du velours d'Utrecht.
Bon ! voici un cormoran — qui bat l'air de ses petites aîte.s noires , — et qui , sans se hâter, mais sans s'arrêter et ig.urtout sans sç détourner, suit son vol droit et paisible. —
NOVEMBRE 184i. 143
Gâtayes prétend qu'il a l*air d'un employé qui va à son bureau.
De grandes mollettes plongent et remontent dans l'air avec un poisson qn'eliefi ont saisi dans l'eau.
Le temps se passe,— le jour baisse, Je me rappelle alors qu^il y a neuf ans , — précisément le môme jour, -^- le 2 novembre, allant d'Étretat à Étigues, — je me snis'fait surprendre parla nuit et par la marée.
Là mér était houleuse ce jour-là — et montait avec graôd bruit. — Il vint un moment oùje fus obligé de ra'arréter. Devant iiloi la nier en colère se brisait contre la falaise ; — je retournai sur mes pas.— A cent toises de là, elle battait également contre te roehér. -^ J'étais renfermé dans un cercle que la mer rétrécissait à chaque instant. — 11 faisait nuit. — Je savais que dans une heure il y aurait quinze pieds d'eau là où j'étais encore à pied sec, — entre la mer écuraante et une muraille droite de îrôîs cents pieds, — soixante fois la hauteur d'un homme. — !fe ihàge bien ; mais de quel côté me diriger, c'était la première fois que je venais dans ce pays, — et d'ailleurs les lames m'auraient bientôt broyé contre le rocher.
Un douanier, qui m'observait depuis longtemps, m'appela du haut de ta falaise quand il me perdit dans la nuit. Il descendit à moitié chemin par un sentier à peu prés taillé dans le rôc — et me jeta tme corde au moyen de laquelle j'allai le rejoindre.
il y avisrit précisément neuf ans ;— je revoyais la falaise cénln laquelle la mer, en se brisant, m'avait emprisonné ; — mais main tenant ^- je sais des abris et des chemins que les oiseaux bti sfpptis aux pécheurs et que tes pécheurs m'ont montrés ; d'ailleurs la mer n'est encore remontée qu'à moitié, et elle n'e: pas en colère.
Nous marchons, — nous rencontrons un vieux pécheur d'E tretat.
— Peut^on encore passer sous la porte d'Aval ?
— Non, il y a au moins huit pieds d'eau.
\kk LES GUÊPES.
— Alofs, lîoiïs monterons par la Vallense.
La Valleuse est un de ces chemins serpentant dans le roc, dont je parlais tout à Theure. Ils ont le défaut d*étre un peu étroits. — En touchant le roc d'une épaule, — on a la moitié du corps en dehors du chemm — et deux ou trois cents pieds an-dessous ; «— il faut s*y accoutumer.
— Vous connaissez le pays, — dit le pécheur, — vous n'avez pas Tair embarrassés.
— Est-ce que .vous ne nous reconnaissez pas? père Aubry, demanda Gatayes.
— TiensL, c'est M. Léon — et M. Alphoncke. — Ah bien ! je ne m'attendais guère à vous voir aujourd'hui.
Nous faisons route avec le père Aubry, qui nous donne des nouvelles de tout le monde.
Ce n'est que le lendemain que nous avons pu visiter les désastres causés par la trombe.
A Yport eX à Vaucotte l'eau a creusé le chemin et emporté les maisons ; — à Élretat, elle a entraîné la terre et a englouti les habitations.— Notre ami Valin, le garde-pôche, nous mène voir un grand terrain où il y avait six maisons, dont deux à son frère Benoît ; — l'eau y a apporté huit pieds de terre, — on ne voit plus que le toit de chaume, — c'est une inondation de terre qui est restée après l'inondation d'eau. On a percé les toits pour sauver les habitants ; — il y a eu plusieurs noyés. — M. Fauvel,
— maire d'Étretat, — qui a montré le plus grand zèle, est allé en bateau pour sauver une pauvre femme. — On a ouvert le toit de la maison; — la maison était pleine de vase— qui était montée à plus de dix pieds de haut. — On a vu une main qui sortait de la vase,— on a exhumé la malheureuse femme : elle était morte !
— Plus de cinquante maisons sont restées entourées et pleines de limon jusqu'au toit; il en coûterait dix fois la valeur des maisons pour les engager.
On nous disait encore avec un sentiment de terreur, — ea
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fiotts moûtrant ce que la trombe avait enlevé de terre sur ies côtés, — que, sans uq paa de mur qui avait forcé l*eau à se diviser autour du cimetière, qui est à moitié de la colline, — le torrent aurait déterré tous les morts et les aurait roulés jusque dans la commune.
I^e^ A Étretat, comme à Yport, comme à Vaucotte, l'autorité supérieure n'a fait commencer aucuns travaux, il y a cinquante umiiles sans asile.
Les maires de ces trois malheureuses communes — ont reçu déjà des dons assez importants. ^ Le maire d*£lbeuf a envoyé une quantité considérable de vêtements de toutes sortes, — mais aucun des hommes qui, à Paris, sont les rois de l'argent — n*a jusqu'ici envoyé son offrande.
Jl^ Je crois vous avoir déjà entretenu d'un philosophe — de ce temps-ci qui a mis au jour plusieurs ouvrages d'une réelle importance; je veux parler de M. Maldan, auteur de I'Akt d* élever les lapins et de s'en faire trois mille francs de revenu,
M. Maldan est également auteur de : I'Art de se faire aimei des femmes, — Moyen certain de les rendre heureuses pow^ la vie.
Je ne vois point dans la littérature d'ouvrages plus sérieux et plus utile. •— Que peut désirer un homme qui possède à ia fois l'art d'élever les lapins et de s'en faire trois mille francs de rente, — et en même temps l'art de se faire aimer des femmes?
Une chose triste pour notre époque, — c'est que l'art d'élever les lapins a eu déjà* huit éditions, et que l'art de se faire aimer des femmes et de les rendre heureuses pour la vie n'en a eu que deux.
Réparons cette injustice du public — en citant quelques fragments de ce dernier ouvrage. -^ Je me trompe fort, ou les lecteurs des Guêpes s'y intéresseront plus qu'à l'art d'élever des lapins, quelque perfectionné qu'il puisse être.
L'auteur de VAri i'ékver les lapins n'admet l'amour que
446 irfl% (ÊVtttP^s.
loi dflinl vdici lés terifies r
€ T(H>t être qui se ffétuiëniifait ne pbùffiàît liaBîlér ènsém^ hk cjfr'ainÉnt qu ib Ottraietii àmirattê Têul* union par-devant lez lois.
> Aittîiih hcùtdirè, ii*ifHporte té 8exé\ -^ wfemé Stâm sa ^4h fffiU^, le pourrait ttvr^ Mx tMM rnafi et femme. »
L*auteur de VArt d élever les lapins — passe ensuite aux dmsioiis qu il à établies Mté les féînmès.
I La htanîê étant le eadirë qui nous flatte le plus» Û attire i lui la âdciStë ènf gënéral ; le prince comme Tartisan espère l'obtenir ; te pfiiieis a, poùir arriver, ses titrés et sa galanterie; le riche, sa fortune et les agréments qu'elle procure ; Tartisan, pour qa'il rétti^isse auprès d*ùnè belle, il lui faut de l'usage^ de fa dôucetir, àt h prévenance, et âurlout de la fidélité, car la beauté sait cie qu'elle Vaut, et se voir préférer pour moins belle n'est pà^ pardonnable ; et dû plus bel ornement de la nature, par votre bute, vous en faites quelquefois un rebut,
I Yoifô voici, dit-il', àù moment de votre clioix.
• La haute société étant séparée des autres, j'ai peu d'obser*' vationsSiâitepoùi' éiïè : l'éducation, fa beauté, lés grâces, <la fortune, dévatit s'y tirouvér, le bonbeur doit s'ensuivpe ; si œ^ pendaiit Vous voulez le conserver, n'ajez jamais d'amis auprte de votre épouse, qui voiis remplace ; emmenez-la toujours avec vous patfoût où Vous allez ; elle voit vos actions, et la ialouda se là disposé pas à vofus manquer : les fétés^ plaisir et toilette variés ; àjoiilez ï cela amitié, douceur et prévenance^ vous^ trouverez la félicité.
» Insouctante ; cette classe de femmes esf trâsHiombreuseï» vous les trouvez partout, depuis le noble iiisq^'au roturier Si riche, pauvre, bonne ou méchante^ elle est iaciie à séduire pour le bon motif, car ce n'est que reccasion qui la fait acoepler Toèë^am; cependant, pouf être heureux «vec elle» ^oilà t^
NOVEif0RG: ISiS. m
qu'il vow faut en partage ; s*il est impossible, une qualité de plus ou de moins ne la fera pas décider plus tôt; pourvu qua la douceur, le courage, la ridiêsse, la beauté, Fesprit, les pré- ¥enaoces> la santé, et surtout ne pas lui promettre pour sa toilette, ses plaisirs ou son avenir que tous ne teniez parole ; av(2c des chatteries et une bonne table» vous serez accepté pour époux et elle vous sera fidèle.
t CarMèf^ éiffidk ; ct ; enre de femmes est Doa-^ulement rare, mais il se trouve dans wi^^s les classes de la seciéti ^ celle protégée par la fortune et le rang, le personnel de sa maison sou&e bttucouf ^ et il but »voir faim pour y roster ; rhomm^ assez hardi pour chercher à lui plaire doit être ferré i la giaeeu CeUe douée de la beauté m peut faire que des vietimei; pom* la séduire, il feiit faire teut Topposé de ce cara^ tére ; ie vous dirai i taus : c Saave qui pouti oudheureux qui est pris. •
» Malingre; mon opiniez est que c'est plutôt manie que ma* ladie ; la femme a pour prétexte les wrk^ la migraine, la poi<* tme, les coliques. L'agrément qu'il y a dans cette classe est qiè*eUe reste presque toujours chez elle on sort fort feit, eé\% garantit de leur conduite ; l'homme dont le choix tombe sur ell^ dsk tpperter, de rigueur, fortune on courage^ devceur et patieiMse, esprit et fidétité; en dire davaivtage serait vous ennuyer; j'ai va par mov-méme que la femme peut foire et défaire le sert d'une naaison; votts qui voulez vous établir, avant de voue présenter, faites votre entrée dans le monde, fréquentez toutes les classes de b société si vetre fortune le permet; nous savons que le hasard fait beaucoup, ne comptons pas sur lui; la fidélili b'i qu'un habit, ceint qui le met s'en sert jusqu'au lombeatt : 8|^ lui le sottventr. t
Imprimerie de A. Saintain^ rue Saint-- Jacques, 3Q.
JIffigfi, H foi^t creire que i'ai ftanaaneiut» bien «chai'néejtoui l'imprimerie de M. Lange Lévy.
Je ne pais obtenir qu'on imprime dans mes petits livres ce que je mets sur mon manuscrit.
Le dernier volume de la troisième année est rempli de fautes;
— on écni société fOUT fatxtie, — dix mille deux cents — pour douze cents. On mêle ensemble des choses qui n*ont aucun rapport entre elles; — on en sépare d*autres qui devraient être réunies, etc., etc.
j^ UNE MESURE INQUALIFIABLE. — M. Lostiboudols eSt à
la fois député du Mord — et médecin de l*hospice des aliénées à. Lille.
Un arrêté ministériel, provoqué par M. de Saint-Aignan, préfet du Nord, vient de destituer ce fonctionnaire.
Quelques journaux s*élévent contre « cette inqualifkible me^ iurcy — contre celte destitution faite, disent-ils, tom prétexte
— que Vordonnance du 18 décembre 1839 — exige que les médecins restent dans Tasile des aliénées, — tandis que (es fonctions législatives de H. Lestiboudois le retiennent à Paris pendant la plus grande partie de Tannée. •
Ils ajoutent — < que l'ordonnance du 18 décembre, — bien interprétée, — ne fait pas une obligation impérieuse de la résidence. »
Il est incroyable que Ton ose ainsi chaque jour attaquer de front le plus simple bon sens. L'ordonnance du 18 décembi'e 1839 n'a qu'un tort à nos yeux, — c*est de ne pas avoir été rendue dès le jour où on a nommé un médecin pour l'hospice des alié« nées.
Elle a un second tort si elle« ne fait pas une obligation impérieuse de la résidence. •
Il n'y a en effet là ni besoin d'ordonnance, ni d'arrêté, ni d'interprétation, — il n*y a besoin que de bonne foi et de boa sens.
Pourquoi donne-i-on un médecin aux aliénées? pour qu'il les soigne, probablement.
M, Lestîbondois soigne-t-il les aliénées de Lille •— pendant les cinq ott six mois qu*il passe chaque année au Palais-Bourbon, à Paris?
Ceci est une question facile â résoudre.
On a assez ri du séjour habiiuel en Egypte et en Espngne de Bl. Taylor, — commissaire royal près le Théâtre-Français.
ij^ Une aliénée est ma:ade.
« Où est le médecin? — A Paris. — Diable, c'est qu'elle a td coup de sang. — La session n'est plus bien longue; M. Lesiiboudois sera de retour avant quatre mois d'ici. — En voici une qui est à la diète et qui demande à manger. — Le docteur n'y est pas. — Où est-il ? -— A Paris ; qu'elle attende ; il ne peut maintenant rester plus de deux mois ou deux mois et demi. •
^1^ On dit, il est vrai, que H. Lestiboudois a un suppléant pendant ses absences,—^ mais le suppléant vaut comme médecin M. Lestiboudois ou ne le vaut pas.
S'il le vaut, il a sur lui l'avantage de la résidence,— et alors il faut lui donner la place.
S'il ne le vaut pas, — il faut ou obliger M. Lestiboudois à remplir ses fonctions lui-même — ou donner la place à an homme qui inspire une confiance suffisante.
On a donc eu raison de destituer M. Lestiboudois.
Malheureusement, — les journaux qui disent une sottise en blâmant cette destitution — ont raison sur un autre point, ou du moins — je suis parfaitement de leur avis sur ledit point (c'est ce qu'on entend toujours quand on dit que quelqu'un a raison).
Ils disent que M. Lestiboudois est député de Topposition, et que, s'il appartenait au ministère, on aurait fermé les yeux sur l'iiîcompatibiliié de ses fonctions.
Je le crois comme eux, — et j'en donnerais pour exemple les nombreux procureurs généraux et procureurs du roi qui aban-
éma^iit leufs |N>sf§& fwf nem siéger et wtMk nHif I Airis.
Oo a eu rais^on d6 éttsèiliiftr M. Lfit^tttMHideU, ol o» a au tort de ne pas destituer ceux qui sont dans le même cas.
J^^ Jl y a un ouvrage qti'on devrai! foir» loitô le$ <{Uftrts de sièeie, -r c est un éietionftaiFe, non ]^s ua éioliosiiMf e e^nte* nani sautenieni tes mckis de la Ung»e, «^ mm un dictknnaire servant à traduire les dictionnaipe& précède»!», -m- Ltés nMift restent les mêmes, mais ils cb^^geni de aeoa. ^^ Ghai|[ie généra- IfQh les pr«|d daa$ ime aaeéj^tioit ; i«^il ft*j: a plus moyea de s*entMidre»
Prenez le mol ind^endan» :
Un homme indépendant était aùtrefâit eekû qQÎ, ne deiM»» daal rien, -<— n'acceptant rie», m- n*es{iéraiU nui, ^ tt>fBt rien à craindre ni à rendre.
Si Yoas attaeiiea le même sens au mol iniépmàmt «jHflItquê à nos hommes d'aujeord'hm, *^ veue^ ferea d» lourds eoimr»sens. — En effet, Yindépendcam a*esrt qudii mùjem dé anfiaire sa marchandise; c'tsi un iD^mabûfi de paille- uÉ paa pki gros que celui des autres. "^
Demandes^ dane les bureaux dn ministères ^ «oo» sanrëâ^que bs députés i«dépeiid»nti sent eeiix qui foftt la pint de démenées -^ et montrent ie plus d'exi^m».
Les éleeteufs eflfeieni à la Chambre ww Mo é^ dèftotës COQS cd»dkiien é^Mênif poUiqrueiQenI p^ur ta ville mr peàt et Ml embraffdiemMt du chevmiv d« fer^ et tout bas peur tel et tel éleeteur un kireau de tabac, ime bourse dans it» eoHége, une creii, ete.
En ajoutant la recommandation d*^tre indépendant.
Il est évident que dans ee sens Kindépendïincs rMaornsudée est des{inée à élre le prix des. ehoses à obtenir.
«J^ Pour le mot liberté :
Si VOUS VOUS! aKachea au sens qu'il a/vail avIreMs, ^ wus eeuftoioti^^ tes plus^ntra^vee orreurss
il fst !ma d'ète awi«ti qim to liftM^iiwt^in notmi moyen duquel — les amis du peuple {m^dr^ mol i Araduire) fent faire au feùple des ehoses qui a'ont pour résuiitat possible <|iui de le conduire en pma»,
^0iSft U dtotiwiiiaire iont h i^soé» tt fsH iêniir, comme 4kmt lee amiMeess, est un diotuMuiaife «w le modé1« des dictionnaires français'latint c est-àdire traduisant les mots d'une fengue dans une antre iangne, -^ da français éeiitreCais au français d'ai^oiiird'hni. G*est \m dietiwHiam -^ffaacaisrfcaoçai^.
Reus ferons done uti essai dn dictionnaîfe -^ firaaçais-#dnfais» dont nous éemierens de temps on temps des fragments.
mcTiONNAïaE fRAMÇAts^FROiçAfS. w* ▲ -^ Troisième personne du verbe avoir; — a aujourd'hui le roôme sens q«e ie nerbe être, •— quaiid on dit : t Qu «sf-ee que cet homiyie? en répond le plus souvent : c II a einquante nnile li<vpes de renie. » — C'est donc comme si on demandait : « Qu'est-ce que « cdt tomme? « — C'est t'appfication d'un vieux |^over)»e italien : c Chi non ha non é, — qui n'a pas n'est pas. »
éj^ ABUS. — Les abus sont le patrimoine des deux tiers de la nation ; — ceux qui crient contre les abus ne veulent pas les détruire, mats les confisquer à leur profit. — Il en est de même d'un homme qui, couché avec un autre, se plaint qu'il tire â lui toute la couverture, et, en même temps, la tirant de son côté, tâche d'en avoir à son tour un j)eu plus que sa part.
^^ AoaimATiON. -^ Vieux mot. — On n'admire |ffus ; — il n^y a pas d*homme, quels que soient son talent, son désintéressement, sa noblesse, — qui ne soit de temps en tem]^ fort mal* ^raité dans quelque carré de papier. — Quelques personnes affectent encore i'admirer les morts, mais c'est pour déprécier les vivants plus â leur aise.
i^fej* AMYGDALES. — Ne Servaient autrefefs qu^i sécréter la .salive ; — aujourd'hui elles sécrètent force pièces d'or et d'argent pour certains individus : — il y a tel chanteur auquel chaque son
}52 LES GUÈPBS.
échappé de son ffosîer rapporte une pièce de cinq francs,«^c*estâ-dire la journée de deux ouvriers.
#^^ ARBRE. — On peut lire dans les poètes ce qu'étaient auttefois les arbres avec leurs panaches verts pleins d oiseaux et d*atnours; — aujourd'hui, depuis le gaz et l'asphalte, les arbres sont à Paris de grands poteaux noirs, — sur lesquels on colle des affiches.
1^^ ARSENIC. -* On a de tout temps nn peu empoisonné ses parents, amis et connaissances ; — mais il est singulier que cette industrie, loin d*avoir fait des progrès, soit au contraire retombée dans la grossièreté. — Autrefois, on empoisonnait en faisant respirer une fleur, en offrant des gants. — Aujourd'hui , vous voyez à chaque instant une femme se défaire d'un mari incommode— au moyen de ce poison rustique, appelé arsenic, dont les symptômes sont connus,— et que 1 on retrouve à Tinstant même dans Testomac; — quelqu'un, auquel j'ai soumis cette observation» m*a répondu d'une manière peu consolante — qu*il semblait qu'on empoisonne màladroitemeot , parce que les empoisonnements maladroits sont les seuls découverts et punis.
i^e^ ÂNMVRKSiiRE.— Vieux mot représentant un vieil usage dont la suppression est* inévitablement prochaine. — . En effet» en ces temps de revirement politique, le» anniversaires présentent perpétuellement des circonstances odieuses et ridicules à la fois.
Comment célébrer Y anniversaire des journées de Juillet quand un grand nombre des héros de Juillet sont en prison ?
Gomment célébrer Vanniversaire de la démolition de la Bastille quand on en bâtit quatorze?
iS^ C*est un des inconvénients d'un gouvernement fondé sur la révolte qu'il lui faut combattre ses propres éléments.
ij^ AFFAIRES. — Un homme d'affaires est un monsieur qui a pour état de faire ses affaires dans les vôtres.
^^i^ ABAISSEMENT DU PAYS.— Quand un journal, un dépnti»
on homme politique, ferait sur l'abaiuemmt du pay», — cela ne veut rien dire, sinon — qu'il vouilrail partager avec ses amis les places, les dignités et l'argent. — En effet, si ledit homme politique renverse ses adversaires, vous les entendez à leur lour pousser de semblables gémisseraen is sur l'abaissement du pavs. — Abaissement da paps veut dire : déception de ceux qui s'en plaignent.
«^ iCTSUft. — Métier biiarre, qui consiste â venir grimacer devant quinze cents personnes pour ies fuire rire ou pleurer par des lazzi appris par cœur. On payait Tort cher ces gens-là quand leur métier était réputé infâme ;— mais aujourd'hui qu'il est spécialement considéré, —aujourd'hui que le peuple traîne le Dacre des danseuses, — que la femme d'un ministre de l'intérieur reçoit une actrice comme son amie intime, — il n'y a peut-être plus les mêmes raisons de les piyer au>si cher.
11 peut paraître singulier eu effet de comparer la magistrature au théâtre, — ce que l'on peut oser aujourd'hui que les comédiens sont rei;us duns la société et y sont recherchés et prisés an moins à l'égal de tout le monde.
Un juge d'instruction reçoit quinze cents francs par an.
Un conseiller de cour royale trois mille francs.
Un président trois mille huit cents.
Et ces pauvres magistrats, obligés à une représf ■venable, — ne pouvant se livrer à aucune industi trafic, à aucun commerce, vivent dans la gène; di dans la pauvreté.
Voici, de ce que nous avançons, un exemple d'hit
Il y a des comédiens qui n'ont pour tout talent mité ou une défectuosité.
ils me rappellent ce saltimbanque qui, dans un libre, laisse tomber son enfant sur le pavé et h jami» : « Ah! malmenant, dji-jl, (uag un bon mains, — tu te feras mendiant. *
154 LBS GUftHS.
Aht«T, O&tf È ¥ti^ btfe, Arndt a Tair rof, AMdft 'PktrM a farr niafst — ôlez^leur cet air-là : ils sont rmné!(.
M Arnat plaiilaii Taulre jour pour faire rompre tri engagement q»i ne lui (tonnait que vingt-quatre mille francs pat an» plus vingt francs par jour.
Eh bicnl si, au lieu (te paraître ati tribunrf fe commerce, il se fût trouvé devant des juges ordinaires, on eût vu des magistrats, (font le plus cher payé ne reçoit pas quatre milfe francs par an, invifés â déclarer que trente et quelques mille francs né payent pas suffisamment M. Arnal.
Joignez. — comme on veut absolument le faire d'e ce tcntpaet, — de la considé ation à ces appointements exorbitants, les magistrats envieront les corrédienji, — n'auront aucune raison pour ne pas exploiter comme eux les négligences que la nature peut avoir commises en les créant, et voudront monter sur le théâtre. — Qui les remplacera? — Ce ae seront certes pas les acteurs, - ils ne le voudraient pas^
if$i^ AOULTÈRB. -^ Les pciues infRgées à la femme adultère — ont singulièrement varié jusqu'à nos jours.
Les.Locfiens — lui arrachaient les yeux. — La loi (te (foïse la condamnait i mort. — Chez les anciens Saxons, on la pendait et on la brûlait. — Le roi Canut, chez les Anglais, ^ ordonna que la femme adultère eût les oreilles coupées. — Chez les Égyptiens, on lui coupait le nez. — Par la lot Julla, chez les Romains, on hii coupait la tète. — En Crète, on Tobll^eait à porter une couronne de laine et on la faisait esclave.
Aujourd'hui, en France, quand une femme est surprise en adultère, on se muque de son mari.
i|^ AUSTÈRE. — Austmlé. — Quand un parti est obligé d'accepter, pour faire nombre, — quelque allié d'une stupidité proverbiale, — qui n'a ni talent, ni caractère, — on dit de hi qu'il est an$tèr$ pu vertueux. (Voir bonne, une hownt peTwmM,\
NOVEMBiiB 4*643. 455
Être ttuitire n'engage absolument i rien; -fen «ris des f^%,aiistères ()oQt un mjneur n'avouerait pa» les fredaines. — Je connais uji vertueux personnage politique quf a pour spécialité T- de boire douze verres de yîn de Chanopagne pendant, que ^inuif sonne à une horloge.
^jg ADOLE^cEyyçE. — Autrefi?)^, pîlntenfïps^de'la vie, plein de flei^rs saaygs ^t charnjpntes. — è*est aujourd'hui un mot qi# 9e neut i^anque;^ de tomber ^n désuétude» la chose qu'il êxprii^ait p'e;cistant jpji:^. — La |eiinesse a cru montriçr de la maturité en n'étant plus Jeune ; elle s*e$t fart trompée ; il n'y a poi^ 4^ fruits qjiii j).*i9iept été pré4:;jédés par les fleurs; $.ecouez l'i^rk^ .fm PfiMf!^ tonjber les fleurs au jjriniemps, ri OQ groim P?s jJiS fr^i<s i Taptomne.
iWNt^ AA^^PIJ/ -^ jQn Jie trouve plus Yafnadou que chez les
,|ibafi|isiciftpjî, ,j^jns le nom i* agaric, — pour arrêter J'I^énior-
..f^ie jjyie ^uçç.flyjçlquefois Ja pifjto (Hçs fapgsuçs. L'ancien
jfcfiquet, ^i çi^ieu^^ment décrit par Bojlcîtu, n'-existe plus, —
,y a,4fé r^mpUiçé^^r .des Q)Jluv[^ettfi$ çl^imj^n^es, des ftrjgucte
phfisphori^i^, eUîM <Bfc., «t J^oj;ite5 sort^^ 4>utrft3 inv^ntjons
4n^(e$ et i^pgçjçpiises, La pi^rç jçt Ym^^9^ — 3?.e donnaient
419 (^ c^ (m^i 09 Içjur e» demandait, — quelqpçfoiç pj^ôrae
en se faisant un peu solliciter; — m?);; jle;? npuy^^i)^ Ji)f jg^iets
,^!^UuQpie^t d'epx-HP^es ^u munira IroMemni dajis j^Dfi poche
^».<tefl« »oerflaa)j«; -n- wnje allijmçttle ne.preod p^^ x^i ).a iette
par terre, — sous unftiaWe, -^ fur dj& la pailije, elj^e s'allurae
uf) ..quart d'hère 4prè$. -^ Un ^najodxio^tnbre des incendies
.4<iMDt on parle «ci feéqufHfnosQntv^iourd'hui^ait éire aMriiiMjLé.à ce
. ]HH>grés de L'indujïtrie.
^9^ AGïiiiRfi.^ Loi agraire.-^ L«^ premi^eloi ^gcj^pa- Tuten ran de Rome 868 ;^n«)ie ftvait j^ihu* ^ut 4e piitaf^.^tre les citoyens les terre» ceoqiikises .3ur l'eftAe.^. --^ JUs. cJMi^ens gr pffireakgqftt» ethnie jfmmti^MJm ^9mrJ^.J^9»'é^^^ partages de terres furent proposés par quelques tribuns qui n'en
456 LES 0UÈPE8.
avaient pas. Les terres i partager, cette fois, étaient celles des ; plus riches citoyens.
i La loi agraire a été de tO!is temps le rêve de beaucoup d*an)is 'du peuple, gênés dans leurs affaires parliculiéres; on aime assez à partager les biens des autres. — Un des .inconvénients d'une loi agraire, — et un des moindres, — serait de ne rien changer absolument. Faites aujourd'hui un partage égal entre tous — et, avant dix ans, le travail, Tastuce, raviiliié, Tindustrie, Tavarice d'une part, ~ la paresse, Tinsouciance, la droiture, la prodigalité d*autre part, le hasard des deux côtés, — auront rétabli les choses en Tétat oi!i elles sont aujourd'hui.
ij^ ARCHITECTE. — Un architecte apprend pendant dix ans â faire des teinpios grecs — pour finir par construire péniblement des appartements de cinq cents francs de loyer, sous la direction d'un maître maçon ; je ne me rends pas bien compte de Tari des architectes : — leurs plus sublimes inventions sont renfermées dans les combinaisons peu variées que Ton peut faire avec cinq chapiteaux de colonnes qui, du reste, font un effet affreux quand ils sont mélangés, — comme on le fait assez v3lontiers aujourd'hui; — ce qui réduit l'art de Tarchitecte â décider quel ordre il adoptera entre cinq, — ou plutôt, si Ton regarde nos monuments modernes, quel monument ancien il copiera honteusement.
4^^ AIR. •— L'air est au moins aussi indispensable à la yh que les aliments. — En conséquence, il a été longtemps considéré comme chose de première nécessité.
On serait fort étonné si Ton savait que des gens, pour an avantage quelconque, se résignent à ne manger habituellement que le tiers ou le quart de ce qui leur est nécessaire ; — on ne s'étonne pas que des gens passent une partie de leur vie à s'efforcer d'arriver à avoir le droit de s'enfermer cinq heures par jour dans une grande chambre où ils sont quatre cent cinquautA à se disputer l'air qui suffirait à peine i cent cinquante hommes,
Il est prouvé par la chimie que, pour qu'un homme respire librement et sans souffrance, il lui faut au moins six méires cubes d air par heure.
Dans les théâtres, on n*a pas le quart de cette quantité d*air, pas le cinquième à la Chambre des députés.
Ceci est le résultat d^analyses exactes faites par les chimistes les plus distingués.
^l^ iFÔTRES. — Les apôtres deviennent fort rares, — tout le monde se déclarant dieu dans sa petite sphère*— et personne n'admettant plus ni hiérarchie ni autorité.
i^^ ASSASSINS. — Jouissent d'une assez grande considération. — Beaucoup de femmes ont obtenu des autographes de Fieschi. — Nous pai lions, le mois dernier, d'une femme célèbre, qui, dit-on, porte sur son cœur des cheveux d'un autre assassin. — On a imprimé de fort mauvais vers d'un nommé Lacenaire, et les éditeurs de ces vers ont raconté avec orgueil leurs conversations avec ce Mandrin prétentieux.
On a vu récemment de quels égards, — disorft plus, — de quelle admiration était entourée une femme qui avait empoisonné son mari.
Nous avons signalé plusieurs fois deux classes de philan^ thropes, dont Dieu devrait bien délivrer la France,— si la protection qu'il lui accorde n*est pas simplement un faux bruit que font courir et M. Persil, en sa qualité de directeur de la Monnaie, et les pièces de cent sous.
L'une de ces deux classes de philanthropes fait des essais qui aggravent d'une façon horrible les peines infligées par la loi, essais qui condamnent au désespoir, à la folie, au suicide, des gens que la loi et la vengeance publique ne condamnent qu'à quelques années de prison.
4^^ Le seconde classe des philanthropes, an contraire, est prise d'une tendre pitié pour les assassins ; elle ne songe ga'à les entourer de toutes les douceurs di» la vie.
458 l^fss «uftRi^^.
ee4(iii m ^mtt\\m fas p^p à )^$ ipainteqir 4W'I^^oie.
ijll^ Le jury, de s^n cA^, — tr^^ui^ j^resqi^e tpujour$ 4(^s les crimes les plus horribles des circonstaji^j; dUe$ attéfiyj^Uis, -f-qui H^ l^issan^ p^s de deivoer 9Ji)8i4iAç1(].q^«pf:o.uragexi^nts.
i^^ ASSISES. -!- Cour d'asmfi^r -^ i^ fî6 ^ P(Hiriyi9Ji.pn De don«e pas un peu plus de majesté auj: oh^ipjbrp^ nfe j^i^tiee, nvariablement ornées, pour le fond, d'une sorte de paravent ^n fapier Ue^ de Teftii le plus déplçr^bl^. — C'est bLein ^^z des f vocaU, 9t4u«)qji|eloi9 d^ jury, poi|r 7 #Ur du we^qujp çt du ridicule.
ijl^ Aumimt. -wr Ce^te sci^oQe, qui oanslatalt autrefois à chercher les moyens de taire n)^ t!pr,r-par 1^ tr9Ds;iiuf)§tantii^tipn fdee métaux, -^ a fait aujourd'hui de nota)))/es pregrés; — elle consiste encore aujourd'hui à faire /cle Tor, -7- maiç on y arrive d*une Knafiiéi'e cer^ine, «r- et ce pe jsont plus des métajux yue Vm met ida^s la eoroue, -r- npai$ bien toutes sortes 4u^ W^ usage, •— telles que — la probité, la l^efté, les dçupes /»J5[eciLoos, i aaidur-propie, la digoité, la jus^ce^ etc., etp.
Jlf^ ^Aa¥I4*t^. «r- Voir AN^/iO^SIf:.
Jf^ ANNONCES. — Procédé par lequel — les jpurnauj^r* se Iput les paillasses chargés d'attirer la foule par leurs laz2i$» au* ^oui* de tous Jes ehdjrlaitans de Tépoque.
i|^ AOTBi». r-T- Jjlaniéire vicieuse do^t If* ^^ ^^mbiiteifu, yréfet de la Seine, .écrit le mot hôtel.
i^^ AMizoNEs. — Les anciennes .amazones se brûlaient, dit-on, Je se\n — poiur «tirer plus coaimQd,ii^.fnenl ,de l*arc; r-* les amazmes oioilerues, au contraire, — loin de diminuer aussi brutalement leurs attraits, — i>nt adopté uu co3tm[^e qui ,en montre -rr- au moyen des jupes de crinoline. ou de la ,<i|u^tet ,iiq peu plus que la plupart n*en ont réellement.
Jlte AtfBROiSiB. -- Liqueur doot parlaieot beaucoop les poètes — i r^poque où, nus eu dehors 4e(fi plaisirs de ^ vie,.— * «taiiit^«ia.4e Je» ««Ndéer yap^fl^Ji^qw.T^ j^>;i^^
KOVEMBRE (842. 459
«st twijmjfdTîtrt remplacée par le vîn de Champagne, qnMls boivent réellement. — Ils ont égaîomenl remplacé les Amaryllis^ îes fm, Égté, — auxquelles ils adressaient autrefois leurs vers, par des comtesses de**^, des marquises de*** et des duchesses .également de trois étoiles ; je désire poUf eux que les unes soient \us réelles que n'étaient les autres.
1^ AiGOiLLE. — Les femmes s'en servaient i urre époqpe ù elles comprenaient qu'il était plus beau d'inspirer des vers t|ue d*en faire soi-même. — Beaucoup ont remplacé Taiguille jpar hi plume, — quelques-unes par le cigarç.
i^ljîç ALM^NACH. — Un almanach a été longtemps — tin petit livre ou un carré de carton — spécialement destiné à dire le jour du mois, — le quartier de la lune - et les éclipses de soleil.
Le double Liégois — y ajoutait « l'art de savoir Theure qu'il est à midi au moyen d'une paille » et un certain nombre de bons mots attribués à des Gascons — et commençant toujours par cadédls!
On fait aujourd'hui pour le peuple des almanachs politiques assez curieux.
En voici un dans lequel on trouve les phrases que voici ; — quoiqu'elles soient de M. le vicomte de Cormenin, — elles font regretter les cadédis du double Liégeois :
« De tous les goiivernocrate$ sous lef>quels nous avons eu depuis cinquante ans le bonheur de vivre, il n'y en a pas de plus inconséquents que ceux de ce quart d'heurfe--ci. •
Oue veut dire gouvernocratie ?
Nous avons démocratie^ qui veut dire gouvernement du peuple ; — anstocratidy qui veut dire gouverneaient des meilleurs ou de la noblesse.
Ces deux mots sont formés de deux mots grec^.
Gouvernocratie — est Ibrm^ d'un mot grec e»t d'un mot de finvention dé M. de Çormenio : -r- |<l gop^rooCTatie est le
^ Si la loi se tait, ils la font parler : — si elle ne dit pas un mot de ce qu'ils veulent qu'elle dise, ils la tordent, ils la tirent dans tous les carrefours pour en frapper au visage tous les citoyens, ils montent àréchelle-^ et ils placardent leur loi. »
Quel langage! bon Dieu!
^^ AVOCAT. — Lire les Guêpes depuis trois ans.
j^ APPRENTISSAGE. — Mot qui n'a plus aucun sens dans la langue : — on n'apprend plus, on sait.
Qu'un adolescent, — ayant Vinlention d'écrire, se présente dans un journal ; — la première chose qu'on lui confiera, c'est la critique littéraire ; — il fera paraître à sa barre tous les plus grands talents et il les traitera dédaigneusement, — leur reprochant leurs fautes et leur enseignant comment il faut faire.
On prend les législateurs et les ministres dans la classe des fabricants de drap, des épiciers, des raffineurs de sucre.
Jl^ ASSURANCES CONTRE l'ingendie. — L'agent d'une société d'assurances contre l'incendie vous persécute pendant *ro»s mois, s'introduit chez vous sous cent prétextes, vous envoie sous bande les récits des incendies que racontent les journaux; — enfin, vous cédez, vous vous faites assurer. L'agent vous aide dans l'estimation de votre mobilier.
— Pour combien faites-vous assurer vos tableaux?
— Mes tableaux? — je n'ai pas de tableaux.
— Eh bien ! et ces cadres?
— De mauvaises croûtes.
— Mais non, — mais non, c'est meilleur que vous ne pensez; — faites-moi assurer ça pour dix taille francs.
— Mais ils ne valent pas cinq cents francs. Je ne veux pas voler votre Compagnie, qui aurait à me rembourser en cas d'incendie — une somme dix fois égale à la valeur dé mes images.
*- Vous ne la volez pas le moins du monde, la spéculation consiste à payer peut-être une forte somme — et é recevoir cer^ tainement un grand nombre de petites — proportionnées à la
NOVEMBRE 1842. ^fi*
grosse somme qu'on espère bien ne pas payer ; —les risques et les chances sont calculés. — L'assurance est un pari : — le parie dix mille francs une fois pour toutes que vos tableaux ne brû'eront pas ; — vous pariez tous les ans une certaine somme qu'ils brûleront. Ceci est comme Tex-loterie: — on vous donnait soixante-quinze mille francs pour vingt sous, — mais il y avait tant de chances contre vous, que vous apportiez pendant toute votre vie vos vingt sous tous les deux jours — et quon ne vous donnait jamais les soixante-quinze mille francs.
Vous cédez, — votre conscience est calmée, vous n*avez plus peur de voler la Compagnie.
Au bout d*un an, de cinq ans, de dix ans, vos tableaux brûlent.
La Compagnie cherche d'abord si elle ne pourrait pas vous faire guillotiner, — ou au moins vous envoyer aux galères, en établissant que vous y avez mis le feu à dessein ; — si elle ne réussit pas, — comme on a sauvé quelques morceaux de cadre, dans lesquels restent une jambe ou une tête, on vous explique que vous n*avez subi qu*un sinistre partiel, et qu il est juste de procéder à une estimation. — On vous défend alors de rentrer chez vous ; on met les scellés sur votre logis ; — si vous dérangez une épingle, Tassurance ne répond plus de rien, — vous rendez son expertise impossible.
On traîne en longueur, — - on élève des difficultés ; — beaucoup de gens se découragent, s'impatientent, — ou sont obligés de se servir des choses qu'ils ont chez eux, — et renoncent à l'assurance.
Vous êtes plus persévérant, vous ne vous rebutez ni des retards ni des ambages.
La Compagnie fait évaluer par des experts la valeur réelle des tableaux qui sont brûlés ; — on a recours aux marchands qui vous les ont vendus. Et on vous indemnise sur cette estimation, — après que vous avez payé pendant dix ans une somme pro-
vos tableaux ; ei ie tour «si fait.
^^ AVANT-SCÈNE. *<^ L*avant^8céne, è^m tofim^^hétim^ — remplace les bancs qtt*on mettait iiutn»(bi& s^r 1^ tbMtre et sur lesquels les élégants d'âiors veaaiefii pr^iDlre plaea, sa mH^ lant aux aeteurs par leum gestes et pu ieuf voiit» eiopâ^toM Je publie de Yotr et d'eniendra.
Les spectateurs de Vt^mA^siènè '^pMaissMil déoidéa à flîre partie du spectacle; *~ leor mise, leurs getles tfiaetfe, iiws poses, leur ton de Toit éle? é, tout f annooce d'uoe oumite certaine.
Jj^ ADMTTfrsnâYieif . — A«ffin iiiimetce «• senMa d^admtms^ra^ton, — tous sont absorbés par ce qu'on appelle lesfnsstions politiques^ — c*est-à-dire par le soin de rester en phfie.
L'administration est faite au meyen de qttelqMS. itoiU^s fOUtines et de quelques vieux chefis de bureau.
il n'en peut, du reste, être autrement i une époque ^ nn ferblantier ambitieux — eu un marciMfld de parapMies qai sent baisser son aptitude, peuvent devenir députés ^inittistjrae,poorva qu'ils soient attachés â un parti qui arrive aux aAiipes.
Jj^ AMOUR. — Il est bien rare qu'on n'épreave pte un étonnement mêlé de désappointement en veyaat peur ta prem&ire fois l'objet d'une grande passion. — On cberche te phis soavent en vain dans les charmes de la personne aimée — - Teaptieation de l'amour qu*elle a inspiré.
En effet, Tamour est tout dans ceki qtii aime ;«-^f aimé s'est qu'un prétexte.
Voici une statue, — le scriptcur a voulu en faire nn dieu ;— peu importe qu'il ait réussi à lui donner fatr de la majesté ei de la puissance : — ce n'est pas le sculpteur qui fait le dieu, «« c'est le premier manant qui se mettra à genoux devant la statue et qui la priera. — Faites un Jupiter plus beau que le JtipHer Olympien, — ce ne sera qu'une bette statue. — Allez voir dans
Vêglîse d'Élretnt une bûche peinte en bleu et eu roujge et appelée saint Sauveur^ — vous verrez un dieu.
<^^ AMOUR DU PEUPLE. — C'est un rôle qu*on joue et pas autre chose ; -r- c'jest un emploi qu'on adopte en montant sur la scène polîtique ; on joue les amis du peuple, comme sur d'autres théâtres on joue les Trial ou les Elleviou.
Les prétendus amis du peuple — l'ont de tout temps poussé à la parusse, à la pauvreté, à la révolta, â la prison et à la mort.
^^ AMiTié- — Il n'est personne qui ne veuille avoir un arm; .— iQais où sont les gens qui s'occupent d'en être un !
On se construit un type de Pylade —dévoué, humble, obéissant, prêt a toutes les CQrvéjp^,— etop gémit de ne pa$ le trouver. — Demander un ami aiçisi faU^ çans avoir bien examiné si on est prêt à être ce qu'on veut qu'il çoit, — ce n'ast pas montrer une âm^ tendre, comme le croient ceux qui remplissent l'air de leurs plainte^ à ce sujet, — -c'est £aire un vœa d'avare pareil à celni de désirer cent mille livras de rente.
^te AMITIÉ DES FEMMES. — A la rigueur, il pourrait y avoir de Taïnitié entre deux hommes qui n'auraient ni le même état ^i les mêmes préteotloos, — .et dont aucun n'aurait ren(lu de services importants à l'autre^
Majs^ les femmes avant toutes le inéine état, qui est celui d'être jol(«s et de plaire,— il ne peut y avoir d'amitié entre deux 'femm^3> à moins qu'une des Ab^^x ne soit laide et vieWe, le sache, ïe croie,— ne veuille le cacher à personne, et ait de bonne ibi dpnué $3l démission de femiqe^
^}^ B. — Lettre qui remplace roenaentanément la lettre Mi pour Vaiistère M. Passy, qui est depuis huit jours enrhumé 4uj cerveau, — ce qui le condaimnait, il y a deujL ou trois jours, à dire : « Jo ne peux pas Ranger de bouton. »
-^ BALADIN. — ÇATELEUn. — iVoje? ACTEUît/)
i^e^ BAïoNNEtTES. — Uo offîcier français assistant à l'exer-
cice â feu d*tin régiment prussien— ne put s'empêcher d'admiref la précision des tireurs.
— Eh bien ! lui dit un général prussien» — que penscz-vons de cela ?
— Je ppnse, reprit le Français, que je suis de l'avis de beaucoup de mes camarades ; — nous voulons proposer au ministre de la guerre de supprimer la poudre dans Tarraée française, — et de ne plus admettre que Tusage de la baïonnette.
Nous avons parlé déjà, à plusieurs reprises, de Tadmirable invention des politiques de ce temps-ci, — qui ont imaginé les baïonnettes intelligentes, — c'est-à-dire une armée composée de quatre cent mille hommes,— chacun agissant à sa guise et d'après ses idées particulières.
Un digne pendant a été presque en même temps trouvé â cette remarquable découverte,— c'est-à-dire une administration dans laquelle personne n'obéit à personne.
On-jouit en ce moment d'un spécimen agréable de fonctionnaires indépendants. — MM. Hourdeqnin, Morin et antres employés de la préfecture de la Seine sont occupés â répondre en cour d'assises au sujet d'actes d'iNDÉPENOANCE poussée jusqu'à la prévarication et la concussion.
Jl^ BADE. —Autrefois était une ville d'Allemagne. Aujour* d'hui ce nom s'applique à deux ou trois villages des environs de Paris, — où certains élégants peu riches vont se cacher pendant trois mois, — pour dire à leur rentrée à Paris— qu'ils viennent de Badenr^Baden — ou de quelque autre lieu de plaisir et de faste.
ij^ BATUONI^EE. — Ce mot, autrefois, signifiait l'action de mettre à un homme un bâillon qui Tempéchait de parler. — Aujourd'hui un journal injurie le roi, les ministres, provoque un peu le peuple à la révolte et se plaint à sa troisième page de ce que l'on hàkUonne la presse. — Un avocat ayant à détendre un voleur, défend en même temps le vol, et propose une loi agraire
à main armée ; -— il termine en disant : « Je m'arrête, hâillonné que je suis parla partialité du ministère public, t
Bâillonné n*a donc plus le sens qu'il avait autrefois ; un homme bâillonné est un homme qui n'a plus rien à dire et qui veut taire croire qu'il s'arrête volontairement.
;t^ BANLIEUE. — Campagne des Parisiens, — lei^arisien, fatigué de ïair épais de la ville, -^ va respirer Tair pur des champs ; — il va dans un village où les maisons sont eniassées dans la boue,— il dîne dans un salon de cent cinquante couverts, — et revient enchanté de sa journée— et de ses plaisirs champêtres.
^^ BÉNIR.— L'autorité, qui poursuit avec tant d'exactitude des publications politiques , ennuyeuses, que personne ne lirait sans cela, a laissé représenter des pièces d'une immoralité plus effrayante qu'on n'a voulu le voir.
La fameuse pièce de Rohert-Macaire-^^ fourni des formules facétieuses pour une foule de choses, dont ceux mêmes qui les faisaient n'osaient pas parler; — la poUce correctionnelle présente chaque jour des épreuves nouvelles de ce modèle offert au peuple.
La bénédiction paternelle, — une des choses les plus touchantes et les plus respectables, — est tombée dans le domaine du ridicule ; — - il y a bien des jeunes gens braves et courageux, prêts à se faire tuer pour une bagatelle, — combien y en a-t-il qui oseraient dire tout haut, dans une société d'autres gens : € Mon père m'a donné hier soir sa bénédiction, » depuis qu'on nous a représenté le baron de Wormspire bénissant sa fille, — et Robert-Macaire disant : c Voilà un gaillard qui bénit bien. »
^j^ BÉsicLbis. — Les besicles ou les lunettes — sont la marque d'une infirmité fâcheuse. — D'où vient que ceux qui en portent en tirent à leurs propres yeux une grande importance, montrent par leur attitude, leur manière de porter la tête, de parler, et, en un mot, par un air capable et dédaigneux, qu'ils prennent cela pour une supériorité sur oeux qui ont de bons yeux?
466 LSS ftUftPBS*
CM Une timb réélU, ^ qae j'ai remarquée «e«l Mi^ dont je n ai pu jusqu'ici ^vioer la raisoti«
j^ B4TAR0CH* — Le pajs a éié saisi ifaipais ira ttttàm nombre d'années d'une fièvre de bavardage faiooiè dans les im\M de la sottise humaine. — Tout ie roeikte veel parlur, «««.^Mi a recours |N)er ceLii de» rubtorftigèis incroyables* **« 8a vemitre député, — ou membre du censeH municipal ,«««•«] lœmtee tl'tine société savante, -^ eu d-niie sociélé pliilaatiirojnqae , «^ «« ii^ téraire, eu de saavetage,-^^n d'horUottUttrey^^*- non. pour agwnr des naarragés, non pour laire des f eebef eheSt mats pour paHer; on ne cause plus, on ne rit plus, on ne chante plus ; — on pavtof -** idot te monde imrle et tout le monde yarle^ la ftàe; ^ les g«ns de la tour de Babel, -»• gène Deu affatteis , ee séperéirettl qnand ils virent qu'ils ne e*entendaiefil plue, •*» aajottfd'hiil, grâce aux progrès, on n.^ s'arréle pas posrsi peu. -^ Qu'eeHse qtîe fait de ne pas eerepreïïdfe à des gens qui û*éaotiteirl pas, et qui ne veulent que parier? (Voir A\e€A9.)
4^ BAKoif. -^ Tout le monde prenant à son grd atijmhi d-hui des titres de MfMé et ée fnarqmsy -^ celai de ^ru» ne vaut pas la peine d'être usurpé, — et c'est le seul qui m'iespire quelque ciHifrance; il «'y a que cent qui fort réelteittent qui s-atisent de le portef : -^Ae^ autres enl aussitôt fait de prendre un titre plus élevé.
41^ fiALAtEtt. -^Lès {mortiers de Paris out l'ordre de b^ lâjér te devâffrt de leut porte.
En éonséqucfïîcîe, lout piWtier du tôlêdes nutff^TW fiâifs -^ \ pbuste ses ordures de l'autre c6té du ruisseau centre les fMftré* res impairs; -^ les portiers des ntrméres impairs poutssenikairs ordures contre les bornes des numéros parrs.
ij^ fiANAL.— Banalités, w— On tï'«pplauilit pas hi pîu* fttefle ctlfose du monde !a première Ibis qu'dle est dite*, ^peur cela il faut juger soi-même et risqfer d applaudir Sienl ?--Hiî'esttiR tùtt^ rage qui e$t peut^^dM iemeldsiftdi^fiife dé foui {éi tbtttugeff.
U y « des sottises banales^. — que les gens d*e<;]^k m veulent pas dire et qui rapportent gros aux imbéciles.
:^f^ BABEL. —^ (Voir BAVAa&CR.)
^^ BAPTÊME^ — Quelqu'un, je ne sais qui, — a imaginé une assez belle expression -— pour les soldais qui pour la pre* mière ïois assistent à une bataille : — ce quelqu'un a dit qu ils rei^evaiènt le baptême du ftu*
On 4 abusé de «e mot, ^ ou plutôt on Ta parodié sérieuse menl; — il y a un parti en France, — qui dans son eppesitieft angeuvem^neol a acce))té une position si dangereuse et si ra* die&le è la feis, qu'il lui faut prendre la défense de tout ce qi» l&geuverneuieiit attaque, ^ à tort ou i raiseu^ «^ Quelque^ voleurs ont dû à ce système un grand «p|^ ^ et une iropof* tance ^litique assez curieuse ; — • on en est venu à faire k ua honme un mérite de tout démifélé a^c la justice, -^ et Toa a créé cette expression, qui a été à pilneieurs reprises eflfipioyét sérieusement par des gens qui affichent des prétentieos à la cavité : • — Il a reçu le buptéme de la police «uToctiomieUeT n — Ce quia fait un peu de toH à cettepfarasey^'est que plusieurs des héros auxquels on l'avait atitribaée -*^ «at reçu ukérieufement kr eon^SmiaiM» des travaux forcés*
^(^ BANQUET. — Il y a une dizaine d'aimées -^ que fai dit' potff te pvefi)iérerfoi8 ce que |e pensais des banquets paUtiques, alors fort en honneur; — j'ai dit la visité sur ces ri^ pailles où les chansons à bom étaient remplacées par de^ discours mêlés de hdqvets; -^i» peignis nos représentants se disaiit -entre eux : « La patrie est en danger, mangeons du veau. »^e fis une inaf e fidèle de ces gUeutetoin «û tout le inonde j()af4e, 'Oij personne n'écoute, et aà on eonmeiree i régter les pkis graves intérêts du pays à un. Moment eu il serais tort dif!i474e aux convives de regagner leur demeuns san^s k s«eoiirrs d^n £acre, et de gagner le fiacre sans le secours d'un )çarçon.
Je u'ai atteint qu'un tet : «^^ebii|uefan^a tdayté nèti^p*
frédatim pour les banquets de ses adversaires, — mais non pour les siens.
ij^ BouBGEOis. — » Dans les procès de la presse, le jury qui prononce a aussi un jugement à entendre à son tour. Si le journal Incriminé gagne son procès, il ajppctle les jurés sauvegardes des libertés de la France — et raconte comme quoi il a été acquitté par V élite du pays. — S*il est au contraire condamné» — le jury est une institution usée, et le journal a succombé de^ vaut de stupides bourgeois,
Jj^ BATiFOLEE. — Ou counatt la façon dont les paysans entendent Tamour : — des coups de coude, des tapes bien appliquées, — toutes sortes de niches brutales, — sont pour eux les premières expressions d^une véritable flamme; mais la plupart des filles des champs savent que ce n'est qu*un prélude.
Je rencontre l'autre jour une petite fille de douze ans, -^ à la mine éveillée ; — elle avait le teint animé. — > Je lui demande d*où elle vient!
— Eh! des bois donc.
— Et qu*allais-tu faire aux bois?
— J'étais avec ifton amoureux donc.
— Et qu'est-ce que tu faisais au bois avec ton amoureux.
— Et vous Tsavais ben.
Je me sentis un peu embarrassé, — effrayé même de la pré« eocité de la bergère.
— Non, vraiment, je ne le sais pas.
— Vous riais, — je vous dis q'vous l'savais ben.
— Je t'assure que non.
— Vous voulais m'faire croire qu'vous n'savais point c'qu'unc: lie va fare au bois avec son amoureux?
— Peut-être les autres, mais toi.
— Moi, comme les aut' donci -* Enfin que faisais-tu?
— Vous Tsavais ben — que je vous dis*
-^ Eh! nou.
>— Eh ben, — j'nous j'tions d'ia tarre — donc.
^^ BONNE, — Une bonne personne, dans la bouche d'une femme qui parle d'une autre femme, — veut dire que la femme dont elle parle — est laide, mal faite et bêle.
C'est dire qu'elle a la bonté de n'être pas une rivale possible.
Une femme bien faite — est une femme qui est maigre et qui a des marques de petite vérole. (Voir austèbe» — austé-
RiTÉ.)
Décembre 18i2.
Économie de bouts de chandelles. — Les alinéa. — Une ieitre de faire part. — Qui est le mort? — Le Télémaque et M. Victor Hugo. — Le procès Hourdequin. — M. Froidefond de Farge. - Un poëte. - Les philanthropes el les prisonniers de Loos. — M. Dumas, M. Jadin, et Milord. — Une lettre de M. Gannal. — M. Gannal et la gélatine. — Une récompense. — Le privilège de M. Ancelot. — Amours. - Les chemins de fer. L'auteur des Gu£p£s excommunié. — Un Dieu-mercier. •— Ciel dudit. — Un marchand de nouveautés donne la croix d'honneur à son enseigne. ~ Le chantage. -- Histoire d'une Innocente. — Histoire d'une femme du monde et d'un cocher.— Dictionnaire français-français. — Suite de la lettre B.
4^ li n*y a qu'un sot qui puisse se moquer d'un homme ^i a un mauvais habit, mais on a le droit de rire de celui qui porte des bijoux faux, ou qui se promène au bois de Boulogne sur un mauvais cheval. — On est obligé d'avoir un habit, — donc on Ta comme on peut, et tel qu'on peut ; — mais on n'est pas obligé d'avoir des diamants ni d'avoir un cheval.