INSOMNIE D*UN POÈTE
Bientôt le del présente un air centicolore. Qui ne doit s'évanouir qu*au lever de Taurore.
Qu'est-ce, me direz-vous, qu'un air eenticoloref — Vous n'avez jamais vu de pareil air au ciel; je le crois bien, mon bon ami; — mais vous n'êtes pas poète; — vous croyez qu'un ^te qui ne dort pas — va voir simplement ce qi]^ vous voyez.
478 ^fiS GUÊPES.
^ QpW..! lej étoiles, fleurs <)e fen, dans les peuplîersi îiotrs^ t- Jes lucioles, violettes de teu .sous riierbè! — vous croyez qu'il entendra, comme vous et moi, — le bruit lointain de la mer, qu'il resjpi|*er5i — les odeurs des fleurs qui ^'ouvrent le soir pour les papillon^ dQ miî(! «r Allons (jonc, c'est 4 la portée de tout le monde, cal» : c'e^t e^noomn, c'est vulgaire ; — parlezmoi, à la boDilâ heuF», da voir un ml qni a Voir nenticolore; voilà ce qtri taut la peine ie ne pas dormir, de prendre du café ou de ne pas lire les vers de M. Kersch.
Kè M pIïM dé^ormaâs, pIif1o«opbe ftvbîtfain, Q«a puit QBl an repQ9 nmi «iMlels nôcess^isfi.
Il paraît qu'il y a quelque part un philpj^opbf), Ws^ PFol)|i4(Mv^.t^ ^= qt)i a os^ (jjra qu'il fallait dornqjr la iiuH; «r^ ipais, ^ïim? ï^a. f^è^ \» réttt^» comme il le ^-^it^ de pbiU^o{i)|e ffk^\ffl^ ir- q'^trràrflire de tjw, Qosm^ 4 r^lam.§ iumUl* IWïrl' le- 4wit 4^ 9« p^« (iRrriMi:,
C*ést le trépas è^ la large crinière
^ Qui vient tout alarmer.
' Aprfe atoîf Wrtarqtié cette Image neuve dtt trépas è la ht§^ Mh^a, {tassons à nn sujet metn» triste ^ «^ pafssons à l'éloge de M. le comte de Liedekerke-Beaufort» ancieir gtfuver* fleur de Liège :
Liedekerke-Beaufort, ex-gonvemeur de Liège, P^ndaat des ans nombreux, il occupa le st^ge. té banc de gouverneur, de père des Liégeois.
Mai» mras» «(tnnid K. Lteéekerke cessa d'oecijq^ h hmc i jàr^ été iirgems^ ce fiH un frand ohaffîin dant la v«lk| :
toici des peintores riantes : — c^est le printèiîips* :
Mille zéphyrs, doux et velus. Vont murmurer dans le» bumbles (ii^Ùi^^ Ip, 49).
Les jenoes hooimes se baignefit.
Faites gonfler mut vous les modeste» étangs èL la large crinière (p. 51).
U paratt qu'en Belgique les étangs soni camme le tré|>&8 1 ils ont la crinière estrômement large.
Ce que c'est que de voyager! — j*ai Vraiment regret de toutes les irrévérences que j*ai laissé échapper maintes fois à l'égard des voyaiges *- et da grès livre que je fais di ce moment contre eut.
Si /états allé en Belgique, -^ j'anrais vti des zéphyn veluà; — J*ai passé presque toute ma vie a«x bonfe de ia mer, -**dans mon jardin, — et je n'ai jamais fa de zépkyn velui.
Mais continuons :
M. Kersch ~ sort de chez lui et va errer da*a le ioië; il raconte ce qu'il y trouva :
Mon ékme fut saisie
D'une pUttrante voiat^p* et}.
Mes pas idÊi dirfgëreht Vers le lieu du soupir.** Grand Dieu! la belle noire!
Aux cheveux de corbeau.
je ne pense pas que M. Kersch préténder ifàe la belle notre ifû'il rencontre ait des corbeaux pour chevéui!, — comme lei furies avaient des serpents. — Si nous cberchoos un autre sens, BOUS trouvons que les cheveuii de corbeaux «ont ^es plumes, —
180 LES GUÈP£S.
donc il faut ne Toir ici qu*une figure hardie pour exprimer que la belle avait des cheveux noirs comme l'aile d*uD corbeau.
Aa sein charmant d'alb&tre.
Ah! ah! — la belle noire est une blanche. Eh bien! tau/ Siieux.
Au corps souple, mince et rond ;
> Le vers est long; — mais faites donc entrer tant de perfec» tiens dans un vers de sept syllabes !
Au léger pied mignon, Au petit bras blanchâtre.
Pourquoi blanchâtre —^ quand la gorge est A* albâtre? -» Ahçà! défmltivement, de quelle couleur est la belle noire? Pourquoi blanchâtre? — Peut-être la belle a du duvet sur ses bras d'albâtre, ce qui les rend blanchâtres ou grisâtres; je n*aime pas trop cela, mais c'est peut-être très-bien porté en Belgique.
M. Kersch — s'approche,
Pour être plus capable
De la comprendre mieux (p. 62).
Alors la bergère exhale son désespoir :
« Je pourrais eu furie (p. 30)
<H-eUe,
Maudire sans pitié Les auteurs de ma Yie, Ëcraser l'amitié.
Percer la terre et Tonde, Bouleverser le ciel, Poignarder tout le monde... »
DEGEMBttE 4 843. 484
La bergère ne fait rien de tout cela cependant, et il faut con< tenir que c'est bien de sa part.
Elle mugit et pleure (p. 6ii), Déchire ses habits.
Quand elle a mugi et déchiré ses habits, elle tire un poignard. — M. Kersch s'élance, la désarme
Et lui dit d'an regard :
« Qu'à ça le jeu ne se termine. »
La bergère lui raconte ses malheurs : — elle veut mourir parce que son amant ne vient pas ; mais tout à coup, — derrière M. Kersch, paraît Tamant injustement accusé; — la bergère renaît au bonheur, et dit à M. Kersch :
Adieu ! Dieu yous bénisse ! ,
Pour ce noble service (p. 65).
Je dirai comme la bergère, — comme la belle noire aux bras blanchâtres :
M. Kersch, Dieu vous bénisse !
Uouvrage se trouve à Liège, — imprimerie de Dessiin, îibraire, place Saint-Lambert.
ij^ ENCORE LES PHiLAMTHBOPEs! — A une lieue de Lille est Vabbaye de Loos; — c'est une des principales maisons de détention de France : elle contient trois mille prisonniers.
Si on lisait les condamnations des malheureux qui y sont ren« termes, — on verrait qu'ils sont simplement condamnés à tant de mois ou d'années de prison.
Mais cette prison est livrée aux philanthropes de la seconde classe, — c'est-à-dire à ceux qui ont imaginé le régime cel-