‹ Les Guêpes. 1e-6e sérieChapitre 47 sur 53 · QS · texte numérisé non relu

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.Jl^ Ua iwnrne apeuré de vql çst intprrqg|5. pf^r Iç. iJf^r' dent sur l'emploi de son temps ; il répond qu'il a passé quelqgM ' heures dai^ç un estaminiejL d^ bp^yard dif Tm^]». 9^ Yoiià un jf)iUf)(lcqit,«l(U|iabell€fSppiété! » dit lepç|^f;^l.

MAi4 8iS. $07

Vhm defrnmderons à M. le président s'il a jmm ipité ce pauvre Arable à venir passer la soirée chez lui — et a*it peQ§<) qfô*il ait le choix d*une société plus relevée.

jHf; Un vrieur, interrogé sur ses moyens d'eatistmce^ ré** pend qu*U joue la poule au billard et qn*il est heureuK; -^ c*^$| Vkù état tout nouveau : — heureux au billard.

i|l^ Un électeur a avoué qu'il s*était décida à nommais H. Pauwels, parce qu'on lut avait dit que c'était le plus air^ mahle. — It y a tant de dioses représentées à la Chambre — ? qu'on ne saurait ^op se féliciter de voir un député élu comnu^ aimable.

ijf^ M. Ârago a annoncé qu'un de ses élèves venait de découvrir une nouvelle comète. — M. Arago, fâché contre ^& comêteSj ne daigne plus s'en occuper lui-même. — Cela rappelle un peu M. Willaume, qui mariait les gens et annonçait eu post'Scriptum dans les journaux que son secrétaire plaçait les. domestiques,

<^^ Lors de la présentation des tableaux devant le jury de l'exposition, un des membres de cet aréopage juste et éclairé, H. Bidault, s'absenta pendant quel/ques instants. — Pendant son absence, cinq de ses paysages furent étourdi ment refusés. ■?- A. soq retour, il trouva la besogne fort avancée, i Ah l ah I ditril, vous ave? fini les paysages I eh bien, j'espère que vous êtes cou* tents de moi cette açnée. » Les juges comprirent qu'ils venaient de faire une sottise en repoussant par mégarde les œuvres d'ui^ de leurs complices. — Sur un signe d'intelligence, le gardien alla prendre dans le tas refusé les cinq tableaux Bidault et leg glissa avec ceux acceptés.

' ^(^ A la bonne heure, — nous y voîlâ ; — je suis un pitt comme Ut plupart de nos amis et de nos parents» -^ qui ivovbf( vent une douce consolation pour les. malheurs, qui nous jappent ^-^ dan» la joie d» tês avoir prédits et de nous Pmoir Um (fil.

L*enqtiéte sur les élections contestées, — livrée â Timpres* sion par la Chambre des députés, — nous donne déjà un avantgoût de ce que deviendra la vie privée en France, — où tout le inonde veut arriver à la vie politique. -^ Une partie de la Chambre s*est épouvantée de ce quelle avait fait elle-même ; — la commission a émis le vœu qu'on ne fit plus d'enquêtes de ce genre; — la moitié de la Chambre a gémi sur une publicité qu'elle avait autorisée elle-même; — les coulisses de la ville de Carpentras et autres lieux ont été ouvertes au public, — qui a pu y voir plusieurs autres petites pièces, — non destinées à la représentation.

Beaucoup dç députés se sont récriés contre une publicité à laquelle chacun d'eux servira de pâture.

Ah ! vous voulez du gouvernement représentatif, messieurs! ah! vous voulez qu on vous envoie à la Chambre pour discuter tous les intérêts du pays! — Vous voulez qu'on mette entre vos mains la fortune publique et l'honneur du pays, — et vous ne voulez pas qu'on examine si les moyens qui vous ont fait envoyer à la Chambre ne sont pas précisément ceux qui vous devraient faire exclure de toute participation au gouvernemeni du pays.

Vous voulez faire dire dans les journaux qui vous poussent que vous avez toutes les vertus — et vous ne songez pas que c'est autoriser d'autres jouriiaux à faire observer qu'il vous en manque quelques-unes et à dire lesquelles! — Vous n'êtes pas encore au bout, messieurs. — Vous en verrez bien d'autres.

Attendez un peu, — et l'on voudra savoir à quelle époque chacun de vous mange des pois verts, — et à quelle femme du monde ou d'ailleurs il adresse des hommages, — et s'il est aimé pour lui-même ; — et, dans le cas où il achèterait son bonheur, — quel est le prix qu'il y met. — On voudra savoir où vous allez le soir — ou d'où vous sortez le matin ; — on le dira, — on l'imprimera, et l'on aura raison.

Quoi! — messieurs, — de temps en temps —un homme inconnu, — ayant fait une fortune dont on ne connaît pas plus le chiffre que les éléments, — tiendra prendre sa part du gouvernement du pays, — et la seule chose dont vous voulez qu'on s'enquiére, c'est combien il y a de portes, combien il y a de fenêtres â sa maison !

Vous voulez qu*on dise : c Monsieur un tel possède trois portes cochères, — deux bâtardes, — vingt-cinq fenêtres ; — qu'il gouverne la France : dignus est inirare, — Vive M. un tel ! soumettons nous à ses^ois! » Vous voulez que Ton se contente d*étre gouverné par le plus graud nombre des portes — et par la majorité des fenêtres.

Toute autre investigation qui ne porte pas sur vos portes et fenêties vous semble indiscrète — et de mauvais goût.

Pardon, messieurs, il n'en peut être ainsi. — Vous voulez i la fois les bénéfices et les splendeurs de la vie politique et les douceurs secrètes de la vie privée.

Non, messieurs, les vertus politiques ne consistent pas seulement dans l'entêtement aveugle à suivre telle ou telle bannière, •— il y a encore deux ou trois petites choses accessoires dont il est prudent de s'informer, et on s'en informera.

Je sais bien, messieurs, que c'est désagréable — pour des bourgeois, — encore hier marchands de n'importe quoi^ de voir ainsi produire au grand jour — • des détails, des habitudes, des mœurs qu'on n'a pas préparés pour le public à une époque où on ne savait pas qu'on deviendrait gouvernement. — Mais soyez de bonne foi, — vous direz qu'il n'en peut être autrement.

Voyons, — monsieur Ganneron, — quand vous vendiez des lumières des huit à vos concitoyens, — auriez-vous fait un long crédit â un épicier qui vous eût paru faire des dépenses audessus de sa fortune, ou qui vous eût semblé inepte, — ou peu exact, — et auriez-vous refusé de savohr ce qu'il en était?

Non y certes, monsiettr Ganneron.

Çt You?, — monsieur Cuqin-GrWaine, -^ auriez-von^ çoppé ui^ partie de draps un peu forte — ^ un commis voyageur. qu*on vous aurait assuré seulement jpfipf un peu trop au^c, 4prninos ?

fit n^ pensje^-vQps pas que les (jparée^ quç yojis confie ^ France à tous sont un peu plus précieuses qup celles-, vous dél^' tiez au compte de vos commettant^ ?

Ce n'est pas pia f^ple, — messieurs, — si vq^is avez j>çp§^ que l'wt de gppvernec l.es hoçpmQç ^t Ips pfiys — fût le seul qu'il n'y eftt pqs l^çspjn 4'apprpn{ire, — ej; pour Ifq^iel il ft'j eût pas de nécessité dç BPéparer sa vie. t- Reste? dps ^ xifi privée, — vous qui aimez la vie privée., rr pprsqqofj uç yçq^ force d'entrer d^ns la vie ppli^qp^-

Pour ce qui est 4es enquêtes (|e la Chsunhrç» du reç^tp, -^ cela ne servira à rien, -^ M ce p'est ^ pr94Hir<Ç îlp ^^oigs ^ jutres quelques scandales.

Les hommes sont les mêmes parto^it et toiJiJ9ur$, --7 tpiig ^ vendre, ~ seulement pour différents prix, — payables eq diverses noonnaies. — Mais, si vous ne youle? plqç d*çq,q\(^te, -^ 0 représentants du pays 1 ou si yops vQulf^î que vo^ enqt^tes servent à quelque chose, rendez ^p décre|t — par lequel — l'avidité et l'avarice sont abolie^, ainsi que U vanité et l'ambition. — Ordonne? que tous le$ Français soient également vertueu)(, probes, désintéressés* — Ordonnez que personne ne vendç; spja suffrage — ni pour de l'argent, ni pour des honneurs ( des honneurs au prix de l'honneur ), ni pour aucun intérêt. — Et ensuite vous n'aurez pjius à craiqdre qu'on achète des sq^nige$» —quand il n'y en aura plus à vendre. La difficulté est seuWnient de réussir sur le premier point. — En attçndaqt, — yoici quelr ques-uues des plus ianocente? rôvélatiQQ;s s^menées^ gar l*e9r quête.

M. die Giyoc, S9iis-p.r4(eit» — st écrit une lettre ^nt voieî w extrait : a Je ne veux pas. «ii^m (QibUa Um. l«l "Ki^k i la

perte, il y en a de |)ons ; mais je demande seulement qu'en m'en trouve une petite. » — Probablement une préfecture.

éffl^ Madame de Cajoc — a écrit : t Les ministres ne veuknt que des assassins et des gueux pour agents. »

Ij^ ÉLECTION PB CARPENTRÂ8. — f Le sieur Rosty a constamment soutenu que, le jour du scrutin de ballottage, M. le sous-préfet de Carpentras, l'ayant pris à part, lui avait témoigné • des doutes sur son vote, et avait voulu exiger de lui, sous \ peine de destitution, qu'il mît une marque particulière sur son bulletin. »

Ce' n'est pas tout i fiait conforme au voeu de la loi, qui exige le secret des votes.

c Le sieur Roubaud, électeur, nous a dit que, le 12 juillet au matin, le sieur Rosty fils, notaire, lui avait offert la somme de deux ceats francs s'il voulait consentira donner sa voix à M. Floret. »

Voici un notaire qui fait là un joli trafic ! — et c'est une ebarmante chose à faire par-devant notaire qu'un marché de ce genre.

^^ f Les partisans de M. Floret imputent, au contraire, à ceux de M. de Gérente d'avoir acheté pour cinquante francs le vote de Roubaud. •

M. Floret a offert deux cent^ francs à Roubaud -* et M. de Gérente seulement cinquante francs. — Il y a bien du risque que M. de Gérente soit innocent de la corruption. — Roubaud a dû préférer étfe corrompu par M. Floret, — attendu qu'on ne se foit pas corrompre pour Thonneur. ;

9^ c {je ^ieur Bonnet aurait répondu qu'il s'était engagé^ & voter pour M. Floret, parce que celui-^i lui avait promis \^ veille une plaise de douze cents francs pour son neveu, dont il désirait se débarrasser, t

Quelque coquin de neveu probablement -* comme on en voit tant. — - M. Bonnet, j'en suis sûr, n'aurait rien accepté ponr lui-

même, — mais pour son neven, qui ne sera plus à sa charge et qui l'embarrasse, — c'est bien différent î

^^ « Si Félection de Carpentras est validée, ce n*est pas parce que cette élection a été exempte de manœuvres, mais uniquement parce que les griefs les plus graves ne sont pas imputables au candidat élu. Et la meilleure manière d'atteindre ce but, ne serait-elle pas de proposer à la Chambre, en môme temps qu'elle admet le député, d'infliger un blâme à ces manœuvres ? »

Pardon, messieurs de la commission, — c'est-à-dire que ce n'est pas le meilleur, mais le moins mauvais qui est élu ; — ce n'est pas celui qui n'a pas fait le moins — qui est déclaré honorable ; — disonc donc l'honorable M. Floret.

^^ ÉLECTION d'embrun. — « L'élcction d'Embrun présente deux caractères bien marqués : tentatives de corruptioD pécuniaire de la part de M. Ardoin ; essai d'intimidation et violation du secret des votes de la part des amis de M. Allier. »

C'est gentil ; — voyons un peu lequel sera déclaré honorable de ces deux messieurs.

^^ « Il s'est élevé, de l'ensemble des témoignages recueillis» la preuve morale des tentatives de corruption auxquelles avaient eu malheureusement recours les amis de M. Allier, et peut-être ce concurrent lui-même. Nous produirons, à cet égard, des déclarations et des aveux déplorables. »

I Ce sera peut-être M. Ardoin. ^

^ ^^ * ^^ secret des votes a-t-il été violé par les désignations qui accompagnaient, sur la plupart des bulletins, les noms des deux candidats? Car ce procédé a été employé par les deux partis, c'est le procès-verbal de Télection qui le déclare : t Le bureau (y est-il dit), après en avoir délibéré, a, en effet, remarqué que, de part et d'autre, les désignations inscrites sur les bulletins des électeurs porteraient atteinte au secret des votes et pourraient être contraires au vœu de la loi. »

La chose redevient douteuse.

Jjff^ c Vous avez sous les yeux les dépositions des témoins ; ils ne sont pas d^accord sur le nombre des bulletins avec des désignations. H. Bertrand de Rémollon a dit que tous les bulletins pour M. Allier, ou presque tous, soixante-dix-sept sur soixante-dix- huit, portaient des désignations. M. Janneau- Lagrave a dit qu il y en avait un quart ou un tiers du côté de M Allier. M. Achille Fourrât : les trois quarts des bulletins à peu prés, dont cinquante environ du côté de M. Allier, et peut-, être quarante-cinq pour M. Ardoin. M. Cézanne un tiers, et pour les deux candidats. H. Didier : des deux côtés â peu prés en nombre égal. »

M. Ardoin a des chances pour être honorable ; mais il n'en a guère de plus que M. Allier. — Voyons encore :

ijff^ M Le sieur Bonaffoux père a eu à déplorer des propos inconvenants et des coups de son fils ; le fils était dans un état d'ivresse complet, et ce qu*il y a de plus remarquable, c'est que les témoins qui ont reproduit les griefs de Bonaffoux ont déclaré, les uns, qu'il leur avait dit que son Gis l'avait menacé pour arracher son vote en faveur de M. Ardoin ; les autres, en faveur de M. Allier, d'où résulte une gtande incertitude sur les faits en eux-mêmes, et par conséquent sur la valeur des témoignages et sur l'intention des plaintes. •

> BonafToux a battu son père ; — mais pour qui et pourquoi a-t-il battu son père ? — en général, quand on bat son père, c*est pour quelqu'un ou pour quelque chose.

^^ « Cet arrêt déclare simulés les actes en vertu desquels ces sept électeurs auraient acquis, en mars et avril 1841, de: M. Ardoin, candidat, l'usufruit, pendant neuf annés, de pièces; de terre situées à Saint-Ouen et à Clicby, et reconnaît fausses et contradictoires les explications données par eux. t

Oh! diable, ceci est laid; — c'est, je crois, maintenant, — SI. Allier qui est le plus honorable de ces deux messieurs.

^^ (t On disait que M. Ardoin était venu ée Paris avec deux cent mille francs pour gagner les électeurs ; et l'un d'eux, ea effet, était venu chez Jouve lui demander trois mille francs siuf cette somme. J'en veux ma part, aurait-il dit narveraent.

^^ a Chevalier, adjoint. Celui-ci avait reçu en prêt, dé St. Ardoin, une somme de huit cents francs pour trois ans, sans intérêts. Il vota, le premier jour, pour M. de Bellegarde, que les amis de M. Allier portaient à la présidence du collège. Il paraîtrait qu'on avait donné â cet électeuir un mot d'ordre qui dé se serait pas retrouvé dans tes Bulletins énonces. Âiix ré- {iroches de M. Jouve, le sieur Chevalier aurait répondu : c Je » ne volerai pour M. Ârdoin que si, au lieu d'iin prêt dé huit $ bents fiancs, on le convertit en don, en déchirant mou bbli- » gation. >

» Chevalier aurait raconté ce fait en présence de cinq â six témoins. Et l'obligation a été déchirée. Chevalier aurait même ajouté : « Je dois mille francs à M. Julien, et j'aurais voulu » acquitter cette dette. • Il a voté le deuxième jour pour M. Ardoin. »

Les parts ne sont pas égales, — nous avons vu tout â l'heure un électeur qui demande trois mille francs. M. Chevalier fait U chose pour huit cents francs. — C'est un gâte-métier. ; ij^ c Si M. Ârdoin ne faisait rien par lui-même, il taissaii fait*^ des agents dévoués. Le nomiiié Mariih, repris de justice; te nommé Tnnquîer, sous le coup des réservés du ministère public pour altération de signature, allaient Tun et raulré offrant de l'argent â qii voudrait en recevoir. »

C'est peut-être la première fois que ces deux messieurs df* fraient de l'argent au monde, — leurs antécédents jiidiciiîres semblent, en efiet, annoncer des exercices tout opposes.

j^ « Ces personnes ont ajouté : « Si nous ne votions pas i pour M. Ârdoin, dés le lendeuiaiû thème de l'étëctiiih iiciu 1 serions j^i^vis à Oùtrdticè. i

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