‹ Les Guêpes canadiennes [microforme]Chapitre 23 sur 62 · LES CHRONIQUES QUÉHECQUOISES · texte numérisé non relu

LES CHRONIQUES QUÉHECQUOISES

sont des nains à côté de vous, Laissez-moi vous presser sur mon cœur.”

Vous savez que les puritains, qui président au conseil du pays, ne parlent qu'avec horreur de leurs prédé: cesseurs dont les jobs, disent-ils, ont émoussé le sens moral de notre peuple. Je vous ai déjà prouvé, par des faits incontestables, que ces grands moralistes étaient loin d'être des saints; que M. McDougall, par exemple, avait donné $29.50 pour un livre blanc que l'on achète partout pour 813; que l’Enfunt-Torrible avait, de sa propre initiative, répandu des circulaires dans les cam: pagnes et les avait fait payer au département des terres ; que M. Tessier s'était servi et avait servi, de toutes manières les amis; que M. Blackburn était payé chèrement pour imprimer le rapport de la commission d'Outaouais, et le faisait imprimer à moitié prix par MM. Rose, Hunter et Lemieux, et que ce même rapport aurait à être réimprimé encore par la chambre, Eh! bien, voici de nouveaux faits qui sont propres à nous surprendre. Nous verrons bien si l’intègre M. Des: saulles trouvera que ses amis sont des pillards et des canailles. Le maitre-général des postes avait, par avis public, demandé des soumissions pour la reliure du département. M, Alexandre Mortimer offrit de faire cette reliure pour 81.20 ; M. Dredge fit précisément la même offre. Mais non, M. Foley leur préféra M. Blackburn du Mercury, et cette reliure a coûté ainsi près de 84.00. Voilà ce que j'appelle un homme qui travai noblement pour ses amis. Ah! me direz-vous, m lé coffre public ?... Que leur importe, à eux, le coffre public, si ce n’est de l’avoir sous la main, pour le vider au besoin.

Voici un autre fait, non moins compromettant pour le gouvernement, Quand M. Howland fut fait ministre

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des finances, M. le député inspecteur-général Dickinson, lui demanda s'il continuerait à payer aux officiers, les dix louis d'accroissement prévus par la loi du service civil. Le ministre répondit négativement. Cependant, dans les bureaux publics de Québec, Montréal, Kingston, Toronto, Hamilton ot London, on continua à payer les dix louis. En octobre, on écrivit à tous les percepteurs de douane, de reclamer le remboursement de ces dix louis. En janvier, le remboursement avait eu lieu partout, excepté à Toronto où les officiers protestèrent et refusèrent de rembourser. A la fin de janvier, M. Foley * ordonna que tous ceux qui avaient remboursé continueraient à être privés des dix louis pour l'avenir; tandis que ceux qui avaient refusé de rembourser, continueraiont de recevoir les mêmes dix louis, Ainsi donc, une injustice révoltante commise au profit des officiers clear-grits de Toronto, et au détriment de ceux des autres parties du pays, et pourtant, ce que je viens de raconter est de la plus stricte vérité.

Voici un troisième fait, celui-ci est encore plus grave que les deux autres.

M. Leslie, le maitre de poste de Toronto, bien que recevant un très-bon salaire, reclamait de l’autre gouvernement, le privilège de louer à son profit, les boites et les tiroirs du bureau de poste. Le gouver-

ment Cartier-MeDonald repoussa su demande. Depuis, le montant reçu par lui de cette manière, s'élève : $6,525, et cependant, après avoir mis à la porte un vieux et fidèle serviteur (le docteur J. B. Meilleur Ÿ) non-seulement, on conserve dans sa place un officier aussi audacieusement prévaricateur, mais encore, on le laisse

*Ilye évidemment erreur de nom, ce doit être M. Howland.

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paisible possesseur d’une somme de 86,525, qui appartient au trésor public. Savez-vous pourquoi M. Foley fait celà? Je vais vous le dire:—C'est parceque M. Leslie est un clear-grit et un ami du maitre-général des postes. (C’est ainsi que ces ministres sans tache, pratiquent l'obligation sacrée de veiller au bien public : pour ma part, je les aimerais mieux, moins calomniateurs, et plus riches en bonnes œuvres.

Quand on pense que M. Rémillard persiste à vouloir faire passer le bill dont je vous ai déjà donné l'analyse ! J'ai vu un de ses éiecteurs, il en sautait de colère ; mais comme ce méchant petit bill, s’il devient loi. affectera tous les comtés du Bas-Canada, vous pouvez être sûr que tous les députés qui aiment ‘eurs électeurs. le combatteront de toutes leurs forces.

MM. Joly et Rémillard votaient l’autre jour, pour placer dans le comité du bill contre l’usure M. Drummond, l’un des partisans de la loi actuelle, dont tout le Bas-Canada demande le rappel !

M. Joly est un grand prèteur (d’argent,) et M. Rémillard un petit. Heureusement pour eux, leurs noms n’ont pu être inscrits sur les journaux de la chambre.

M. Joly 4 dit à la porte de l’église de Lotbinière qu'il était Rouge ; cette parole lui portera malchance.

Je terminerai, pour aujourd'hui, en vous faisant connaitre un fait, qui doit produire une profonde indignation dans le public.

Je marchais, hier soir, derrière deux députés. L’ur disait à l’autre :—‘ Mais est-ce possible, Thom, ce que tu viens de dire là aux ministres ?

—M. Ferguson (car c'était lui) —Que voulez-vous dire ? Son ami.—Lorsque les portes étaient fermées, * je vous

* La chambre siégeant à huis clos.

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ai entendu dire, à haute voix, en vous adressant au gouvernement :—‘‘ Le ministre des finances vient de donner ordre à M. Blackburn, d'imprimer un demi-million de certificats de douane ? ” Appelez-vous celà de l’économie ou des jobs ?

—M. Ferguson.—Ont-ils nié ?

— L'ami.—Non.

—M. Ferguson.—Non, parce qu'ils savaient que je disais la vérité.

—L'ami.—Mais c'est un affreux tripotage. Il y aur: encore de ces certificats dans 20 ans d'ici! ”

J’ai pris depuis, des informations, et je me suis assuré que M. Ferguson disait la pure vérité.

M. J. S. McDonald veut que M. Blackburn soit riche, en quelques semaines, aux dépens du coffre public. Si je voulais imiter M. Dessaulles, je pourrais conclure qu'un si large butin, n’est pas la part de guerre. exclusive d’un obscure soldat !”

Un correspondant du Canadien, qui signe : Un citoyen. se fâche tout rouge, parceque je persiste à vouloir rester ce que je suis. Il soutient que j'insulte l’université, tandis que j'ai pour elle, la plus profonde vénération. M. Tessier n’est pas, que je sache, l’université ; s’il l'était, elle créérait moins d'enthousiasme et commanderait moins de respect. Je ne veux pas dire que pour ma part, je n'ai pas une très-grande vénération pour mon professeur, comme professeur.

Je vous reverrai bientôt, car j'ai encore bien des choses à vous dire.

Votre tout fidèle, Baise.

N. B.—Le correspondant du Canadien dit que je suis plusieurs ; je suis donc bien formidable ?.…

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M. LE RÉDACTEUR

Ne soyez pas surpris, 8i vous n’entendez pas parler de moi aussi souvent que je le désirerais, car je suis surveillé de si près, que je ne sais plus où tourner la tête. Cette surveillance m'atteint jusque dans l’université même, et je ne puis prendre la plume, sans apercevoir, autour de moi, des yeux qui me regardent, et qui m'épient. J’en éprouve un malaise qui me décourage, jusqu'à me faire dire quelque fois: ‘“ Allons Blaise, cessez d'écrire, et soyez heureux.” Mais que deviendrait alors, mon cher professeur de procédure? Il reprendrait son ancienne condition hygiénique ; il aurait les pieds chauds et la tête froide. Or, je tiens beaucoup à ce que son sang remonte un peu, et pousse au moins, quelques rares pérégrinations vers la région du cœur. J'y tiens d'autant plus qu'il exerce contre moi, en cc moment, de cruelles vengeances. La semaine dernière, dans la chambre de lecture du conseil législatif, il prenait la liasse du Journal de Québec et en arrachait avec furenr, les numéros qui contenaient quelques unes de mes lettres. Est-ce me traiter dignement, je vous ie demande ? Et quand l’on me déchire ainsi, unguibus, n’ai-je pas droit de crier: ave, aye! vous me le paierez mon professeur. Je ne serai pas éternellement :: l'université, et quelque jour, me posant en face de vons je vous déclinerai mon nom. Le professeur a ses privilèges, mais la vérité a ses droits; les privilèges du professorat cessent avec les cours, mais les droits de la vérité sont éternels! Arrète, Blaise, tu t’emportes, tu deviens sublime. Songe donc, qu'il ne s'agit que du commissaire des travaux publics,

Chut! voilà la surveillance qui recommence, je vous reparlerai de lui dans un moment, On ne me défent

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yas de parler des méfaits de l’Enfant-Terrible. Je vous ai déjà dit, que cet enfant, avait un appétit vorace du bien public. Or, depuis les circulaires, il a dévoré bien des choses, et je viens de découvrir son dernier acte de voracité. Le Défricheur, son journal, a pris sur lui de publier l’ordre de la chambre relatif aux bills privés, et vomme la majorité du comité des bills privés est minis: térielle, M. Dorion a trouvé le moÿen de se faire payer son annonce, et de vivre encore un peu celte fois, l’honnête homme, aux dépens de la caisse publique.

M. Evanturel disait à Charlebourg que le coffre était vide, mais il savait bien qu'il trompait ses électeurs. Son but, en parlant ainsi, était de leur faire croire, non à son honnèteté, mais à l'impossibilité de rien prendre, sous le prétexte qu'il n’y avait rien. Or, j'invite les électeurs du comté de Québec, à faire une enquête sur ce qui se passe en ce moment dans les bureaux publics; ils y verront d’étranges choses, Ils verront que M. Evanturel fait comme l'Ænfant-Terrible, et qu'il prend sous forme de salaire, d'annonces, ou d’impressions, autant qu’il peut de l'argent public. M. Tessier et lui, sont propriétaires du Canadien, et M. Evanturel vient mème d'acheter la part de M. Larue. La spéculation est bonne dans cet heureux moment, où le Canadien est chargé de faire un grand nombre d’impressions pour le vouvernement. L'impression surtout du rapport français de la commission d'Ottawa, est une bonne affaire. Il est vrai que ce rapport sera imprimé une deuxième fois, par la chambre, et que le gouvernement en donnant de suite, ce rapport aux imprimeurs de la chambre, eut Cpargné plusieurs milliers de piastres de l'argent public; mais cela n'aurait pas fait l'affaire de MM. Tessier et Evanturel. Ce dernier, abandonne sa maison ‘désormais trop petite pour sa gloire. Dans une graude

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maison, comme il y a plus d'espace, il espère que ses idées jusqu'ici comprimées et latentes, prendront leur essor, et se feront jour à travers l'enveloppe osseuse qui les emprisonne contre tout sens commun, depuis plus de quarante ans.

En ce moment il s'occupe, dit-on, à fabriquer des o» dit dans le Canadien. A ces on dit, il pourrait ajouter celui-ci, et l'envoyer à ses électeurs : ‘“ On dit avec vérité qüe M. François Evanturel a, dans le conseil exécutif, avec son alter ego Tessier, voté la mort des malheureux époux Aylwuard.” Les âmes errantes de es deux victimes, et leurs trois jeunes enfants, crient vengeance vers le ciel.

Après celà, est-il surprenant que MM. Tessier et Evanturel aient insisté dans le conseil, à faire poursuivre criminellement M. Cauchon pour avoir trop payé aux entrepreneurs * d'Ottawa ? Ces deux hommes sont si petits par leurs œuvres, qu'ils sentent ne pouvoir se distinguer qa’à la manière d’Erostrate. Ils veulent pousser jusqu’au sublime, la vengeance et la haine : mais ils ne sont encore arrivés qu'au ridicule, et je n'ai pour eux, moi Blaise, que le sentiment d'une profonde pitié.

Vous avez reproduit l’article du Journal, où M. Evanturel est accusé d’avoir employé l'argent de la colonisation pour perdre M. Cauchon dans le comté de Montmorency. Le Canadien, n’a pas osé nier parcequ'il sait, dit-on, que deux affiñvits attendaient sa dénegation pour le convaincre de mensonge.

M. Evanturel a dit en chambre, que le pont de St. Féréol avait été fait avec du bois pourri, et qu'il avait uh morceau de ce même bois dans son bureau. Cette

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assertion a réveillé mon désir de connaître à fond la vérité, et j'ai trouvé, en allant aux renseignements, que l’homme qui présidait à la construction du pont, est un ouvrier de premier ordre, spécialement pour ce genre d'ouvrage ; que les lambourdes du pont, devaient avoir 60 pieds de longueur sur 8 pouces d'épaisseur et 16 pouces de hauteur; que parmi les pièces de bois sur place, il s’en trouvait une, qui avait 16 pouces de hauteur sur 13 d'épaisseur, que sur ces 13 pouces il y avait au plus, en un endroit, 14 pouce de bois qui n'était pas sain, mais qu'en Ôtant ce pouce et demi de bois malsain, il serait encore resté à la lambourde, plus de 3 pouces d'épaisseur de plus qu'il n’était besoin, et que, comme le bois malsain était parfaitement sec, et ne pouvait gâter la partie saine, le charpentier préfér: laisser la pièce telle qu’elle était, persuadé qu’elle serait encore beaucoup plus résistable que les autres lambourdes ; que par méchanceté, d’autres parties du pont ont été défaites, et que le pont est aujourd’hui, en danger d’être emporté par la glace; que les œuvres du pont ont été si mal faites, par le candidat-conducteur, qu'elles sont déjà défoncées en plusieurs endroits, et que le gaspillage de l’argent public a été honteux en cet endroit. Il parait, que celà sera prouvé comme le reste si un défi est porté.

Le pauvre ministre de l’agriculture, a voulu se anter en chambre, d’avoir distribué l'argent public partout, sans regarder si les localités favorisées étaient où non hostiles au gouvernement; mais que vous ont dit MM. Beaubien, Dufresne, Dunkin et autres ? Que pourront dire MM. Chapais, Fournier, etc. ?

M. Evanturel a fait un appel à M. Dufresne ; * mais

* Joseph Dufresne, député de Montcalm.

164 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES,

n’espère-t-il pas, par là, gagner M. Dufresne, et ne le disait-il pas l’autre jour à un député: ‘“ Quand on pense que j'ai donné $600 à ce vieux maudit-là, et que le crapaud vote bien contre nous !”...Voilà le patriotisme en action. On dit qu'il connait un moyen invincible, pour gagner les députés rétifs, et qu’il l’a indiqué. Il ne croyait pas, à raison, mais il croyait à tort, faire de l'esprit.

11 a répandu à flots, dans le comté de Montmorency, le Canadien où se trouve l’article copié du Mercury, sur le rapport de la comission d'Ottawa. On assure que les ministres eux mêmes sont désappointés, et qu'ils voudraient bien aujourd'hui, que cette commission, qui a coûté si cher, n'eût jamais existé. Pourquoi M. Evanturel n’a-t-il pas mis dans le mème numéro du Canadien, le compte-rendu du procès des Aylward pour prouver au comté de Québec, commeil sait voter la mort, sans phrases, des innocents ? Car il est bon que les habitants de ce comté, qu’il veutarracher à leur fidèle et habile représentant, connaissent le caractère de celui qui veut les convertir. Vous sentez bien que si M. Barthe, par exemple, vous disait: “Ne soyez pas hypocrite”” sa parole aurait moins d'effet sur vous, que n'avait celle de Démosthène sur les Athéniens, quand il leur criai: du haut de la tribune: ‘“ O hypocrites ! ”

Le comté de Québec, en ce moment, ne dort pas, soyez-en sûr. Il veille sur les faits et gestes de son veprésentant, et il s'aperçoit que non-seulement il uv a pas de capacité chez lui, mais encore, qu’il manque de sincérité et de bonne volonté. La paroisse de Beauport qui se dévouait pour lui dans sa dernière élection, se trouve honteusement trompée et est irritée au dernier point. Celle de Charlebourg s’ébranle comme sa voisine. ut est déjà considérablement divisée pour le mème

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motif. Les deux Lorettes sont aussi en ébullition et, le croiriez-vous, Ste. Foye qui est toujours restée si fidèle à un homme qui méritait si peu sa confiance, Ste. Foye se divise. Cette paroisse généreuse, est d'autant plus mécontente qu’elle avait droit d'attendre mieux, pour tant de dévouement. Reste encore toute la population britannique qui forme un quart des électeurs. Or, cette population est jusqu’au dernier homme, opposée au ministre de l’agriculture. Jugez donc du sort qui attend ce pauvre ministre.

Vous savez que, l’année dernière, M. Ramsay disait dans une lettre publiée dans les jeurnaux de Québec, que M. Evanturel était le propriétaire enrégistré du Canadien. Cette lettre lui fit peur, et un mois après environ, c’est-à-dire le 15 décembre, la propriété osten. sible du Canadien passait entre !°° mains de M. Etienne Michon. C’est donc le nom de iui-ci, qui est maïntenant enrégistré; mais des électeurs du comté de Québec, doivent présenter une requête à la chambre, disant que leur représentant, étant ou ayant été depuis son élection propriétaire du Canadien, et ayant reçu des sommes d'argent du gouvernement, soit pour impressions, soit pour annonces, a, en vertu de la loi de l'indépendance du parlement, perdu son siège, et les pétitionnaires demandent son expulsion. De plus, il paraît que l’on va intenter un procès en vertu de la même loi, à M. Evanturel pour avoir osé ainsi siéger, après avoir reçu l'argent du gouvernement de la manière que je viens de le dire. Un membre siégeant dans de pareilles circonstnces, est passible d’une amende de £500 par jour.

Le Dr. Javue a pris la peine de nier dans une feuille de Québec, qu'il n'était pas vrai qu'il eut'dit à un professeur de l’université, qu'il tenait de deux ministres. que si l’université renouvelait sa demande, un de ses

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166 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

professeurs serait nommé comme remplaçant de M. Painchaud, à l'hopital de lu Marine. M. Larue sait bien que je ne me nommerai pas, pour me confronter avec lui; mais ai je ne dis pas la vérité, comment se fait-il que l’université ait fait la démarche dont je vous ai parlé ? Allez aux sources, et vous verrez que cette fois encore, je n’ai pas menti.

Le .comité de l'élection de Verchères est destiné à faire époque dans l’histoire du parlement, MM. Dessaulles et Barthe l’ont pris à tâche; mais heureusement, ces deux personnages ne pèsent pas d’un grand poids dans l’opinion des honnêtes gens. M. Alexandre Dufresne* est l’homme le plus remarquable de ce comité. Se tournant l’autre jour vers son confrère rouge, M. Labrèche-Viger, il lui dit:—“Tiens Labrèche, si mon pays n'avait pas besoin de ma voix dans la chambre, je sens que j'irais en prison.” + Mais le brave homme n’était pas sérieux ; il n’a pas autant de dévouement à la patrie qu’il le croit, Ce qui le prouve, c’est qu’hier, il a écrit au président du comité, que la maladie de sa belle-mère l’obligeait à partir de suite de Québec, et celà, pour ne pas siéger aujourd’hui, et empêcher le comité de siéger et de procéder aux affaires. (C’est un sursis qu'il donne, en violant la loi, à son ami M. Kierzkowski. ? Si le gouvernement en avait donné autant aux pauvres Aylward, ils vivraient encore aujourd’hui.

* Député du comté d’Iberville.

Par la loi des élections contestées, tout député faisant partie d’un comité d'élection, qui refusait, sans cause, d'assister à une séance de ce comité, était passible de la prison.

} Ce monsieur était d’origine polonaise et représentait le comté de Verchères dont l'élection était contestée.

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LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 167

Un journal anglais de Montréal a cru que M. Tassé, le membre de la chambre, avait été nommé médecin de la prisun de Québec, tandis que c'est M. Tessier, le cousin de M. Tessier ministre des travaux publics. Il faut que ce journal anglais soit bien stupide pour s'être ainsi trompé. C’est par circonstance, que M. Tassé s’est trouvé dans le bureau du prucureur-général, et c’est parceque M. Sicotte lui parlait de la chose, que le député de Jacques-Cartier, consentit à communiquer au docteur Landry la proposition du ministre.

A propos de cette erreur, je vous dirai que le gouvernement a eu la mesquinerie de retrancher deux ou trois jours de salaire au Dr. Landry, pour ses services à la prison, On rapporte encore, que M. Evanturel a fait dire au Dr. Robitaille du faubourg St. Jean, que c'était à lui, qu’il devait sa nomination de médecin de la prison. Il faut avoir du toupet pour faire une pareille démarche, quand on sait par l'expérience du Dr. Landry, que ses collègues ne prennent pas lu peine de le consulter pour faire les nominations, et que c'est uniquement à l’influence de M. George H. Simard * que le Dr. Robitaille doit la sienne.

C'est M. Royal,f le traducteur de la chambre, qui a dit à M. Fabre, que MM. Cauchon et Langevin sont les auteurs de mes lettres. Ce sainte-nitouche aux airs hypocrites, cet ami intime de Gordon Brown, ferait mieux de s’en tenir à son rôle de traducteur, car je suis bien disposé à raconter au long, toute son histoire, que je connais dans ses plus minutieux détails.

* Député de Québec-centre.

t M. Joseph Royal qui était alors, l’un des traducteurs français de la chambre d'assemblée, est aujourd'hui (1881) le député aux communes du comté de Provencher, province de Manitoba. En réponse à cette menace de Blaise, il publia dans le Canadien du 13 Avril, 1863, une lettre très-acerbe à l'adresse de M. Cauchon.

168 LES UHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

Hier, M. White, l’un des membres les plus mépri. sables du parti clear-grit, disuit à deux de ses collègues dans un magasin où ils achetaient des chapeaux :—‘ The government are done, they must go.” On «a dit la même chose, en d’autres termes, dans le bureau du Canadien ; l'on croit à un replâtrage * possible, ot l’on aurait dit explicitement que l'on n’aurait pas d’objection à M. Canchon s'il ne tenait pas tant à M. Cartier, que l’on veut éloigner à tout prix. Comme ces gens-là se font illusion, et sur le compte de M. Cartier et sur celui de M. Cauchon ! Ces deux hommes publics, ou je me trompe beaucoup sur leur caractère, n'aiment pas

le plâtre, et n'ont pas d'affection pour les édifices en .

ruine.

Les propriétaires du Canadien cherchent toujours un rédacteur, et ils ont été même jusqu'à offrir £400 à M. Huot, le député de Québec-est; mais ce dernier, persiste à ne pas vouloir s’enchaïiner au char vermoulu de MM. Tessier et Evanturel.

M. Sandfield McDonald fait des efforts incroyables. maïs inutiles, pour gagner les députés du district d'Ottawa. Il les poursuit partout d’une hotellerie ‘à une autre, de l'hotel saint-Louis à l'hotel Russell, les cajolant et leur faisant mille promesses. Le pauvre malheureux, il promet beaucoup plus qu’il ne veut et ne peut tenir. Malgré toutes ses promesses en chambre et ailleurs, les contrats des édifices parlementaires d’Ottawa ne sont pas encore signés, et je parierais avec vous, M. le rédacteur, qu'ils ne le seront pas mème à la reprise des séances de la chambre. Le premier ministre est si peu content du rapport de la commission, qu'il disait l’autre jour à un député, parlant de M. Starke, le

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LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 169

secrétaire de la commission: ‘That fellow is good for nothing.”

J'aurais bien quelque chose à vous dire sur mon ami Joson Perrault, mais ce sera pour ma prochaine lettre.

J'ai fait depuis quelques jours une délicieuse découverte. Le dernier discours de M. Rémillard était écrit depuis six mois quand il l’a prononcé. Ce discours est l’œuvre d’un jeune poète qui fréquente journellement le bureau du vrai petit Papineau. Il aurait, dans une conversation intime, été jusqu'à réclamer son œuvre. On se rappelle que feu M. Gosselin, dans une action civile, réclamait £25 comme prix d’un discours qu'il avait fait pour feu M. de Bleury. Le poète jouera-til un jour le même tour au grand avocat ?

Votre plus intime et plus dévoué,

BLAISE

MonsIEUR LE RÉDACTEUR,

Je me suis trompé de W...l’autre jour. Ce n’est pas le W...conseiller législatif, mais bien le W...conseiller exécutif, qui a été pris pour domestique chez le conseiller T...par l'avocat B...

Je crois vous avoir dit que M. Evanturel avait envoyé une masse de numéros du Canadien dans le comté de Montmorency. Les prètres de l’île d’Orléans, ont renvoyé les exemplaires qui leur étaient adressés avec ces mots: Renvoyé par M. le Curé de...ïls voulaient par là, témoigner leur désapprobation d’une pareille conduite.

= nr = L lutin NN

170 LES CHRONIQUES QUÉBEOQUOISES.

. Savez-vous qui M. Evanturel emploie pour écrire les on dit stupides du Canadien ? C’est, me dit-on, un M. Durocher, autrefois instituteur et aujourd'hui maître de pension. Ce M. Durocher, qui rapportait l'année dernière pour le Journal de Québec, et qui cette année, rapporte pour le Canadien, cherche depuis longtemps, à obtenir une situation à la chambre, et pour arriver à ses fins, il a réclamé l'appui des membres influents de l'opposition. N'ayant pu réussir malgré leur bonne volonté, il les calomnie aujourd'hui. S'il en est ainsi, je l’informe qu'il est entré dans une voie périlleuse, et je lui promets les soins les plus minutieux pour: lFavenir.

Les frais de la commission d'Ottawa ont été règlés, et malgré leurs espérances et peut-être des promesses, les commissaires reçoivent chacun dix piastres par jour toute la durée de l'enquête (huit mois) y compris la longue vacance mentionnée dans le rapport. Le résultat de leur travail est si désastreux, que le gouvernement est obligé de les sacrifier aux mânes irrités de l'opinion publique. A la suite des commissaires, viennent en foule les secrétaires, interprètes, mesureurs et témoins, les frais de papetterie, d'impression, etc. La liste en est longue, je vous le promets; mais ce n’est pas encore la fin, car après avoir offert aux entrepreneurs de recommencer leur ouvrage aux prix fixés par la commission, le gouvernement a fait descendre à Québec le fameux inspecteur douanier Brunell, et le secrétaire même de la commissien d'Ottawa, M. Starke, pour leur confier la préparation des devis. Ces deux génies se sont mis à l’œuvre; mais, à infortune ! après un mois. de travail incessant ils se sont aperçus qu'ils s'étaient fourvoyés, et en mettant de côté les mesurages de la commission, et en prenant pour bâse de

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LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 171

ses calculs un système de mesurage entièrement nouveau. Aussi étaient-ils arrivés à de tout autres résultats que ceux de la commission.

M. J. S. MacDonald les a congédiés avec humeur et a trouvé que M. Starke est un good for nothing fellow. Alors, en désespoir de cause, il a mis en besogne M. Rubidge et M. Bowes, l'un des anciens mesureurs que la commission avait rejetés comme indignes de confiance. M. Bowes a donc été mundé d'Ottawa et est ici travaillant en ce moment, M. Bowes est vengé; mais ce nouvel essaiine sera pas plus heureux que le premier, car M. Rubidge n’est qu'un simple dessinateur et n’a pas de tête.

Les nombreuses erreurs découvertes dans le rapport, ont jeté l'alarme dans l'esprit de M. J. S. MacDonald et M. Sheard, le commissaire scientifique par excellence, ct M. Paterson, ancien mesureur, ont été aussi mandés. Ils sont tous deux arrivés. Je vois d’un autre coté, que M. Levèque de votre ville et mesureur de la commission, a des inquiétudes. : Il faut avouer qu’il a raison d'en avoir, et à sa place je dormirais difficilement.

M. Sheard qui ordonnait de sa propre autorité à un mesureur, de retrancher d’un trait de plume cinq mille pieds de maçonnerie bien et duement faits par les entrepreneurs, parcequ'en comptant l'ouvrage fait, la commission ne pourrait pas établir que M. Cauchon avait trop payé aux entrepreneurs; M. Sheard, que le Mercury donnait dans le temps, comme un modèlé d'intègrité, d'intelligence et d'expérience, est occupé dans ce moment à trouver et corriger ses erreurs pour le premier ministre.

Le brave homme! comme dit Orgon en parlant de Tartufe, il devra aussi rendre compte devant un comité

de la chambre, du motif qui l’a engagé à adopter

So M D Dh AT Ge

172 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISÉS,

un système de calcul et d'évaluation pour l'ouvrage fait et un autre tout différent pour l’ouvrage à faire.

Un système uniforme eût produit des résultats uniformes, Or, par l'ouvrage fait, M. Sheard, l’âme de la

commission, trouve que M. Killaly veut payer plus de quatre cent mille piastres de trop aux gntrepreneurs, et pour l'ouvrage à faire, son évaluatien dépasse de quatre cent mille piastres au moins, celle de M. Killaly, si je retranche de ses prix la portion des dommages que Île gouvernement devra payer dans tous les cas.

On dit bien, pour exp'iquer cette prodigieuse contradiction, que M. Sheard ne s'attendait pas que l'ouvrage à faire serait offert aux anciens entrepreneurs, mais le serait à d'autres! M, J. S. MacDonald évidemment n’était pas dans le secret.

M. Shcurd dira encore pourquoi il disait à ses agents, de ne pas amener devant la commission de témoins contraires À ses vues !

Cependant, nous n'en sommes encore qu'au deuxième acte; mais attendez le troisième, et vous verrez si le dénouement n’est pas digne de toute la pièce,

Dans ma dernière lettre, je vous ai parlé de la singufière dénégation de M. le Dr Larue. Avant d'écrire sa petite note au Courrier,* où il niait, dans des termes un peu vagues, il est vrai, avoir dit les paroles que je lui prêtais, il avait rencontré un artiste de cette ville, M. H... et lui parlant de moi, Blaise, il lui avait tenu ce langage : “Comment a-t-il pu savoir celà? Il n'y « que EL... qui peut le lui avoir dit, car je n'en ai parlé qu'à celui-ci et Blaise rapporte mes paroles mot pour mot.

Jependant. ii avait le courage en suite d'écrire pu:

bliquement le contraire. UÜroyait-il avoir confié ut

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LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 173

secret à L...? Mais comment des paroles qui devaient provoquer l’action du conseil universitaire pouvaientelles être un secret? Car, ces paroles par leur nature mème et leur but, devaient être confiées à tous ceux dont l'initiative était demandée. Donc si le secret a dû nécessairement partir d’abord de L... si toutefois le docteur Larue ne l’a pas confié à d'autres encore, il a dû se répandre, de proche en: proche, par ceux qui y avaient droit, et a pu ainsi parvenir jusqu’à moi. Moi, je ne l’ai reçu par quela tradition. mais par une tradition certaine. en

Ainsi donc, M. Larue aurait fait mieux de ne pas prendre la peine de nier.

M. Tessier et lui sont parait-il, de grands amis, et il est évident qu’il apprend au contact du ministre.

Je viens de faire une découverte importante et dont, j'en suis sûr,.le pays me saura gré, Vous savez que les clear-grits se sont constitués les hommos intègres par excellence, et les champions les nlus ardents et les sain’: de l’économie des deniers publics. Savez vous ce qu'ils font pour prouver leur sincérité et leur mission? Je vais vous le dire: MM. McKellar, McKenzie et Walbridge envoient chaque semaine par la malle, leur linge sale à laver, le premier dans le comté de Kent, le second à Sarnia, et le troisième à Belleville. Personne

ne niera que ces hommes ontun grand talent pour l’économie de leurs propres deniers. Veuillez bien

remarquer, que ce sont là les trois grits par excellence, et les plus pures créatures de l’espèce. Il faut donc conclure, que si ces grands économes n'avaient pas le droit d’affranchir les paquets à la poste, il ne laveratent pas mème leur linge en famille.

J'ai fait une autre découver'e non moins importante. Le fait que je vais vous raconter date de l'été dernier.

174 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

Le célèbre George Sheppard et M. Buckingham, le secrétaire privé de M. Foley, consultèrent un avocat de cette ville M. G... pour savoir s'ils ne pourraient pas acheter le Morning Chronicle, afin de l'écrire au profit du gouvernement, en laissant un intérêt pécuniaire à M. Foote; mais M. Foote refusa péremptoirement le bargain. *

M. Thomas Ferguson n'avait donc pas tort l'autre jour, quand il affirmait en face de M, J. S. MacDonald, que si le Morning Chronicle l'avait voulu, il serait encore l'organe du gouvernement. J'oubliais de vous dire, que l’on offrait comme préléminaire à M. Foote, de lui payer d’abord, tous ses comptes.

J'ai vu passer M. Bureau ; il a l'air singulièrement triste, et comme j'aime toujours à remonter des effets aux causes, je me suis mis en quête d’information pour connaitre le motif de cette abattement. On m'a dit : “ Vous ne savez pas! le secrétaire provincial a eu, tout récemment, une conversation avec les autorités de la banque O +... dont voici l'historique : —

—M. Bureau.—S...,vous me faites demander, que me voulez vous ?

—M. S—Mon cher Bureau, maintenant que votre élection est terminée, il est bon que nous examinion» ensemble, comment vous vous trouvez avec la banque.

—M. Bureau.—Quoi déjà !

—M. S.—On ne sait pas mon cher, qui meurt ou qui vit, et les bons comptes font les bons amis.

—M. Bureau.—Qu'y a-t-il de travers dans nos comptes. ® —M.S.—Rien, mais peut-être qu'au milieu du trouble et de l'agitation, vous ne savez pas le montant de l'argent

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* La proposition.

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LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 175

que vous avez dépensé pour obtenir ces quarante-trois misérables voix, et pour prouver, que vos adversaires pourront vous battre maintenant quand ils le voudront.

—M. Bureau, frisonnant.—Quel est donc ce montant.

—M. S.—lui présentant divers papiers.—Tenez, lisez plutôt vous-même,

M. Bureau lit et pâlit.

—M. S.—Il ne faut pas se décourager, Bureau, car je n'ai pas envie de vous traiter durement, si vous me donnez de bons endosseurs. La banque ne serait pas aussi exigeante, si elle ne voyait pas le gouvernement près de tomber ; mais elle s’apperçoit que tont s’en va au diable, et que comme dans peu de jours vous n'aurez plus de salaire, elle perdrait toutes ses avances.

—M. Bureau.—Qui voulez-vous donc pour endosseur ?

—M. S.—-Je prendrais bien Holton.

—M. Bureau.—Celui-là en a bien assez des billets de D..., et je suis bien sûr qu’il me refuserait. Mais je vous offrirai un nom qui le vaut.

—M. S.—Quel est ce nom ?

—M. Bureau.—Celui de Dessaulles…

—M.S.... part d’un éclat de rire homérique.

—M. Bureau.— Mais pourquoi donc riez-vous ?

—M. S....—Si sa bourse valait sa g...le, ce serait bien

meilleur endosseur du monde.

— M. Bureau.—Mais comme vous y allez. Dessaulles, qui nous méprise tous, disant que nous sommes toux des niais, nous défend cependant avec courage et constance.

—M.S...—Peste de pareils détenseurs ! Ti vous conduiu vite à la rivière avec ses violences et ses mensonges. Cet homme-là ne peut pas plus faire honneur à ia vérité, quille peut faire honneur à son nom placé sur le dos d’un billet promissoire. (Connaissez-vous, mon cher

176 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.

bien de de la ba

seciétaire, la valeur du nom que vous m'offrez? Un jour, Dessaulles poursuit le propriétaire de l4 Minerve,

et obtient de lui pour son caractère £100 de dommages, et —M. M. Duvernay lui paie ces £100 avec son propre papier et nous et au plaignant Dessaulles le néant répondit. —M. —M. Bureau.—Alors, attendez mon salaire ! —M. son mo

—M. S....—Votre salaire, mais vous voyez bien que vous vous en allez!

—M. Bureau.—Avoir perdu en un jour mes petites épargnes, le produit de mes prêts faits à mes électeurs | à vingt pour cent au nom de M. Desaulniers sans sa per- H mission, et après tant de sacrifices s'en aller si vite! (Il presse ses deux grosses jottes dans ses deux mains, et il pleure amèrement.)

—M. S....—Allons mon garçon, les banques ne vivent pas de pleurs et de sanglots, et au lieu de vous lamenter ainsi, comme une femme, vous ferez bien d'aller aviser

car les directeurs ne me justitieront pas lorsque je leur dirai que vous êtes triste et pleurnicheux.

Il r'él chemin

Le Ca jour où curé de semaine:

‘dit-on, u publie n oté paye l'encan, |

Voilà remarqu ture, sep dire pou:

j M. Bureau sort en trottinant et un mouchoir sur ses yeux rougis. À quelques pas plus loin, il rencontre

7 Fa Derocha | J son ami Dessaulles, qui lui demande s’il a mal aux yeux. dre de NE: (| {à : F. méditati 4 —M. Bureau.—Non, j'ai mal au cœur, et je pleure. pigeon-v | ‘ : Le) 1 —M. Dessaulles:—Les maladies du cœur produisent C'est souvent les larmes. Où sens-tu ta douleur ? qu'il a a] À —M. Bureau.—ITei (Il montre son cœur à droite.) de donne —M. Dessaulles.—Mais tu as donc lu le “ Médecin ot les pli

malgré Jui?” tu cherches ton cœur à droite. To tr

jourd'hui:

sentant $s lu Cana

M. La

clame co

—M. Bureau... cherchant à guuche et me sentant rien, retourne à droite et dit moitié riant et moitie pleurant: ‘C’est bien là que mous l'avons tous les deux, mon cher Dessaulles, car ni toi ni ni n’avonjamais senti vibrer la mamelle gauche. Mais il s’agit

LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 17%

bien de celà, je t'ai offert comme endosseur au caissier de la banque d'O.. 3

—M. Dessaulles. Tu as bien fait, car j’ai des besoins et nous pouvons nous aider réciproquement.

—M. Bureau,—Mais on t'a refusé !

—M. Dessaulles. — La banque a bien fait ; elle connai son monde.

Il s'éloigne rapidement, et M. Bureau reprend SOI) chemin et son mouchoir.

Le Canada Reconquis acquiert de la vogue, ‘depuis le jour où l'auteur en adressait des exemplaires à M. le curé de Saint-Pascal et à M. Chapais. Il y à quelques semaines, un amateur de la belle littérature en payait. dit-on, un exemplaire trente sous à vente privée; mais le publie n’a pas partagé l'opinion de l'amateur, et il en : été payé un exemplaire moins frippé, vingt sous à l’'encan, l'autre soir. J'en sais quelque chose j'y étais.

Voilà donc le sort des livres, et surtout de cet ouvrage remarquable qui porte pour valeur nominale sur la couverture, sept francs cinquante centimes ! Pauvre Barthe, et dire pourtant qu’à Passy, ilse croisa avec M. Monmerqué- Derochais, “dans une de ces allées perdues où sa pensée méditative l'isolait avec «ses enfants qui jouuient à pigeon-vole, sous le regard paternel.”

C’est sans doute, dans ‘“ les allée: perdues ” de Passy, qu'il a appris ces phrases infinies, de ces lignes capables de donner lasthme aux poumons !es mieux constitués et les plus robustes.

Je terminerai sur le compte de M, Barthe pour aujourd'hui, en vous informant que l’illustre rédacteur, sentant sans doute sa fin approcher, veut vendre sa part ‘lu Canadien.

M. Labrèche-Viger vous écrit une lettre, où il ré- «lame contre mon dire, au sujet de l'emploi de Poctroi

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