Scène IV
Entremets, Rôti et Dessert. — Quadrihgie.
L'orchestre joue Home siveet home. La table se couvre de nouveaux mets, une grande activité règne parmi les icaiters et les affaires du pays vont au grand galo|).
Le Gouverneur (à l'Inutile).— Savez-vous, depuis l'élection notre politique marche à i-eculons ; (au Vénérable) M. V...je vous recommande cette salade aux écrevisses, elle est exquise.
L'Inutile (ù part). — Tiens le Vénérable n'en veut pas ! Il paraît que les anciens Lacédémoniens n'aimaient point les mets emblématiques !
Le Vénérable (au Dr). — Que je suis enchanté d'être auprès d'un homme aussi savant et que j'aurais de plaisir à converser avec vous, sur la jiathologie interne et externe, l'actéologie, la phrénologie, la gastrotomie, la bronchotomio, la cystotomie, l'encéphalotomie et une foule d'autres tomies que vous avez, sans doute, le plaisir de pratiquer fréquemment...
Le Docteur. — Yes, yes, yes, but putridgeolomy will d) for the moment.
Ije Docteur dépère en effet, avec un appétit et une habileté orainient chirurgicales, une excellente perdrix qui se trouve là, en dépit des vieux règlements sur la chasse.
L'Inutile (au (rouverneiir). — Si le Vénérable peut e!itrep>*endre nionsioiir Bollock, comme il l'appelle, nous voilà bien !
Le (Gouverneur. — So^'cz tranijuille, nous avons là, un excellent paratonnerre.
La conversation suioante s'engage, en partie double, avec cette différence toutefois, que l'on parle beaucoup plus fort d'un coté que de l'autre.
Le Gouverneur — Que me conseillez-vous, me jeter dans les bras des tories ; former un ministère juste — milieu, ou bien m'en retourner ?
L'Inutile. — Le premier et le dernier partis, sont très-mauvais et l'autre n'est pas très-fa< ile
Le Gouverneur — Alors, vous tlevriez bien m'enseigner nn quatrième parti !
L'inutile. — Eh bon Dieu!
voilà cent fois que je le dis, rendre justice aux gens, leur accorder le gouvernement responsable autrement qu'en théorie, et puis avec cela, comme je le disais, il y a une certaine combinaison tlhommes qui ferait parfaitement l'aii'aire.
Le Gouverneur. — Allons donc, vous me parlez de ce gouvernement responsable comme si c'était moi qui l'aurais inventé.
Est-ce qu'il faut absolument c tte chose-là? Le premier mouvement de la mère-patrie, a bien été <le vous le donner, cette
Le Vénérable. — C'est singulier, je ne connais pas du tout cette science-là ; mais enfin elle doit être bien belle, puisqu'un homme de votre réputation a daigné T étudier Je désirei'ais pourtant savoir de vous, si pour l'ulcère très-grave, on peut même dire alarmant, qui a été la < ause de votre voyage, vou.s préférerez le corri.um à Vopium, ou la beUadona à l'hydrargire ?
Le Docteur, — Yes, yes, yes.
Le Vénérable. — J'en étais persuadé, vous êtes entièrement de mon opinion. Il est vrai, que très-peu de sciences ont été à l'abri de mes investigations comme de mes recherches .Je me proposais, si je n'avais pas eu ma crise ministérielle à faire, d'écrire un tableau synoptique des différentes maladies, suivi d'observations sur les aphorismes d'Hippocrate, à la suite desquelles observations, j'aurais ajouté quelques courtes réflexions sur l'usage que l'on devrait
î) IL VA QIARANTE ANS.
friandise ; son premier mouvement, vous le savez, est toujours excessivement libéral.
L'Inutile — Alors c'est bien dommage quelle en ait eu un second.
Le gouverneur.— Mais ensuite sont venues les considérations très-importantes, les craintes. . .
L'Inutile —Bah ! ce n'est pas si dangereux qu'on le pense N'a-t-on pas l'exemple de Louis Philippe ?
Le Gouverneur. — Oui, avec un homme habile comme vous, on pourrait peut-être faire quelque chose Mais dans votre combinaison on excluerait donc le Vénérable ? Quelle compensation lui accorderait-on ?
L'Inutile. — Eh bon Dieu ! on lui citerait l'exemple de Cincinnatus qui retourna à sa charrue !
faire de mon tableau, comme aussi des notes très-détai liées, sur les traitements les plus en usage au temps de linvasion des Maures en Espagne. Que pensez -vous de ce plan ?
Le Docteur. Yes, yes. yes.
Le Vénérable. — Je suis enchanté de ce que vous l'approuviez. Vraiment, la haute opinion que J'ai conçue de vou^^. s'élève enrore à chaque instant. Je n'oublierai jamais surtout votre intéressante conversation. Avezvous lu mon pamphlet sur la Belgique ?
Le Docteur. — Ye.s. yes, yes Le Vénérable — Ah ! qize ne puis-Je vous embrasser ! mais ce n'est pas l'usage chez les peuples du nord. Les méridionaux et les orientaux seuls, ont cette coutume. On dit même que les Chinois se font toucher le bout du nez.
Le (Touverneur.— Non. non ! j'aurais trop de remords ni j'en agissais ainsi ! Je ne sais pas au monde do spectacle plus triste, plus déchirant, que celui de cette illustration aux prises avec une politique inexorable ! Je ne connais rien de plus odieux que les tortures que nous avons préparées à cet homme vraiment bon, vraiment respectable, vraiment instruit, qui, pour tout défaut n'a que de petits ridicules; tandis que d'autres, pour ridicule, n'ont que de grands défauts. Mais je m'aperçois que nous perdons notre temps; Major aglass of wine, ifyou please.
Ici, les bouteilles de Champagne commencent la ronde que vous savez ; on n'entend jgue ces mots de l'un à l'autre : Captain a glas^^ of wine. Doctor a <jlass of icine. Monsieur aurai-je l'honneur dx\ puis enfin, la musique Joue ood
HAVE THE QUEEN, (m se Uve (Je table et on pusse dans un salon voisin.