‹ Les guêpes canadiennes, compilées et annotéesChapitre 20 sur 57 · LES CHRONIQUES QUÉBB0QUOI8E · texte numérisé non relu

LES CHRONIQUES QUÉBB0QUOI8E

pourvu qu*il soit tout simplement porté en compte, suivant son coût réel à la compagnie."

Toutes les phrases de ce long rapport, traduit par M, Barthe, sont de la même force, et Ton pourrait accoupler Tauteur du Canada reconquis comme éciivain, avec l'auteur, du traité d'agriculture.

Passons à quelque chose de plus gai maintenant. L«ti semaine dernière, un ministre qui réside dans la rue St. Louis, donnait un grand dîner auquel prenaient part, conseillers législatifs, membres de la chambrebasse et citoyens, et il paraît que la température danf^ le salon, était un peu élevée, car M. B... vieux bachelier, dit d'une voix brève à un homme court et trapu, à longue barbe mêlée de noir et de blanc, et à moustache formidable : " Allez fermer la petite porte du poêle." Le gros homme ^'exécuta. Mais, ô malheur, M. B.... avait commis la faute impardonnable de prendi^e un conseiller législatif pour un domestiquée Pauvre W...

Cette anecdote qui esit vraie de tout point, a été racontée au coin des rues St. Louis et Ste. Ursule par un ministre connu pour sa discrétion I

Au même banquet arrivait un autre ministre, M. B... chancelant i sans doute sous le poids de sa gloire, et dann un trop grand déboutonné !

J'ai oublié do vous dire, dans mon avant dernière lettre, que lorsque M. Evanturel laissait le bureau du procureur-général, où il avait passé trois heures, i>our convaincre M. Sicotte qu'il ne devait pas prendre M. Bureau, M. Tessier revenait auprès de M, Sicotte, et lui disait: "Vous m'avez reproché, il y a un instant, mon peu d'amour pour l'économie ; eh ! bien, j'ai songé à un plan au sujet de La Canadienne * qui, jo To-^pèrt»

Vaisseau garde-côtes du gouvernement

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obtiendra totre approbation. Vous savez que j'ai réclamé de Tentrepreneur Derome, les quelques bouts de cordage que je lut avais vendus verbalememt. Comme il n'y avait rien décrit entre nous, Jaî dit que je né les lui avais que prêtes. Le capitaine Fortin * me demande doH agrès pour sa goélette. Tous ces marins sont dispen* dieux, et si on les en croyait, il leur faudrait une drisse pour chaque voile, et un câble pour chaque ancre. Or, j*at fait cette réflexion; quand le bfitimont est à lu voile, il n'a pas besoin de cftble de mouillage, et alors j*emploîe ce câbie comme étai, mais lorsque le bâtiment arrive dans le port, il n'a plus besoin d'étais pour soutenir le8 mats, je les' décrocherai donc pour les attacher â l'ancre et pour mouiller. En repartant, et après avoir levé l'ancre, je raccrocherai mes étais. Une drisse suffira aussi pour toutes les voiles, car après avoir hissé une voile, /accrocherai la drisse a la suivante, pour la hisser aussi, et je ferai de même pour toutes les voiles.

— M. Sicotte. — Mais, s'il vous arrivait d'échouer, ii vous faudrait des pièces de bois ))Our réparer le dommage fait ; que fcries-vous ?

^ M. Tessier.— J'ai prévu cela, je reclamerai les retailles de la chemise du quai de Bimonski, car ici encore, entre M. Derome et moi, il n'y a rien cPécrit, et «vec ces retailles, je boucherai les trous dont voua parles.

— M. Sicotte — li-on cher Tessier, vous me remplissez d'admiration, et tous ceux qui ont voulu vous calomnier,

* Le capitaine était alors commandant de la Canadtenne ; il eut «ajcnud'hal le dépoté, aux Communes, du comté de Oaspé. Personne l^as que lui n*a déployé, depuis nombre d'années, plus d'énergie r ramélioration de la navigatioB du golfe et le développement de I pêcheries.

loi

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8ont des nains à côté de vous. Laissess-moi voué presser sur mon cœur/'

Vous savez que les puritains, qui président au conseil du pays, ne parlent qu'avec horreur de leurs prédécesseurs dont les jobs^ disent-ils, ont émoussé le sens moral de notre peuple. Je vous ai déjà prouvé, par des faits incontestables, que ces grands moralistes étaient loin d'être des saints ; que M. McDougall, par exemple, avait donné 129.50 pour un livre blanc que Ton achète partout pour 113 ; que TEnfant-Tcrrible avait, de sa propre initiative, répandu des circulaires dans les cam^ pagnes et les avait fait paj^er au dépai*tement .des terres ; que M. Tessier s'était servi et avait servi, de toutes manières les amis ; que M. Blackburn était payé chèrement pour imprimer le rapport de la commission d'Outaouais, et le faisait imprimer à moitié prix par MM. Bose, Hun ter et Lemieux, et que ce même rapport aurait à être réimprimé encore par la chambre. Eh ( bien, voici de nouveaux faits qui sont propres à nous surprendre. Nous verrons bien si l'intègre M. DessauUes trouvera que ses amis sont des pillards et des oanailles. Le maiti^e-général des postes avait, par avis public, demandé des soumissions pour la reliure du département. M. Alexandre Mortimer offrit de faire cette reliure pour 11.20 ) M. Dredge fit précisément la même offre. Mais non, M. Foley leur préféra M. Blackburn du Mercury^ et cotte reliure a coûté ainsi près de 14.00. Yoila ce que j'appelle un homme qui travaille noblement pour ses amis. Ah ! me direz-vous, mais le coffre public ?... Que leur importe, à eux, le coffre publie, si ce n'est de Tavoir sous la main, pour le vider au besoin.

Voici un autre fait, non moins compromettant pour le gouvernement. Quand M, Howland fut fait ministre

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des financée, M. le député inspectenr-général Dickinson, lai demanda 8*il continuerait à payer aux officiers, len dix louis d'accroissement prévus par la loi du service civil. Le ministre répondit négativement. Cependant, dans les bureaux publics de Québec, Montréal, Kingston, Toronto, Hamilton et London, on continua à payer les dix louis. En octobre, on écrivit à tous les percepteurs de douane, de reclamer le remboursement de ces dix louis. En janvier, le reinboursemeot avait eu lieu partout, excepté à Toronto où les officiers protestèrent et refusèrent de rembourser. A la fin de janvier, M. Foley * ordonna que tous ceux qui avaient remboursé continueraient à être privés des dix louis pour ravenir; tandis que ceux qui avaient refusé de rembourser, continueraient de recevoir les mêmes dix louis. Ainsi donc, une injustice révoltante commise au profit des officiers clear-grits de Toronto, et au détriment de ceux des autres parties du pays, et pourtant, ce que je viens de raconter est de la plus stricte vérité.

Yoici un troisième fait, celui-ci est encore plus jgrave que les deux autres.

H. Leslie, le maitre de poste de Toronto, bien que recevant un très-bon salaire, reclamait de Tautre gouvernement, le privilège de louer à son profit, les boites et les tiroirs du bureau de poste. Le gouvernement Oartier-McDonald repoussa sa demande. Depuis, le montant reçu par lui de cette manière, s'élève à t6,525, et cependant, après avoir mis à la porte un vieux et fidèle serviteur (le docteur J. B. Meilleur t) non^fteulement, on conserve dans sa place un officier âus^i audaeieusement prévaricateur, mais encore, on lô laisse

* Il 7 A ici éTidemment erreor de nom, ce doit être M. HowUnd. t Bnrintendant du départemeot de rédac»tion pour le Bab-

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paisible possesseur d'une somme de $6,525, qui appartient au trésor public. Savez-vous pourquoi M. Foley fait cela? Je vais vous le dire: — C'est parceque M. Leslie est un clear-grit et un ami du maitre-général des postes. C'est ainsi que ces ministres sans tache, pra* tiquent l'obligation sacrée de veiller an bien putilic; pour ma part, je les aimerais mieux, moins calomniateurs, et plus riches eh bonnes œuvres.

Quand on pense que M. Eémillard persiste à vouloir faire passer le bill dont je vous ai déjà donné l'analyse ! J'ai vu un de ses électeurs, il en sautait de colère ; mais comme ce méchant petit bill, s'il devient loi, affectera tous les comtés du Bas-Canada, vous pouvex être sur que tous les députés qui aiment leurs électeurs, le combatteront de toutes leurs forces.

MM. Joly et Rémillard votaient l'autre jour, pour placer dans le comité du bill contre l'usure M. Prummond, l'un des partisans de la loi actuelle, dont tout le Bas-Canada demande le rappel !

M. Joly est un grand prêteur (d'argent,) et M. Bémrllard un petit. Heureusement pour eux, leurs nom» n'ont pu être inscrits sur les journaux de la chambre.

M. Joly a dit à la porte de l'église de Lotbinière qu'il était Bouge ; cette parole lui poiiiera malchance.

Je terminerai, pour aujourd'hui, en vous faisant connaître un fait, qui doit produire une profonde indignation dans le public.

Je marchais, hier soir, derrière deux députés. L'un disait à l'autre :—" Mais est-ce possible, Thom, ce que tu viens de dire là aux ministres f

— M. Ferguson (car c'était lui) — Que voulez-vous di^e ? Son ami. — Lorsque les portes étaient fermées, * je vous'

* La chambre siégeant à huis clo».

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:ii entenda dire, à haute voix, en vous adressant au gou* vernement : — ^* Le ministre des finances vient de donner ardre à M. Blackburn, d'imprimer un demi-million de certificats de douane ? " Appelez-vous cela de Técouomieou des/ofo?

— M. Ferguson. — Ont-ils nié ?

— I/'amî. — Non.

—M. Ferguson. — Non, parce qu'ils savaient que je disais la vérité.

— L'ami. — liais c'est un affreux tripotage. Il y aura encore de ces certificats dans 20 ans d'ici ! "

J'ai pris depuis, des informations, et je me suis assuré que M. Ferguson disait la pure vérité.

M. J. S. McDonald veut que M. Blackburn soit riche, en quelques sem'aihes, aux dépens du coffre public Si je voulais imiter M. Dessaulles, je pourrait (X>nclure qu'un si large butin, n'est pas la part de guerre exclusive d'un obscure soldat !

Un correspondant du Canadieny qui signe : Un citoyen. He fftche tout ronge, parceque je persiste à vouloir i*ester ce que je suis. Il soutient que j'insulte l'unie veraité, tandis que j'ai pour elle, la plus profondi!» vénération. Mw Tessier n'est pas, que je sache, l'université ; s'il l'était, elle créerait moins d'enthousiasme f^% commanderait moins de respect. Je ne veux pa^ dire que pour ma part, je n'ai pas une très-grande vénération pour mon professeur, comme professeur.

Je voui« reverrai bientôt, car j'ai encore bien det^ thoses à vous dire.

Votre tout fidèle, *

Blaisk.

N. B. — Le correspondant du Ca$uidien dit que je sui» ptmeHTi ; je suis donc bien formidable ?...

100 tES CHRONIQUES QtTÉBECqfUOISSS.

M. LS StDAGTSVR,

Ne soyez pas surpris, si tous n'entendez pas parlai' fie moi aussi souvent que je le désirerais, qar je suis surveillé de si près, que je ne sais plus où tourner la tète. Cette surveillance m'atteint jusque dans l'université même, et je ne puis prendre la plume, sans apercevoir, autour de moi, des yeux qui me regardent, et qui m'épient. J'en éprouve un malaise qui me décourage, jusqu'à me faire dire quelque fois: '* Allons Biaise, cessez d'écrire, et soyez heureux. " Mais que deviendrait alors, mon cher professeur dé procédure?. Il reprendrait son ancienne condition hygiénique; il aurait les pieds chauds et la tête froide. Or, }é tiens beaucoup à ce que son sang remonte un peu, et pousse au moins, quelques rares pérégrinations vers la région du cœur. J'y tiens d'autant plus qu'il exerce dontre moi, en co moment, de cruelles vengeances. ' La semaine dernière', dans la chambre de lecture du conseil législatif, il prenait la liasse du Journal de Québec et en arrachait avec fureur, les numéros qui contenaient quelques une?% de mes lettres. Est-ce me traiter dignement, je vous ie demande? Et quand l'on me déchire ainsi, ungttibus, n'ai-je pas droit de crier: aj^e, ave ! vous me le paierez mon professeur. Je no serai pas éterrièllement à l'université, et quelque jour, mè posant en face de vous je vous déclinerai mon nom:' Le professeur a set^ privilèges, mais la vérité a ses droits ; les privilèges du professorat cessent avec les cours, mais les droite de la vérité sont éternels ! Arrête, Biaise, tu t'emportes, tu deviens sublime. Songe donc, qu'il ne s'agit que du commissaire des traviaux publics.

Chut! voiU la surveillance qui recommence, je vous reparlerai de lui dans un moment On ne me défend

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\^ùB de parler des méfaits de V Enfant-Terrible, Je vom ai déjà dit, que cet enfant, avait un appétit . vorace du bien publie. Or, depuis les circulaires, il a dévoré bien tles choses, et je viens de découvrir son dernier acte de voracité. Le Défricheur, son journal, a pris sur lui de publier l'ordre de la chambre relatif aux billa privés, et comme la majorité du comité des bills privés est minis^ térielle, M. Dorîon a trouvé le moyen de se faire payer son annonce, et de vivre encore un peu cette fois, rhonnête homme, aux dépens de la caisse publique.

H. Evanturel disait à Charlebourg que le coifre était vide, mais il savait bien qu'il trompait ses électeann. Son but, en parlant ainsi, était de leur faire croire, non à son honnêteté, mais à l'impossibilité de rien prendre, sous le prétexte qu'il n^ avait rien. Or, j'invite les «lecteurs du comté de Québec, à faire une enquête sur ce qui se passe en ce moment dans les bureaux publics > ils y verront d'étranges choses. Ils verront que M. Evanturel ftiit comme Y Enfant-Terrible, et qu'il prend sous forme de salaire, d'annonces, ou d'impressions^ autant qu'il peut de l'argent public. M. Tessier et lui, sont propriétaires du CaHadien, et M. Evantui*el vient même d'acheter la part de M. Larue. La spéculatiorf est bonne dans cet heureux moment, où le Canadien est chargé de faire un grand nombre d'impressions pour le sroBTemement. L'impression surtout du rapport français de la commission d'Ottawa, est une bonne affaire. Il est vrai que ce rapport sera imprimé une deuxième fois, par la chambre, et que le gouvernement en donnant de suite, ce rapport aux imprimeurs de la chambre, eut épargné plusieurs milliers de piastres de l'argent public; mais cela n'aurait pas fait Taifaire de MM. Tessier et Evanturel. Ce dernier, abandonne sa maison «iésormais trop petite pour sa gloire. Dans une grande

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maison, comme il y a pias d'espace, il espère que ses idées jdsqa'ici comprimées et latentes, prendront leur essor, et se feront jour à travers Tenveloppe ossense qni les emprisonne contre tout sens commun, depuis pins de* quarante ans.

En ce moment il s'occupe, dit-on, à fabriquer destm dit dans le Canadien, A ces on dit, il pourrait ajouter celui-ci, et l'envoyer à ses électeurs : " On dit avee vérité que M. François Evanturel a, dans le conneil exécutif, avec son alter ego Tessier, voté la mort da^ malheureux époux Aylward." Les ftmes errantes de ces deux victimes, et leurs trois jeunes enfants, crient vengeance vers le ciel.

Après cela, est-il^ surprenant que MM. Tessier ot' Evanturel aient insisté dans le conseil, à faire poursuivre criminellement M. Cauchon pour avoir trop pay«* aux entrepreneurs^ d'Ottawa? Ces deux hommes sont si petits par leurs osuvres, qu'ils sentent ne pouvoir m* distinguer qu'à la manière d'Erostrate. Ils veulent pousser jusqu'au sublime, la vengeance et la haine : mais ils ne sont encore arrivée qu'au ridicule, et je n'ni pour eux, moi Biaise, que le sentiment d'une profonde pitié.

Vous ave» reproduit l'article du Journal, où M. Bvaitturel est accusé d'avoir emploj'é l'argent de la colonisation pour perdre M. Cauchon dans le comté dt* Montmorency. Le Canadien, n'a pas osé nier parceqn'îl sait, dit-on, que deux affidavit» attendaient sa dénégation pour le convaincre de mensonge.

M. Pjvanturel a dit en chambre, que le pont de St. Féréol avait été fait avec du bois pourri, et qu'il avair nn morceau de ce même bois dans son bureau. Cette

* Des édifices pArlementaire».

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nasertion a réveillé mon désir de connaître à fond la vérité, et j'ai trouvé, en allant aux renseignements, que l'homme qui présidait à la construction du pont, est un <mvrier de premier ordre, spécialement pour ce genre «l'onvrage ; que les lambourdes du pont, devaient avoir 00 pieds de longueur sur 8 pouces d'épaisseur et 1() ))00ce8 de hauteur ; que parmi les pièces de bois sur place, il s'en trouvait une, qui avait 16 pouces de hauteur aur 13 d'épaisseur, que sur ces 13 pouces il y avait au plu», en un endroit, IJ pouce de bois qui n'était |Mis sain, mais qu'en ôtant ce pouce et demi de bois malsain, il serait encore resté à la lambourde, plus de ;> pouces d'épaisseur de plus qu'il n'était besoin, et que, comme le bois malsain était parûiitement sec, et ne pouvait gâter la partie saine, le charpentier préféra laisser la pièce telle qu'elle était, persuadé qu'elle serait encore beaucoup plus résîstable que les autres lambourdes ; que par méchanceté, d'autres parties du pont ont été défaites, et que le pont est aujourd'hui, en (langer d'être emporté par la glace ; que les œuvres du pont ont été si mal faites, par le candidat-conducteur, qn'elled sont déjà défoncées en plusieurs endroits, et (jne le gaspillage de l'argent public a été honteux en cet endroit. Il parait, que cela sera prouvé comme le reste si un défi est porté.

Le pauvre ministre de l'agriculture, a voulu se vanter en chambre, d'avoir distribué l'argent public [partout, «ans regarder si les localités favorisées étaient ou non hostiles au gouvernement f mais que vous ont dit MDf. Beaubien, Dufrcsne, Dunkin et autres ? Que pourront dire MM. Chapais, Fournier, etc. ?

•M. Evanturel a fait un appel à M. Dufrcsne ; ^ mais

* Joseph Dufresne, député de H ontcalm.

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ii'espère-t-il pas, par là, gagner M. DaiVesne, et ne le disait-il pas l'autre jour à un député : '' Quand on perron que j'ai donné 1600 à ce vieux maudiMài et que le crapaud vote bien contre nous ! "...Yoilà le patriotisme en action. On dit qu'il connaît un moyen invincible, pour gagner les députés rétifis, et qu'il l'a indiqué. Il ne croyait pas, à raison^ mais il croyait à tort, faire de l'esprit.

II a répandu à flots, dans le comté de Montmoreocv. le Canadien où se trouve l'article copié du Mercury^ sur le rapport de la comission d'Ottawa. On assure qu«^ les ministres eux mêmes sont désappointés, et qu'ils voudraient bien aujourd'hui, que cette commission, qui a coûté si cher, n'eût jamais existé. Pourquoi M. Evanturel n'a-t-il pas mis dans le même numéro dn Canadien^ le compte-rendu du procès des Aylward pbur prouver au comté do Québec, comme il sait voter la mort« mm phrases^ des innocents ? Car il est bon que les hahitantsdececomté, qu'il veutarracher à leur fidèle et habili* représentant, connaissent le caractère de celui qui veut le» convertir. Vous sentez bien que si M. Barthe, p»r exemple, vous disait : '^ Ne soyez pas hypocrite." eu parole aurait moins d'effet sur vous, que n*avait eelU» de Démosthène sur les Athéniens, quand il leur criai; du haut de la tribune ; " O hypocrites ! "

Le comté de Québec, en ce moment, ne dort pa>. soyez-en sûr. Il veille sur les faits et gestes de son représentant, et il s'aperçoit que non-seulement il n'y a pas de capacité cjiez lui, mais encore, qu'il manque de sincérité et de bonne volonté. La paroisse de Beauport qui se dévouait pour lui dans sa dernière élection, t>e trouve honteusement tix>mpée et est irritée au dernier point. Celle de Charlebourg s'ébranle comme sa voisin*', et est déjà considérablement divisée pour le même

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