SUR MESSIEURS LES SÀYÂMS ET SUR MESDAMES LEURS
jQivxjKiions. — ,Nous avons â plusieurs reprises signalé certains .progrès de ila science qu'il nous a paru utile ifi dénoncer à la prudence publique. ' '^
' La gélatine moins nourrissante que l'^au .daice, miûs plus^ Jixadsaine, — que l'on continue à donner aux malades ians W Jbl^itaux. ' ;
Une nouvelle pomme de terre — grosse comme un pois.
Un perfeuil nouveau, mais v^népeux, etc.
Voici quelque chose d'aussi nouveau, — mais de plus in?- «quiétant.
Les moutons et les bœufs sant sujets ,à la pleurésie ; on a ;îmfiginé depuis quelque temps d,e leur faire avaler, quaqd ils ^en sont attelpts^ — une an^e d'arsenic.
C'est-à-dire de quoi empoisonner cinquante personnes.
Xes^pioutons et les bq^ufs guérissent, — mais ceux qui les mangent ensuite courent le plus grand risque d'âlre empoi- .sonnés et de mourir.
On ne peut plus se fier aux côtelettes de mouton, ni aux iiftedis.
De bonnes gens qui ont passé toute leur vie à se ptriver de champignons r— dans la crainte d'un accident r- se trouveront empoisonnés par la soupie et Je bouilli, — cette nourriture considér.ée jusqu'ici comme au moins assez innocente.
Ce n'était pas assez que M. Gannal et ses disciples — - eussent trouvé le moyen d'empailler le ro&bif, — d'embaumjer les rognons de miQuton — et de nous faire manger des côtelettes .gui sont nos ^linées — et des œufs frais — dont les poulets ^auraient quarante ans;
fl f^mt q\i*pii empoisonne la vi^e.
936 LES GUÈPIS.
Cette déeouTerte des savants serait réputé une infamie si quelqu'un l*exerçait même à la guerre contre ses ennemis.
ij^ Le parti conservateur qui est arrivé aux affaires — a horreur de toute supérioiité d*un de ses membres : — il veut que les choses restent ce qu^elies sont; — tout homme d'action et de puissance le gêne, l'embarrasse et lui inspire de l'ombrage.
L'opposition, au contraire, — qui veut arriver, — accepte volontiers des recrues, — sauf à faire plus tard, — en cas de succès, ^ précisément ce que font aujourd'hui les conservateurs.
Toujours est-il que lorsque M. de Lamartine vint apporter aux conservateurs l'appui d'un nom célèbre, d'un beau talent, d'un beau caractère, — il fut accueilli d'abord assez froidement, — puis ensuite, l'objet de la jalousie et de la malveillance de son parti, qui ne le trouvait pas assez médiocre, et dans lequel il voyait plus d'adversaires réels que dans l'opposition qu'il combattait avec eux.
Il a abandonné solennellement ce parti et s'est rangé dans l'opposition.
L'opposition l'a laissé se placer à sa tête» — à côté de ses chefs les plus prônés.
Ce qu'il y a d'assez singulier en ceci, c'est de rapprocher ce que disent aujourd'hui les journaux de l'opposition sur H. de Lamartine de ce qu'ils en disaient alors.
« Il se perdait dans les nuages...., il ferait mieux de chanter El vire. — On l'avertissait de reprendre sa harpe oa
son téorbe, i etc., etc.
Aujourd'hui, — c'est un concert d'éloges mérités : • M. de Lamartine est un homme — sérieux, — éloquent. »
Le vendredi, ^ 3 mars 1843, M. ChamboUe a dit dans le journal le Siècle :
c H. de Lamartine a parlé ; '^ il nt faut poi prétendre à
analyser ce majestueux tableau de la situation de la France vis* i-vis de TEurope; il ne faut point tenter de reproduire les élans^ les images de cette parole souveraine.
» M. de Lamartine serait notre adversaire que nous payerions à son talent le même tnbut d'éloges; ce talent laissera après lui une trace lumineuse^ éclatante, et honorera à jamais
mtre pays.
f Les nobles intérêts qu'il sait si bien comprendre, » etc.
Nous aimons à voir cette impartialité dans un député et dans \ un journaliste; — c'est comprendre et exercer convenablement et la dignité de la presse» et celle de la représentation nationale.
« Nous payerions le même tribut d'éloges k M. de Lamartine
— quand il serait notre adversaire, t
A la bonne heure, ce n*est plus là cet aveuglement, * cette mauvaise foi de l'esprit de parti — qui accordent tout le talent, toutes les lumières, toutes les vertus, aux gens dont on se sert,
— et qui accablent d*injures les gens qu'on rencontre dans un parti opposé au sien. — Voilà comment des hommes à conviction font une guerre loyale et honnête, — voilà des sentiments qui font plaisir à entendre professer. — M. de Lamartine serait Vadversaire de M. Chamboile, que H. ChamboUe lui payerait le même tribut déloges.
Félicitons M. ChamboUe —
PADOCKE. Ah çà ! maître, à quoi pensez-vous? que faites^i vous?
LE MAITRE DES 6CÊPES. — Ce quo je fais, Padocke, je fais comme ferait M. ChamboUe, je rends justice à un homme dont je ne partage pas les idées. — M. Chamboile payerait à M. de Lamartine le même tribut d'éloges, quand même M. de Lamartine serait son adversaire.
Je paye à M. ChamboUe un tribut d'éloges...
piDOckE. Pardon, maître, mais vous n'aVez pas c(e mémoire!' Ouvrez le numéro dés Guêpes qùiapârùle 1^'sebtemBre rèîô.'
LE MAITRE DES GCEPES. Pourquoi faire, Padocke?
PADOCKE. Ouvrez-le, — vous verrez.
LE MAITRE DES GiEPES. — Le VOICI ouvert, PadocEe.
PADOCKE. Chércliez à là'page 36o.
LE MAITRE DES GUÊPES. Page 365, — Hous y voici !
PADOCKE. Très-bien!.. . lisez... .
LÉ MAITRE DES GcÊPEs! « 25 août. — • Il e'sl arrivé' uDgraîid malheur a ce pauvre' irf. Cfiaml'ôlle, -^*d^pïï(ê et rédacteur éa chef du jôurnafle Siec/e.
« Inédit irfi dhambblîe, dans'' le numéro du 5îecy cTaujour-*' d'hui 25 août 1840, — numéro tiré à soixante-douze mîiie' exemplaires, — ainsi que le journal 1 affirme lui-même, — M. Chambolle a imprimé que... « Jlî. Si Làmdkine esï m ^nmis, »— Ce pauvre Si. CïiamtoHé, — je prends^ la* pfus gfande çart a 1 accident oui lui arrive, -7 et je le jprie d agréer faVorablérâènlt'mes côbplïmélfts de cbnJô^ t
PADOCKE. Eh bien'! mailre?'
LE MAITRE DES GUEPES. Efi. bicu ! Padocke !
PADockÉ. Eh' bien! niaî£re,'M; de Lamartine était afors Idïversàiréà'e Wf. ChàmboYle^ el^if'me semhïè que M^dliamiiôlie* ne lùï payait pas'touï'à''faine wiêm'e tribut' djélôges!'
^^ Le dieu Cheneau vient de fulminer contre moi une seconde lettre. — La foudre dii'dré'u, celie fois, n est pas tîree à un seul exemplaire, comme le dernier tonnerre. — Ce céleste carreau — ; a pris la forme d'une brochure de trente-deux pages,' -^ formai lii -S**, -^' impriinl^e chez PaiifDupont',' rue ae Grènelié-Saint-Honor^, 5^'.'
Jamais mortel n a été aussi complètement réauit en poudre — que celui qui fut i auteur oes^ Guêpes; — laissons fulôiaier le dieu :
c Je ne donnerai psis de nouveaux aëveloppemenls -^ peut
mmh^ 4S43. ^9
me ftire comprcncfre de M. A. Karr i je vois tien qtiè la faciilté de comprendre manque aux Guêpes, — Les Gttêpes sont légères,
— teUement légères, qu'elles ne peuvent, à ce qu'il paraît, changer leur nature; -— pourquoi se cassent-elles le nez elles-mêmes! Ces insectes ne font que produire la dodieuf et le désordre. — • Pauvres Guêpes, vous vous ser\ez encore de plumes d*oie pour écrire/-^ Les Guêpes n*oht vraiment reçu que le bdptémef d'eàti, -^ jene saurais trop le répéter.
» Ort, monsieur' A. RairF, — je suis merdèr ; — si j'éîàiS* Dieu, cmnme^vouis lé'dites, je né sèi^isp^é le Dieu dès* Guipés;
— j'emploiëfàîls niiéûx^iflttttiôisil^ î
>' Jèmë'sénâia'fofcedë'soutenik^ les hostilités' dès '(^ûe/es, càîr je défte' mém'eléè ^côtb'éiaïii.
9 Votre réponse du mois dernier ne sb cbiiséi'Vera' pké,' jë^ votlfe en prévient'!.. .
» J*espère que vous serez pardonné'^ vu vbtrè manque de conception.
» Je vous plains de ne pas comprendre. — M. Joûin, sur
léqueV vous demandez des renseignements, nVst pas à Paris;
-^'laissez lès absents ti^anquilles.
, » Depuis longtemps le monde est la dupe de prétendus sa- '} vanta qui, comme vous, se posent sur le premier piédestal venu ipour juger la faculté de chacun, — comme s'ils en avaient lés jrcapacités; — ils déblatèrent, — ils battent la campagae; —
ils siâiisnt comme des serpents.
» if est temps que l'on' brise ces fausses muses qui produi-J-;
sent la démenée — daps le jugement, — dans l'entendement
humain ; -— que les Guêpes restent Guêpes.
» Si M. A. Karr se fût annoncé quand il est Venu chez' moi, je me serais procuré le plaisir de le recevoir^ -^ CftENEAU. »
« iHif&i -^ Toute critiqilr qui nc; mesera^pas - adféS^éé" stta toDsidéréa comme eritiqae'fawiteiise; -^ GacRBAur»^
Une autre brochure, — cette fois en vers, m'appelle * f atroce freloo. »
Un troisième monsieur —a découvert dans les livres hébreux — que Beelzebuth — veut dire roi des mouches, — et il en tire la conséquence que je suis Beelzebuth.
^j^ Un M. Prosper Lehoc, — épicier, propriétaire et fils unique de feu M. Lehoc, — décédé notaire royal y — a publié récemment deux ouvrages ; — Tun est un Traité de VEpicerie avec un Traité spécial de la chandelle en forme d*appendice.
L'autre ouvrage est un Traité du véritable gouvernement représentatif, basé sur la force^ la prudence et la justice.
c Mon travail, dit M. Prosper Lehoc, a eu pour but de faire des peuples de la terre un seul et même peuple de frères. — Je pense y être parvenu, t
Des deux livres de M. Lehoc, Tua est consacré à la chandelle, — l'autre aux lumières.
11 répand à la fois la clarté — dans les appartements et dan» les âmes ; — il épure le suif et les lois.
M. Lehoc nous permettra cependant de nous étonner un peu de voir le gouvernement actuel, — le gouvernement représentatif dont nous jouissons, — nié et sapé dans sa base par un épicier. — Que peuvent donc encore demander les épiciers, — aujourd'hui que leur règne est arrivé, — aujourd'hui qu'ils se sont emparés du royaume de la terre en échange du royaume des cieux, qui semblait leur avoir été spécialement réservé?
Pour la préparation de la graisse, M. Lehoc ne se sert pas de* l'huile de vitriol, — comme on fait â Rouen.
UN LECTEUR. Ah çà! que voulez-vous dire, — Grimalkin?
GRiMALRiN. Je parle du Traité delà chandelle de M. Lehoc.
LE LECTEUR. Ah! je croyais que nous en étions au Traité do» gouvernement représentatif.
GRIMALKIN. Aimoz-vous mieux parler du gouvernement représentatif ? — parlons du gorvernement représentatif.
Nous disions done que M. Lehoc ne veut plus du gouvernement représentatif tel qu'il est aujourd'hui ; — il n'en veut pas plus que de l'huile de vitriol pour préparer la graisse de ses chandelles.
M. Lehoc est pour l'extension illimitée du vote électoral — « Un rayon de la divinité constitue le sentiment et la conscience de chaque citoyen (épicier ou autre) ; c'est ce qui fait que les hommes doivent nécessairement tous concourir à la représentation nationale. »
On ouvre la porte,— le vent emporte la brochure de M. Lehoc,
— Où en élais-je?... — Ah ! m'y voici.
• La théorie que j'ai écrite est pour l'instruction des jeunes gens qui se destinent à cette carrière. — Ma méthode est simple et empêche la chandelle de couler... »
Ah! me voici encore à la chandelle ! — il me semblait cepcn* dant que j'en étais à une phra^ie pareille dans la parti<; politique des oeuvres de M. Lehoc.
Ah! la voici :
« C'est spécialement pour servir de guide aux électeurs que j'ai composé cet ouvrage.
i Tel est, en peu de mots, ce que Ton s'empresse d'offrir à tous les Etats. »
De la chandelle?
Non, le gouvernement représentatif, le véritable gouvernement représentatif, — le gouvernement représentatif de M. Lehoc.
« Le gouvernement représentatif (le vrai, celui de M. Lehoc), met infiniment d'ordre et d'économie dans sa trésoretie (pourquoi pas dans son comptoir !) ; — il régie la dépense sur la modicité des revenus, » etc.
Cette fois, je crois que c'est M. Lehoc qui u onfondu la chandelle et le gouvernement représentatif. Cos pr/reMM^s, mêlés par erreur à la partie politique, appartienneiu bun:> aucan doute
— à l'épicerie en demi-gros et en détail.