‹ Les Guêpes. 1e-6e sérieChapitre 48 sur 53 · MA · texte numérisé non relu

MA

Il estboîf de se faire corrompre, mais il f^ut être honnftte.— VOQS avez promis de vous déshonorer; un honnête homme ti*a ^Uô sa parole, — si was y manquez et que ça tourne mal, — tant pis pour vous.

, ^^ W. Ardoin lui-même s'en est expliqué devant nous en ,Gè^ termes : « Les électeurs qui votaient pour mol étaient hé- > berges chez Gauthier et chez Bellotte. Il y avait table ouverte '4 pour dîner et pour déjeuner, à mes frais. C'était connu, je né * m'en suis pat^ caché. On petit bien traiter ses amis. Le préfet t ài*a fait une affaire en 1839, parce que j'avais amené moA » cfiisinier. Je crois que je le ferai encore, t» M. Ardoin i tfjouté qu'il avait habité l'Angleterre, et que là on faisait bléii aittire chose, i

Attendez un peu, — tious ne faisons que commencer, — èl tttfttS coïnmençons bien ; — TAngleterre n'est pas atrivée dâ Jî^emiér coup où elle en est.

ij^ « Il n'a pu s'élever d'hésitation dès lors parmi lés membl^es de la corhniission d^enquêle que sur la manière de caractéH*sé^ ces aèVes, et Tinteniion qui les avait inspirés. Lés uns ont Vbôlti lès Ratifier de manœuvres coupables, les autres de tenta- HWè dB ebrtitption, La mdjorité de la commission à âdoplè une eJipt^ssioH gêniftale, qui comprertd cette double pensée, et les a déclarés faits de corruption électorale, »

fcftfé paUvté commission a dû, en effet, se trouvet* bien embarrassée; ^^ Il -j^àratt que ce que ces messieurs ont fait ne constlliie pas dëk ^àhëûvres coupables, — ni des tentatives de côrritptiè^i. — Qà^ bonheur que la commission ait enfin trouvé — le mol, — le vrai mot, — le seul mot qui rende exactement Idî chbâè ! — Ce[)èndant cette phrase rappelle un peu la fameuse distinction d'Oilry entre les chiquenaudes, les pichenettes et les drO<tuignoles.

)|^ < La nninbHlé a dit qu'elle désa[t{)i^oiivait hautement, i^omme la msyonté, les faits à la charge du coacurreuC de Al. Âl*

â76 LES 6UÊPBS.

lier (ahf c'est M. Ardoin qui ne sera pas honorable), mais qa'il lui était impossible de ne pas voir des actes d'intimidation dans l'ensemble des faits qui avaient caractérisé l'élection, notamment les actes relatifs à Ardoin de Briançon, à Bonnaffoux et à Che* valier. Ces actes ont été en quelque sorte avoués par M. de Bel* legarde et par Joubert (M. Ardoin redevient honorable). La minorité a ajouté qu'il résultait de l'enquête qu'un grand nombre dé bulletins, portant des désignations particulières, avaient été écrits en faveur de M. Allier ; et que si on n'avait pas découvert la preuve matérielle d'un concert, d'un registre et d'un contrôle, tout portait à croire que ce concert et ce contrôle avaient existé, particulièrement de la part des trois membres composant le comité électoral de M. Allier, placés tous trois auprès du barreau du président du collège, au moment du dépouillement du^ scrutin, de manière à pouvoir lire tous les bulletins qui portaient des désignations et à constater leur origine. (M. Ardoia continue i redevenir honorable.) Cette circonstance, réunie i d'autres indices, fortifiait la minorité dans la conviction où elle était qu'une atteinte sérieuse avait été portée au secret des votes, à la liberté de l'élection ; et que, pour mettre un terme i l'abus possible des bulletins avec des désignations, par une sanction sérieuse, elle était d'avis d'annuler l'élection de M. Allier. (Honorable M. Ardom !)

» La majorité, au contraire, est d'avis que l'élection a été libre et pure, et vous propose l'admission de M. Allier. » V Oh ! mon Dieu ! — voilà M. Ardoin qui n'est plus honorable îdu tout ; -^ c'est maintenant M. Allier, — qui, du reste, a bien laanqué de ne l'être pas.

? On a trouvé généralement cette conclusion de la commission : Vélection a été Hhre et pure, — un peu facétieuse.

^^ ÉLECTION DE LANGREs. — Parlcz-mol do Laugros, à la bonne heure, — voilà un endroit où les choses se passent beau« coup mieux.

c Une multitude d'agents parcoururent la ville et les campagnes, obsédant les électeurs de promesses, de menaces, offrant des voitures pour se rendre à Télection, et leur indiquant les auberges et les cafés où ils devaient être défrayés, et, de plus, dénigrant les compétiteurs de M. Pauwels, en les qualifiant d'aristocrates et de gentilshommes voulant la ruine du pays.

f La veille de Télection on avait accaparé toutes les voitures et les chevaux de louage du chef-lieu pour amener, dés le matin, tous les électeurs de la campagne dont on redoutait Tindépendance du vote ; et ensuite, placés dans les maisons et auberges où ils étaient gardés à vue, on les extrayait de leur retraite dans un état voisin de Tivresse, et on les accompagnait ainsi aa bureau de l'élection. »

M. Ardoin et M. Allier hébergeaient les électeurs d'Embrun; — ^maisM. Pauwels fait mieux: il grise les électeurs de Langres.

^j^ u M. Cbauchart, membre du conseil général, a déclaré devant la commission qu'il avait vu dans le sein du collège un sieur Carbillet, chef d'instruction, amenant un électeur qu'il soutenait, attendu qu'il ne pouvait presque plus marcher. M. Beguinot de Montrol en a vu un tout à fait ivre, dont le billet a élé écrit par un autre électeur. M. Renard, substitut du procureur du roi à Vassy, nous a dit : « Les électeurs dont M. Abreuveux • écrivait les- billets n'étaient pas ivres, mais ils étaient appe-* t» santispar le vin. •

' Distinguons : ^ regardez un peu comme on est méchant dans les petits endroits; — on disait avoir vu ivres de pauvres électeurs qui n'étaient qu appesantis par le vin ; — ce serait honteux d'avoir été exercer ivre un droit aussi sérieux.

^^ OBSEUYÂTTOiNS GÉNÉRALES. — « Treizième question, M. de Gérante a-t-il demandé et obtenu une demi bourse dans un collège royal pour l'enfant de Raspail^ petit-fils d'un électeur, et une autre pour l'enfant de Guillaume Siffirein, électeur? •— R. Oui, à l'unammité.

Vf J«

178 LÈà 6UËt*ÉS.

i QtàttfrsHinie i/ùéitm. Gès démài^rWès bnf -ëll^ éWlieti in vue ae l'élection, et mf-W exprimer lii^ r^ègrét qùé lë càtidîdat lès ait faites ? -^ R. Nori, sept vétx coi^ttè dèdk. Il i^e doit pas Mïà^ être exprimé un btâmè impriéitë.

• La niajmité àmiU^ (fût ië i^^i énmté àne crâitite générale, et Btm a]^pHei«id!i m^ faits aétiiét^, qull ne ^dit fdt «bus des dfemi^bmirses* i

Saàê àpplitaHm atut fnWnmJéh est M jbli thqt. -^ Éh ellfé^, ^i ést-èe qui poarrait ^tt ià lie lâoitt'drè rapport?— Les Guêp&i oot récemnient pa^té èes bmirses <}è CbA^gë ; I \ft coiifitiît'ssiôÀ h gloire fi'avùir parré ries AHm-boarSéé. ^^ Eist-ée (pi^elfé croft qu*0Q ntf pourrait pas abtisér tir> petA ausisî 3e^ Itotirsés e^Vii^resl

1^^ c Dix-neuvième question. M. Ftorét à-t^i1, le (i jàî!let^ décKfé à réieèteur FaiMry qtt*it dotiner^ait àe^ garanties, par écrit, dés promesses qu'il lai Ibr^fit si cet ëtecteui^ voirhil viitêr pour lui? ^ A. Non, six vèix dô^m tfMè. Exprimer un regret k raison de lii dëmartke de M; Flôrëi dans cette ciïtànsfàfn'cë; Arunanimité. i

Exprimei^ uo regret qu«i It; tttlt^ dit faK litië diimaréftë ifiH irtm décUrefz qu'il d'« pêli Ikhê^s ^ ciônïnlfesiuer, tàk flrié, èéii n'est ptsr bien okaih

. i QiuAHèkU féesOm Dés ét^dteufs 6nt'-!ls étt dfeflrayëë I l'tidiergev pèn^nt r'Aectiimf, pâf lé même cànâldâl? E!st-éé 11 une manœuvre électorale? — R. Oui, à runtAiiÀiité. i

J'espère bien que MM; les diéputéd, îtltmn les rttémtltéi H la commission, n'accepteront pendâni la siessroiï attend dtnè^, Û tbez le rôi, ni chee aucun Aiifiistrè) — c'est uitè belle cUoié ^ l'indépendance, -^ «ixis qitt ne tMm pâS à ttft dtÂëri ^ iiëftil la ^ommissiofl;

AtUEB; — Sixi^M ^tiùA. L'él&èfèfti^ Bonnaffbbx, de tk^ iejéres, a-t-ti ètétimnaeèutbârilil fif sèii fils parce qtCil SuiMcait devoir voter pour M. Allier? Au «M»Mil«» lès ^lëiM

MAI 4»43. m

ilont il s'iot f^kint ATaîent-eiles pour otj^ 4e te fftfcelr ^ Y4)ter .pour m. Àrdoin? r- jR. Quatre Toix sont ûW\$ que^ d*ap.râ$ i'enquâte, ies violences ont eu lieu parce que Bonnafibux voulait voter pjQur M. Ardoio. Cinq voix, qu'il n*esl pas prouva dans quelle intention des violences ont été exercées. »

Décidément, JBonnaflbux fils n*a battu Bonoaffoux père que pour le battre.

^^ coNCLUSTON. — « Dmème question. I^aut-il préposer i la Chambre d^aqnuler Télectiqu d'Embrun? -r^ R» Non, cinq .voix contre quatre, t

En effet, pourquoi annuler réiection d'Embrun? — Est*jee .qu'elle n'çst pas purç? ^ ûu'est-ce qu'on deqiande i une élection?— D'être libre et pure. — Est-il rien dans» pur qu^ l'élection d'Embrun?

j^ « M. Pauvi^els^et m ajuis cherchent en %m à couvrir ces abus du prétexte des mages du pays : « On n'y fait pas un » marché, nous a dit AI. Pauwels, san? que cela se passe au t cabaret. » Nous {pensions, nous, qu'il n'en est que plus nécessaire d'apprendre aux éleçt^i^rs qu'on ne ^ prépare pas 9if^ i rpcporoplissemeut li'qa ^&\m pivique aiis^i^rieux que l'exercice du droit électoral. »

Ah! prenez g^rde, me*sçîeurs, ii yii filQrs Weu ^îi gens ^ï|i ne viendront pas aux élections.

j^ « Ce qui caractérise TintimidatiiM), c'est j'al^sence forcée des électeurs, empêchés, par une \^yMV répandu^ à djçsseip, de v|>nir exercer leur di^lt ; i^t Tél^iiftioii d'^^lmbrun présente, ipoins que tpute ^pU* e, ce car^clèrp, pi^ij^fl^^ quatre électeurs seulement ce sont abstenus, e.t que leur i)));§enç§ a ^té jui^ti)]ée. p

,£sMe que messieiirs fie 1.9 cpmmission n'sippellent pjis iiUi* midation — l'action d'obliger un employé par la peur de pefiirie $a place; — pn débiteur par 1^ peur fl^s ppMrsuites, i voter autrement qu'ils ne veulent? -^ ^rai, |^ n^e su^ pa» ^tis/^it ^ çettp définition de l'inlimidatiop.

280 LES GUàPBS.

^^ i Là se borne, messieurs, Texamen des quatre griefs imputés par M. Floret à l'administration, dans une des séances du mois d*août dernier. Passons à la discussion des trois faits reprochés à M. Floret dans la môme séance, en réponse à ses accusations. t>

Comme nous Tavions remarqué, — quatre faits contre l'administration, trois faits seulement contre M. Floret. — M. Floret est vertueux; mais voici quelque chose à quoi, j'en suis sûr, personne ne s*attend, c'est qu'après le développement des jolies choses que je viens de vous dire en abrégé, — la commission ravie — s'écrie en finissant :

« Conservons précieusement cet esprit constitutionnel; il y va de tout notre avenir. §

Voilà de ces choses qu'on n'oserait pas inventer.

j^ Le lendemain, la Chambre n'a pas été de l'avis de la commission, — elle a, il est vrai, annulé l'élection de M. Paawels, — mais elle a également mis à néant celle de M. Floret. — Au moment où nous mettons sous presse, on ne sait pas encore ce qu'il sera fait de M. Allier.

^f^ Très-bien, messieurs, voici la Chambre purifiée. -— Deux élections annulées d'un coup. — Maintenant, il ne reste pas à la Chambre un seul député qui ait employé la moindre brigue, — la moindre promesse, — pour se faire élire ; — tous, sans exception, ont été violemment arrachés de la charrue ou de leur maison des champs.

^f^ Tous, sans exception, ont quitté avec regret la vie pri* vée et les douceurs de la famille; — tous ont été élevés malgré eux à une dignité dont ils gémissent ; — tous ont accepté ce mandat uniquement dans l'intérêt du pays et de leurs concitoyens.

is^ Une chose seulement paraît un peu singulière ;— voilà H. Pauwels exclu de la Chambre — comme corrupteur des électeurs, comme auteur de manœuvres coupables : — Très-

JUIN 4 8i3. S8t

bien, mais H. Pauwels était à la fois élu â Langres et à Saint- Pons. — L'élection de Lances est annulée; — mais celle de Saint-Pons est maintenue. — Disons ce que nous voulons de Télu indigne de Laogres ; — mais respect à Thonorable député de SaJût-Pons.

Juin 1843.

Le déluge. — On demande une famille honnête. — Suppression du mois de mai. — La rançon du mois de mai. ^ Plus de mal de mer! -^ Opinion de madame Ancelot sur une pièce de madame Ancelot. — Les douaniers de M Greterin. - Utilité de la langue latine pour une profession. — M. le préfet de police faisant de la popularité. — La liste civile. — Les hommes du pouvoir et le peuple. — Le jury. — Les circonstances atté^iuantes. — Le bagne. — Brest. — Le duc d'Âumale. -^ Noble impartialité des journaux. — De la liberté des cultes en France. — M, Fould.

j^ SAINTE-ADRESSE. — NORMANDIE.— Au moment oûj'écris ces lignes, — une chose paraît complètement évidente;-— c'est que le ciel veut, par un nouveau déluge, en finir encore une fois avec le genre humain. — Si la chose ne va pas plus vite, c'est que Dieu n'a pas encore pu trouver une famille de justes â préserver — une famille de justes comme celle de Noé; — uno famille de quatre justes dont un gredin. '

^^ La composition de Tarche sera cette fois soumise à det niodifications ; — il est parfaitement inutile d*y mettre un cheval, — espèce prochainement inutile et tombée en désuétude, — et dont le nom seul restera comme mesure de puissance pour exprimer la forcp des machines — en attendant que de

^, LES GUfePjïll^.

nDflVfi;}u^ jRerfçctlQwements apportés à la vapepr çt .^jr^^ t^cliinçfs .fassept éprouver le même sort àTbprame, —.ce qui Ijgt dôià fo^t bieâ comip^ïfcé.eri Angleterre et promet de s'étajfHr m

France.

J^ En effet, qu'est-ce qu'un ouvrier aujourd'hui? une ipa-

chine qui n est pas môme de la force d'un cheval, et qu'il faiiî alimenter avec du pain, avec du vin, avec de la viande,— tandis qu'on a de si bonnes machines qui ont la force de trois cents — de quatre cents, de mille chevaux, et qui ne mangent que de la tourbe ! — L'homme avant peu deviendra un simple encombrement, — un préjugé.

^^ Dieu, instruit par son premier déluge, •— se gardera bien cette fois d'ordonner à la famille préservée de faire entrer dans l'arche un couple de tout ce qui existe.

Ce que, du reste, Noé ne fit pas .autrefois, malgré Tordre qu'il en avait reçu.

Ainsi que l'ont prouvé les savants qui ont retrouvé dans la terre des ossements d'animaux antédiluviens — qu'on n'a jamais vus vivants depuis le déluge, ^ ce qui prouve que Noé ne les avait pas fait entrer dans l'arche, — et il n'a pas l'excuse de les avoir oubliés par mégarde ou de ne pas les avoir vus, — attendu que quelques-uns de ces fossiles sont un peu plus j;rands que des éléphants.

Nous espérons pour les peuples de l'avenir que, daqs ce nouveau déluge, plusieurs .espèces aujourd'hui existantes seront perdues et supprimées ;

Et qu'un jour viendra où on ne verra plus ces espèces (pe dans les musées et les cabinets d'histoire naturelle, à mesure qu'on les découvrira dans les couches de terre glaise;

Comme j'ai vu l'été dernier l'excellent et savant M. Lesueur — chercher, — trouver et reconstruire, — dans nos falaises de Normandie, — os à os, vertèbre à vertèbre, — une sorte de crocodile bizarr.ç, appelée, je crois, icOiyosaitrufi,

h M$ Les BjBPïtW* qui mm\ «4^8 apt^s s» ^i«ge -- Iffcon-

struiront ainsi, — morceaus par morcç^px. — MHP AwW d'espècçs aujourd'hui viT^me» et régn^Jes fil î»lprs fwsilPB çt sptédilpvipDnes. — qui, j'espère bien pQiir epx. m serwt m «dmises dans la nouvelle ^ïçhe d'alliance. P — — M^ Alors on ira yoir le dimaqche, fians qnelpe pwsénni, ^. un avocat antédiluvien — parfaitement conservé, doDpé au car '• binfit B^r AI. *"; nP oolf"^^ ^ ^ 9»^^ HAMw*^ fessilp : — "^ >se jncsTcçaji cvtriew.p'flll W «PWle». - " •»' n«««l"« l" P"lw £ la tête connue sous le nfto» 4e bopwt à poil, etc., et auUa»

idbyptamm. , „ j,

)^ Mais peut-être serons-nous sauvés d m PQayeau dé- Uge, faute de pouvoir trouver la famille d^ justes çn question : f — quatre justes dont un gredip.

^ J^ En attendant. Dieu nous a supprimé le çiois de mai. Le mois de mai autrefois mois de soleil, - de fleurs, de parfums, d'amour et de réyçries, niaintenaint jpois de pluie et de boue — et de froid — et de giboulées.

Les fleurs — se sont ouvertes sans s'épanpuir, p^les, tristes, affaissées, sans éclat et sans parfum, — 1<^ abeilles ont été noyées dans le nectaire vide des fleurs, — et aps» toutes ces ^charmantes fleurs qui, en ro$me temps que cçHçs de la te^re, (s'épanouissent daos le wur au reto^f du pwtemps - e«98 n'ont pas fleuri faute de soleil.

^ Dieu nous a supprimé le mois de mai — l,e mois de maiî Le printemps - un de ses plus précieux dons — 1« fleurs 1 à la fois les pierreries et les parfums du pauvre.

,g^ Les flçws — la /«<« <i« i<» "H*. — «pnW disaient Idf

jhL; Les fleurs, qui exhalent avec leurs odeurs tant de si '^ douSTpensées, de si charmantes r^veriçs - les fleurs pleines d'un nectar qu'pn respire et qui m^o d'une ivresse calme et heureuse ; - Dieu mU m^fi ^ «e» ^ - «* l«sito.l«s.

^j^ Dieu a mis un voile de nuages sur son soleil » et un \è\\e de tristesse sur nos cœurs.

é^^ Comme j*ai fait une triste litanie de toutes les fleurs qui devaient fleurir dans le mois de mai -~ et qui se sont misérablement enir'ouvertes — sur la terre boueuse.

Nous étions trop riches, à ce que disaient les journaux et les hommes politiques.

ijf^ Notre siècle, si fécond en progrès — selon eux, avait trop acquis et trop gagné ; — il avait toujours, selon eux, trop d'avantages sur les siècles précédents.

Il avait trop de lumières et trop de grands hommes ; il fallait expier tout cela.

4^^ Il fallait, comme le tyran de Syracuse, jeter à la mer notre plus belle bague ; — le malheur est un usurier et un créancier intraitable. — Ce que nous ne lui payons pas porte intérêt, et c'est un capiïal-qui s'accroît.

ijf^ 0 mon Dieu ! parmi les bienfaits dont vous nous avez comblés dans ces derniers temps, — n'auriez -vous pu nous reprendre autre chose que le mois de mai? — Sans compter que voici le mois de juin, le mois des roses, — qui commence par des pluies diluviennes.

4^ 0 mon Dieu ! rendez-nous le mois de mai — et reprenez-nous en place tout autre bienfait de la Providence — comme qui dirait, par exemple, » la pondération des trois pouvoirs.

^^ Mon Dieu, rendez-nous lé soleil —- et reprenez-nous M. Ganneron.

^^ Rendez-nous les fleurs et reprenez les philanthropes qui ont inventé le régime cellulaire et le mutisme dans les 'prisons. '

i <j^ Rendez-nous les parfums des fleurs, et reprenez-nous le jury avec ses circonstances atténuantes.

<j^ Mon Dieu, rendez-nous le muguet avec ses perles embaumées, et reprenez-nous M. Chambolle.

ijfl^ Rendez-nous les pivoines, ces roses géantes» — dont la pluie a, cette année , dispersé les pétales de pourpre, — et reprenez-nous les pièces de théâtre de M. Eaipis, représentées par autorité de la liste civile.

ij^ Rendez-nous les iris dont le vent a brisé les tiges et déchiré les fleurs violettes, et reprenez-nous — M. Edmond Blanc, — cet intègre administrateur.

Rendez-nous notre mois de mai, — mon Dieu! Rendez-nous notre beau mois de mai, — et reprenez-nous quelques autrer choses entre les plus précieuses que nous ayons. — Rendez-i nous les glaïeuls aux fleurs roses et blanches, au port si gracieux, et reprenez-nous* si vous voulez, le dieu Cheneau avec son culte et ses boutons , avec son fil , ses aiguilles et son Évangile.

^^ Rendez-nous ces belles juliennes aux rameaux blancss si parfumés le soir, — et reprenez nous M. Cousin.

4!^^ Rendez-nous nos beaux rhododendrons, et nos chèvrefeuilles; — et, s*il faut une rançon, — reprenez-nous, mon Dieu! M. Dosne, le grand financier dont la France est si fière.

40^ Rendez-nous nos azalées ^ qui grimpent et tapissent les maisons dans les romans de M. de Balzac, — mais qui, ici, se contentent de se charger humblement, à trois pieds du sol, — de belles fleurs jaunes , rouges , roses ou blanches, — et reprenez-nous, mon Dieu! M. Dupin et ses pasquinades sans

courage.

Rendez-nous, mon Dieu! les amours des oiseaux dans les feuilles — et reprenez -nous le prêtre haineux, — si fort sur ^a mythologie des Persans, si faible sur les devoirs et les royances du christianisme.

^^ Mon Dieu 1 rendez-nous nos seringats, — qui sont les orangers des pauvres jardins, et reprenez-nous les bedeaux frénétiques et les sacristains convulsionnaires qui rédigent le journal religieux VUniven.

9i6 LES GUÊPE?.

f^ Mon Dieu! rendez-nous les digit;^|e?> )esi)fMrg]iepites planches et les boutons d'or, — et reprend? lpute$ ces tielles jphoses, — les baïonneltes intelligences, Içs iboclionnaires indépendants, les monarchies entourées ^'ipst^utipns républicaines, etc., etc.

<^^ Rendez-noqs les beaux thyrses blancs des marronniers et les haies d'aubépine, — et resserrez dans \otre trésor M. Fqlchirpa, qui a découvert le mousson — que, jusqu à |ui, on avait appelé la mousson.

ij^ Rendez-nous Ips grappes d'or des ébéniers — çt rpprenez-noijs M. Parlarrieu-Lafosse, — le malencontreux défenseur du roi Louis-Ph'^ippe dans l'affaire dite dçs lettres a^i> puées au roi,

1^^ Rendez-nous, mon Bien! — les vers luisants dans r^erbe, -^ et reprenez-nous M. Aimé Martin, qui ne luit nulle part, et a fait sur la Rochefoucauld le beau coD;iip(entaire 4Qq( les Guêpes ont fait une appréciation convenatilQ.

^i$C Je guettais avec tant d'anxiété et de joie ^ la première rose d'un charmant rosier-noisette, qui me donne chaque année )a première fleur! — Eh bien, la pluie a détruit le bouton encqre fermé. Que pe donnerais-je pas des splendeurs de ce tenips-ci — pour racheter ma pauvre petite rose!

Rendez-nous, mon Dieu ! les premières roses, les roses de mai, — et reprenez-aous les différents accapareurs de consonnes — que les journaux appellent de grands, célèbres, d'illustres pianistes, — et ()ui consentent à se faire ei^tendre si souvent chaque hiver.

1^1^ Pour ma petite rose, mon Dieu! — je donnerais M. Delessert, cet ingénieux préfet de police que vous savez ; — je donnerais cette belle galerie de bois que Ton a accrochée au flanc du Louvre ! — je donnerais les comédies de M. Bonjour, — et rin&titution de la garde nationale, et les fortifications de Paris. — > Je ne sais ce que je donnprais pour m petite

rose. — Reprenez tout cela, œonDieiil — et reûd'ez-nous les roses de mai.

Pourvu que vous ne nous supprimiez pas les roses de jahi!

4^^ Mou Dieu ! reiidez-nous lé printemps, — rendez-nous le ciel bleu, — le soleil, — les nuits parfumées et les étoiles. ^— Rendez-nouè ces éternelles magnificences, — et repremsztous les deux tiers au moins de nos grande citoyens, — de lios illustres, de nos célëljrës, etc., etc., été.

^ê^ Les journaux: font à Tënvl depuis ié\± ans Télogë 18 i^tus pompeux des bonbobs <ïe Màlté contré le mal d'é niëir, ^ l'è mal de mer n'existe plus. — M. Griariiër dé Cassagnàc — ijA en a fait une peinture si énergique, -^ qui eu a tant souffert, et qui n'a eu que le tort d'àfirrihèfi^ (Jtté lèâ ântiens tfen ôvaSent jamais parié, — à quoi les Guêipet èti ce téhîJJs-lâ — lui ont ëi'tè dés passages de divers anciens qui s'en plaignaient àtiiéreméh'i; — M. Cassagnàc lui-même ne peut voyager impunément suif ih'ët*.

i^èf^ Ton baume est merveilleux ;— ma'iâ eonitbîeffl le^énds-tu?

Je ne le vends pas, je le dôhYie, car c'est fe donner que dé fté vendre que trois francs dés bonbons aussi riiii'aciïleii'i ; — trcîfe francs, messieurs — rien qùè tbls francs ! tbUs les jourhïiui <R tous les partis, de toutes les couleurs, sont tnanimes star ^. point : — lé mal de mer, que M. Granier de Culssaghab iÂ*oit une découverte moderne comme Timprimerie, — lé thaï dèi Hî8t n'existe plus : — tous les journaux le disent en chœur toiis lë& matins — comme des paysans ou dés guéWéï^s d'opêrâ-tMIque. — Plus de mal de nier ! il ftiudrait n^îiviiîr pas trois francs dans la poche pour avoir le mal de mer alijou'rd'huî : — ôhVré'z un jôuriial au tasard, -^ 6avrez-lés tous, vous les Verrez tous dire — de leur plus grosse voix -»— c'e^t-â-dirè en lettres d*tth demi-pouce : — « plus *ë mal de mer. i — Il n'y a ^\\xi (Jlfc les pauvres diables, les gens de peu, — qifi Vomissent.

^jS^ Vous avez le mat dé mélf : — donc VOUS é*âWef ps tiroià jOranés; ~ donc voù'^ élës an vâ-tiii-f»iéds.

Les hommes au-dessous de trois francs sont les seuls aujour- ^ d*hui qui aient le mal de mer. On ne vomit plus qu'aux secondes places — sur Tavant du bateau.

^j^ Opinion de madame Ancelot sur une pièce de madame Ancelot. 1

«... Hermance ou un an trop tard, -* drame ou comédie, car cet intéressant ouvrage participe de Tun et de Tautre genre.

— Madame Ancelot s*y livre, avec la finesse d'observation et avec la grâce du style qui la distinguent, à la peinture vraie et ^ animée de la société, — c'est une admirable investigation de tous les mystères de l'âme; — c'est, en un mot, un ouvrage de longue et haute portée, etc.

^jffi^ Voilà bien des fois qu'on élève des plaintes sérieuses et légitimes sur certaines façons des subordonnés de M. Greterin, directeur des douanes, à l'endroit des voyageurs et surtout des voyageuses.

On prétend que les femmes sont soumises, sur quelques points de la frontière, à des visites minutieuses sur leurs personnes — et... (je cherche des mots pour ^re décemment ce que font les employés de M. Greterin) â ces plaintes, il a répondu froidement que ces visites sont faites par des femmes.

Il me paraît que M. Greterin ne considère la pudeur des femmes que comme une coquetterie — qui n'existe qu'à l'égard des hommes — et qu'il n'y a aucun inconvénient à ce que des femmes portent les mains les plus hardies sur d'autres femmes.

— M. Greterin se trompe : ces façons d'agir sont odieuses — et dignes d'un peuple sauvage.

ijffi^ J'avais tort, dernièrement, et j'avais tort avec M. Arago, lorsque pour la centième fois je parlais avec irrévérence de cette éducation exclusivement littéraire donnée à tout un peuple, et de ces deux langues, les deux seules qui ne se parlent pas. — Les plus forts hellénistes ne comprennent pas un mot du grec moderne; — et le latin d'^église^ — et le latin des savants, ne sont

que deox variétés de cette langue connue soos le nom de latiq de cuisine. -^ J*avais tort quand je denmndais à quoi servait cette éducation.

On écrit de Presbonrg, jk la date du 20 mai : • L'empereur a ouvert aujourd'hui la diète de Hongrie par un discours en latin. , f L'assemblée était très-nombreuse et trés-brillante, — près-, que tous les ambassadeurs résidant à Vienne avaient suivi l'em* pereur à Presbourg pour assister à cette solennité. » '

Cette étude du latin pendant huit ans, contre laquelle je me suis imprudemment élevé, •— sous prétexte qu'aucun professeur,, — pas même M. le ministre de Tinstruction publique, — n'oserait affirmer qu'il y a huit hommes sur cent qui sachent le latin après l'avoir appris huit ans, — sous prétexte encore que pour les quatre-vingt-douze autres il ne servirait absolument à rien s'ils l'apprenaient; — cette étude de latin, je dois le reconnaître aujourd'hui, est utile pour une profession de quelque importance : -^ elle est in(iispensal)le pour être empereur d'Autriche. — Si la couronne d'Autriche venait à manquer d'héritiers, — on la donnerait pour prix d^une composition en thème, et elle revien* drait de droit — opiimo — au plus fort en thème.

Jf^ J'ai d'abord failli ajouter que le latin était également ^ utile pour la profession d'ambassadeur. — Mais, après quelques instants de réflexion, j'ai pensé qu'il faudrait connaître le discours de S. H. l'empereur pour décider si les ambasf^adeurs résidant à Vienne se sont plus ennuyés en ne comprenant pas ce que disait le prince — qu'ils ne se seraient ennuyés en compre^ nant son discours.

Néanmoins, les ambassadeurs devaient faire une bonne figure, ^^ à peu préscelle que font aux distributions des prix aux conèours de la Sorbonne — les parants des lauréats, qui écoutent attentivement le discours latin d'usage, dont ils ne comprennent pas un mot, — sourient ou balancent la tôle aux beaux endroits " et applaudissent à la fin.

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