‹ Les Guêpes. 1e-6e sérieChapitre 40 sur 53 · IV · texte numérisé non relu

IV

470 (kBB OeftPKf.

La pauvreté ftstneuse est la plus triste et la ^il$ tidicale chose qui soit aa momie.

Voyei, i Paris, eette plfoe qui a s{ amivetit db^^ de Bom et qu'on appelle, je erois, acijourd'hui, place ée la Ceucorde. — Je ne veux pas vods partef des fontaines mal dorées, '^ qui De dennent di'eaa qtt*i mie certaine heure, -^ ni des déteslabiés eyitues qui les dédoreni ; *- je ne prétende mentioiïner ki que le oonkre prodigieux de lauieraee ée aia«vaiis gott dont est parsemée la place.

Certes, ces lanternes, — telles qu'elles ont été établies dans l'origine sur cette place immense, laissant échapper chacune une quantité de gaz, — de beaucoup inférieure à celle qui éclaire les plus petites boutiques de Paris, -— ces lanternes répandaient une clarté déjà fort douteuse.

On regrettait qu'on n^eût pas imaginé de placer sur cette place — quelque grand foyer de lumière.

Mais aujourd'hui — on en est venu, — par une hideuse lésine, i fermer aux deux tiers les tuyaux déjà insuffisants du gaz, «*- et il ne reste sur la place de la Révolution qu'une vingtaine de veiUeuses vacillantes, -^ qui ne servent qu'à augmenter, par une morne scinlillation, rincertilude et les hésitations de lobs* euriié.

De plus, attendu qiill ^ à beaneonp de lanterties sur là place de la Concorde, — ou n'allume pas, om ou n'allume qi^'à fflvitié les lanternes des rues adjacentes.

Ceci nous parait être fait dans l'intérêt d'autres voleurs encore — que les voleurs qui travaillent le soir dans les rues.

jUtit Baux et DO» jearnaiisiles les piu» spiritiiels — * eausaieni derriièremvnê enseteUe à t'Opéra. ^ L^ dee dfiNut «K BOUvelieflleBt «arié^ l'autre estf depiii» peu eéKbatMre.

— CeiÉmeni Ireuvea-^OQs voice nettvetosUaatîMi? deMtuJbi Ieprenier«

— Mais, fiailteMW.wvil^iKHM^ 9i»4ite»<«»(ie4te kt vMitt

DÂGEliMB iftiS. 474

^^ Aht imni hm uni, il D'y a qm cf être «arlft, vayi^ifom; je travaille et J*ai ma femme à côté de moi; à chaque aiinét» je Fenjbftese, — c'est charmant?

— Ah ! je comprends, -^ dit raotrs en S'iacirnamt wrs la ftmme de son confrère, qai paraissail fort attentive au spectacle, -«* je eoB^ends pourquoi ^tro atjie esl maintenant si haché.

Le eélitataiPe a raconté le» eonficteneea an iiouveaii marié. ^ Ceux auxquels il en a parlé les ont, i tour toar , raeentées à d'autres, — et chaque lundi — on compte curleasement combien il y a d*alînéas dans le feuilleton de Theoreux époux. -^ Il s^élablit à ce sujet les discussion» les ploa singuliéfeif pour ceux qui ne sont pas initiés.

— Comment! ii n*à mis là que point et tirgttle?

— Oui.

^ Comme les hommes sont incerrstMsf Ilpeavail mettre un point.

— Le sens «Indique quapwnt vîrpte.

-^ Oui, — mais sa femme est si jolie, -^ f aurais ttis im peint.

— Pauvre petite ftemmef !e dernier fcailteton eet bfett eom* pacte !

J!^ Tai déjà parlé de cet osagé peu décent qnî se glisse, depuis quelque temps, à propos des tettres de faire jmrt.

Autrefois le mort avait la place d'honneur, et c*étaH an bas de la lettre — qu'on liicltait : de la part ée^^ée^ et

Aujourd'hui fesparcnts et héritiers— •commencent partousannonccr leurs noms et prénoms, titres, emplois, décorations, etc.; puis, quand tout est fini, quand il ne reste plus rien à dire snr eux-mêmes, ils vous apprennent accessoirement en deux lignes que monsieur un tel est nmrt, — et que ce nronsleur wt tet avait pour titres el dignités Phenneur d'être péi^, em^Io

et cousin des remarquables personnages mentionnés pins haut.

Voicî de cette inconvenance un des exemples les plus frappants qui me soient encore tombés sons la main.

« M. S*** Mais*", néijoriant à Lesay, ancien militaire, ancien notaire, ancien maire, ancien suppléant du juge de paix, ancien membre du conseil d^arrondissement, ancien membre du conseil général, et actuellement membre du conseil municipal de sa commune, du comice agricole de Melle et de la Société d'agriculture de Niort; M. L*" R***, notaire à Sauzé, membre du conseil d'arrondissement et du conseil municipal de sa commune, et mademoiselle Louise L*** R**\ ont Thonneur de vous faire part de la perte douloureuse qu'ils viennent de faire, le 19 de ce mois, de madame S*** Mai***, L*** M*** Berl***, leur épouse, belle-mère et grand'mère. »

^^ Ce nouveau mode a plusieurs inconvénients :

l^ En lisant : « M. M***, ancien militaire, ancien notaire, ancien maire, ancien suppléant du juge de paix, ancien membre du conseil d'arrondissement, ancien membre du conseil général, * vous pouvez supposer que ce monsieur, qui n'est plus tant de choses, n'est peut-être plus vivant, — a quitté la vie avec tous ses honneurs et que c'est lui que vous êtes invité à pleurer; — vous vous le tenez pour dit — et vous n'en lisez pas davantage. — Quelque temps après vous le rencontrez dans la rue, — quand vous l'avez suffisamment regretté et quand vous êtes entièrement consolé de sa perte.

i^ Ennuyé de tant de parents, de tant de dignités, de tant de gloire, — vous n'allez pas jusqu'au bout, vous jetez le papier au feu i — et, deux mois après, vous allez tranquillement faire une visite à madame Berl***, — la vraie défunte, — vous la demandez au concierge, lequel vous répond qu'elle est toujours morte. Il est vrai que la lettre de faire part est à deux fins, — et qu'elle annonce i ki fois la perte douloureuse de madame

Berl"** et celle des titres de notaire, de suppléant de juge de paix, — de maire, etc., etc.

Rapprochez cette lettre d'une autre lettre publiée par le mémo M. Mais*** le 26 juillet 1812 — et où Ton trouve — après deux ou trois pages consacrées à l*éloge de son administration îomme maire de Lesay : — « Si j'ai parlé de ce que j'ai fait ^ur mon endroit, qu'on n'aille pas croire que j'y mets de la ?anité; — non, je n'en ai jamais été affublé. »

^^ Vers 4793. — je crois, un navire appelé Télnmque — sombra devant Quillebœuf, — près du Havrc-de-Grâce. On fit plusieurs récits à ce sujet. D'immenses richesses, dit-on, avaient été cachées dans ce navire, dont le chargement de bois de construction n'était qu'un prétexte. — Plusieurs millions et une énorme quantité de vaisselle d'argent étaient enfouis dans les flancs du vaisseau submergé. — Deux Sociétés par actions se sont, depuis quelques années, fondées pour le sauvetage du Télémaque. — Le gouvernement a mis de son côté toute la bonne grâce possible : — il a fait l'abandon de la part que la loi lui accorde, — ne réservant qu'un cinquième pour les invalides de la marine, — et « le droit A' acheter, par préférence, les objets d'art qui pouvaient se trouver dans le vaisseau, t

La première tentative n*a pas réussi. — La seconde Société a été plus heureuse, et on a va le navire sortir du sable — et paraître à fleur d'eau.

On a pensé alors à émettre les actions qui restaient encore. « Allons, messieurs, on voit le navire. — Voulez-vous marcher sur le pont? vous n'aurez de l'eau que jusqu'aux genoux. Pre-, nez des actions. — Chaque action donne droit à une part pro-l portionnelle dans les immenses richesses probablement cachées dans le Téléimque — dans le Télémaque sur lequel vous marchez ; prrrrenez les actions ! »

Mais bientôt un bruit courut dans la ville du Havre : « M. Vie*

4!U MS6 çv(:?«:§.

E!t pourquoi ftl. Victor Hugo ne \c;ut-^ pa^?

5J. Victor Hug;o s'est présenté a?ec son frère, M. Ab^l Sagi^. Ç^??^ 1*9^^^ d^ 1^^ Société à Pari^, et il a fpit oppo^tion au sae Yôlage 4u Tilçny$qt^ — parce qu'il y a deduna quelques mU- Iloj^ y #ppGjé$ par un oncle de ces vaessiçurs^ appeiç a^chei^Aque Hugo. — Ils fécl^fQea.t leurs n^illions.

Ceci fit grand effet. « |^. Husjq a tort, dis^îeut )?s «11$, -^ M. HugQ a raison, rép<kn(iaient les autres, --r II y a pfescriptiou, s'écriaient ceux-là. -^ U n*y a p^s prescriplmi^, répliquaiei^ ceux-ci* ^ 11 y a plus 4^ trente ans.. — Oui, oi^is tl o^y a p^^ eu de nouveau propriétaire en faveur auquel on puisse inyoqu^r la prescription ; Tespace écoulé: n'est qu'une pareuthé^ da^s I41 {propriété : M. Hugo est dans son droit. »

^t quelques-un% disaient : « Vous voyez Uen qu'il y a daus ç^ uayur^ des richessesi infinies, -r- puisque la iainille Quj^ IP^s^pe décades, somuies énormes. -*^ Prrrrenez des 9c^iou$l f

4*allai al,ors à, Paris, — et je demandai, à N|. Hugo, -rr coQune pa I^ denoandait au Pavre : « Âh çà! pourquoi 1^ voi^ l$^-*vo]jKS p^9 <|u*0iu. am^ei à tecfç )e %éUmp^^2 ?

A quoi M. Hugo me répondit qu'il ne connaissait d'ai^ Téléioaque, ^pje^ Je fils d'Ulyssç ; — je TéUmfitqu/e^ d^ Féu^ton, (j^i'on eu S<)uxav^ hieu %e c^ q^'(\n ^ulait,,quii ne s;*en 9«ik> ciait en aucune façon, — et ne le lisait pas.

4e lui appris alprs^ ^ quoi il éta^t question ; -^ U fi^ tof^s-

étom\^, ne reuia pa? son uncle, r^ir^^J^^véque, m\^ m'apprit (pi 'il

éi^\\ n^rt depuis plqs de, çen^ cinqu^nie f^ps^ et que, par con-*

■■ s.é(iMefil^ il n'é^i( pats proba% qu'il eût misses ricbe^as sur W

1^ félémaqm^sl tQi^Pur^ eptro imx eaui, — mais je sois heureux de faire savoir aux habitante dii Havre ^ ue M. Hiig»

DÉQBirBiiE 4843. 475

«e <ùl^t» ^ poQi^ toip en quel état se tronfint tes tableaux que le gouvernement s'est réservé h érort d'achelef .

Ce qui in*mquiéle pour la oonservatien de ces tableaux, c'est qu'un marin m^a apporté nu anneau de h chaîne de Tancre du Télémaqiie, et que cet anneau est plus d*à moitré rongé. ' 4^ 1^6 proeés des employés de la ville de Pnris — accu5iés de prévarication s*est terminé par la condamnation des principaux accusés à trois et à quatre ans de prison.

Mais, par un oubli plus singulier, il n'est nuTteroent question de restitution envers les propriMaires que ces messieurs, de leur autorité el par leurs manœuvres, ont condamnés à la misère à perpéiuilé,

^J^ Un témoin — * auquel, dan* Taffeire Hourdequîn, — le président demandail s'il reconnaissait le principal accusé -w n'a pu contenir un roeuvemenl d'indignation en voyant l'auteur de sa ruine — et a ajouté à sa réponse affirmative une épithéte plus juste qu'agréable.

Le président, M. Froidefond de Farge^ a été assez malheureux pour dire : a Témoin, taisez- vous, et respectez le malheur. »

iJJ^* Il résulte de ceci, entre autres choses, — qu'il y a en France trop de fonctionnaires et qu'ils ne sont pas assez payés ; — qu'il y a un danger qui se glisse dans toutes les existences : -* c'est que toutes les classes de la .société ont augmenté leurs besoins et leurs dépenses, — et que les salaires diminuent partout ; — plus mille autre choses que je dirai une autre fois.

JB^ Pendant le procès Hourdequin, le président, le pro« eureur du roi et tous les avocats — ont fait des allusions phi:» of moins directes — à ceci :

« La loi reconnaît coupabte H punit le corrupteur comme le corrompu. *^ Pourquoi ceux qui ont corrompu les accusés ne sont-ils pas assia à €<M d'eux et enveloppés dans la même accu-

Le président, le procureur du roi et les avocats avaient raison sur une des face:» de la question.

Les ^ens qui avaient donné de l'argent aux employés de la ville doivent être divisés en deux classes. — Les uns sont des spccnlateiirs — qui donnaient à ces messieurs une partie de leurs bénéfices ; — Tavidiié et la corruption entraient dans leurs calculs : — ceux-là sont complices et devaient être jugés. — Les autres sont des propriétaires menacés dans leur fortune et persuadés avec raison qu'ils ne sauveraient une partie de leur patrimoine qu'en sacriPiaut l'autre partie ; ils ont fait la part du feu : — ceux-ci sont des victimes, ils devraient être indemnisés.

On n'a ni jugé les premiers ni indemnisé les seconds.

^1^ On m envoie un livre belge qui explique suffisamment le besoin qu'éprouvent les libraires belges de n'imprimer que des livres français ; — voici quelques échantillons des vers français de M. K. Kersch.

LE PARRTGIOE.

Je suis un parricide, — un monstre dégoûtant^ Meurtrier de mon semblable, — un homme bien inuoceot.

Pardon, monsieur Kersch, — - je ne veux pas vous chicaner sur votre second vers, qui a deux syllabes de trop, — mais je désire vous demander une explication sur le sens des deux vers. — Votre criminel dit qu'il a tué son semblable — et il s'intitule lui-même monstre dégoûtant . — le semblable, d'un monstre dégoûtant est un auti e monstre dégoûtant^ — alors ce semblable ne peut pas être un homme bien innocent.

Ou, s'il est un homme bien innocent et en même temps le semblable de votre parricide, — votre parricide est forcément le semblable de ce semblable; — donc il serait également un homme bien innocent — et en même temps un manêtrp

dégoûtant et nn parridde. -- Tout cela est difficile & arranger.

Maïs le parricide va mourir.

Quoi ! des milliers de bras, comme snrrOcéan, Se lèvent agités, s'agitent en baissant ; Mille voix en furie ont vomi le délire : Une tête bondissante ensanglante le sable. Elle hurle et mugit, — elle n'est plus coupable.

Encore un vers un peu long ; — mais si M. Kersch fait des vers trop longs assez souvent, il n'en fait jamais de courts, — ce qui prouve que ce n*est pas par défaut de fécondité, — mais que, au contraire, son génie est à Tétroit dans les douze syllabes de notre vers français.

c Ensanglante le sable » n'est pas très-exact. — M. Kersch ne connaît pas une horrible bistoire qu'on raconte dans les ateliers, — histoire où le grotesque est singulièrement mêlé à rhorrible; — histoire que je vous dirai quelque jour où elle me paraîtra plus grotesque qu'horrible. — Dans cette histoire, le criminel — arrive sur l'échafaud, regarde le panier qui va recevoir sa tête — et il s'écrie : « Minute, minute! — qu'est-ce que c'est que ça? — qu'est-ce qu'il y a dans le panier ? c'est pas de la sciure de bois, au moins ; j'ai droit à du son, j'exige du son. •

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