‹ Les Guêpes canadiennes [microforme]Chapitre 22 sur 62 · ES · texte numérisé non relu

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son cousin le Dr. Tessier et le Dr. Robitaille qui sont médecins de la prison | Quelle scandaleuse affaire et quel tripotage !

BLAISE

MonsIEUR LE RÉDACTEUR.

Je vous ai dit bien des fois, que l'on me fait une guerre à mort; mais jusqu'ici, vous n'avez pas paru me croire, puisque je n'ai pas encore senti votre main secourable. Aujourd'hui, il n'y a plus de temps à perdre, le danger est imminent, et si vous ne me tendez les deux bras, je suis sûr de périr. La guerre d’extermination à commencé par les élèves *; maintenant ce sont les professeurs qui s’en mêlent.

M. Tessier aux abois, a évidemment demandé secours à l’université, et l’université lui a répondu par l'un de ses professeurs. Pourquoi le Courrier du Canada ne prend-il la défense que de M. Tessier, et pourquoi les autres ministres sont-ils laissés par lui, à leur fatale destinée ? C’est comme je viens de le dire, d’abord, parceque M. Tessier est un confrère-professeur, et ensuite, parceque le professeur malheureux, dans son désespoir est allé invoquer secours à &c..

Le Courrier dit: ‘“ Blaise a-t-il la conscience d'être juste, et croit-il même être habile, quand il s'évertue à faire prendre pour un niais, pour un imbécile, un homme qu’un de nos premiers établissements d’éducation a choisi, pour un de ses professeurs, qu'une de nos

* De l’université Laval.

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LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 145

premières institutions finuncières, a choisi pour son président ? ”

A celà, moi Blaise, je réponds: ce que vous dites ici ne prouve rien, et le jour, où M. Tessier faisait dans la salle de l’université son grand discours en faveur du pouvoir temporel du Pape,* ceux qui l'avaient choisi pour professeur, s’aperçurent qu'ils s'étaient trompés ; ‘de même que. l’inaction, où après quelque temps l’institution financière mentionnée, laissa son président, constate également l'erreur du choix commise par cette institution.

On ne connaît l’ouvrier qu'à l’œuvre, et il était trop tard, quand les deux institutions dont je viens de parler, purent apprécier l'ouvrier.

Le Courrier dit: “que l'espionnage semble être le moyen des correspondances en question ; la délation et le dénigrement l’unique bat que se propose l'écrivain qui les fournit.” Ileut été plus près de la vérité en disant, que l’espionnage est le moyen employé par M: Tessier contre ses adversaires, et que l'unique but de’ cet espionnage, chez lui, est la délation et le dénigrement. Avant qu'it soit longtemps, je serai en mesure de prouver mes nssertions sur ce point, et de rendre vncore plus odieuse, la conduite du commissaire des travaux publics.

Mon Dieu, les espions sont partout! L'autre jour, j'étais assis dans la boîte des rapporteurs à gauche, et j'entendais les voix de plusieurs députés qui disaient : “ A quoi sert donc l'avis imprimé aux murs de Ja tabagie qui dit expressément, que les membres seuls de la chambre ont admission, puisque nous sommes croisés sans cesse dans le comité de la pipe, et espionnés par des

* En mars, 1860,

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étrangers. Que fait là, le célèbre Barthe ? A peine un sur dix, lui adresse t-il la parole, et encoré, par miséricorde.” J'étais allé au comité de la pipe une fois, et cet avertissement me fut salutaire, je n’y suis plus allé depuis, de crainte d’être soupçonné d'espionnagé. Cependant, je pourrais en nommer encore d'autres que Barthe, qui s'imaginent en fréquentant le comité de la pipe, pouvoir influencer les votes de quelques députés Bas Canadiens. Je nommerai ceux-ci une autre fois.

Le fameux rapport de la commission d'Ottawa est enfin livré à la publicité. Il est si faible qu'il a désappointé les amis du gouvernement dont il va certainement hâter la chute. Si je suis bien renseigné, la commission a montré, dans toute sa conduite, une insigne mauvaise foi, en cachant des documents importants pour pouvoir accuser plus à son aise. Ce rapport prépare des déboires à M. J.S. McDonald qui croyait devoir y trouver son salut. Le temps de la grande épreuve arrive, et les

amis même du gouvernement sont convaincus qu'il y succombera.

Le rapport de la commission d'Ottawa accuse M. Cauchon, d’avoir fait des avances aux entrepreneurs ; mais pense-t-on que M. Tessicr, le parcimonieux, M. Tessier, l’homme intègre par excellence, n'ait pas commis le péché des avances, si c'est un péché. Je vous ai déjà dit que la chemise du quai de Rimouski avait couté environ $7,000. L'ouvrage était partagé en deux contrats ; le premier, de $3,141 et le second, de $83,705. M. Derome, trouvant que le partage n'était pas équitable, demanda que 8300 fussent retranchées du dernier contrat et ajoutées au premier. Ce que M. Tessier refusa d'écrire, en disant au surveillant Pruneau : ‘‘ Je vous autorise à payer en sus des 83,141, 8300 comme avances sur le dernier contrat.” Ces

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paroles furent prononcées en présence de témoins, mais M. Pruneau refusa de faire l'avance, parcequ'il n’en avait pas reçu l’ordre par écrit.

Nous avons le bonheur d'avoir M. Bureau au milieu ‘de nous; je dois vous dire, avec chagrin, que sa monustache s’est fanée dans la dernière lutte, et qu’elle est loin d’être aussi fraiche qu'on me l'avait dit. Ja chevelure du nouveau secrétaire est aussi très-négligée ; mais comme M. Bureau et M. Mcüee ont déjà commencé à se peigner, il faut espérer qu'ils auront la mise bientôt respectable. Vous savez que durant l'absence d’un secrétaire-provincial, à M. McGee avait été confiée la garde du grand sceau. À son arrivée M. Bureau voulut prendre sa chambre; mais M. McGee s’y opposa en disant que cette chambre lui appartenait, et il voulut reléguer M, Bureau dans le bureau de M. Parent. * (Comment se terminera cette querelle, je l’ignore.

À propos on dit que M. Bureau a pleuré, comme un enfant, le soir du premier jour de son élection. Il se croyait battu, et il disait en sanglottant: ‘cest ma faute si je suis ici, Si j'avais laissé élire Bourassa Ÿ à la ‘lernière élection du collége, personne ne m'eut fait de l'opposition dans mon comté.”

M. Bureau a dépensé, assure-t-on, plus de mille loüis dans cette dernière élection, et la banque d’O Ï...a

largement fait circuler son papier. Tiens, j'oubliais de vous informer que M. Bureau, sans doute depuis que la

* M Etienne Parent autrefois dèputé à l'assemblée législative, longtemps rédacteur du Canadien et l’une des gloires politiques et littéraires du pays. Il est mort à Ottawa le 22 Décembre, 1874.

t M. François Bourassa, aujourd'hui député aux communes pour le vomté de Saint Jean. On trouvera son portrait à la page 31 de ce volume.

f Ontario

148 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES,

loi de l'usure est abolie, prètait de l'argent à ses électeurs à 20 par cent, mis comme de pareilles transactions étaient propres à le rendre odieux, il prètait cet argent au nom de M. Désaulniers et à l’insçu de celui-ci. Il se disait le procureur de M. Désaulniers, et signait comme tel dans ses actes. La démocratie n’a jamais rien fait de répréhensible !

N'allez pas croire non plus que les Labrèche se soient oubliés, et qu'ils n'aient pas fait, à l'instar du gouvernement, eux aussi, leurs petites économies. Il y avait un crédit spécial pour la colonisation dans le township de Chester, dans le comté d’Arthabaska. Or, M. Labrèche-Viger et ses frères y possèdent cinq ou six lots de terre, et ils n'ont trouvé rien de plus commode, et de plus salutaire, que de dépenser tout le crédit à faire un chemin de front sur leurs lots. C’est un chemin royal et des côtes romaines sur lexquelles, comme disait Chateaubriand, pourrait passer le genre humain tout entier.

M. Gordon Brown, * après avoir accompli avec M. McKenzie, l'acte que le Mercury lui-mème, au nom de M. ”.S, MacDonald, a été obligé de stigmatiser et qui: les flétrit l’un et l’autre, est parti triste de Québec. I] x a trois ou quatre jours, il conversait intimement avec un ami politique auquel il disait :—“ Je n’auruis jamais cru que notre parti fut si faible en Bas Canada. où nous comptons tout au plus 24 voix. Si nous nuvions traverser trois ou quatre semaines, peut-être, pourrions-nous nous sauver, Car nous ferions des offres : plusieurs, et chaque homme a son prix.”

Je que je vous dis là, est là vérité même; mais le gouvernement n’en est pas moins destiné à périr.

* Frère de George Brown et l’un des rédacteurs du Globe de Toronto.

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LÈS CHRONIQUES QUÉBÉCQUOISES. 149

La scène se passe dans le bureau du secrétaire-provincial, M. Tessier vient féliciter M. Bureau de son triomphe électoral. |

—M. Tessier.—Bureau je vous félicite. Vous avez remporté-{a victoire et vous l'avez bien gagnée; c'est un cher triomphe que le vôtre. Mais qu'importe, vous voilà arrivé, et si seulement nous pouvons sauter la session sans nous. casser le cou, vous aurez le moyen de vous refaire.

—M. Bureau.—Mon cher Tessier, si vous saviez ce que j'ai souffert, et ce que jai payé, vous me plaindriez, D'abord, toutes mes petites économies que ma dernière élection avait fortement entamées, ont été épuisées en peu d'heures. Ensuite, j'ai retiré les petites sommes que j'avais prêtées à 20 par cent au nom de Désaulniers ; mais tout celà encore, n’a été qu'une goute d’eau dans l'océan électoral. Il a donc fallu faire des billets, et la banque d’O* .. m'a rendu des services que je devrai payer pius tard, si toutefois ces damnés bleus me laissent ici quelque temps. Est-ce que Coupal n’est pas arrivé, inême avant moi, pour contester mon élection ? Et comme ma majorité n’est que de trente-trois, et que la liste électorale de St, Rémi contenait quatre-vingts voix illégales, je ne sais pas trop comment j'échapperai à sa poursuite, si toutefois nous ne tombons pas auparavant, Dévorer en deux jours sa petite fortune, perdre son élection, et pardessus tout, perdre son portefeuille et un salaire annuel de £12501!!! Ah! plutôt mourir!

Il se prend les cheveux à deux mains, se laisse cheoir dans nn fauteuil, et sanglote tout haut.

—M. Tessier. —Oué. C'est pas drôle,

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* Ontario,

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150 LES CHRONIQUES QUIÉBECQUOISES,

—M. Bureau, sanglotant toujours.—Si encore, j'avais une belle-mère et des tantes.

—M, Tessier.—Ah! mon cher, si je les ai, je les ai bien gagnées. Quand on pense que ce maudit Blaise me poursuit nuit et jour comme un fantôme, et va jusqu'à me reprocher les allumettes souffrées, le gallon, l'encre et les plumes. Mhuis je le tiens cette fois: s'il y à une élection, je dirai aux électeurs qu'on me fait un crime d'économiser, et les électeurs n’entendront pas badinage sur cet article.

—M. Bureau.—Mais prenez-y gurde, Tessier, les électeurs sont plus clairvoyants que vous ne pensez, je viens d'en faire l'épreuve, et avant de vous écouter, ils s'assureront si c’est pour le publie et non pour vous que vous avez économisé. J'ai lu Blaise, c'est un satané gueux qui n’est pas bête. S'il ne connaît pas votre fort, ce qui est difficile, il connaît parfaitement votre faible. 11 sait bien, par exemple, que vous ne donneriez pas votre papeterie au public, ni votre gallon rouge, ni votre mucilage, ni votre canif, il sait aussi, que lorsque vous paraissez économiser sur les allumettes, vous jettez duns le fleuve les piastres et les louis ; il sait que, tandis que vous demandez à un surveillant de travaux (Portugais), de faire une déduction sur «es gages, vous nommez à droite et à gauche à des emplois vos partisans politiques, Boissonnault, Meagher, Roy, votre cousin Tessier, St. Laurent, etc., il sait que pour taire arriver votre cousin, vous divisez en deux le salaire du médecin de la prison de Québec, et il conclut que vous avez prouvé par là,*puisqu'un seu! médecin ext suftisant, que vous avez gaspillé £100 par année que vous pouviez économiser ; il sait que, tandis que voux

ne trouviez pas d'argent pour les autres parties du pays: vous dépensiez des sommes considérables dans lex

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choses, € bien être le dire, j expérien choses.

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parties du collége du Golfe, dont vous vouliez vous assurer l’appui, il sait que vous gaspillez près de 87,000 pour faire une chemise au quai de Rimouski, que cette chemise, qui a déjà été déchirée par la mer le sera encore, et que pour justifier cette dépense vous n’aviez pas de crédit, il sait que depuis longtemps, les crédits votés sont épuisés, et que vous dépensez à l’aide d'ordres en conseil, c’est-à-dire que vous faites précisément ce que nous reprochons à l’ancien gouvernement ; il sait que le crédit pour les commissions d'enquête n’est que de $10,- 000, et que le montant dépensé pour ces commis:'ons dépasse déjà $100,000 ; il sait enfin, que vous économisez de toutes les manières pour vous. Si je vous dis toutes ces choses, ce n’est pas pour vous blâmer, car je voudrais bien être à votre place; mais comme je viens de vous le dire, je sors d’une lutte qui m’a donné une rude expérience, et je sais comment les électeurs voient les choses. Jugez donc, par exemple, ce qui serait arrivé si cette blague de rapport de la commission d'Ottawa avait été publiée avant mon élection, et que Ramsay prenant cette brochure dans ses mains, avait dit aux électeurs de Sherrington, de St. Jean Chrysostôme, etc : “Voyez-vous ? ce chiffon qui n’est qu’un misérable acte de vengeance personnelle, a coûté au pays $80,000 ; ” et l'avait jeté à la foule pour: le faire contempler! Eh bieu! mon cher, aujourd’hui je serais chez moi, à méditer dans la vie privée, sur les inconstances du bonheur. Dans tous les cas, c'est ma dernière élection. (Il a des pleurs dans le gosier, car vous comprenez bien que lorsqu'on a dépensé de £1000 à £1200, et que l’on n'a obtenu qu'une majorité de trente-trois voix sur un vote total de près de 4,000, l’on peut dire adieu à la vie publique surtout quand la bourse est vide.)

—M. Tessier.—Oué...—vous croyez donc que les élec-

teurs ne sont pas bêtes. Mais, j'ai été élu mieux que ça moé, puisque je n'ai eu que la peine d'envoyer Baissonneault avec des listes dans les comtés de Rimouski, de Ciaspé et de Bonaventure.

—Bureau.—Moi aussi, j'ai fait ça à Napierville, mais ce beau temps-là est passé. Je...

M. Meiee arrive précipitamment.

—McGee.— Bejapers, Bureau, clear the room. Arah be me soul, if you dont, TU do the work for you.

Il a l'air très-excité, et il trébuche d’indignaiion.

M. Tessier, qui n'aime pas les querelles et qui tient à° ètre bien avec tout le monde, s'échappe furtivement. Ja porte. sc referme par l'effet de son ressort, et l’on n’entend plus qu'un bruit confus dans le bureau du secrétaire-provincial.

Ainsi donc s'arrête forcément ma narration.

Brass,

M. LE RÉDACTEUR

Je vous parlais dans ma dernière, d'une querelle qui avait lieu au moment même, entre MM. Bureau et Mclree, pour la possession de la chambre jusqu'ici occupée par le secrétaire-provincial; j'ai appris depuis que M. McGee était resté maitre du champ de bataille, et que M. Bureau, prenant la fuite, était allé se réfugier sous l'escalier où il a pris un gite permanent qu'il a orné depuis, de meubles, de tentures et de papier peint C'est là, qu'il va chaque jour méditer sur l’inconstance. des choses humaines et sur les déboires de la vie publique. Ilest ministre eufin, et le plus délicieux de ses rèves serait accompli, s'il n'avait pas sans cesse, devant les yeux, l’ombre vengeresse de Coupal et les

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billets promissoires que tient pour lui, en réserve, la Banque d'Ontario, la sœur cadette de la banque du Haut-Canada.

M. Fergusson-Blair vient d'accepter la succession de M. Morris, et part pour aller se faire élire. M. Blair appartient au conseil législatif. L'infortuné, j'ai bien peur qu'il'n'arrive trop tard, car le temps marqué approche.

M. Tessier est, dit-on, très-occupé en ce moment à faire corriger la traduction française du rapport de lu commission d'Ottawa. Un jeune député vient de me raconter que, lorsque la chambre procédait à huis clos hier, M. Cauchon déclara au milieu de bruyants éclats de rire, que la version française du rapport était, en très-grande partie, imprimée, au bureau du Canadien, la propriété de MM. Tessier et Evanturel, quand l'on s’'aperçut qu’elle était monstrueusement-au-delà de tout ce que l’on peut concevoir; que par exemple, “the account after canvass (après examen) amounted to $60,- 000, est traduit par $60,000 de toile.” “ Drain works (travaux de drainage) par travaux cérébriformes.”

On me dit, que tout le reste de la traduction est à l'avenant.

Un autre célèbre traducteur, M. Duval des Trois- Rivières, traduisait spring carriage par voiture de printemps.

M. Joseph Guillaume Barthe recevait l’année dernière, 8500 pour traduire le rapport de la commission chargée de faire une enquête, sur les affaires du chemin de fer du Grand-Tronc. Voici une de ses phrases: ‘ Les imputations contre le revenu sont bien diminuées d'autant. Comme le charrai, de cette espèce, ne saurait être regardé comme du vrai trafic, nous croyons que c'est là, le moyen propre d’imputer, le service fait,

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pourvu qu'il soit tout simplement porté en compte, suivant son coût réel à la compagnie.”

Toutes les phrases de ce long rapport, traduit par M. Barthe, sont de la même force, et l’on pourrait accoupler l’auteur du Canada reconquis comme écrivain, avec l’auteur, du traité d'agriculture.

Passons à quelque chose de plus gai maintenant. La semaine dernière, un ministre qui réside dans la rue St. Louis, donnait un grand diner auquel prenaient part, conseillers législatifs, membres de la chambrebasse et citoyens, et il parait que la température dans le salon, était un peu élevée, car M. B... vieux bachelier, dit d’une voix brève à un homme court et trapu, à longue barbe mêlée de noir et de blanc, et à moustache formidable : ‘ Allez fermer la petite porte du poële.” Le gros homme s’exécuta. Mais, Ô malheur, M. B.... avait commis la faute impardonnable de prendre un conseiller législatif pour un domestique! Pauvre W...

Cette anecdote qui est vraie de tout point, a été racontée au coin des rues St. Louis et Ste. Ursule par un ministre connu pour sa discrétion !

Au même banquet arrivait un autre ministre, M. B... chancelant, sans doute sous le poids de sa gloire, et dans un trop grand déboutonné !/

J'ai oublié de vous dire, dans mon avant dernière lettre, que lorsque M. Evanturel laissait le bureau du procureur-général, où il avait passé trois heures, pour convaincre M. Sicotte qu’il ne devait pas prendre M. Bureau, M. Tessier revenait auprès de M. Sicotte, et lui disait: “ Vous m'avez reproché, il y a un instant, mon peu d'amour pour l'économie ; eh ! bien, j'ai songé àun plan au sujet de La Canadienne * qui, je l'espère

* Vaisseau garde-côtes du gouvernement

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* Le capi aujourd'hui plus que 1x pour l’améli nos pêcherie

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obtiendra votre approbation. Vous savez que j'ai reclamé de l'entrepreneur Derome, les quelques bouts de cordage que je lui avais vendus verbalememt. Comme il n’y avait rien d'écrit entre nous, j'ai dit que je ne les lui avais que prêtés. Le capitaine Fortin * me demande des agrès pour sa goëlette. Tous ces marins sont dispendieux, et si on les en croyait, il leur faudrait une drisse pour chaque voile, et un câble pour chaque ancre. Or, j'ai fait cette réflexion; quand le bâtiment est à la voile, il n’a pas besoin de câble de mouillage, et alors j'emploie ce câbie comme étai, mais lorsque le bâtiment arrive dans le port, il n’a plus besoin d’étais pour soutenir les mats, je les décrocherai donc pour les attacher à l'ancre et pour mouiller. En repartant, et après avoir levé l’ancre, je raccrocherai mes étais. Une drisse suffira aussi pour toutes les voiles, car après avoir hissé une voile, j'accrocherai la drisse à la suivante, pour la hisser aussi, et je ferai de même pour toutes les voiles.

—M. Sicotte.—Mais, s’il vous arrivait d’échouer, il vous faudrait des pièces de bois pour réparer le dommage fait; que feriez-vous ?

— M. Tessier.—J’ai prévu celà, je reclamerai les retailles de la chemise du quai de Rimouski, car ici encore, entre M. Derome et moi, il n’y a rien d'écrit, et

avec ces retailles, je Loucherai les trous dont vous parlez.

—M. Sicotte —Mon cher Tessier, vous me remplissez d'admiration, et tous ceux qui ont voulu vous calomnier,

* Le capitaine était alors commandant de la Canadienne ; il est aujourd’hui le député, aux Communes, du comté de Gaspé. Personne plus que lui n’a déployé, depuis nombre d'années, plus d'énergie

pour l'amélioration de la navigation du golfe et le développement de nos pêcheries.

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