LES FEMMES
Il Y aTait autrefois un endroit qu*on appelait la maison. C'était Tempirc de la femme.
Là les femmes étaient à Tabri de tous les tracas et de tous les ennuis de la vie extérieure ; — elles ignoraient les lois du pays; — car dans la maison il n'y avait pas d'au- -ires lois que leur volonté, — à elles reines «ihsohics, reines par l'amour.
Si elles embellissaient la maison — elles tiraient de la maison un charme indéflnissa- ^Ic ; — tout ce que la maison — cet asile «acre, — renfermait de paix, d*élégance, de tranquillité, d*amour et de bonheur, sem< l>Iait s'exhaler d'elles ^- comme un parfum.
Dans la maison, aa charme d*étrc belles, elles joignaient celui plus puissant encore d'être belles pour un seul, — de se réserver pour lui, — d*étre avares d'elles-mêmes pour lui, — tant elles comprenaient qu'elles étaient un trésor, — et le plus précieux de tous les trésors.
Mais aujourd'hui les femmes ont quitté la maison; — elles ont abdiqué leur noble et bel empire héréditalrû dans de fausses idées de conquête et d'agrandissement.
Et elks ont emporté avec elles toute la p;|ix, tout le charme et tout le bonheur de la maison.
£t je leur dis, — comme le génie d'un conte de fées dit à la belle princesse qui s'é* loignt
le:
Retournez-vous, madame, et voyez derrière vous la maison qui s'écroule et n'est plus que ruines et décombres.
LES FEBIHES.
Ce que nous signalons est un plus grand malheur qu*on ne le saurait exprimer^ — et je plains à ce sujet les femmes plus que ji» n*ose les blâmer.
iLe métier d'honnête femme est devenu, <— grâce à Taveuglement des honmies, *- le plus mauvais de tous les métiers.
Ce n'était pas assez qu'on donnât à une funambule, à une sauteuse, à une acrobate, — pour faire une exhibition publique de gros pieds et de jambes maigres , — plus d'or vingt fois. qu'on n^en donne à la plus belle et la plu3 honnête des honnêtes femmes pour tenir sa maison et élever sesrenfans.
Ce n*était pas assez que tout le luxe, — qui est l'air des femmes, fût pour ces créatures.
Que s'il vient à Paris un schall de l'Orient, d'une beauté remarquable, — les marchands «ayent d'avance qu'une honnête femme n'y peut prétendre.
Que si un diamant, miraculeusement gros^ est envoyé de Golconde; il est trop beau pour une honnête femme, fût-elle princesse, — fût-elle reine ; — qu'il est destiné au front banal ou au col public d'une fille de l'Opéra.
Ce n'était pas assez de leur donner des diamans — on leur a jeté des fleurs.
Ce n'était pas assez — les poètes leur adressent leurs vers, — les journalistes écrivent que leur départ est un malheur public ; — on vante une décence, un esprit qu'on imagine pour elles — on les recherche, on les fête, on les honore — on a même renoncé à les entretenir, pour ne pas blesser leur sus*
oeptibilité — on leur fait la cour, on les séduit — on les épouse.
( Je ne parle pas de l'exagération de respect de oenx qui se font entretenir par elics).
On a épnisé pour les loaer tout l'écria poétique — ' il ne reste pas un mot à dire à une honnête femme - qui n'ait déjà servi à trois ou quatre sauteuses.
Aussi les femmes les enrientet tâchent de leur ressembler. — Sous prétexte des Polopais , elles ont vendu publiquement dans les bazars établis chez le comte Jules de Castellane ; sous prétexte des pauvres , elles ont ehantépubhqnemcnt dans des églises.
Cela était bien quelque chose:— elles avaient montré sinon le talent du moins l'effronterie des chanteuses; — mais il leur fallait no théâtre — un vrai théâtre •— où elles pussent combattre leurs rivales sur leur propre terraiu; — il leur fallait cette rampe magique qui prête tant de charmes — que la plus laide
des actrices a plus d'amoureux que la plus belle femme du monde.
Ce but de tous leurs vœux esteufia atteint : — c*esjl encore chez M. de Castellane que la choise a été décidée. — L*b6tel Castellane est une sorte de jeu de paume à Fusage des femmes.
Sous le prétexte un peu usé des mêmes Polonais, des femmes du monde vont jouer la comédie et chanter Topera sur le théâtre de la Renaissance! et cela sera public, et on ouvrira les bureaux — et qui voudra entrera.
Tout Tempire romain fut saisi de hontes quand rcmpcrcur Néron descendit dans le cirque.
Je sais bien que ce que je dis là va m'attirer des lettres toutes pleines de dédain , — où Ton me dira — comme on m*a déjà dit, à Toccasion de certains de mes livres *
« Fous êtes un sauvage — toutes ces choses dont vous vous blessez sont les choses les plus simples ;-^elles vous choquent parce que vous n^allez pas dans le monde ; — tout vous étonne parce que vous n'avez rien vuj eU., etc. B
Ilfauty pendant que J'Y pense, que je réponde et à cela et à quelques autres choses.