‹ Les Guêpes canadiennes [microforme]Chapitre 20 sur 62 · LÀ · texte numérisé non relu

LÀ

rnb menienee en eve

ner,

rremmEsEré ten

en mener drniieennanenns . rene Ent gt ere name

en ste? cran mir

116 LES CHRONIQUES QUÉRBECQUOISES.

--Sandfield.—McGee, c'est toi trop chaud—c'est toi mettre ta derrière sur ton chaise.

—Foley.—Je ne pas comprendé mossiou.

—McGee, furieux et la crinièré au vent.—Il faut qu'Evanturel s’en aille ou je partirai, moi.

—Sandfieid.—$Si nous n'étions pas si près de la session, vous partiriez tous les deux, et je suis parfaitement convaincu que le ministère n’en souffrirait pas beaucoup. Toi, McGee, je sais que tu as dit à plusieurs de tes amis, (mais tes amis deviennent plus rares chaque jour), jue si tu n'étais pas si pauvre, il y a longtemps que tu nous aurais laissés; mais prends mea avis, ainai qu'Evanturel ; réfléchissez-y avant de résigner, car, #i vous partez une fois, vous ne reviendrez pas de sitôt. Des hommes comme vous autres, n’ont pas de pareils accidents deux fois dans la vie.

MeGee frappe de colère sur la table et veut se précipiter sur Evanturel.

—Evanturel.— Approche, mon s... p... d'irlandais ; et il brandit un gros bâton. On se précipite entre les deux combattants, et Tessier qui a cessé ses promenades, en retient un d'une main, et le second de l’autre ;

—Mes amis, dit-il, comme nous sommes fous de nous quereller, tandis que nous faisons si bien nos petites affaires ici. Vous, MeGee, avez-vous jamais rèvé que vous auriez un jour, cent quatre louis par mois ? Et vous, Evanturel, qui ne m'aimez pas, je le sais, vous avez désiré, mais avez-vous jamais cru que vous seriez un jour ministre ? Voyons, soyons de bon compte. À part votre salaire de £1,250, ne partagez-vous pas avec moi l'aubaine des impressions que le gouvernement donne au Canadien ? Avez-vous oublié, que nous imprimons la version française du rapport de la commission d'Ottawa ? Par vor

moyens —Eva famille.

Tu place part des des tra Jimon !.

—Tess du plane —Evai hypocrit —McG -—Evai —Fole c'est mie

Le mèl

Sandfie droite av chose sér subiteme:

turel qui all sem] that calf's

Cette q les deux par deux banc des cortége.

Ce fut :

* Terme

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 117

indiscrétions et vos parolis * aux coins des rues, vous nous exposez à nous faire perdre les nombreux petits moyens que nous avons de faire fortune.

—Evanturel.—S... gredin qui ne pense qu'à toi et à ta famille. Pour deux avantages que j'ai, tu enas dix. Tu places ton cousin à l'hôpital de la Marine, tu as tu part des profits du Canadien, tu es l'avocat du bureau des travaux publics, tu reçois tes £1,250, et l'affaire Jimon !...

—Tessier.—Si vous voulez m'insulter, je vous parlerai du planchéiage du shed de l'hôpital de lu Marine.

—Evanturel, levant son bôton.—Tessier, s....traitre. hypocrite, je te casse le crâne.

—McGee.—bejapers, Tessier, l’Il help you.

-—Evanturel agite son bâton de droite et de gauche.

—Foley.—Si c'est vous fesser, c’est vous faire mal: c'est mieux vous être tranquille.

Le mèlée devient générale.

Sandfield qui n’a pas cessé un instant de flatter sa botte droite avec ses deux mains, commence par trouver l4 chose sérieuse et veut rétablir l’ordre. La séance est subitement levée. Tessier et Sicotte entraînent Evanturel qui brandit toujours son bâton. Foley et McDouall s'emparent de McGee qui crie: Bejapers l'U break that calf's head or my name is not McGee the curly.

Cette querelle avait produit tant d'éclat que, lorsque les deux champions étaient entraînés hors de la salle, par deux portes différentes, tout le banc et l’arrièrebanc des messagers étaient sur le passage dn double cortêge.

Ce fut un grand scandale !

* Terme populaire, signifiant : bavardage.

118 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

J'ai encore bien des choses à vous dire, mais le temps me manque. Dans ma prochaine, je vous raconterui une conversation intime, qui a eu lieu dans le burean du procureur-général, au sujet de la nomination de M. Bureau.

Votre plus fidèle, BLAUSE.

MONSIEUR LE RÉDACTEUR

C'est encore moi, comme vous voyez. Je viens vous demander protection contre mes nombreux ennemis ; on me traque comme une bête fauve, et l'on veut m'atteindre à tout prix. Sans compter les précautions que M. Tessier prend pour s’envelopper de mystères, et pour échapper à ma vigilance, la rédaction dn Canadien a donné l’ordre, que l’on tint à distance les visiteurs. Ainsi, on a dit à M. Bélanger, l’assistantrédacteur et au commis, dont le nom m'échappe en ce moment: ‘“ Quand les amis viendront vous voir, vous les recovrez à la porte.” IT faut vous dire aussi, pour ètre de bon compte, qu’il n’y a qu'un méchant rideau qui sépare le bureau de la rédaction du magasin; mais allez donc recevoir vos amis à la porte, par un froid de vingt-sept degrés.

M. Barthe est toujours pâle. Une fois, marchant derrière lui, je l’ai entendu parler tout seul. Si je ne me trompe, il faisait son examen de conscience. car j'ai entendu assez distinctement ces mots : Trépassé, Mgr. Hubert, Pie IX, Clergé, Propriété-Viger, Indennités de 1837, Mandement de Mgr. Bourget, Canada reconquis, Traduction de la commission du Grand-Tronc.

Bienfait je craig l’autre

Seuleme

sentait

Le gou M. Wick:

que cett.

gouverne aux privi toute un attend p rendre 5 publics le le Canad:

Une at est-Ce que

Est-ce qu l'égard de pas été ca commune dirait d'u frappe.

L'électi assure, ur pour les

entendu 1] Mais aprè:

M. Allan.

* Nom dot et alliés poli

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 119

Bienfaiteur, Oncle, Père, Mère, Institutrice. Comme je craignais d’être surpris en flagrant délit, j'ai pris l’autre côté de la rue, et je n'ai plus rien entendu. Seulement, à distance, je le voyais s'arrêter court, et frissonner comme si quelque fantôme hideux se présentait à sa conscience.

Pauvre Barthe ! Il est à plaindre après tout, et quand je le vois tel qu’il est, je suis porté à croire à la fatalité.

Le gouvernement vient de révoquer la commission de M. Wicksteed, greffier en loi de la chambre, sous prétexte que cette commission donnée l’année dernière par le gouvernement Cartier-McDonald, est une atteinte portée aux priviléges de la chambre. Le cabinet a laissé passer toute une année sans révoquer cette commission, et attend précisément l'ouverture des chambres, pour rendre son procédé plus amer à l’un des serviteurs publics les plus dévoués et les plus capables qu'ait eus le Canada.

Une atteinte aux priviléges de la chambre !...Mais, est-ce que la chambre a protesté contre cette nomination ? Est-ce qu’elle a pris, en quoi que ce soit, l'initiative à l'égard de cette question ? Non, mais le ministère n’a pas été capable d’un acte généreux, ou même de la plus commune décence, dans ses procédés administratifs. On dirait d’un chef d'esclaves qui tient le fouet, et qui frappe.

L'élection de l’Orateur du conseil législatif est, je vous assure, un grand échec pour mes amis les rouges et pour les clear-grits * aux faces blèmes. On a même entendu M. Dessaulles dire tout bas: ‘“S...canaille.” Mais après, il s’est ravisé, et il a secondé la motion de M. Allan.

+* Nom donné aux partisans de la réforme, dans le Haut-Canada et alliés politiques du parti libéral du Bas-Canada.

120 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

M. Pierre Benoit, le nouveau député de Napierville, a pris son siège en chambre la semaine dernière; c'est à tout prendre, urie amélioration sur l’autre, Jacques O. Bureau. Après la séance, je l'ai vu prendre par le bras un ami, à moi inconnu, et lui dire :—“ c'est Bureau qui est bien malade.—Oui, comment ?—I1 a une maladie sérieuse.—Que veux-tu dire ?—Son élection, sais-tu qu'il est en danger de la perdre? Cependant ici, je dis à tout le monde, qu'il est certain de la gagner. L'affaire de St. Rémi lui fait un dommage du s...”

Je vous disais il n’y a pas bien longtemps, mais je ne me rappelle plus dans laquelle de mes lettres, que M. Evanturel avait parlé longuement à M. Sicotte pour le détourner de prendre M. Bureau dans son gouvernement; maintenant, je suis en position de vous raconter la conversation qui a eu lieu. Je ne vous dirai pas de quije la tiens, câr je ne veux compromettre personne, pas même les messagers qui sont de bons diables après tout, et qui font leur besogne pour le moins aussi bien que leurs maîtres. Ces bonnes gens répudient la doctrine de Talleyrand, et soutiennent que la parole a été donnée à l’homme pour parler. Mais arrivons.

Le bureau du proeureur-général est au-rez-de-chaussée, célèbre autrefois par les luttes de deux journaux Québecqois. * On entre à gauche; on fait une volte-face ‘le gauche à droite pour se trouver dars une sorte d’anti-chambre qui n’a, pour tout ornement, que quelques bouquins, une table vermoulue, et une épaisse “ouche de poussière. C'est là qu'attend M. Evanturel. 11 frappe à droite, et une voix solennelle lui dit: entrez. Le ministre d'agriculture en se précipitant, s'accroche la barbe sur un clou malencontreux, à moitié enfoncé

teens ee cé cp ne

* Le Journal de Québec et le Canadien.

dans le se décro se dérid travailla des pein ses crin humeur, va-et-vie M. Evan la fenètr tuelle de nant sui chaque faire pli ces paro te voilà —Eva chapeau :

—Tese — Eva pour de:

conversA comme à seur —Tes:

fais accr sion ; Ca l'opposit réélu.

—Hvya fin de la — "Tes:

session 1

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 121

dans le cadre à gauche ; et pendant qu'il se démène pour se décrocher la crinière, la face du profond jurisconsulte se déride subitement et la loi rit aux éclats, L'autre travaille toujours, et il finit par se débarrasser après des peines infinies, et non sans laisser quelques-uns de ses crins sur le champ de bataille. Il est de mauvaise humeur, et ses sourcils épais ont un mouvement de va-et-vient presque sinistre. M. Sicotte rit toujours. M. Evanturel, en regardant à gauche, aperçoit près de la fenêtre son ami M. Tessier qui, dans la pose habituelle de ses mains, ressemble à un loup-marin se trainant sur la glace, ou à quelqu'un portant un pain sous chaque bras. La présence du collègue ne parait pas faire plaisir au ministre de l’agriculture, qui lui adresse ces paroles comme pour lui dire :—“Va t-on :” Tiens, te voilà Tessier. —Oué !

—ÆEvanturel.—Notre chef consent il à te donner le chapeau ?

— À. Sicotte rit toujours.

—Tessier.—Qui t'a dit que je le demandais ?

—ÆEvanturel.— Ecoute donc, Tessier, nous prends-tu pour des niais? Ce que je te dis là, est un sujet de conversation dans la rue, et Letellier même en parle comme un homme qui se croit certain d’être ton successeur

—Tessier.—Oné, Letellier, il croit ça, lui, et je le lui fais accroire pour qu’il nous soutienne pendant la session ; car il est mécontent et disposé à nous faire de l'opposition. : Mais il est bien certain de n'être jamais réélu.

— Évanturel.—J'espère que tu attendras au moins à la fin de la session,

—Tessier.—[l faudra bien; mais j'ai bien peur que la session ne soit pas longue.

122 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES,

—Evanturel.—Tu as peur de perdre ton chapeau à trois cornes.

—Tessier.—La vie publique n’est pas si agréable et si c'était à recommencer, je dis bien que je ne recommencerais pas.

—Sicotte.--Ne parlez pas si fort, Blaise pourrait bien vous entendre.

——Tessier, plus bas.—Ce misérable m'a ôté complètement le sommeil. Il m'accompagne le jour dans mes moindres actions, et me poursuit la nuit dans mes rêves. Mon principe hygiénique est de me tenir les pieds chauds et la tête froide; maïs comment suivre mon régime, lorsque celui ei, me fait sans cesse refluer le sang de la plante des pieds au cerveau.

—Evanturel.—Sans passer par le cœur !

—Tessier.—Oué! Tu fais le fin toi. Si c'était encore des mensonges qu'il dirait; mais ce sont des vérités, et il entre dans des détails décourageants. Quand j'arrive dans mon bureau, je ferme mes portes ; je garde le plus profond silence et je m'écoute souffler pour m'’assurer qu’on n'entend pas ma respiration au rez-de-chaussée ; mais Blaise a une oreille d’une finesse extrême, ct des yeux à la perdition de mon dme. Je le sens, je le vois partout.

—Evanturel.—Mon Dieu, il y a longtemps Tessier, que tu as la réputation d’être discret. Un jour tu descendaiïs la rue Haldimand. Un confrère qui te connaissait bien, dit à un ami, en te voyant de loin : ‘ Sais-tu pourquoi Tessier tient ses deux mains dans ses poches ?

—L'ami. —Pourquoi ?

—Le confrère.—Parcequ'il ne veut pas que sa main gauche, sache ce que fait sa main droite.

Tessier. —Oué. C’est encore un fin celui-là,

——Ev n'ont-ile —Tes plus mo — Eva marin.

Pend sort fur culture.

—Sic pour Te ——Ev:

crite ; i gagné 8 de plus & ——Sic —Ev:

dans le —Sicc —Eva pable.

——Sica nous, et —Eva fort; m ministèr faire cel:

grande 1 —Sico gens Îles tendent.

les autre personn graves, (

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 123

——Evanturel.— Pourquoi done, Tessier, tes confrères n'ont-ils confiance qu'à ta parole écrite ?

—Tessier,—Si nous étions ailleurs peut être serais-tu plus modéré dans tes } aroles.

—Evanturel.—Je n'ai pas peur de tes pattes de loupmarin.

Pendant que Sicotte rit à gorge déployée, Tessier sort furieux et le laisse seul avec le ministre d'agriculture.

—Sicotte.— Pourquoi Evaniurel, êtes-vous si méchant pour Tessier ?

—Evanturel.-—Ah ! le 8...:...il est si traitre, si hypocrite ; il nous vendrait tous pour trente-sous, et il a bien gagné son nom. Mais je viens ici pour quelque chose de plus sérieux.

—-Sicotte.—Qu'y a t-il donc, mon cher Francis ?

—Evanturel.—Je vois que vous voulez prendre Bureau dans le gouvernement.

—Sicotte.— Pourquoi non ?

—Evanturel.—D'abord, parceque Bureau est un inca. pable.

--Sicotte.—Mon Dieu ! on dit celà de moi,de chacun d nous, et de vous spécialement.

—Evanturel (piqué).—Je sais bien que je ne suis pas fort; mais moi au moins, je fais les honneurs de ministère et je donne des diners, Bureau ne pourra pas faire cela. Je cherche même à louer ou à acheter une grande maison pour mieux recevoir.

—Sicotte.—Les diners ne font pas grand’chose; les gens les mangent et votent ensuite comme ils l'entendent. Moi mème je ne déteste pas les diners, chez les autres, et j'ai même plus d’une fois, diné chez des personnes contre lesquelles je disais les choses les plus graves, dans mes conversations. Pour ma part je ne

124 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISÉS.

donne pas de diners. Je n’en donnais pas davantage quand j'étais Orateur, bien qu'on me dit que c'était précisément pour celà qu'on me donnait £800 par année. /

=-Evanturel.---En effet, je me rappelle que Marchildon* vous à fait comprendre une fois, que vous n'étiez pas prodigue sous ce rapport, en vous disant en pleine chambre, qu'il n'avait pas encore eu l’honneur de diner avec vous.

—Sicotte.—Marchildon à pu dire ce qu'il a voulu, et le public a pu penser comme lui, mais moi, j'ai cru que ces £800 là, se trouvaient mieux placés dans ma poche. que dans celle des patissiers et des marchands de vin. John A. McDonald et Cartier ont bien donné des bals et des diners; les gens qui en ont profité en votent-ils plus avec eux pour tout celà ? Sandfield a aussi donné «les bals et des diners; quand il était Orateur, il donna un bal qui coûta £500. Après la leçon qu'il donna tt lord Elgin en 1853, plusieurs membres lui firent la promesse de le soutenir à la prochaine élection d'Orateur. et cependant, ces députés votèrent pour moi qui ne leur avais pas donné de diner. Dessaulles fait dex calculs, pour prouver qu'un ministre, ne peut pas mettre à part plus de $1000 par année; moi, Sicotte, je veux pouver dans ma personne, qu’on peut au moins en mettre 84000.

—Evanturel.—Mon cher procureur - général, allons droit sau but. Vous savez bien, entre nous deux, que notre cabinet n’est pas bien fort.

--Sicotte.— Vous parlez pour vous, sans doute.

—Evanturel.—Nous ne sommes pas ici ponr nous faire des compliments, maïs, puisque vous m'avez choisi pour

* Autrefois député du comté de Champlain.

ètre l’v avez di ce sera —$Sid choisir me tr mai de diez-vo Es ne vois ne sais de vea Blaise, bien, image On m l’autre, —$i ment; quel es!

——Ev voulez apparte rouges mauvai le cabir publiqu vous vc du cabi:

bien re regrett:

—$Sic —Ev un coté

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 125

être l’un de vos collègues, je dois supposer, que vous avez dû faire un bon choix, car supposer le contraire, ce serait faire un mauvais compliment à votre jugement.

—$Sicotte.—I[l y a telle circonstance où l’on ne peut pas choisir, et vous avouerez, mon cher Evanturel, que je me trouvais précisément en.cette circonstance-là, en mai dernier. Soyons francs; vous-même, vous attendiez-vous à être ministre ?

--Evanturel.—M. Sicotte, vous devenez personnel, et je ne vois pas pourquoi. Cartier qui m'en a toujours voulu je ne sais pour quelle raison, a dit, que j'avais une cervelle de veau; eh bien! tous nos collègues trouvent avec Blaise, que vous êtes une belle image, que vous posez bien, mais quand il s’agit d’administrer un pays, une image ne vaut guère mieux qu'une cervelle de veau. On mange l’une, quand on a faim, et on regarde l’autre, sans fin.

—Sicotte.—Evanturel, vous devenez spirituel, vraiment; vous faites des calembourgs. Mais finissons-en ; quel est réellement l’objet de votre visite ?

--Evanturel.—Eh bien! je venais vous dire, si vous voulez ne pas m'interrompre, que vous et moi, nous appartenons à l’ancien parti conservateur; que les rouges dont Dorion est le chef, nous voient d’un très mauvais œil ici; que j'ai vu avec chagrin, l’entrée dans le cabinet de M. Dorion, qui n’était plus dans la vie publique, et avec plaisir son éloignement ; que j'espérais, vous voir porter vos efforts vers une réorganisation du cabinet, prise dans l'élément conservateur; qu'il est bien regrettable, que Loranger ait refusé, et plus regrettable encore, que vous ayez été vers Bureau.

—S$Sicotte.—Qu'avez-vous contre Bureau ?

—Evanturel.—J'ai, que c’est un rouge ; un homme dont un coté du visage rit, tandis que l’autre pleure. En le

126 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES,

mettant dans le cabinet, vous y placez un espion des rouges; mais j'espère que l'accident de St. Rémi va nous en débarrasser.

Comme M. Evanturel prononçait ces dernières paroles, on frappe à la porte, et le procureur-général crie: ouvrez.

--M. Tessier entr’ouvre la porte et dit :—- As-tu bientôt fini, Evanturel ?

—Evanturel.—Qu'est-ce que cela te fait? Je parle d’affaires importantes.

—Tessier.—ÆEt moi aussi, j'ai à parler d'affaires impor tautes, Je voudrais demander au procureur-général, la permission d'acheter une paire de ciseaux de trente-sous, une fiole d'encre de trois sous, pour six sous de yalon rouge, pour deux sous d'allumettes chimiques, et une main de papier de trente-six sous, cette dernière est le plus gros item; mais comme j'en ai absolument besoin, pour écrire les questions que j'envoie à Bristow, Brown et Sheppard, j'espère qu'il ne me refusera pas,

--Sicotte—Vous êtes bien extravagant, mon cher Tessier ; le lendemain du jour, où je vous donnais le portefeuillé de ministre des travaux publics, je vous ai vu poser un trottoir neuf devant votre maison. Je vous avais eru jusque-là plus économe. Pour les ciseaux, vous pourrez vous servir de coux que vous avez reçus du conseil; l'encre, idem; le galon rouge, idem; les allumettes, idem. Quand au papier, si vous tenez à conserver celui que vous a donné M. Taylor, * vons pourrez recueillir avec soin, les dos des lettres adressées au bureau des travaux publics, et en faire votre affaire.

Voilä, comme je pratique l'économie avec mon salaire,

* Greffier-assistant et distributeur de la papeterie, au conseil législatif.

vt voilà et il fau vous,

M. Te

suivre S

—Eva sur Île coûter lé mouski !

——Sicc nous ne d'ailleur arrive, de bon, tinances, un défici d’éconon en plus 1 et la dé esten g sommes Vous de que je n” m'a refus

Eva tres! M Cauchon tant, si j

—-Sico je sens | rouges, € pardonn:

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 127

vt voilà aussi, comme vous la pratiquez pour lo vôtre ; et il fuut faire pour le public, ce que vous faites pour vous,

M. Tessier fait une profonde révérence, et promet de suivre strictement les ordres,

——Evanturel.—C'est toujours Tessier, il marchandera sur le prix d’une allumette souffrée. Comment vu coûter le raccommodage de la chemise du quai de Rimouski ?

—-Sicotte.--Ne nous déchirons pas les uns les autres, nous ne l'avons fait que trop jusqu'ici. En ce moment d’ailleurs, je suis porté aux réflexions sérieuses, La session arrive, Howland est malade, pour rire ou pour tout de bon, nous n'avons conséquemment pas de ministre des tinances, les comptes publics ne sont pas prèts nous avons un déficit de trois millions de piastres, malgré les 85000

d'économies que nous avons faites sur la liste civile, et en plus les $80,000 que nous avons dépensées à Ottawa. et la dépense de la commission financière. Bureau esten grand danger de perdre son élection, et nous sommes menacés d’un interrègne en pleine session. Vous devez comprendre, que si j'ai pris Bureau, c’est quo je n’ai pu faire autrement, et parce que Loranger m'a refusé.

—-Evanturel.—Ne pouviez-vous, vous adresser à d’autres! Moi, j'aimerais même mieux voir Cartier et Cauchon ici, que Dorion et Bureau; et Dieu suit pourtant, si je los aime beaucoup. |

—-Sicotte.—On n’arrange pas ces choses avec la main: je sens bien comme vous, que je suis à la merci des rouges, et je sais tout autant que vous, qu'ils ne me

pardonnnent pas d’avoir appartenu au Cabinet Cartierù

128 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

McDonald, sourtout lors du double shuffle, * qui les « éloignés pour quatre ans du pouvoir; mais que faire ? Cartier et Cau“hon sont un peu trop forts pour me servir d'instruments, et à leurs yeux, je joue un piètre rôle. Je me suis embarqué sur un mauvais navire, et je ne puis, le sort en est jeté, l’abandonner qu'après le nautrage. Mon pauvre Evanturel, ne parlons donc plus de veite affaire.

M. Evanturel sort triste en redisant à demi-voix : cet homme est entêté comme une mule, et il court les yeux ouverts à sa perdition.

Le Pays disait dans un de ses derniers numéros : —“Qu'est-ce que M. Bureau ? Un libéral éprouvé! Oui, dit quelqu'un, un libéral réprouvé à St. Rémi ! ”

Un ami m'écrivait hier, au numéro 478? : Mon bien cher, veuillez donc conseiller aux bons habitants du collége de DeLorimier, pour édifier sur les œuvres patriotiques et humanitaires du gouvernement dont M. Bureau fait aujourd’hui partie, de promener dans les paroisses de leur collége, le vieux patriote courbé par l’âge et appuyé tristement sur son bâton, sa seule ressource après ses longs services ; l’aveugle Raymond, demandant, les larmes dans la voix, du pain pour sa femme et pour ses jeunes enfants ; le poitrinaire Cherrier, appuyé sur le bras de sa vieille mère éperdue, et conjurant les passants, d’une voix éteinte, d’avoir pitié de leurs deux infortunes.

“Crise ministérielle de 1858, pendant laquelle les nouveaux ministres, pour éviter de se présenter devant leurs électeurs pour réélection, s'étaient fait nommer un jour à un poste ministériel et le lendemain à un autre. Ils s'appuyaient, pour en agir ainsi, sur une clause de l'acte de l'indépendance des membres, qui exemptait de la réélection un ministre abandonnant un portefeuille, RES en accepun autre, avant l’expiration d’un mois.

Dites ques du Aylwar leurs À meurtriè

Je m'a

M. Ho “il y vie manière:

dispepti d'autres, cuisse ga celà il ne

M. Ho et attend le cabine un siége sur la ga:

Holton, monétair haut de I.

surveille et à épi séances.

députés.

Dans nouveau coup; il

Je vou tre est e même sf d'une m:

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES, 129

Dites leur encore, de placer en face des vertus antiques du bureau-secrétaire, les cadavres sanglants des Aylward, et de demander au moins, un sursis pour leurs âmes précipitées avant le temps, par la main meurtrière du pouvoir, dans l'abime infini de l'éternité.

Je m'arrête ; le cœur me saigne et je me sens pleurer.

M. Howland n'est pas encore à Québec, et qui sait il y viendra jamais. On explique celà, de bien des manières. Les uns disent qu'il est phthisique ; d’autres, dispeptique ; d’autres, qu'il a un abcès au côté droit: d'autres, le charbon au bras; d’autres, en haut de lu cuisse gauche, et que sais-je encore. Mais pour tout celà il ne vient pas. |

M. Holton regarde son siége d’un œil de convoitise, et attend avec inquiétude, le résultat de la session. Si le cabinet échappait à la mort, alors M. Iolton achôterait un siége dans la chambre basse, et se ferait inscrire sur la gazette officielle en ces termes pompeux : ‘“ Luther Holton, ministre des finances et fabricant de systèmes monétaires.” Pour le quart-d'heure, je l’observais du hant de la tribune des rapporteurs, son rôle consiste à surveiller son protégé, M. Dorion, à lui donner des avis. ct à épier les mouvements des membres après lex séances. J'ai entendu, à Ce sujet, murmurer plusieur« députés.

Dans ma prochaine lettre, je vous parlerai d’un nouveau fait ministériel, qui vous scandalisera beaucoup; il n’est pas encore tout accompli.

Je vous dirai, pour votre gouverne, que le ministère est en danger de mort imminente. M. Sicotte per(l même sa beauté plastique, et ses traits se détendent d'une manière décourageante. Ce qui le rassure un

130 LES CIRONIQUES QUÉBECQUOISES.

peu, c’est qu’il est adossé à l'honorable François, * M. Tessier est la physionomie même de la défaite.

Un correspondant du Canadien qui signe : Un élève de l'université- Laval, me fait deux reproches sanglants, celui de cacher mon nom pour insulter, et l’autre, de me dire faussement élève de l’université. Au premier, je répondrai que je n’injurie pas, et que lui, en insultant sous le voile de l’anonyme, un homme publie d’une bien autre valeur que M. Tessier, il m'’absout de m'appeler par mon nom Blaise, quand je n’écris que des faits; au second, que je suis véritablement, quoiqu'il en dise, un élève de l’université-Laval. Je lui conseille de relire mes lettres, il y trouvera que je n'ai jamais étudié que la loi! J'ai seulement dit, que le Dr. Jiarue était l’un de mes professeurs, parce qu'il est l’un des professeurs de l’université.

Je puis dire à mon adversaire, comme je l’£i dit à tant d’autres: Vous avez raison, je ne suis pas fort. mais il est évident, que j'ai des condisciples qui sont encore moins forts que moi. Moi, je n'écrirais pas: —4 Le lait généreux d'une mère;'' “patés amplhigouriques ; ’ “ bouffonnerie naturelle, ete.” Heureusement que ces mauvaises locutions ‘ n’atteignent pas le noble front de l’université-Laval.” Je suis mème portée à croire, que l’université portera encore son front bien haut, quand “ mon professeur de procédure ” n'y sera plus. Je termine en disant à mon adversaire, comme Chateaubriand : ‘Calomniateurs corrompus, ayez Île courage de dire qui vous êtes; un peu de honte est bientôt passée. Ajoutez votre nom à vos articles, ce ne sera qu’un mot méprisable de plus.”

À bientôt, M. le Rédacteur, BLaIss.

* Xvantnrel.

Monsreu

Dites devoir e de tous | me pour et me v Tessier s ou moin sérieuse de l’ence ont pris obligés d Tessier c si, pour | fois, j'ai n'aurais moment uutres e Nous avo que notre seur pou élèves, es contre le que je ne bien. J’:

solennité, 1775, la Un mom:

m'a empi de Charle du reste lèvres av inpassi bil

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

MoNsIEUR LE RÉDACTEUR,

Dites maintenant que je ne suis pas un martyre du devoir et de la vérité ; dites que je ne suis pas traqué, de tous les côtés, comme une bête féroce ; dites qu’on ne me poursuit pas avec acharnement, pour me surprendre et me vouer à la vengeance de mes professeurs. M. Tessier s'était déjà fait donner plusieurs certificats, plus ou moins suspects; mais cette fois, la chose devient sérieuse ct le dernier certificat, le croiriez-vous, procède de l'enceinte même de l’université. Les pauvres élèves ont pris l'alarme, et pour être bien avec lui, ont été obligés de déclarer: qu'ils n'ont rien à reprocher à M. Tessier comme professeur. Vous comprenez bien que, si, pour les motifs que je vous ai déjà révélés plusieures fois, j'ai gardé jusqu'ici le plus parfait incognito, je n'aurais pas été assez insensé de me découvrir dans un moment aussi périlleux. J'ai donc dû faire comme les autres et protester, comme eux, de mon innocence. Nous avons tous signé comme des braves, et.vous voyez que notre indignation, à la seule idée que notre professeur pouvait ressentir les taquineries de l’un de ses élèves, est montée jusqu’au ciel pour y crier vengeance contre le médisant. Je vous avoue en toute sincérité, que je ne me croyais pas capable de m'observer aussi bien. J'ai pris la plume avec autant de gravité et de solennité, que les hommes illustres qui signèrent en 1775, la déclaration de l'indépendance des Etats-Unis. Un moment le fou-rire m'a pris, et je ne sais ce qui m'a empêché, à l'instar de Cromwell, signant la mort de de Charles Ier. de barbouiller le visage de mon voisin du reste de mon encre; mais je me suis mordu les lèvres avec violence, et ma physionomie a gardé son inpassibilité.

DENT qu te € mn Se mp

133 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES,

Vous avez vu notre protèt, n’en soyez donc pas sûr: pris, et ne m'en tenez pas non plus -” cune, car je vous resterai fidèle jusqu'à la fin. Mais ici quelque chose do plus grave.

L'Ordre * trouve que je suis lourd, et que je n'ai pas d'esprit. Il ajoute que Montréal est parfaitement in: différent à mon endroit, et que Québec seul, s'occupe un peu de moi parcequ'à Québec, l'intelligence n'est pas une marchandise qui prédomine. Cependant, je veux lui rendre justice; malgré mon peu d'esprit et ma lourdeur, il m’accorde un peu d'habileté. Merci ; je ne me croyais pas aussi riche, car vous le savez, je vous ai dit jusqu'à vons ennuyer, que j'étais pauvre de toute chose, excepté de la vérité, à laquelle je tiens de toutes lès forces de mon âme.

Ce n'est pas tout le monde qui a de l'esprit comme M. Fabre; il a fait ses preuves. lui, il y a déjà bien longtemps. Quel est donc, disais-je l'autre jour, à l’uv de mes compagnons d'étude, “ ce jeune homme à la taille un peu élancée, an regard douteux, à la face blème et plâte, à la lèvre mince et vaniteuse, au front: bas mais penché en arrière et content de lui-mème, et à la démarche plus prétentieuse encore ? ” —“ Comment, dit mon ami, est-ce que vous ne connaissez pas M. Fabre, écrivain si célèbre par l’'embonpoint de ses phrases, et la maigreur de ses idées.”--Mais au moins il a beaucoup d'esprit, dit-on Oui vous allez le voir. Tout ce qui procède de lui, est marqué au coin de la plus parfaite convenance, et toutes ses paroles saupoudrées du sel attique le plus pur. Voyez par exemple ;

* Journal publié autrefois à Montréal. M.J. À. Genand, maintenant l’un des traducteur français aux communes, en a été long temps le principal rédacteur,

‘bruyante

il faisai Montréal niscence de faits parfaiten profusio vraient mais, en fut donc ces parol diennes po

L’'enth et l’indig

comme rents, at paraissai cette phr les journ mais qua saluer Cé phrase, i semblez :

passage, :

phrase.”

A la« démocrat obscure mémoire

—Vou:

répondis-

Mon

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 133

il faisait un discours devant l’Institut Canadien de Montréal. Il avait dans la pensée beaucoup de réminiscences littéraires, de phrases colorées et brillantes, de faits historiques hermétiquement enbouteillés et parfaitement conservés. Illes jetait à l'auditoire avec profusion, et des applaudissements frénétiques couvraient sa parole convaincue et presque solennelle ; mais, en un moment fatal, sa mémoire lui fit défaut. Il fut donc livré à ses propres ressources, et il prononça ces paroles meurtrières de sa gloire. Les dames Canadiennes portent mieux leurs crinolines que leur fidèlité.

L’enthousiasme cessa, les applaudissements «e turent, et l’indignation de l'auditoire, étouffant sa voix, monta ‘bruyante jusqu'au plefond. L’'orateur fut frappé comme de vertige, il balbutia quelques mots incohérents, au milieu desquels on entendit ceux-ci, qu’il paraissait se dire à lui mème: ‘ Pourtant j'avais appris cette phrase malheureuse, comme toutes les autres, dans les journaux parisiens.”’—" Ah! oui, lui cria quelqu'un. mais quand le corbeau, dont parle l’histoire, voulut saluer César sur son passage, il prononça la mauvaise phrase, il avait oublié la bonne. Ah! oui, vous ressemblez au corbeau qui voulait saluer César sur son passage, vous ne vous êtes resouvenu que de la mauvaise phrase.”

À la colère succédèrent donc les rires, et l’orateur démocrate, s’en alla triste, s'asseoir dans le coin le plus obscure de la salle, se promettant bien d’avoir plus de mémoire une autre fois.

—Vous me surprenez véritablement, mon cher, lui répondis-je.

—Mon ami.—C'est dommage qu'il nous füille partir

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

pour le cours, M. Crémazie * attend ; car je te ferais part d’un curieux dialogue qui a eu lieu entre le rédacteur de l'Ordre, et celui du Pays ; mais nous nous reverrons,

Nous partimes ensemble, et sur notre chemin, nous saluâmes M. Tessier qui paraissait penser, je ne dirai pas à la loi, car le cours de procédure n’a lieu que tous les deux ans, et que nous l'avons eu l’année dernière. Une année de perdue sur deux, c’est une calamité bien capable d’attrister un professeur qui aime...ses élèves ! Je croyais que le certificat que nous venions de Ini donner, ramenerait la sérénité sur sa physionomie d'habitude si franche et si ouverte; mais non, il parait atteint d'une maladie morale, qui le conduit lentement vers le...banc judiciaire et cette triste maladie pourrait bien finir par avoir de fatales conséquences !

Le Journal de Québec a dit que M. Rémillard ne fait qu'un discours par année. C'est peut-être vrai, mais ce n’est pas juste à coup sûr. M'ect avis que M. Rémillard se montre moins souvent, pour se faire désirer davantage. Périclès, le célèbre orateur athénien, lui ressemblait en celà; le député de Bellechasse est donc un grand modèle. Démosthène qui, au début de sa

carrière, avait la parole embarrassée, pour vaincre cet.

obstacle à sa gloire, se promenait sur le rivage, et. lorsque les vagues en courroux, bondissaient bruyantes et terribles sur la plage, se mettant un petit caillou dans la bouche, déclamait avec véhémence. Mais lx nature a fait plus pour M. Rémillard; elle lui a donné, au lieu d’une parole embarrassée, une splendide accentuation, au lieu d’une mer agitée et mugissante, une paisible glace de mircir. La scène se passe dans la rue

* Jacques Crémazie, professeur à l’université-Laval et frère du poëte canadien Octave Crémazie, mort en France, au Hôâvre le 16 Janvier, 1878.

Couillar juillet grande

blanche bottes v Viger,* exquis et l'oncle quante l pensive, point d'e décisif d manuscri l'on ente ces mot Benjamin montre n qui préte

Le ne:

discours par und quelquefc mois d’un

L'oncle poitrine, expressio antique sanglots s'écrie: r nom. et « tu me fai

* Cordon

Page 1