‹ Les Guêpes. 1e-6e sérieChapitre 46 sur 53 · A\RIL 4 843. S · texte numérisé non relu

A\RIL 4 843. S

Tarchevéque de Paris, est pleine d*invectives grossières contre moi. — Les jupes, quel que soit le sexe qui les porte, — sont censées désigner la faiblesse, — laquelle abuse souvent même de l*abri. — Voici donc la seule réponse que j*y puisse faire, et que j*invite à publier les journaux qui ont inséré cette lettre.

« Monsieur, vous avez admis dans votre journal — une lettre signée : un membre du clergé de Saint-Denis-du-Saint-Sacrement. — Je compte sur la sagacité de vos lecteurs — pour leur faire comprendre combien les invectives que m'adresse Fauteur de cette lettre — répondent peu victorieusement à la juste plainte que j'ai élevée; cependant il est trois points sur lesquels j*ai quelques mots à dire; — je voi\s prie, — et au besoin je vous somme de publier dans un prochain numéro — la réponse que je vous envoie, — et qui est nécessitée par le reproche de calomnie qui m'est adressé.

» 1<* Votre correspondant ne nie pas que des ouvriers aient bruyamment travaillé pendant une cérémonie funèbre ;

» 2° 11 ne nie pas non plus que, — à la sacristie, pendant que le fils du mort donnait des explications nécessaires, — un sacristain et un autre homme habillé en prêtre — se soient livrés à des excès de gaieté plus qu'indécents.

» 3^ La grotesque provinciale du membre du clergé de l'église de Saint-Denis-du-Saint-Sacrement me menace du procureur du roi, — et moi, monsieur, je maintiens la vérité de ce que j'ai avancé. — Je défie votre correspondant, et avec lui les certains paroissiens dont il parle, — de m'attaquer en justice sur la lettre que j'ai adressée à larchevêque de Paris. — De nombreux témoins sont prêts à proclamer la vérité.

» Je ne ferai aucune remarque sur les phrase§ dans lesquelles ce pauvre homme se plaint avec tant de cynisme et de colère qu'on ait donné peu d'argent à l'église, et avoue si naïvement — que, de recueillement et de décence, on n'en pouvait pas faire davantage pour le prix.

A6S («s$ G^irM*

» Le fils du mprt n'avait pas vu degns aette mfte«tetanceMi0ar reuse une occasion de fa$ie ; -^ il n'avsât fait demander qu*ooe simple présenUtioD à 1 église. Un de ses ami$ «vait pris ce soin 'et avait payé pour lui ce que Téglise avait demandé. — Il oé savait pas, — comme le membre du clergé de Saint<-Deais*du- Saint-Sacrement nous l'apprend aD\iourd'hui, qu il fallait payera part pour que le mort ne fCtt pas mviH -» et que cela éji^ïi Tobjet d*un tarif particulier*

9 Agrée;^, monsieur, eto* *

Exécution de Besson. — Un rouleau d'or sauvé. — Invitation à déjeuner noblement refusée. — La Trappe. - Saint Philippe et saint Jacques. — Une idée erotique du préfet de police. -— Discours de Tarchevéque da Paris et réponse du rpi. — Le peup e et les badauds. — 1^. Pasquieyc et M. Séguier. — D'un voleur qui voit la mauvaise société. — Une profession nouvelle. — Un député aimable. — M. Arago a rompu avec les comètes. - L'enquête de la Chambre sur les élections de Lçngres,

. d'Embrun et de Carpeutras. — Le député de Lançres et le député 49 Saint-Pons.

«1^ Je crois avoir démontré d'une manière inattaquable — que, dans le procès qui a suivi Tassassinat de M. de Marcel'lange, — si ficsson étsit Tauteur du meurtre, les dames de Chaniblas en étaient les complices. — Bessoo a été condamné, comme on sait. — Les dames de Chamblas continuent, selon la remarquable expression du ministère public, — à être eotiH damnées à des remords p^trpétuûis^ — Basson a.été guillotiaé également à perpétuité. .

J!^ M. dfe G*** voyageai!, il y a qud^nes im% mit sa feiprae et un domestique. — Ils sont arrêtés par des vol§pr^..çiJ; ^p^si dépouiliés qu^on le peut être. — On ne lôur )4i^s^ qpe leurs chevaux, leur voiture et leur doijoestiqufi, r: pnobaWe-r, ment faute d'un moyen sûr de s'«ii défaiire avaDlagpemeqff^n^. « Qu*allons-nous faire maintenant? dit M. dje C^*^ ijl y.^ loin d'ici i uofe viije d'ojl jp piJii^sp ^crirç à Paris pour me faire envoyer de Targent. — Monsieur, dit madame de C***, — j'ai sauvé un petit rouleau d'or. ^ Vraiment^ ma cbàre aipie? ^pus avez fort bien agi ; — mais comment avezvous fait paur h d^ rober à la curiosité plus qu'impertinente de ces naes^eurs? i^ vous avouerai que, même comme mari, j'eii été fort contraria de la minutie de leurs investigations sur votre perspone. tt Oh! j'avais bien caché mon or, — dit madame de G*'* en àem,r oant fort rou^e. — Il paraît que vous l'aviez bien caché ; mais, enfin, ce devait être quelque part, et ils m'ont paru chercher partout. — Oh! partout!... » El madame de 0*** devint «ncora ^eaucaup plus rou^e. « Mais, oui, ma chère aouii», partout; — ç'çst 4u moins ce qu'il m'a semblé. »

M. de Ç^ insiste e,ncore beaucoup, malgré FemkirmS'de.aia (i^mme ; -— enfin, après une réponse qui probahlerQenti'éclaiof), il lui dit : « Diable ! pourquoi ne m'avez-vous pas dit cela, je vop^.aurajs priéQ de cacher aussi ma tabatière, que je negretle Îu6n,iroei>t. »

^^k Nouvelle lett|re du dieu Clieneaii, — qnl me déelare ^ c (]^u^il est forcé^ dps, ses. épttres, de descendre à- la hauteuc de mi\ çpn^ception ; i^ — ^ue « je ferais bien d^employer toates/mis faf^ult^^, âttejndu ff^e je n'en ai déjà pas trop. »

]Le dieu Chenaau agpute que « mes inspirations soiii frf^dtSi et stu|)ides; », — : si je trouve « quelques partisans, c'-est parce,, quç -7- un sot trouve touiojixs un plus sot qui l'adînire. »

AtjT^s quoi M. Chen^au . — me dit « qu'il n'y a pais d« fel dans Sun cœur, et qu*ït n« m'en vefut pas \& mcAt^ du monde* ;»

En effet, M. Cbeneau termine sa lettre de la façon la plus paternelle.

« Je vous autorise à venir avec un de vos amis me demander à déjeuner; je m'arrangerai pour que vous soyez plus salisfait ^^de ma table que de mes réponses. »

Voilà ce que j'appelle se conduire en dieu.

Aux petite des oiseaux (aax Guêpes), il donne la pâture.

Mille remerctments, dieu Cbeneau; maisj*ai peu de confiance dans les festins donné s par le ciel ; — ceux qui sont restés dans la mémoire des bonimes ne sont pas, vous l'avouerez, encourageants, sans parler des divers festins dont je ne parle pas par respect, tels que la manne du désert, -^ nourriture purgative.

Cinq pains et deux poissons pour cinq mille hommes ;

La célèbre tartine d'Ézécbiel, — les noces de Cana où on fait du vin avec de IVau ;

Les pains appoi tés par un corbeau à un autre prophète.

Je rappellerai Saturne — mangeant des pierres ; — Proserpine condamnée à l'enfer pour un grain de grenade , — Tantale qui ne mange pas du tout — et Prométbée qui est mangé ! — Permettez-moi, dieu Cbeneau, de ne pas accepter votre nectar et votre ambroisie, et de me contenter de vos réponses.

^^ On lit dans plusieurs journaux l'anecdote que voici :

c Un Anglais de distinction visitait le couvent de la Trappe. L'abbé lui présenta successivement tous les religieux condamnés à un silence perpétuel. Arrivé près de l'un d'eux, il dit : c Vous voyez ici, milord, un mallieureux soldat qui, ayant eu > grand'peur du canon à la journée de Waterloo, déserta le f cbamp de bataille, et vint ensuite, désespérant de son hon-r • neur, se jeter dans notre ordre. » A ces mots, le frère changea ' de couleur, le combat terrible qu'il éprouvait dans son âme se peignait sur ses traits altérés; mais, fixant tout à coup le cr^-

cifix, il joignit les mains, tomba humblement h genoux devant Tabbé, et se retira pâle et silencieux de la salle.

» L*Ânglais, ému de celle scène, demanda à Tabbé pourquoi il avait si durement accusé ce malheureux. « Milord, répondit » i'abbé, je Fai fait pour vous prouver Tempire que la religion t peut exercer sur Thomme. Ce frère a élé un des plus braves » officiers de Tarmée ; il a fait des prodiges de valeur dans » cette bataille ; vous avez vu le combat qu a excité en lui ma i fausse accusation ; mais, en même temps, vous avez été té- • moin de sa résignation et de son humilité. »

Il n'y a à tout cela qu'un petit inconvénient, — c'est qu'il n'est pas vrai que les trappistes soient condamnés â un silence perpétuel. — Je suis allé à la Trappe, — et j'ai été reçu par un frère qui cause fort bien ; je lui ai demandé si, en qualité de frère hospitalier chargé de recevoir les voyageurs, il avait une permission spéciale pour rompre le silence auquel les trappistes sont soumis. — Il sourit et médit : « Je sais qu'on fait sur nous d'étranges histoires dans le monde ; — notre silence consiste à ne pas avoir entre nous de conversations futiles, — â ne pas parler en traversant l'église, — ou le cimetière, — ou d'autres lieux consacrés, — ou pendant certaines prières. — Ne dit-on pas aussi, ajouta-t-il en souriant de nouveau, que nous creu- ^ sons nous-mêmes notre tombe, et qu*en nous rencontrant nous nous disons l'un à l'autre : « Frère, il faut mourir! • — Vous pouvez voir par vous-même qu'il n'en est rien. •

^^ S. M. le roi Louis-Philippe ayant découvert qu'il y avait encore une trentaine de Français qui ne portaient pas la croix d'honneur, ^ a réparé cette omission involontaire et a daigné l'envoyer à quinze proviseurs de collèges de province et à quinze substituts et procureurs — à l'occasion de sa fête.

ijffffi, La Sdnt-Jacques tombe le même jour que la Saint- Philippe ; — les almanachs, obligés de mettre la Saint-Philippe

en le^jres majuscnlfis, — ont supprimé saint Jaçcpes^ -r-^misii la porte ainsi du calendrier. — La Ss^int-Jacques est la fétçi de, }l. Laffitte.

Le préfet de police — a imaginé un singulier moyeQ de célébrer la fête du roi; — il a accordé amnistie pleine et entiêrfi à ^çent cinquante filles publiques détenujBS à Saint-Lazare — pour ^'avoir aimé hors des heures [[ermises pjtr la policç. 7- Ces cent cinquante demoiselles, rendues aux félicités publiques, — ont pris une pan active i la fête, — çt quelques-unes ont orné le soir le carré Marigny, aux Champs-Elysées, de danse^ un |)ea risquées.

^^ Monseigneur Aiïre — a tçnu au ro^ un discours nji peu entortillé, - dont le vrai sens est qu'il conseille i, Sa Ma* jesté de rétablir leâ collèges de jésuites ; — â quoi Sa Majesté a répondu par un di^scours non moins entortillé qu'elle priai^ monseigneur AfGre de se tenir tranquille et de se mêler de ses aftaires.

^{^ Certains journaux traitent un peu le peuple en comr piarses d*opéra-coraique. — On lit dans lei National : — «i H y ava^it. aux Chaipp.s-Élysées un débordement de bada^uds. »

ie prendrai la liberté de demander au National — si ces badauds — ï\^ sont pas les mêmes figurants qu'il intitule le gr/(f^d pçi^ple et l^e ]f/iys dans d'autres circpostancçs,

.^^ Pans le^ d^cours que AIM. Pasiquier ç^ Séguier ont adressés au roi à l'opc^^ipH dp sa fête, — quelques per§opacç #njt paru regretter que ces messieurs v'i^çnt pas trouvé iQpyen 4^ n^eUr.e dftns ce;s discours un peu de, la variété qu'ils <)Jf\t mise darus iei^ps serment^ eit d^ns l^ur dévou^çat djBgui^. ^V^\!f

Page 1