SOMMAIRE
L'èUilade du peuple.— J'assemble Gatayes — Spartacos. — Mantes. — Porcs Tendus malgré eux. — Rouen.— Bolbeô. — YtcIoI. — Le Havre. — L'aimable Marie. —Le RoUon. — Le Yésuye. — L*A1cide. — Le réforme électorale. — Le pays selon les journaux.— Elrelat. — ^Les harengs et rempereur. — ^Dcux abricotiers en fleurs. — Un bal à la cour.— Histoire d'un maire de la banlieue et de son épousea —La dotation du duc de Nemours. — La couronne et la casquette du peuple. — ^Remarquable habileté du ministère. — Les avaleurs de porlefeuilles. — M. Thiers.— M. Roger. —M. Berger.— M. de la Redorte. —M. Taschereau. —M. Chambolle. —M. Teste- M. Passy (Hyppolite-Philibert).-Où trouver trente Toix.-Lef^221.-M. deRémusat.-Mme Thiers. •—Mme Dosne.— M. Duch&tel. — Mlle Rachel.— •
M. de Cormenin.— MM. Arago, Dupont- de-l'Eurc et Laffilte. —Un synonyme de morl.— La crise ministérielle.—M. Mole.— M. Guiiol.— La curée.— L'Académie. — M. Hugo. — Ne pas confondre M. Flourens arec Fonlenelle, d'Alerabcrl, Condorcet, Cuvier, etc.- M. C. Delarigne.— L'avocat Dunin. M. Scribe.- M. Viennet.— M. Royer-Collard.— Mariage de la reine d'Angleterre. — L ami de M. Waleski. — Le duc de Nemours — Le prtnce de Joinville.— Le duc d'Aumale — Mlle A.berline et Mlle Fifille. — Accès de M. le préfel dd police. — L'amiral Duperré.— Les armes de M. Guizot. -— Lacroix d'honneur. — Mystification de quel-
3ues lions. — Suite des travaux de la chambre es députés. — Le sabre de M Litz. — M. Alexandre Dumas et illle Ida Ferrier. — M. de Chateaubriand. — M. Nodier. — M. de Balzac — Spirituelle fluxion du maréciiul Sonll. —Derniers souTenirs. — Un assaut chez lord Seymour. — De M. Kalkbrenner ot d'une marchande de poissons. — M. de Rotschild. — M. Paul Foucher. — Un leigneur rustre. — Sort des grands prix de Rome. — M. Debel'.cyme. — Abus des |;randsp^res. — Les hommes et les femmes dévoilas. — Les femmes immortelles. — Recette pour les tuer. — La torture n'est pas abolie. — Àl home. —Un mauvais métier. — M. Jules de Castellanc. ^ Un nouveau jeu de paume. — Moyen adroit de glisser 20 vers. — Réponses diversL^s.
Etretatiri
Un malin des premiers jours de février, comme je lisais un journal— j*y visées mots qui me frappèrent singulièrement à propos de la réforme électorale : fn Si le gouvememenu veut sHnstruire fil iCa qu^à regar" der l'attitude du peuple dam toute la France, »
HonDien! medis-jeà moi-même^ gue ces MU. des journaux sont donc savans et
mîraculeiisemeiit informés. ^ Ils n'ignorent rien, rien ne knr échappe. Le Monsieur qui a écrit ces lignes était hier soir à l'Opéra, eh bien t lisait tout ce qui se passe en France jnsqaes dans les bourgades les plus cachées. Il parait que l'attitude du peuple est fort menaçante , il parait que le peuple français est semblable au peuple que représentaient hier soir les figurans de l'Opéra •— tous rangés sur une seule ligne — faisant les mêmes gestes — et chantant ou criant à la fois le même mot a marchons » ou tout autre, à peu près •n mesure.
J'assemblai Léon Gatayes — mon conseil intime , et je lui proposai de nous en aller un peu voir ensemble VaMtude du peuple dans les départemens.
Aussi bien j'avais eu rimprùdeoce d'an^ noncer à quelques amis que je méditais un petit voyage — et je n'ai jamais vu d'engagement aussi solennel, à l'exécution duquel on tienne aussi rigoureusement — que la pro-
lAésse imprudente d*an voyage. — Je devais une absence à mes amis — partout où l*on me rencontrait , on me disait avec un air fâché: — v^A/ vous êtes encore ici; — vous ne partez donepm. -^ Je voyais bien quej^encombrais Paris.
Aussi le lendemain du conseil extraordi-» naire tenu avec Gatayes — nous nous mimes en route pour la Normandie. ..
Gomme nous passions les barrières, nous ttmes le peuple qui amenait aux marchés des charrettes chargées de légumes; — ce n*étaii pas là ce que nous cherchions; — nous nous représentions bien d'ailleurs, d'après le journaly quelle devait être à peu près l'attitude du. peuple.
Tout le peuple à la fois, dans toute la France devait se tenir debout — la jambe droite un peu en avant, les bras croisés -^ la tète légèrement inclinée— en un mot tout-^à^
fait semblable au Spartàcus do marbre des Toileries.
A Mantes» une partie da peuple vendait à Tautro partie d*haiYibIcs cochons blancs qai criaient à fendre les pierres. — Poarla réforme éicctoralCf iln*en paraissait pas être question.
A YvETOT, ■— il y avait des canards dans une mare et on les regardait nager. *
A Rouen, on vendait, on achetait, on transportait des balles de coton; le peuple remplaçait économiquement Tamadou pour allumer sa pipe, par des pincées de coton arrachées en passant aux balles laissées sur les quais. .
A BoLBECy U y avait sur la plsce, autour d'une fontaine surmontée d'une très jolie statue en marbre blanc, — un rassemblement assez nombreux de femmes et d'hommes; — pour lé coup cela avait bien Tair d'une atti-
tude: —nous nous mêlâmes aux groupes :— ou y pariait d*ua voleur qui la nuit précédente s'était introduit dans réglise de briques de la commune et avait vidé le tronc des pauvres o&du reste il n*y avait que quatre sous. — Gatayes plaignit fort le voleur qui était évidemment volé.
Nous arrivâmes au Havre : — la tour et les jetées étaient couvertes de monde, — on parlait beaucoup, — on éuit très animé ; — voici ce qu'on disait :
— Ce ne peut être que X Aimable Marie?
— Non, Y Aimable Marie est chargée ù'arcajou —'et Tarcajow aurait fait enfoncer bâtiment.
— L'arca/oM n'enfonce pas.
— Varcajou enfonce.
— Les pécheurs ont rapporté un cadavre
IS
-*- On dit qQ*il n'était pas mort.
-^ n respirait encore, mais il n^arien pn dire.
—Voilà une mauvaise année pour les assureurs.
-—Je TOUS dis que c'est V Aimable Marie ^ Capitaine Thomas.
— Venant d'où?
*-^ De Santo-Domingo.
^.S*il ne vient pas un peu de vent d'est, le port va être encombré.
— Voilà VAlcideqni remorque un navire pour la sortie.
— Oh ! c'est un américain; — il n'y a qu'eux pour sortir par ce temps-là.
La mer en effet était forte et houleuse; —
les graadei maaves griset se jouaicol en çriavt dans le vent et dans Téeume. I^e matin, des pécheurs de Courseulks étalent venus annoncer qu'ils avaient reneontré un trois mâts sur le flano^ à quelques lieues duSavre, en rade de TrouvilICi et ils avaient rapporté un cadavre.
Trois bateaux à vapeur le Fésuve, le Rollan et YAkide^ sortirent du port se suivant et se dépassant comme des chevaux de course;-^ chacun veut arriver le premier et avoir lit meilleure part au sauvetage.
Nous passâmes la moitié de la nuit sur la jetée à attendre le retour des remorqueurS| — envelopt^és dans nos manteaux avec nos amis Edouard Corbière et Félix Serviile -— lu* mant les cigarres de Manille de Corbière --» et songeant au sort de ces pauvre? marins» Cinq mois auparavant^ ils étaient partis du Havre et revenaient mourir eu Tue du port ^ et de quelle mort \
Là mort da noyé n'est plus cette mort à laquelle on s'essaie toute la vie par le sommeil de chaque jour ; — ' ce n*est plus cette mort qui consiste à s'endormir une fois de plus sur l'oreiller où Ton s'endormait chaque soir depuis cinquante ans. — C'est une mort mêlée de lutte, de désespoir , de blasphème. — On n'y est pas préparé par l'affaiblissement successif des organes. — ^^ On n'arrive pas à n'être plus par dimperceptibles transitions; — ce n'est pas un dernier fil qui se brise ; ce sont tous les liens qui se rompent à la fois ; — on meurt au milien de la force, de la sanlé,de Fespoir , de la vie — sans amis, sans prêtres, — et dans ces immenses solitudes de l'Océan, poussant- des cris de douleur et de désespoir que le fracas des vents et de la tempête et les cris de joie des mouettes et des goêlans — semblent" empêcher de monter jusqu'à Dieu.
Bientôt nous vîmes à Thorizon les feux des trois remoqueurs ; /{offon rentra le premier; il rapportait encore un cadavre.-^ Le Fésvxe
rentra ensaite — et Alcide traîna X Aimable Marie sar la plage de la Hève.
Le lenâemMn seulement» je pensai à m*informer de la réforme électorale, on me dit que quelque temps auparavant — il y avait eu de grandes hésitations entre deux projets pour la construction d*un nouveau bassin ; — les auteurs du premier projet s'étaient mis à recueillir des signatures et en avaient obtenu un nombre considérable ; — le second projet se mît en campagne de son cMé, et revint avec un nombre égal d*acquîescemens; — le nombre des signatures obtenues par les deux projets dépassait de beaucoup celui des citoyens du Havre : — on allait s'étonner quand on s*aperçut que tous deux avaient les mômes signatures.
On pensait qu'il en serait 4e m^me pour la réforme électorale^
Le lend^oamnous partîmes do HaTre peur
voir ailleurs Fattiladeda peaple;àCWjf»0«tot, — où nous passâmes le soir, •-- lepeaple dansait autour d*ua grand feu, —aucune des silhouettes noires ne ressemldaitauSj^ar^icu$,
A Etretaty — où j'ai été pécheur^ — on nous reçut comme d'anciens amis. — Ahl Toil& M. Léon I. . et M. Alphonse aussi ; — nous par-' lions de vous hier avec Falin le garde-pôche; — nous ne pensions pas vous voir en cette saison, quoique vous n'ayez peur ni dusurou€ ni de la mer. — M. Alphonse, — ouest donc Freyschûtz, votre beauierre-neuyien?— Et nous reconnûmes tout le monde; — à ce voyage du moins nous n'apprîmes la mort d'aucun de nos amis. -^ Voilà Césaire^ et Onésime, etPalfiret et Martin Yalin, et Martin Glam.— Bérénice n'est donc pas mariée?
Mais nous trouvâmes nos pécheurs bien ouvres} —la p^he a été bien mauvaise cette
année; — tous les ans elle devient moins favorable; - le hareng quille les côtes de France; — les pêcheurs disent que c'est de-puis la déchéance de Temperenr.
Ce propos, qui m'a paru absurde au premier moment, comme il vous le paratt à vousmême, mon Iccleur, est cependant fondé en raison.
Sous l'Empire, il y avait peu de pêcheurs; les marins étaient occupés sur les vaisseaux de l'élat et sur les corsaires; ~ de plus, les pêcheurs étrangers n'osaient pas venir sur nos côtes. Aujourd'hui elles sont sillonnées en tous sens par des bateaux à vapeur, et couvertes d'innombrables barques de pêcheurs, ce qui à la fois écarte le poisson, et divise à l'infini le produit de la pêche; c'est une industrie qui ne lardera pas à disparallre- -toute celte population des côtes est ruinée et dévouée à la misère ; — tous ces gens- là sont
représentés à la chambre par un député
mais ce député A^en d'autres chosesà faire
is
que de s'occuper de ces détails ; — il faut soutenir ou renverser tel ou tel ministre, et ni ministre ni député ne s'occupe de trouver pour des populations entières, une industrie pour remplacer celle qui s'en va. L'attitude du peuple était triste à Etretat; de nombreuses familles demandaient de Touvrage ; — les pêcheurs, en jetant un regard de regrets sur la mer, s'en allaient, les uns travailler à ferrer la route, les autres s'embarquer pour des voyages de long cours, — laissant leurs femmes et leurs enfans qu'ils ne reverrout peutêtre pins. — Personne ne demandait des droits politiques — ni le suffrage universel.
Le suffrage universel en effet et l'exercice des droits politiques paraissent une chose * ravissante à cette' partie de la nation qui vit dans les cafés, fume^ boit de la bière^ joue au billard, — - et aime à attribuer aux fautes du pouvoir la misère qu'elle se fait par la fainéantise et les débauches sans plaisir.
C'est là ce que les journaux appellent le peuple, — la nation, — le pays,— et voilà les ntérôts qu'ils représentent,
MAia l<« ^m oarrimi — m» loi qulti¥«-
teurss — 0|ai3 les pécheurs qui m'çotoureiit, — quan4 c'est l'époque de semer le blé, ou découper les foiosj quand le vent souffle de rest| et annonce qu'il faut aller pédier les mac^uereaux, croyez-vous qu'ils abaudonneroat ces soios pour voter et exercer des droits politiques^ — et si vous arrivez à pervertir leur jugement au point de les faire agir ainsi , — croyez-vous que la récolte et la pèche en soient beaucoup meilleures Y
J'étais assez attristé, et Gatayes me dit : Pour un homme qui n'a d'autre état que de vendre *de Pesprît, je ne te cacherai pas que i% le trouve atses béte aujourd'hui. -^ Mais c^esl dimanche el peot-étre es^tu comme les ntrehandf an^is qui ferment scrupuleuse ment boutique le jour du Seigneur.
I^QW i^imiàiaes «« Um% «t wm vm
sâmcs à Honfleur sur \c Français par une mer assez dure; — le peuple avait sar lepa^ qaebot une attitude qui se rapprochait encore assez peu de celle du Spartacus des Tuileries; ' — le peuple avait le mal de mer — et mordall frénétiquement dans des citrons, — un monsieur, — le vent aidant, — offrit à Neptune en courroux son chapeau et sa perruque.
' La Normandie, du reste, était déjà bien belle, -T pendant notre voyage il y avait ea .un petit printcinps de quelques jours. Quelques primevères jaunes fleurissaient dans rherbe, -r-les troènes, dans les haies, avaient gardé leur feuillage étroit et leurs grappes de baies noires, — les genévriers avaient aussi conservé leurs branches épineuses d'un vert glauque, — lestoUs des chaumières, couverts de mousse, semblaient revêtus du plus magnifique velours vert, -et sur leur eréte s'éle*
Talent des iris aa feaillage alloogé comme des fers de lance, — et des fougères découpées comme de riches guipures. Les sommités des peupliers prenaient une teinte jaune, et celles des tilleuls s'empourpraient de la sève qui allait bientôt jaillir en bourgeons et en feuillage.
Sur les côtes^ les ajoncs couvraient les falaises de leurs fleurs jaunes comme d*un drap d'or.
Et surtout le soleil — qui faisait (out riant, vermeil, heureux, — le soleil, qui donne à tout la couleur du bonheur et de la vie ; — le soleil, ce doux regard d*amour que Dieu laisse tomber sur la terre.
Et comme nous revenions par Femon^ le peuple regardait deux grands abricotiers déjà couverts de fleurs, — et en pensant au froid qui allait revenir, — il disait : pauvres fleurs!
Nous nous arrêtâmes un moment , — et
iatm aimes p\^ tristekueiil èiièôré ^aé les autres : pnuVres âeurs 11
Dix jours a|Hrès notre départi nous rentrions A Paris, — et je disais à Léon Gatayes ; Est-ce qae par hasard ces messieurs desjour* naux ne seraient pas aussi savans et aussi miraculeusement bien informés que je le crojais an partant?
tl sa passait beaucoup de choses à Paria.
UN BAL A LA (iODR.
Paris.
Entre les choses qui se passaient è Paris lors de notre retour, il y avait un bal à la cour.
Quel bal et quelle cour!
Jamais un bal masqué de théâtre de troisième ordre n'offrit plus horrible cohue ; — oh se poussait, on se heurtait, on se bousculait, — surtout du côté des buffets, que Ton mettait au pillage. — Les salons étaient jonchés de rubans , d*épaulettes , de gants ; — • quelques bottes avaient marché sur quelques
souliers de satin, qae les pieds n'avaient pu retrourer. — Les femmes étaient frippées et chiffonnées, --* marbrées et zébrées de coups de coude.
Histoire 4'im maire de la banlieue et de son
éponse.
Au dernier bal des Tuileries, le maire d*une petite commune de la banlieue ayant reçu une invitation, — arriva h huit heures en carriole d'osier avec son épouse , parée de tous ses bijoux et de toutes les couleurs du prisme. Arrivé au guichet du quai , on l'arrête et on refuse de laisser entrer sa carriole ; — mais il y a si peu de chemin à faire ; — la cour est si bien sablée ; — nous irons bien à pied jusqu'au péfystile. — Eh bîeni Jean, tiens-toi en dehors et couvre cocotte. On arrive au pérystile. — Là, on demande à M. lé maire ses billets d'invitation. — Il présente celui qu'il à reçu.
— Mais, monsieur, il n'y en a qu'un ; — où est celui de madame ?
— Est-oe que mon épouse en a besoin?
— Certainement, monsieur.
— Tiens , moi j'ai cru qu*cn m*engagcant on avait aussi prié mon épouse. — Nous allons toujours partout ensemble ; — nous ne faisons qu'un.
. — Il m'est impossible de laisser entrer madame, qui n'est pas invitée, puisqu'on ne lui a pas envoyé de billet.
— Diable! c'est bien désagréable d'avoir fait tant de frais pour rien. — Gomment faire?
— Gomment faire?
— Ecoute , ma bonne , pour que tout ne ne soit pas perdu , je vais te laisser un moment chez M. le concierge, et je ferai seulement le tour du bal pour jouir du coup d'œil, — et puis aussi parce que le roi serait
peui-étre fâché de ne pas me voir. — M onisiear le concierge^ je voas confie mon épouse,
— que je vais venir reprendre.
•^ Ne sois pas long-temps , mon ami.
•— Je t*ai déjà dit, ma bonne , que je ne yeux que faire le tour du bal.
M"^* la mairesse s'assied chez le concierge,
— et son mari monte. Il entre dans la galerie y OÙ se trouve une foule immense. — Il se glisse de côté , il pousse , — non sans exciter des murmures et provoquer des apostrophes , — pour arriver â la salle des maréchaux y où se tiennent la reine et les princesses. — Il y parvient à grand'peine ; mais là il n^ a pas moyen de bouger ; — on y respire tout au plus ; — l'espace nécessaire à une personne est occupé par cinq ou six. <— On valse^ il faut attendre la fin de la valse. •— Après la valse , il se remet en route , — poussant et bousculant de plus belle, — emporté par un flot de la foule et rapporté par
un autre ûot, — - perdant en un instant le travail qu'il a employé à tourner un gros invité. A une heure, il arrive de l'autre côté de la salle pour voir la famille royale; — mais LL. MM. passaient dans la salle du souper; il les suit y moitié de gré moitié de force ; — il voit la famille royale à table. — Il pense alors à son ^use^ et veut s*en aller. — Quelle scène elle va lui faire, et quelle humeur pendant toute la semaine 1 — Impossible de traverser et de sortir ; — les femmes y sont, il faut attendre le tour des hommes. — Il est trois heures , il faut bien prendre quelque chose. — Nouvelle lutte , nouveau combat , nouvelle victoire du magistrat municipal ; il mange quelques trufifes et boit un verre de vin de Champagne. — Enfin, ce n*est qu'à quatre heures passées qu'il va chercher son épouse , qui dormait chez le concierçe.
Le couple retraverse la cour, ^— et remonté dans sa carriole d'osier.
CHOSES uns sHims».